26-03-2025, 11:56 AM
Valerian observait les deux amis qui s'étaient jetés dans les bras l'un de l'autre.
Il toisa Cylian d'une voix glaciale.
— Bienvenue Cylian, nous nous reverrons bientôt je pense, mais d'ici là... apprends à mieux choisir tes amis, deux éthérés qui protégeant un rampant... c'est la meilleure !
A peine eut il fini sa phrase qu'il s'envola derechef.
Les trois compagnons le regardèrent partir jusqu'à qu'il ait disparu derrière les reliefs escarpées de l'île.
C'est le moment que choisit William pour sauter sur Mikkos, les deux garçons roulèrent sur le sable blanc.
— La prochaine fois fais attention ! Je ne serais pas toujours là pour sauver tes petites fesses !
— Mais William, je n'y peux rien si tu me manques !
— Peut-être mais l'endroit est dangereux pour toi. Certains éthérés sont de mon cotés mais d'autres comme Valerian sont intransigeants vis-à-vis de certaines règles comme tu as pu t'en rendre compte.
Les deux garçons gloussèrent. William posa sa main sur la joue de Mikkos ses doigts remontèrent le long du visage pour dégager les mèches noires qui lui empêchaient de contempler les splendides yeux bleus.
Les lèvres de William se posèrent délicatement sur celles de Mikkos ... à la stupéfaction de Cylian. Leurs langues se frôlèrent de longues minutes.
Mikkos se retira vivement, ses yeux fixant avec anxiété ceux de Cylian, tout amusé qu'il était par ce spectacle.
— Euh... William ? Tu ne crois pas qu'on risque de choquer ton vieil ami ?
— Tu plaisantes ? Cylian est gay également. Je n'ai rien à lui cacher !
— Ah bon dans ce cas... mais tu pourrais faire les présentations non ?
— Oui tu as raison, surtout qu'il est maintenant au courant de notre amour.
William se redressa lentement et se tourna vers Cylian, tendant sa main, paume vers le Ciel vers Mikkos.
Il ajouta :
— Cylian, voici Mikkos mais entre nous, nous l'appelons plutôt Mikki. Je l'ai rencontré il y a deux semaines lorsque j'était chargé de venir chez lui chercher des provisions. Son père est un riche fournisseur. Il livre des denrées alimentaires pour tout le sud de la Grèce. Nous sommes tombés amoureux dès l'instant où mes yeux se sont portés sur lui !
Mikkos, voici mon meilleur ami du lycée : Cylian.
Nous étions correspondants à l'époque. Cylian m'a beaucoup aidé à reprendre confiance en moi.
Le garçon au chapeau de cow-boy se leva à son tour pour saluer Cylian.
— Salut Cylian. Je suis ravi de te connaître.
— Moi aussi Mikki.
— Et qu'est ce qui t'amène sur l'île ?
— En fait je viens m'entraîner un peu et surtout accomplir une vieille promesse que j'ai faite à William il y a plus d'un an en venant ici.
— Et bien je pense que tu ne seras pas déçu ! Tu vas me raconter toutes les aventures que tu as faites avec William et surtout celles qu'il ne veut pas me dire ! Mikki lança un sourire à son blondinet.
Serais tu d'accord pour passer la nuit avec nous ? En plus... un si beau garçon !
— Hey Mikki ! Tu le dragues pas ! T'es gentil !
William envoya discrètement un coup de coude dans le flanc de Mikki tout en appuyant la remarque de son ami par un clin d'œil en direction de Cylian.
— Allez accepte ! Il n'y a pas grand monde en ce moment chez les éthérés. Ils sont partis en mission. Tu pourras donc te reposer un peu chez nous.
— Dans ce cas, c'est d'accord... Mais je dois avouer que suis un peu surpris Will... Pardon de te demander ça maintenant mais... pour Ghost ?
Les joues de William s'empourprèrent légèrement à propos de la remarque de Cylian.
— Ah euh Ghost... nous avons rompu avant mon arrivée sur Zante il y a six mois de cela. Cela n'allait plus très bien entre nous. Les derniers temps, il ne passait plus chez moi, toujours invisible au propre comme au figuré.
— Ah ... je suis désolé, je connais ça aussi... c'est la vie, répliqua Cylian.
Mikki coupa les retrouvailles des deux amis.
