Chapitre 2 : Double jeu
Réveil...
Dès que Cylian eut les yeux ouverts, une douleur lancinante accapara son cerveau.
« Où suis-je ? » fut la première chose qu'il se demanda.
Essayer tout d'abord de reconstituer lentement dans son esprit les éléments survenus la veille.
En tournant lentement la tête, il remarqua qu'il était dans une magnifique petite chambre.
Son lit était situé dans une sorte d'alcôve les murs semblaient être recouverts de chaux blanche et ornés de nombreuses tapisseries représentant des dieux grecs.
Une petite table trônait au centre de la pièce, avec une chaise où était entreposé son unique sac de voyage.
Ce mal de crâne...
Les souvenirs affluèrent en lui au compte-goutte : William... Mikki... . la soirée... le plongeon dans la mer après le vol de nuit.
« Oh bon sang ! La cuite que je me suis prise hier soir ! Je me rappelle maintenant. Je dois être dans la maison de Mikki. »
Puis il porta son regard sur sa montre. Elle indiquait 11h26.
« Et mince, j'ai dormi comme une marmotte. Les autres doivent déjà être réveillés ! »
La lumière douce et feutrée devait pénétrer depuis un bon moment dans la pièce à travers les volets, sans que cela n'ait réveillé Cylian.
Le jeune homme se redressa doucement, les doigts rivés sur ses tempes comme pour chasser de son esprit le voile de confusion qui persistait encore.
Puis il se leva machinalement pour aller farfouiller dans son sac.
Il en sortit ses affaires de toilette et au fond de son bagage, il sentit sous ses doigts le contact dur de son exemplaire du livre des pouvoirs. Cylian ne quittait jamais cet ouvrage depuis le lycée. La couverture était racornie, usée et c'était une vieille édition 2007.
Même s'il y avait eu de nouvelles éditions depuis, ce livre représentait pour lui une sorte de porte-bonheur en lui rappelant ses années de lycée.
Cylian comptait bien s'acheter l'édition 2009 pour son entrée en fac à la rentrée, mais chacune des pages de son exemplaire était comme autant de souvenirs qui se rappelaient à sa mémoire.
Il lui prit l'envie soudaine de feuilleter quelques pages. Ses yeux s'arrêtèrent au hasard sur un article.
Extrait du livre des pouvoirs : Le cas de Meredith Star.
Le plus grand agent secret de la CIA ces dernières années fut sans conteste Meredith Star, surnommée également « l'empoisonneuse » ou « le baiser de la mort ».
Au départ, rien ne prédisposait cette ravissante américaine à devenir une impitoyable tueuse.
Elle travailla même à la fin de sa vie pour les services secrets français, avec comme surnom : Ludivine Poison.
Meredith n'avait rien de spécial. Jusqu'à l'âge de 15 ans, c'était une adorable fille d'instituteurs mais le destin lui joua un tour diabolique.
Au moment des premiers amours de l'adolescence, comme ses copines, Meredith s'amouracha d'un jeune garçon, ce qui la conduisit tout naturellement à l'embrasser sur la bouche.
Peu de temps après, le jeune garçon fut saisi de spasmes et tomba dans un profond coma.
Les analyses effectuées pour déterminer la cause de l'accident rendirent leur verdict : Overdose dûe à l'absorption d'acide lysergique, dérivé du LSD provenant d'un champignon (l'ergot de seigle).
L'enquête fût loin d'être close. Le jeune garçon ne se droguait pas.
Mais les ennuis n'étaient pas finis pour autant concernant Meredith. Quand elle serrait la main de quelqu'un, cette personne tombait malade.
Le mystère restait donc entier.
C'est finalement au cours d'une banale prise de sang que le voile fut levé.
A l'analyse, les médecins trouvèrent par chromatographie gazeuse plus de 200 alcaloïdes dangereux contenus dans le sang de Meredith.
Ainsi, comme les dentrobates, sorte de grenouilles américaines dont la peau exsude du poison, Meredith pouvait fabriquer une infinité de toxines dans son sang, apprenant par la suite, à en moduler la quantité.
Mais cela ne s'arrêtait pas là. Sa salive, sa sueur, ses larmes même pouvaient être saturées de poison.
