29-03-2025, 01:27 PM
— Cylian ? Qu'est ce qu'il y a ? Tu es tout pâle ? Dis quelque chose !
Une image du bel ado blond se forma dans l'esprit de Cylian, un souvenir du visage de Toni lui souriant, à son anniversaire. Pourquoi avait il choisi cette image ? Pourquoi celle-ci parmi tant d'autre ? Les yeux de Cylian s'embuèrent. Il avait beau essayer de chasser cette image de son esprit, rien à faire. Elle revenait sans cesse. Le Toni aux yeux pétillants, il le revit l'embrasser, lui faire l'amour, le doux contact de ses lèvres contre les siennes et son rire... un rire clair, cristallin et joyeux !
Cylian sentit distinctement sa poitrine se déchirer et peina à articuler.
— C'était il y a plus d'un an... juste au début de l'été, Will. Le destin nous a séparé... d'un coup ! En plein bonheur !
Une larme jaillit du coin de l'œil de Cylian et coula le long de sa joue comme si une pointe venait de lui percer le cœur.
Il s'efforça de poursuivre en articulant du mieux qu'il pouvait, la gorge nouée par le chagrin.
— Quelque jours après les vacances, Toni a du déménager dans l'Ouest de la France, son père ayant obtenu un poste important à Nantes. Ensuite, tout s'est enchaîné très vite. Il fallait que Toni et son frère rejoignent leur nouveau lycée dès la rentrée. Mais cela n'était pas un problème, j'aurais pu le rejoindre les week-ends et durant les vacances scolaires, nous l'avions convenu ainsi...
Puis... quelque jours après, Toni a disparu définitivement sans me donner de nouvelles. Un ami, Vincent, possédant le don de vision n'a pas pu le localiser. J'ai appris par son frère que son père avait appris qu'il est gay et qu'il voulait faire sa vie avec moi. Malheureusement, il l'a très mal pris, à en juger la lettre que m'a fait parvenir son frère.
Le plus étrange... c'est que son frère ne savait pas non plus où il avait disparu.
C'est alors que pendant des mois, je me suis mis à sa recherche en commençant vers sa nouvelle maison dans l'ouest.
Arrivé sur place, je n'ai vu personne, pas même son frère ! Certainement que Toni m'a donné une fausse adresse pour un motif qui m'échappe encore.
C'était de plus en plus bizarre.
Mais le plus étrange, c'est que, d'après mes informations recueillies au fil de mes recherches, Toni semblait rechercher où fuir quelque chose... Il avait une idée précise en tête qui en devenait une obsession.
Même en le connaissant bien, je n'ai jamais compris son geste.
Avant notre séparation, une presciente nous a révélé notre destin...
Cylian ravala un sanglot.
— Mon destin était de le perdre... quand au sien... je ne l'ai jamais su. Il n'a jamais voulu me l'avouer, preuve que son destin devait être effroyable ! Puis, il y a quelques mois de cela... j'ai appris qu'il aurait eu un accident tragique en Allemagne. Toni semblait se déplacer toujours autant, poursuivant sa quête secrète... Ce n'était qu'une rumeur mais dès lors, j'ai cessé de penser à lui, c'était trop dur ! Jusqu'à ce soir !
Cylian laissa tomber sa tête entre ses mains et fondit en larmes.
— Oh putain William ! J'ai tellement mal ! Je n'en peux plus !
— Merde, Cylian ! Je suis désolé, excuse moi d'avoir remué ces souvenirs en toi.
William bondit de son fauteuil et plaça doucement ses bras autour des épaules de son ami pour le consoler. Mikki avait également les larmes aux yeux, le terrible récit qu'il venait d'entendre l'avait marqué très profondément au fond de lui.
— Chuuut je suis là Cylian... je suis toujours là pour toi tu le sais bien.
— William, c'est trop dur ! J'ai cru que je l'avais oublié mais je n'y arrive pas ! Je n'y arrive pas ! Il n'y a aucun jour qui passe sans que je pense à lui ! Je pense à lui dès que je me réveille, je pense à lui le soir quand je m'endors !
Mikki s'éclipsa doucement pendant que Cylian sanglotait, la tête sur la poitrine de William.
C'est alors que le jeune garçon aux cheveux noirs revint avec une bouteille à la main.
— Tiens mon grand ! Bois ça ! Il faut soigner le mal par le mal ! Je t'ai apporté du retsina. C'est un vin typique du pays auquel on a rajouté de la résine de pin. Tu vas m'en dire des nouvelles. Mais avant, lève toi, j'ai quelque chose à te montrer... suis moi !