— Il se fait tard et je pense que Cylian doit avoir une faim de loup ! Nous pourrions rentrer à la maison. Qu'en dites vous ? Elle se trouve juste derrière ces dunes. Juste le temps pour moi de récupérer Athéna, Artémis et Héra, enfin... mes armes. C'est ainsi que je les appelles.
— Non ! Tu joues encore aux billes et tu leur donne des petits noms, tu n'as pas honte à ton âge cow-boy ?
— Je te jure ! C'est débile je sais... mais mes sphères m'ont plus d'une fois sauvé la mise. Je suis un télékinésique, ce sont les objets que j'ai trouvé les plus adaptés pour me défendre et elle peuvent faire très mal !
Mikki éclata subitement de rire.
— William peut en témoigner. Il y a deux semaines, lorsqu'il est arrivé ici pour la première fois, j'ai cru qu'il en avait après moi. Je lui ai envoyé la poubelle sur la tête grâce à mes pouvoirs. C'est seulement après m'avoir dit calmement couvert d'ordures qu'il était là pour réceptionner les vivres, que j'ai compris ma méprise. Tu aurais du voir ma tête ! J'étais rouge de honte ! Je me suis donc excusé auprès de William et je l'ai invité à prendre une douche chez moi,
la suite est très romantique. Nous nous sommes embrassé pour la première fois sous la douche. Je n'oublierai jamais son sourire gêné à ce moment là, les gouttelettes d'eau qui ruisselait le long de sa peau pour glisser ensuite vers son torse glabre, puis vers ses adorables petites fesses bombées et allant se perdre dans les quelques poils blonds de son pubis... n'est ce pas mon ange ?
— Le salopiot ! A toi aussi il t'a fait le coup de la douche ! Will et moi on s'est surpris nu dans la salle de bain lors de notre première rencontre mais euh... je te rassure, il ne s'est rien passé.
Cylian et William se regardèrent mutuellement avec un air de connivence au fond des yeux, à l'autre bout de l'Europe, ils étaient à nouveau réunis. Eux, les deux inséparables amis.
Il ne connaissait pas William depuis aussi longtemps que son vieil ami Julien, mais cette amitié avait l'avantage d'être franche et sincère, sans jeu de profits et de manipulations.
Cylian se serait coupé en quatre pour faire plaisir à William et William aurait fait pareil sans réfléchir... point final.
Malgré les mois qui semblaient s'être succédés à vitesse grand V, William conservait toujours la même beauté. Il était devenu très grand, également très fin, ses cheveux n'avaient pas foncés avec le temps et gardaient l'éclat de la paille sèche comme un pré en un jour de fin d'été.
Ses taches de rousseurs le rendaient toujours craquant et ses lèvres... fines et roses comme des framboises que Mikki devait déguster chaque fois que cela était possible.
En contrepartie, son visage s'était creusé : le temps qui passe lui avait volé son visage poupin.
Quelle couple étrange mais si beau : un cow-boy aux cheveux noirs dont les vêtements laissaient deviner au travers un corps musclé flanqué d'un blondinet fluet et gracieux.
Pendant la courte distance qu'il restait à parcourir aux trois garçons, William en profitait pour embrasser son doux Mikki tout en expliquant les travaux qu'avait effectué le père de Mikkos à rendre le domaine boisé et accueillant.
Ils arrivèrent devant la maison. Cylian fut subjugué devant la végétation luxuriante qui bordait la petite demeure tout en chaux blanche.
Des palmiers à foison étaient plantés tout autour.
Le ciel offrait toute une gamme de couleurs allant du vert olivâtre sur les rares nuages traversant le ciel, aux teintes vermillons du soleil couchant en passant par le bleu cyan si l'on regardait au zénith. Toutes ces nuances se reflétant sur la végétation apportaient la dernière touche paradisiaque en ce lieu tenu à l'écart de toutes civilisations.
— Installez-vous sur la terrasse et ne vous occupez de rien. Je me charge de vous préparer à manger insista Mikki
— Tu ne veux pas que je t'aide à mettre la table Mikki ?
— Tu plaisantes Cylian ? Regarde. Ce sera beaucoup plus rapide si je m'en charge.
En un éclair, une cohorte d'assiettes et autres ustensiles en suspension dans l'air volèrent travers la terrasse.
Sous le regard brûlant de Mikki, les couverts atterrirent sur la table, dans une disposition ordonnée au millimètre près.
Mikki se dirigea vers Cylian et lui donna une tape amicale sur l'épaule.