Il lui suffisait de produire du cyanure ou de la strychnine dans sa salive et de mordre la personne qui l'aurait agressé pour l'envoyer directement dans la tombe (le must étant la cicutine se trouvant habituellement dans la ciguë et ainsi mourir comme le célèbre « suicidé » Socrate, une mort classe en somme).
Un petit coup de fatigue ? Facile ! Meredith produisait de la caféine dans son sang, un excitant connu de tous.
Envie de voir la vie en rose ? La jeune fille produisait de la muscarine, l'alcaloïde hallucinogène de l'amanite tue-mouche qui provoque des crises de délire chez les personnes qui en ingère.
Envie d'avoir de jolies pupilles dilatées pour faire chavirer le cœur des garçons ? Elle produisait alors de l'atropine, contenue dans une plante, la belladone, (d'où le nom en italien : bella donna : belle femme) ancien produit de beauté chez les femmes dans l'antiquité.
Meredith était donc une « toxique ».
Avantage, elle ne tombait jamais malade : les bactéries mourraient dès qu'elles étaient au contact de la peau empoisonnée de la demoiselle.
C'est ainsi que Meredith fit carrière à l'âge adulte en tant qu'agent secret, tuant des gens sans utiliser aucune arme à feu, simplement en les embrassant ou en leur laissant un mouchoir maculé de ses larmes empoisonnées, gage d'un amour fictif qu'elle se disait avoir pour eux.
Elle avait toujours sa limitation auprès d'elle : un sachet de thym séché, n'étant pas totalement immunisée contre les effets de certains poisons qui pouvaient la tuer elle aussi.
Robert Lexin (président de la Guilde des pouvoirs)
Cylian reposa ensuite délicatement l'ouvrage sur la table.
Il chassa de son esprit les douloureux souvenirs de la veille qui resurgissaient petit à petit.
Son ventre lui indiqua qu'il n'était pas contre prendre un repas, il demanderait ensuite à Mikki s'il pouvait prendre une douche.
Cylian rejoignit la salle à manger. Un petit déjeuner était servi sur la grande table, certainement à son intention.
— Oh je rêve ! Un garçon beau comme un dieu et chez moi !
Surpris, Cylian tourna la tête vers l'endroit d'où venait la voix, c'était Mikki, assis sur un fauteuil en train de lire un journal.
Il ne portait plus son large chapeau noir sur la tête et chose surprenante par rapport à la veille, tous ses vêtements étaient d'un blanc immaculé.
Mikki portait un pantalon de coton blanc et une chemise de la même couleur, entièrement déboutonnée, ce qui laissait entre-apercevoir des muscles bien développés.
— Salut, tu as bien dormi ? demanda Cylian ?
— Oui merci. Je vois que la nuit a été longue, tu as les cheveux encore tout ébouriffés !
— C'est à cause de ton excellent vin mon cher. Où est Will ?
— Il est dehors, certainement sur la plage, il ne devrait pas tarder à rentrer.
— D'accord et ce petit déjeuner, il est pour moi ?
Mikki lui décocha un magnifique sourire avant de lui répondre :
— Oui, William te l'a préparé en ton honneur, c'est ton ami n'est-ce pas ?
Cylian fronça les sourcils, l'attitude de Mikki était étrange, comment avait il pu oublier qu'il était son ami ? Décidément, le vin de hier soir avait laissé des traces chez Mikki aussi, provoquant peut-être une amnésie passagère.
Cylian rétorqua d'un ton un peu décontenancé :
— Oui...
Cylian se sentit troublé, le jeune garçon aux cheveux noirs le regardait si intensément.
ses yeux se posaient sur lui, détaillant son anatomie.
« Bon... quoi de plus normal pour un gay que de me mater, surtout en boxer » pensa Cylian qui s'installa devant l'assortiment de fruits et de pâtisseries posés devant lui.
Il s'empressa d'avaler quelques bouchées de gâteau. La journée était déjà bien entamée et il était curieux d'explorer les environs de la maison. Il y avait tant de choses à découvrir. Sa curiosité était loin d'être émoussée et son esprit tournait à plein régime maintenant.