Cylian se leva péniblement et suivi Mikki dans le jardin.
Au dessus de leur tête, la nuit régnait parmi une multitude d'étoiles scintillantes.
— Regarde Cylian, c'est ici que je viens quand j'en ai gros sur le cœur... Ici, j'oublie un peu mes soucis en observant les étoiles, on ne les observe jamais assez tu ne trouves pas ?
Cylian ne répondit pas, il leva doucement la tête, portant son verre à ses lèvres.
C'était une belle nuit d'été, la chaleur de la journée y était encore palpable, un léger vent soufflait dans les cheveux longs des jeunes garçons.
— Sur l'île il n'y a pas de lumière parasite dans le ciel la nuit.
Quand je regarde les étoiles en pensant à quelqu'un, je me dis que cette personne regarde au même moment les mêmes constellations et que quelque part... elle pense à nous.
Ton Toni était un type bien d'après ce que tu m'as dit... Il pense peut-être à toi à l'heure qu'il est, où qu'il se trouve... C'est magique de se dire ça non ?
Cylian acquiesça silencieusement d'un hochement de tête, trouvant un peu la force de parler.
— Tu as raison Mikki, nous nous retrouverons un jour, lui et moi... Je le sais, même si je dois fouiller tous les recoins de la terre, des cieux et de l'enfer ! Un jour, il reviendra, j'ai confiance en lui !
— Bien dit mon grand !
Un sourire apparut enfin sur le visage de Cylian.
— En attendant, ressers-moi donc un verre de ce truc, comment ça s'appelle déjà ?
— Du retsina ! Mais fais attention, ça fait déjà trois verres que tu descends ! Tu n'es pas habitué aux produits locaux encore !
William s'était occupé à faire la vaisselle dans la cuisine. Il ne cessait de penser à son ami. Cela l'attristait de le voir ainsi. En même temps, il était heureux que son amour prenne soin de lui. Mikki est vraiment une perle rare il sait tellement bien s'occuper des gens qu'il rencontre. C'est quelqu'un d'ouvert et de très altruiste.
Quand il eut fini, il s'empressa de rejoindre les autres dehors.
Mikki était seul.
— Alors ? Cyl' va mieux ?
— Oh pour ça oui ! Il a fini la bouteille de vin ! En ce moment, il est en train de faire un petit vol digestif !
Tu vois, j'ai appris qu'il existe plus pitoyable qu'un homme bourré : un éthéré qui vient de se prendre une cuite !
William soupira
— Cylian ! Tu n'en rate pas une décidément ! Bon, toi tu ne bouge pas d'ici. Je décolle pour le ramener ! Qui sait ce que Cyl' risque de faire dans son état !
Le blondinet se mit à rechercher Cylian.
Des cris de joies le renseignèrent rapidement sur la piste à prendre.
Cylian tournoyait d'une façon chaotique, il s'exclama à l'approche de William :
— Hey Cloudy ! Tu ne devineras jamais ! Je vole !
— Cylian tu es bourré comme une outre, reviens !
— Nan si je veux !
— Ok, tu l'auras voulu !
— Hey mais qu'est ce que tu fais ?
William ceintura Cylian, ensemble ils foncèrent vers la mer, Cylian continuait à rire... jusqu'à ce que les deux éthérés touchent la surface de l'eau.
Le contact brusque de l'eau froide ramena Cylian à la raison.
William s'envola à nouveau, soutenant son compagnon et ils rejoignirent ensemble la maison.
Le blondinet porta un Cylian comateux jusqu'à sa chambre, le déshabilla et le mis au lit.
— Mon Cylian... décidément, tu ne changeras jamais ! Bonne nuit et à demain ! Je te réserve beaucoup de choses au programme. Tes vacances commencent bien décidément. Tu trouves le moyen de te prendre une cuite le premier soir. Tu me feras toujours rire !
— Will'? Attends !
— Oui Cyl' ?
— Non rien... bonne nuit à toi et salue Mikki de ma part et excuse moi auprès de lui pour mon attitude ce soir.
— Y a pas de mal frérot, on a l'habitude. Combien de fois Mikki et moi on a fini saoul sur la terrasse !
— Merci Will', merci, tu es un frère pour moi. Tu ne sais pas à quel point tu me réconfortes. Tu...
Cylian n'eut même pas le temps de finir sa phrase, assommé par les vapeurs d'alcool. Il s'endormit en un instant ce qui fit sourire William.
Puis ce dernier quitta la chambre sur la pointe des pieds pour rejoindre Mikki.