— Alors ?
— Bon d'accord... je n'aurais pas fait mieux, dire que si je t'avais eu sous la main il y a quelques années, cela m'aurait évité la corvée de mettre la table. Ma mère t'aurait apprécié !
— Aller à table, mon frère reviendra plus tard. Il nous a laissé de quoi manger. Cylian, tu vas goûter nos spécialités traditionnelles. Ne m'attendez pas, installez vous.
L'air embaumait, les particules salées et iodées relâchées par l'océan se mélangeaient aux parfums subtils et boisés des pins environnants. Les effluves suaves des figues posées sur la table entre les hors d'oeuvres chatouillait les papilles des deux éthérés.
Mikki de retour de la cuisine avec du tzaziki leur intima de prendre un verre d'Ouzo en guise d'apéritif.
— Voilà goûtez : l'ouzo est un peu notre pastis à l'anis typiquement grec. Attention ça arrache ! Cylian... non ! Ne bois pas si vite !
Cylian toussota une fois son verre fini ce qui fit beaucoup rire William.
Mikki énumérait les spécialités locales : Le tzaziki est une préparation de concombres, ciboulette et fromage blanc, vous pouvez en garder pour manger avec vos Souvlaki, ce sont des brochettes.
— Tzaziki ? C'est marrant; À Kyllini ce matin, la personne de l'hôtel à qui j'ai demandé ma route a voulu m'en faire goûter si je prenait une chambre.
Cylian semblait vraiment excité à l'idée de partager le repas avec ses amis. Durant tout le repas il ne put s'empêcher d'inonder de « merci, merci, merci Mikki » le jeune garçon.
La nuit gagna bientôt l'île, les premières étoiles apparurent dans le ciel à lumière déclinante. Mikki, Cylian et William rejoignirent le salon quand la fraîcheur du soir tomba sur eux.
Cylian était curieux de savoir comment était les autres éthérés. Il assaillit William de milles questions.
— Valérian a parlé de « rampant » tout à l'heure en s'adressant à Mikki. Qu'est ce que cela veut dire ?
— Le terme de « rampant » est un terme péjoratif utilisé pour ceux qui ne sont pas éthérés comme nous Cyl'. Je trouve que c'est dégueulasse de l'utiliser !
— Plutôt oui !
William se renfonça dans son fauteuil, le bras derrière sa tête, caressant ses cheveux dorés.
— Qu'est ce que tu croyais Cyl' ? Autant te prévenir tout de suite. Si sommes des anges, nous sommes loin en revanche d'être des saints ! La plupart des Éthérés sont assez imbus d'eux-même !
Cylian était surpris, finalement, il n'y avait pas de gentil éthérés et de méchants psychiques. Ces deux castes dominantes qui se savaient puissantes ne valaient pas mieux l'une que l'autre.
Mikkos interrogea Cylian :
— Alors, raconte moi beau brun. Comment était mon petit Will à l'époque ?
— Certainement plus petit et plus timide que maintenant. Sa maman lui faisait encore prendre son bain quand je l'ai connu. Il ne pouvais pas dormir chez moi sans sa peluche !
— Non ? Mon William ? J'ai du mal à te croire !
— Je plaisante Mikki, rassure-toi !
— Oh comme c'est touchant ! C'est ta mère qui te frottait le dos Will'?
William était rouge écarlate, il marmonna passablement vexé.
— Mais je vous emmerde, tout les deux ! Fuck ! C'est quoi cette coalition ? Cylian ! Espèce de faux frère !
— Ah ! C'était le bon temps... soupira Cylian. Au fait ? Tu as des nouvelles de cette fille ? Comment s'appelait elle déjà ? Ah oui ! Stinky !
— Mary ? Bien sûr ! J'ai gardé de bons contacts contrairement à Ghost. Elle a beaucoup changée... My god ! Si tu la voyais maintenant ! Elle s'est finalement amouraché de Jonathan qu'elle convoitait depuis longtemps. La petite délurée a laissée place à une jeune femme très chic, avec les petits tailleurs et tout les petits trucs raffinés.
— Cela me fait penser à quelque chose Cylian... tu vas dire que je suis curieux mais depuis ton arrivée, tu n'as pas évoqué une seule seconde ton amoureux... Toni.
« Toni... »
Cylian craignait cet instant depuis le moment où ils étaient passés à table. Il savait qu'en se remémorant leurs souvenirs, William lui poserait la question tant redoutée et que la conversation en arriverait là.