Il se leva et tourna la tête en direction de Mikki. Cylian se rendit compte que le bel apollon l'observait toujours. Il avait posé son journal n'ayant d'yeux que pour Cylian. À tel point que l'éthéré en fut mal à l'aise.
— Bon, je vais me doucher ! lança Cylian visiblement troublé.
— En haut, première porte à droite... indiqua Mikki.
— Merci.
L'eau ruisselant sur le corps de Cylian était une bénédiction. Peu à peu, ses muscles se réveillèrent de leur torpeur nocturne.
Décontraction merveilleuse quand il sentit que tous les pores de sa peau s'ouvraient au contact de l'eau chaude et de la mousse onctueuse du savon.
Première douche après le voyage... C'est là qu'il se rendit compte qu'il était un peu sale. Le vol au dessus du ciel pollué d'Athènes l'avait quelque peu enveloppé d'un carcan de crasse. Mais maintenant, son corps était rendu propre comme un sous neuf.
Il se sécha rapidement, s'entoura la taille d'une serviette pour rejoindre sa chambre et prendre des affaires de rechange tout en songeant qu'il lui faudrait demander à Mikki s'il y avait moyen de laver ses vêtements sales.
Quand il ouvrit la porte donnant sur le couloir, il se retrouva à quelques centimètres du visage de Mikki, qui attendait juste derrière celle-ci.
Tout son corps se raidit de surprise. Les deux garçons se toisèrent quelques secondes sans que l'un ou l'autre ne prenne la parole.
Cylian décelait sur les lèvres du garçon ténébreux un sourire inhabituel, indéchiffrable, qu'il n'avait pas eu l'occasion de voir la veille.
De ses prunelles azur, des éclairs de passion étaient sur le point de jaillir.
Cylian craignait le pire. Mikkos essayait il de le draguer ? En l'absence de William ? L'éthéré redoutait cette idée, mais à l'évidence, c'était bien ce qui était en train de se passer, il fallait vraiment être naïf ou aveugle pour ne pas le remarquer.
Le jeune grec mit fin aux interrogations muettes de Cylian, qui, s'attendant à cette remarque, essaya de ne pas se décontenancer.
— Pardonne moi pour cette question mais... si tu es l'ami de Will, c'est donc que tu es gay, non ?
— Oui et ça je te l'ai dit aussi ! Tu as la mémoire courte.
Cylian exprima un sourire gêné. Son interlocuteur reprit :
— Il faut que je t'avoue que tu es vraiment le garçon le plus beau qu'il m'a été donné de rencontrer jusqu'ici. Excuse moi pour ce que je vais faire...
Il s'approcha du visage de Cylian et celui-ci sentit une main se poser sur sa nuque encore humide tandis qu'une autre se posait sur son torse, caressant ses tétons durs.
La bouche entrouverte de Mikki frôla le cou de Cylian.
Mikki exhala un soupir de tendresse, dont le souffle chaud caressa doucement l'épaule de son ami. Furtif et doux baiser dans le cou, puis il remonta jusqu'aux lèvres de Cylian.
L'éthéré était comme hypnotisé. C'était comme une sensation étrange et réconfortante qu'il avait oubliée depuis tellement longtemps... C'était comme s'il réapprenait à aimer.
C'est à ce moment que la serviette attachée au creux des reins de Cylian tomba.
La main de Mikkos descendit alors lentement le long du dos pour frôler les hanches, la cicatrice, puis les fesses veloutées et rebondies de ce dieu vivant.
Mais soudainement, Cylian fut pris de remords. Sa tête appuyée contre le mur du couloir jouxtant la salle de bain se redressa doucement. C'était trop tôt pour lui, dont les souvenirs encore intacts avec Toni lui restaient en mémoire... Il ne pouvait pas, il ne devait pas tomber amoureux de Mikki.
Malgré toute la grâce divine du jeune grec qui se transposait dans son regard, dans son attention et dans son corps magnifique qui l'attirait comme un aimant, Mikki était déjà lié à William. Et jamais Cylian ne ferait souffrir son ami, jamais !
Cette amitié qu'il avait pour lui ne serait pas sacrifiée pour quelqu'un qui se placerait entre eux.