En fermant la porte, il susurra :
— Ne t'inquiètes pas Cyl'. Quelque chose me dit que tout va s'arranger...
Une image du bel ado blond se forma dans l'esprit de Cylian, un souvenir du visage de Toni lui souriant, à son anniversaire. Pourquoi avait il choisi cette image ? Pourquoi celle-ci parmi tant d'autre ? Les yeux de Cylian s'embuèrent. Il avait beau essayer de chasser cette image de son esprit, rien à faire. Elle revenait sans cesse. Le Toni aux yeux pétillants, il le revit l'embrasser, lui faire l'amour, le doux contact de ses lèvres contre les siennes et son rire... un rire clair, cristallin et joyeux !
Cylian sentit distinctement sa poitrine se déchirer et peina à articuler.
— C'était il y a plus d'un an... juste au début de l'été, Will. Le destin nous a séparé... d'un coup ! En plein bonheur !
Une larme jaillit du coin de l'œil de Cylian et coula le long de sa joue comme si une pointe venait de lui percer le cœur.
Il s'efforça de poursuivre en articulant du mieux qu'il pouvait, la gorge nouée par le chagrin.
— Quelque jours après les vacances, Toni a du déménager dans l'Ouest de la France, son père ayant obtenu un poste important à Nantes. Ensuite, tout s'est enchaîné très vite. Il fallait que Toni et son frère rejoignent leur nouveau lycée dès la rentrée. Mais cela n'était pas un problème, j'aurais pu le rejoindre les week-ends et durant les vacances scolaires, nous l'avions convenu ainsi...
Puis... quelque jours après, Toni a disparu définitivement sans me donner de nouvelles. Un ami, Vincent, possédant le don de vision n'a pas pu le localiser. J'ai appris par son frère que son père avait appris qu'il est gay et qu'il voulait faire sa vie avec moi. Malheureusement, il l'a très mal pris, à en juger la lettre que m'a fait parvenir son frère.
Le plus étrange... c'est que son frère ne savait pas non plus où il avait disparu.
C'est alors que pendant des mois, je me suis mis à sa recherche en commençant vers sa nouvelle maison dans l'ouest.
Arrivé sur place, je n'ai vu personne, pas même son frère ! Certainement que Toni m'a donné une fausse adresse pour un motif qui m'échappe encore.
C'était de plus en plus bizarre.
Mais le plus étrange, c'est que, d'après mes informations recueillies au fil de mes recherches, Toni semblait rechercher où fuir quelque chose... Il avait une idée précise en tête qui en devenait une obsession.
Même en le connaissant bien, je n'ai jamais compris son geste.
Avant notre séparation, une presciente nous a révélé notre destin...
Cylian ravala un sanglot.
— Mon destin était de le perdre... quand au sien... je ne l'ai jamais su. Il n'a jamais voulu me l'avouer, preuve que son destin devait être effroyable ! Puis, il y a quelques mois de cela... j'ai appris qu'il aurait eu un accident tragique en Allemagne. Toni semblait se déplacer toujours autant, poursuivant sa quête secrète... Ce n'était qu'une rumeur mais dès lors, j'ai cessé de penser à lui, c'était trop dur ! Jusqu'à ce soir !
Cylian laissa tomber sa tête entre ses mains et fondit en larmes.
— Oh putain William ! J'ai tellement mal ! Je n'en peux plus !
— Merde, Cylian ! Je suis désolé, excuse moi d'avoir remué ces souvenirs en toi.
William bondit de son fauteuil et plaça doucement ses bras autour des épaules de son ami pour le consoler. Mikki avait également les larmes aux yeux, le terrible récit qu'il venait d'entendre l'avait marqué très profondément au fond de lui.
— Chuuut je suis là Cylian... je suis toujours là pour toi tu le sais bien.
— William, c'est trop dur ! J'ai cru que je l'avais oublié mais je n'y arrive pas ! Je n'y arrive pas ! Il n'y a aucun jour qui passe sans que je pense à lui ! Je pense à lui dès que je me réveille, je pense à lui le soir quand je m'endors !
Mikki s'éclipsa doucement pendant que Cylian sanglotait, la tête sur la poitrine de William.
C'est alors que le jeune garçon aux cheveux noirs revint avec une bouteille à la main.
— Tiens mon grand ! Bois ça ! Il faut soigner le mal par le mal ! Je t'ai apporté du retsina. C'est un vin typique du pays auquel on a rajouté de la résine de pin. Tu vas m'en dire des nouvelles. Mais avant, lève toi, j'ai quelque chose à te montrer... suis moi !
Cylian se leva péniblement et suivi Mikki dans le jardin.