Il toisa Cylian d'une voix glaciale.
— Bienvenue Cylian, nous nous reverrons bientôt je pense, mais d'ici là... apprends à mieux choisir tes amis, deux éthérés qui protégeant un rampant... c'est la meilleure !
A peine eut il fini sa phrase qu'il s'envola derechef.
Les trois compagnons le regardèrent partir jusqu'à qu'il ait disparu derrière les reliefs escarpées de l'île.
C'est le moment que choisit William pour sauter sur Mikkos, les deux garçons roulèrent sur le sable blanc.
— La prochaine fois fais attention ! Je ne serais pas toujours là pour sauver tes petites fesses !
— Mais William, je n'y peux rien si tu me manques !
— Peut-être mais l'endroit est dangereux pour toi. Certains éthérés sont de mon cotés mais d'autres comme Valerian sont intransigeants vis-à-vis de certaines règles comme tu as pu t'en rendre compte.
Les deux garçons gloussèrent. William posa sa main sur la joue de Mikkos ses doigts remontèrent le long du visage pour dégager les mèches noires qui lui empêchaient de contempler les splendides yeux bleus.
Les lèvres de William se posèrent délicatement sur celles de Mikkos ... à la stupéfaction de Cylian. Leurs langues se frôlèrent de longues minutes.
Mikkos se retira vivement, ses yeux fixant avec anxiété ceux de Cylian, tout amusé qu'il était par ce spectacle.
— Euh... William ? Tu ne crois pas qu'on risque de choquer ton vieil ami ?
— Tu plaisantes ? Cylian est gay également. Je n'ai rien à lui cacher !
— Ah bon dans ce cas... mais tu pourrais faire les présentations non ?
— Oui tu as raison, surtout qu'il est maintenant au courant de notre amour.
William se redressa lentement et se tourna vers Cylian, tendant sa main, paume vers le Ciel vers Mikkos.
Il ajouta :
— Cylian, voici Mikkos mais entre nous, nous l'appelons plutôt Mikki. Je l'ai rencontré il y a deux semaines lorsque j'était chargé de venir chez lui chercher des provisions. Son père est un riche fournisseur. Il livre des denrées alimentaires pour tout le sud de la Grèce. Nous sommes tombés amoureux dès l'instant où mes yeux se sont portés sur lui !
Mikkos, voici mon meilleur ami du lycée : Cylian.
Nous étions correspondants à l'époque. Cylian m'a beaucoup aidé à reprendre confiance en moi.
Le garçon au chapeau de cow-boy se leva à son tour pour saluer Cylian.
— Salut Cylian. Je suis ravi de te connaître.
— Moi aussi Mikki.
— Et qu'est ce qui t'amène sur l'île ?
— En fait je viens m'entraîner un peu et surtout accomplir une vieille promesse que j'ai faite à William il y a plus d'un an en venant ici.
— Et bien je pense que tu ne seras pas déçu ! Tu vas me raconter toutes les aventures que tu as faites avec William et surtout celles qu'il ne veut pas me dire ! Mikki lança un sourire à son blondinet.
Serais tu d'accord pour passer la nuit avec nous ? En plus... un si beau garçon !
— Hey Mikki ! Tu le dragues pas ! T'es gentil !
William envoya discrètement un coup de coude dans le flanc de Mikki tout en appuyant la remarque de son ami par un clin d'œil en direction de Cylian.
— Allez accepte ! Il n'y a pas grand monde en ce moment chez les éthérés. Ils sont partis en mission. Tu pourras donc te reposer un peu chez nous.
— Dans ce cas, c'est d'accord... Mais je dois avouer que suis un peu surpris Will... Pardon de te demander ça maintenant mais... pour Ghost ?
Les joues de William s'empourprèrent légèrement à propos de la remarque de Cylian.
— Ah euh Ghost... nous avons rompu avant mon arrivée sur Zante il y a six mois de cela. Cela n'allait plus très bien entre nous. Les derniers temps, il ne passait plus chez moi, toujours invisible au propre comme au figuré.
— Ah ... je suis désolé, je connais ça aussi... c'est la vie, répliqua Cylian.
Mikki coupa les retrouvailles des deux amis.