Le beau brun plaça rapidement ses mains sur les hanches de Mikki et le projeta violemment sur le mur d'en face.
Choqué par sa réaction, Mikkos le regarda fixement en se pinçant les lèvres, une expression de tristesse et de remords au fond des yeux, qui ne tardèrent pas à s'embuer de larmes.
— Désolé, je n'aurai pas dû te toucher comme cela... je te fais mes excuses. J'ai vraiment l'air con maintenant.
Cylian pesta contre Mikki, oubliant sa nudité. Cela valait bien un sermont de sa part.
— Bon sang Mikki, comment peux-tu faire ça à William ? Il t'aime tellement et toi tu veux lui briser le cœur en le trompant avec moi ? Tu as réfléchi à ça ? Ne serait-ce qu'une seconde ? Ton attitude risque de briser la magnifique relation que tu as avec lui !
Contre toute attente, le garçon aux cheveux noirs éclata de rire.
— Tu m'as appelé Mikki ? Je comprends tout maintenant ! Il y a un malentendu, j'aurai dû te l'expliquer avant, pardonne moi !
— Et tu trouves le moyen de rire après ce que je t'ai dit ? Mais qu'est ce qui te passe par la tête ? Où veux tu en venir ?
Le jeune garçon se tordait de rire, peinant à reprendre son souffle.
Cylian le regardait stupéfait, de sa réaction. Il ne savait plus quoi dire.
« Ces grecs sont fous ! » se disait il.
Reprenant ses esprits, la respiration haletante, le bel apollon se redressa, un sourire diabolique au coin des lèvres.
— C'est que vois tu... je ne suis pas Mikki !
— Quoi ?
L'incompréhension était totale pour l'éthéré, tous les scénarios possibles défilaient dans sa tête.
Cette personne qui se trouvait devant lui ressemblait pourtant comme deux gouttes d'eau à Mikki. D'ailleurs, existait-il vraiment ? A ce moment, Cylian n'était plus sûr de rien.
Une réponse s'échappa de son esprit, se confrontant à la réalité qu'il avait devant les yeux.
— Tu... tu es un polymorphe ?
Réveil...
Dès que Cylian eut les yeux ouverts, une douleur lancinante accapara son cerveau.
« Où suis-je ? » fut la première chose qu'il se demanda.
Essayer tout d'abord de reconstituer lentement dans son esprit les éléments survenus la veille.
En tournant lentement la tête, il remarqua qu'il était dans une magnifique petite chambre.
Son lit était situé dans une sorte d'alcôve les murs semblaient être recouverts de chaux blanche et ornés de nombreuses tapisseries représentant des dieux grecs.
Une petite table trônait au centre de la pièce, avec une chaise où était entreposé son unique sac de voyage.
Ce mal de crâne...
Les souvenirs affluèrent en lui au compte-goutte : William... Mikki... . la soirée... le plongeon dans la mer après le vol de nuit.
« Oh bon sang ! La cuite que je me suis prise hier soir ! Je me rappelle maintenant. Je dois être dans la maison de Mikki. »
Puis il porta son regard sur sa montre. Elle indiquait 11h26.
« Et mince, j'ai dormi comme une marmotte. Les autres doivent déjà être réveillés ! »
La lumière douce et feutrée devait pénétrer depuis un bon moment dans la pièce à travers les volets, sans que cela n'ait réveillé Cylian.
Le jeune homme se redressa doucement, les doigts rivés sur ses tempes comme pour chasser de son esprit le voile de confusion qui persistait encore.
Puis il se leva machinalement pour aller farfouiller dans son sac.
Il en sortit ses affaires de toilette et au fond de son bagage, il sentit sous ses doigts le contact dur de son exemplaire du livre des pouvoirs. Cylian ne quittait jamais cet ouvrage depuis le lycée. La couverture était racornie, usée et c'était une vieille édition 2007.
Même s'il y avait eu de nouvelles éditions depuis, ce livre représentait pour lui une sorte de porte-bonheur en lui rappelant ses années de lycée.
Cylian comptait bien s'acheter l'édition 2009 pour son entrée en fac à la rentrée, mais chacune des pages de son exemplaire était comme autant de souvenirs qui se rappelaient à sa mémoire.