Au dessus de leur tête, la nuit régnait parmi une multitude d'étoiles scintillantes.
— Regarde Cylian, c'est ici que je viens quand j'en ai gros sur le cœur... Ici, j'oublie un peu mes soucis en observant les étoiles, on ne les observe jamais assez tu ne trouves pas ?
Cylian ne répondit pas, il leva doucement la tête, portant son verre à ses lèvres.
C'était une belle nuit d'été, la chaleur de la journée y était encore palpable, un léger vent soufflait dans les cheveux longs des jeunes garçons.
— Sur l'île il n'y a pas de lumière parasite dans le ciel la nuit.
Quand je regarde les étoiles en pensant à quelqu'un, je me dis que cette personne regarde au même moment les mêmes constellations et que quelque part... elle pense à nous.
Ton Toni était un type bien d'après ce que tu m'as dit... Il pense peut-être à toi à l'heure qu'il est, où qu'il se trouve... C'est magique de se dire ça non ?
Cylian acquiesça silencieusement d'un hochement de tête, trouvant un peu la force de parler.
— Tu as raison Mikki, nous nous retrouverons un jour, lui et moi... Je le sais, même si je dois fouiller tous les recoins de la terre, des cieux et de l'enfer ! Un jour, il reviendra, j'ai confiance en lui !
— Bien dit mon grand !
Un sourire apparut enfin sur le visage de Cylian.
— En attendant, ressers-moi donc un verre de ce truc, comment ça s'appelle déjà ?
— Du retsina ! Mais fais attention, ça fait déjà trois verres que tu descends ! Tu n'es pas habitué aux produits locaux encore !
William s'était occupé à faire la vaisselle dans la cuisine. Il ne cessait de penser à son ami. Cela l'attristait de le voir ainsi. En même temps, il était heureux que son amour prenne soin de lui. Mikki est vraiment une perle rare il sait tellement bien s'occuper des gens qu'il rencontre. C'est quelqu'un d'ouvert et de très altruiste.
Quand il eut fini, il s'empressa de rejoindre les autres dehors.
Mikki était seul.
— Alors ? Cyl' va mieux ?
— Oh pour ça oui ! Il a fini la bouteille de vin ! En ce moment, il est en train de faire un petit vol digestif !
Tu vois, j'ai appris qu'il existe plus pitoyable qu'un homme bourré : un éthéré qui vient de se prendre une cuite !
William soupira
— Cylian ! Tu n'en rate pas une décidément ! Bon, toi tu ne bouge pas d'ici. Je décolle pour le ramener ! Qui sait ce que Cyl' risque de faire dans son état !
Le blondinet se mit à rechercher Cylian.
Des cris de joies le renseignèrent rapidement sur la piste à prendre.
Cylian tournoyait d'une façon chaotique, il s'exclama à l'approche de William :
— Hey Cloudy ! Tu ne devineras jamais ! Je vole !
— Cylian tu es bourré comme une outre, reviens !
— Nan si je veux !
— Ok, tu l'auras voulu !
— Hey mais qu'est ce que tu fais ?
William ceintura Cylian, ensemble ils foncèrent vers la mer, Cylian continuait à rire... jusqu'à ce que les deux éthérés touchent la surface de l'eau.
Le contact brusque de l'eau froide ramena Cylian à la raison.
William s'envola à nouveau, soutenant son compagnon et ils rejoignirent ensemble la maison.
Le blondinet porta un Cylian comateux jusqu'à sa chambre, le déshabilla et le mis au lit.
— Mon Cylian... décidément, tu ne changeras jamais ! Bonne nuit et à demain ! Je te réserve beaucoup de choses au programme. Tes vacances commencent bien décidément. Tu trouves le moyen de te prendre une cuite le premier soir. Tu me feras toujours rire !
— Will'? Attends !
— Oui Cyl' ?
— Non rien... bonne nuit à toi et salue Mikki de ma part et excuse moi auprès de lui pour mon attitude ce soir.
— Y a pas de mal frérot, on a l'habitude. Combien de fois Mikki et moi on a fini saoul sur la terrasse !
— Merci Will', merci, tu es un frère pour moi. Tu ne sais pas à quel point tu me réconfortes. Tu...
Cylian n'eut même pas le temps de finir sa phrase, assommé par les vapeurs d'alcool. Il s'endormit en un instant ce qui fit sourire William.
Puis ce dernier quitta la chambre sur la pointe des pieds pour rejoindre Mikki.
En fermant la porte, il susurra :
— Ne t'inquiètes pas Cyl'. Quelque chose me dit que tout va s'arranger...