— Il se fait tard et je pense que Cylian doit avoir une faim de loup ! Nous pourrions rentrer à la maison. Qu'en dites vous ? Elle se trouve juste derrière ces dunes. Juste le temps pour moi de récupérer Athéna, Artémis et Héra, enfin... mes armes. C'est ainsi que je les appelles.
— Non ! Tu joues encore aux billes et tu leur donne des petits noms, tu n'as pas honte à ton âge cow-boy ?
— Je te jure ! C'est débile je sais... mais mes sphères m'ont plus d'une fois sauvé la mise. Je suis un télékinésique, ce sont les objets que j'ai trouvé les plus adaptés pour me défendre et elle peuvent faire très mal !
Mikki éclata subitement de rire.
— William peut en témoigner. Il y a deux semaines, lorsqu'il est arrivé ici pour la première fois, j'ai cru qu'il en avait après moi. Je lui ai envoyé la poubelle sur la tête grâce à mes pouvoirs. C'est seulement après m'avoir dit calmement couvert d'ordures qu'il était là pour réceptionner les vivres, que j'ai compris ma méprise. Tu aurais du voir ma tête ! J'étais rouge de honte ! Je me suis donc excusé auprès de William et je l'ai invité à prendre une douche chez moi,
la suite est très romantique. Nous nous sommes embrassé pour la première fois sous la douche. Je n'oublierai jamais son sourire gêné à ce moment là, les gouttelettes d'eau qui ruisselait le long de sa peau pour glisser ensuite vers son torse glabre, puis vers ses adorables petites fesses bombées et allant se perdre dans les quelques poils blonds de son pubis... n'est ce pas mon ange ?
— Le salopiot ! A toi aussi il t'a fait le coup de la douche ! Will et moi on s'est surpris nu dans la salle de bain lors de notre première rencontre mais euh... je te rassure, il ne s'est rien passé.
Cylian et William se regardèrent mutuellement avec un air de connivence au fond des yeux, à l'autre bout de l'Europe, ils étaient à nouveau réunis. Eux, les deux inséparables amis.
Il ne connaissait pas William depuis aussi longtemps que son vieil ami Julien, mais cette amitié avait l'avantage d'être franche et sincère, sans jeu de profits et de manipulations.
Cylian se serait coupé en quatre pour faire plaisir à William et William aurait fait pareil sans réfléchir... point final.
Malgré les mois qui semblaient s'être succédés à vitesse grand V, William conservait toujours la même beauté. Il était devenu très grand, également très fin, ses cheveux n'avaient pas foncés avec le temps et gardaient l'éclat de la paille sèche comme un pré en un jour de fin d'été.
Ses taches de rousseurs le rendaient toujours craquant et ses lèvres... fines et roses comme des framboises que Mikki devait déguster chaque fois que cela était possible.
En contrepartie, son visage s'était creusé : le temps qui passe lui avait volé son visage poupin.
Quelle couple étrange mais si beau : un cow-boy aux cheveux noirs dont les vêtements laissaient deviner au travers un corps musclé flanqué d'un blondinet fluet et gracieux.
Pendant la courte distance qu'il restait à parcourir aux trois garçons, William en profitait pour embrasser son doux Mikki tout en expliquant les travaux qu'avait effectué le père de Mikkos à rendre le domaine boisé et accueillant.
Ils arrivèrent devant la maison. Cylian fut subjugué devant la végétation luxuriante qui bordait la petite demeure tout en chaux blanche.
Des palmiers à foison étaient plantés tout autour.
Le ciel offrait toute une gamme de couleurs allant du vert olivâtre sur les rares nuages traversant le ciel, aux teintes vermillons du soleil couchant en passant par le bleu cyan si l'on regardait au zénith. Toutes ces nuances se reflétant sur la végétation apportaient la dernière touche paradisiaque en ce lieu tenu à l'écart de toutes civilisations.
— Installez-vous sur la terrasse et ne vous occupez de rien. Je me charge de vous préparer à manger insista Mikki
— Tu ne veux pas que je t'aide à mettre la table Mikki ?
— Tu plaisantes Cylian ? Regarde. Ce sera beaucoup plus rapide si je m'en charge.
En un éclair, une cohorte d'assiettes et autres ustensiles en suspension dans l'air volèrent travers la terrasse.
Sous le regard brûlant de Mikki, les couverts atterrirent sur la table, dans une disposition ordonnée au millimètre près.
Mikki se dirigea vers Cylian et lui donna une tape amicale sur l'épaule.
— Alors ?