Il lui prit l'envie soudaine de feuilleter quelques pages. Ses yeux s'arrêtèrent au hasard sur un article.
Extrait du livre des pouvoirs : Le cas de Meredith Star.
Le plus grand agent secret de la CIA ces dernières années fut sans conteste Meredith Star, surnommée également « l'empoisonneuse » ou « le baiser de la mort ».
Au départ, rien ne prédisposait cette ravissante américaine à devenir une impitoyable tueuse.
Elle travailla même à la fin de sa vie pour les services secrets français, avec comme surnom : Ludivine Poison.
Meredith n'avait rien de spécial. Jusqu'à l'âge de 15 ans, c'était une adorable fille d'instituteurs mais le destin lui joua un tour diabolique.
Au moment des premiers amours de l'adolescence, comme ses copines, Meredith s'amouracha d'un jeune garçon, ce qui la conduisit tout naturellement à l'embrasser sur la bouche.
Peu de temps après, le jeune garçon fut saisi de spasmes et tomba dans un profond coma.
Les analyses effectuées pour déterminer la cause de l'accident rendirent leur verdict : Overdose dûe à l'absorption d'acide lysergique, dérivé du LSD provenant d'un champignon (l'ergot de seigle).
L'enquête fût loin d'être close. Le jeune garçon ne se droguait pas.
Mais les ennuis n'étaient pas finis pour autant concernant Meredith. Quand elle serrait la main de quelqu'un, cette personne tombait malade.
Le mystère restait donc entier.
C'est finalement au cours d'une banale prise de sang que le voile fut levé.
A l'analyse, les médecins trouvèrent par chromatographie gazeuse plus de 200 alcaloïdes dangereux contenus dans le sang de Meredith.
Ainsi, comme les dentrobates, sorte de grenouilles américaines dont la peau exsude du poison, Meredith pouvait fabriquer une infinité de toxines dans son sang, apprenant par la suite, à en moduler la quantité.
Mais cela ne s'arrêtait pas là. Sa salive, sa sueur, ses larmes même pouvaient être saturées de poison.
Il lui suffisait de produire du cyanure ou de la strychnine dans sa salive et de mordre la personne qui l'aurait agressé pour l'envoyer directement dans la tombe (le must étant la cicutine se trouvant habituellement dans la ciguë et ainsi mourir comme le célèbre « suicidé » Socrate, une mort classe en somme).
Un petit coup de fatigue ? Facile ! Meredith produisait de la caféine dans son sang, un excitant connu de tous.
Envie de voir la vie en rose ? La jeune fille produisait de la muscarine, l'alcaloïde hallucinogène de l'amanite tue-mouche qui provoque des crises de délire chez les personnes qui en ingère.
Envie d'avoir de jolies pupilles dilatées pour faire chavirer le cœur des garçons ? Elle produisait alors de l'atropine, contenue dans une plante, la belladone, (d'où le nom en italien : bella donna : belle femme) ancien produit de beauté chez les femmes dans l'antiquité.
Meredith était donc une « toxique ».
Avantage, elle ne tombait jamais malade : les bactéries mourraient dès qu'elles étaient au contact de la peau empoisonnée de la demoiselle.
C'est ainsi que Meredith fit carrière à l'âge adulte en tant qu'agent secret, tuant des gens sans utiliser aucune arme à feu, simplement en les embrassant ou en leur laissant un mouchoir maculé de ses larmes empoisonnées, gage d'un amour fictif qu'elle se disait avoir pour eux.
Elle avait toujours sa limitation auprès d'elle : un sachet de thym séché, n'étant pas totalement immunisée contre les effets de certains poisons qui pouvaient la tuer elle aussi.
Robert Lexin (président de la Guilde des pouvoirs)
Cylian reposa ensuite délicatement l'ouvrage sur la table.
Il chassa de son esprit les douloureux souvenirs de la veille qui resurgissaient petit à petit.
Son ventre lui indiqua qu'il n'était pas contre prendre un repas, il demanderait ensuite à Mikki s'il pouvait prendre une douche.
Cylian rejoignit la salle à manger. Un petit déjeuner était servi sur la grande table, certainement à son intention.