— Bon d'accord... je n'aurais pas fait mieux, dire que si je t'avais eu sous la main il y a quelques années, cela m'aurait évité la corvée de mettre la table. Ma mère t'aurait apprécié !
— Aller à table, mon frère reviendra plus tard. Il nous a laissé de quoi manger. Cylian, tu vas goûter nos spécialités traditionnelles. Ne m'attendez pas, installez vous.
L'air embaumait, les particules salées et iodées relâchées par l'océan se mélangeaient aux parfums subtils et boisés des pins environnants. Les effluves suaves des figues posées sur la table entre les hors d'oeuvres chatouillait les papilles des deux éthérés.
Mikki de retour de la cuisine avec du tzaziki leur intima de prendre un verre d'Ouzo en guise d'apéritif.
— Voilà goûtez : l'ouzo est un peu notre pastis à l'anis typiquement grec. Attention ça arrache ! Cylian... non ! Ne bois pas si vite !
Cylian toussota une fois son verre fini ce qui fit beaucoup rire William.
Mikki énumérait les spécialités locales : Le tzaziki est une préparation de concombres, ciboulette et fromage blanc, vous pouvez en garder pour manger avec vos Souvlaki, ce sont des brochettes.
— Tzaziki ? C'est marrant; À Kyllini ce matin, la personne de l'hôtel à qui j'ai demandé ma route a voulu m'en faire goûter si je prenait une chambre.
Cylian semblait vraiment excité à l'idée de partager le repas avec ses amis. Durant tout le repas il ne put s'empêcher d'inonder de « merci, merci, merci Mikki » le jeune garçon.
La nuit gagna bientôt l'île, les premières étoiles apparurent dans le ciel à lumière déclinante. Mikki, Cylian et William rejoignirent le salon quand la fraîcheur du soir tomba sur eux.
Cylian était curieux de savoir comment était les autres éthérés. Il assaillit William de milles questions.
— Valérian a parlé de « rampant » tout à l'heure en s'adressant à Mikki. Qu'est ce que cela veut dire ?
— Le terme de « rampant » est un terme péjoratif utilisé pour ceux qui ne sont pas éthérés comme nous Cyl'. Je trouve que c'est dégueulasse de l'utiliser !
— Plutôt oui !
William se renfonça dans son fauteuil, le bras derrière sa tête, caressant ses cheveux dorés.
— Qu'est ce que tu croyais Cyl' ? Autant te prévenir tout de suite. Si sommes des anges, nous sommes loin en revanche d'être des saints ! La plupart des Éthérés sont assez imbus d'eux-même !
Cylian était surpris, finalement, il n'y avait pas de gentil éthérés et de méchants psychiques. Ces deux castes dominantes qui se savaient puissantes ne valaient pas mieux l'une que l'autre.
Mikkos interrogea Cylian :
— Alors, raconte moi beau brun. Comment était mon petit Will à l'époque ?
— Certainement plus petit et plus timide que maintenant. Sa maman lui faisait encore prendre son bain quand je l'ai connu. Il ne pouvais pas dormir chez moi sans sa peluche !
— Non ? Mon William ? J'ai du mal à te croire !
— Je plaisante Mikki, rassure-toi !
— Oh comme c'est touchant ! C'est ta mère qui te frottait le dos Will'?
William était rouge écarlate, il marmonna passablement vexé.
— Mais je vous emmerde, tout les deux ! Fuck ! C'est quoi cette coalition ? Cylian ! Espèce de faux frère !
— Ah ! C'était le bon temps... soupira Cylian. Au fait ? Tu as des nouvelles de cette fille ? Comment s'appelait elle déjà ? Ah oui ! Stinky !
— Mary ? Bien sûr ! J'ai gardé de bons contacts contrairement à Ghost. Elle a beaucoup changée... My god ! Si tu la voyais maintenant ! Elle s'est finalement amouraché de Jonathan qu'elle convoitait depuis longtemps. La petite délurée a laissée place à une jeune femme très chic, avec les petits tailleurs et tout les petits trucs raffinés.
— Cela me fait penser à quelque chose Cylian... tu vas dire que je suis curieux mais depuis ton arrivée, tu n'as pas évoqué une seule seconde ton amoureux... Toni.
« Toni... »
Cylian craignait cet instant depuis le moment où ils étaient passés à table. Il savait qu'en se remémorant leurs souvenirs, William lui poserait la question tant redoutée et que la conversation en arriverait là.