— Oh je rêve ! Un garçon beau comme un dieu et chez moi !
Surpris, Cylian tourna la tête vers l'endroit d'où venait la voix, c'était Mikki, assis sur un fauteuil en train de lire un journal.
Il ne portait plus son large chapeau noir sur la tête et chose surprenante par rapport à la veille, tous ses vêtements étaient d'un blanc immaculé.
Mikki portait un pantalon de coton blanc et une chemise de la même couleur, entièrement déboutonnée, ce qui laissait entre-apercevoir des muscles bien développés.
— Salut, tu as bien dormi ? demanda Cylian ?
— Oui merci. Je vois que la nuit a été longue, tu as les cheveux encore tout ébouriffés !
— C'est à cause de ton excellent vin mon cher. Où est Will ?
— Il est dehors, certainement sur la plage, il ne devrait pas tarder à rentrer.
— D'accord et ce petit déjeuner, il est pour moi ?
Mikki lui décocha un magnifique sourire avant de lui répondre :
— Oui, William te l'a préparé en ton honneur, c'est ton ami n'est-ce pas ?
Cylian fronça les sourcils, l'attitude de Mikki était étrange, comment avait il pu oublier qu'il était son ami ? Décidément, le vin de hier soir avait laissé des traces chez Mikki aussi, provoquant peut-être une amnésie passagère.
Cylian rétorqua d'un ton un peu décontenancé :
— Oui...
Cylian se sentit troublé, le jeune garçon aux cheveux noirs le regardait si intensément.
ses yeux se posaient sur lui, détaillant son anatomie.
« Bon... quoi de plus normal pour un gay que de me mater, surtout en boxer » pensa Cylian qui s'installa devant l'assortiment de fruits et de pâtisseries posés devant lui.
Il s'empressa d'avaler quelques bouchées de gâteau. La journée était déjà bien entamée et il était curieux d'explorer les environs de la maison. Il y avait tant de choses à découvrir. Sa curiosité était loin d'être émoussée et son esprit tournait à plein régime maintenant.
Il se leva et tourna la tête en direction de Mikki. Cylian se rendit compte que le bel apollon l'observait toujours. Il avait posé son journal n'ayant d'yeux que pour Cylian. À tel point que l'éthéré en fut mal à l'aise.
— Bon, je vais me doucher ! lança Cylian visiblement troublé.
— En haut, première porte à droite... indiqua Mikki.
— Merci.
L'eau ruisselant sur le corps de Cylian était une bénédiction. Peu à peu, ses muscles se réveillèrent de leur torpeur nocturne.
Décontraction merveilleuse quand il sentit que tous les pores de sa peau s'ouvraient au contact de l'eau chaude et de la mousse onctueuse du savon.
Première douche après le voyage... C'est là qu'il se rendit compte qu'il était un peu sale. Le vol au dessus du ciel pollué d'Athènes l'avait quelque peu enveloppé d'un carcan de crasse. Mais maintenant, son corps était rendu propre comme un sous neuf.
Il se sécha rapidement, s'entoura la taille d'une serviette pour rejoindre sa chambre et prendre des affaires de rechange tout en songeant qu'il lui faudrait demander à Mikki s'il y avait moyen de laver ses vêtements sales.
Quand il ouvrit la porte donnant sur le couloir, il se retrouva à quelques centimètres du visage de Mikki, qui attendait juste derrière celle-ci.
Tout son corps se raidit de surprise. Les deux garçons se toisèrent quelques secondes sans que l'un ou l'autre ne prenne la parole.
Cylian décelait sur les lèvres du garçon ténébreux un sourire inhabituel, indéchiffrable, qu'il n'avait pas eu l'occasion de voir la veille.
De ses prunelles azur, des éclairs de passion étaient sur le point de jaillir.
Cylian craignait le pire. Mikkos essayait il de le draguer ? En l'absence de William ? L'éthéré redoutait cette idée, mais à l'évidence, c'était bien ce qui était en train de se passer, il fallait vraiment être naïf ou aveugle pour ne pas le remarquer.
Le jeune grec mit fin aux interrogations muettes de Cylian, qui, s'attendant à cette remarque, essaya de ne pas se décontenancer.
— Pardonne moi pour cette question mais... si tu es l'ami de Will, c'est donc que tu es gay, non ?
— Oui et ça je te l'ai dit aussi ! Tu as la mémoire courte.
Cylian exprima un sourire gêné. Son interlocuteur reprit :
— Il faut que je t'avoue que tu es vraiment le garçon le plus beau qu'il m'a été donné de rencontrer jusqu'ici. Excuse moi pour ce que je vais faire...
Il s'approcha du visage de Cylian et celui-ci sentit une main se poser sur sa nuque encore humide tandis qu'une autre se posait sur son torse, caressant ses tétons durs.
La bouche entrouverte de Mikki frôla le cou de Cylian.
Mikki exhala un soupir de tendresse, dont le souffle chaud caressa doucement l'épaule de son ami. Furtif et doux baiser dans le cou, puis il remonta jusqu'aux lèvres de Cylian.
L'éthéré était comme hypnotisé. C'était comme une sensation étrange et réconfortante qu'il avait oubliée depuis tellement longtemps... C'était comme s'il réapprenait à aimer.
C'est à ce moment que la serviette attachée au creux des reins de Cylian tomba.
La main de Mikkos descendit alors lentement le long du dos pour frôler les hanches, la cicatrice, puis les fesses veloutées et rebondies de ce dieu vivant.
Mais soudainement, Cylian fut pris de remords. Sa tête appuyée contre le mur du couloir jouxtant la salle de bain se redressa doucement. C'était trop tôt pour lui, dont les souvenirs encore intacts avec Toni lui restaient en mémoire... Il ne pouvait pas, il ne devait pas tomber amoureux de Mikki.
Malgré toute la grâce divine du jeune grec qui se transposait dans son regard, dans son attention et dans son corps magnifique qui l'attirait comme un aimant, Mikki était déjà lié à William. Et jamais Cylian ne ferait souffrir son ami, jamais !
Cette amitié qu'il avait pour lui ne serait pas sacrifiée pour quelqu'un qui se placerait entre eux.
Le beau brun plaça rapidement ses mains sur les hanches de Mikki et le projeta violemment sur le mur d'en face.
Choqué par sa réaction, Mikkos le regarda fixement en se pinçant les lèvres, une expression de tristesse et de remords au fond des yeux, qui ne tardèrent pas à s'embuer de larmes.
— Désolé, je n'aurai pas dû te toucher comme cela... je te fais mes excuses. J'ai vraiment l'air con maintenant.
Cylian pesta contre Mikki, oubliant sa nudité. Cela valait bien un sermont de sa part.
— Bon sang Mikki, comment peux-tu faire ça à William ? Il t'aime tellement et toi tu veux lui briser le cœur en le trompant avec moi ? Tu as réfléchi à ça ? Ne serait-ce qu'une seconde ? Ton attitude risque de briser la magnifique relation que tu as avec lui !
Contre toute attente, le garçon aux cheveux noirs éclata de rire.
— Tu m'as appelé Mikki ? Je comprends tout maintenant ! Il y a un malentendu, j'aurai dû te l'expliquer avant, pardonne moi !
— Et tu trouves le moyen de rire après ce que je t'ai dit ? Mais qu'est ce qui te passe par la tête ? Où veux tu en venir ?
Le jeune garçon se tordait de rire, peinant à reprendre son souffle.
Cylian le regardait stupéfait, de sa réaction. Il ne savait plus quoi dire.
« Ces grecs sont fous ! » se disait il.
Reprenant ses esprits, la respiration haletante, le bel apollon se redressa, un sourire diabolique au coin des lèvres.
— C'est que vois tu... je ne suis pas Mikki !
— Quoi ?
L'incompréhension était totale pour l'éthéré, tous les scénarios possibles défilaient dans sa tête.
Cette personne qui se trouvait devant lui ressemblait pourtant comme deux gouttes d'eau à Mikki. D'ailleurs, existait-il vraiment ? A ce moment, Cylian n'était plus sûr de rien.
Une réponse s'échappa de son esprit, se confrontant à la réalité qu'il avait devant les yeux.
— Tu... tu es un polymorphe ?