18-03-2025, 03:21 PM
(Modification du message : 18-03-2025, 03:40 PM par fablelionsilencieux.)
![[Image: le-banc-de-parc-bleu-sous-la-grande-neig...902603.jpg]](https://thumbs.dreamstime.com/b/le-banc-de-parc-bleu-sous-la-grande-neige-couvert-des-arbres-83902603.jpg)
Quel temps de merde ! Quel monde de merde ! Tous ces gens qui se réjouissent et dépense sans compter pour les fêtes de fin d'année. Qu'une fois de plus, moi, je vais passer seul. Tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil, soit disant, en cette période.
Tient ! Je me demande si le jeune mec (plutôt mignon) qui fait la manche tous les jours à la sortie du métro, pense la même chose. Tous les matins et tous les soirs je le croise alors que je vais au boulot ou que j’en rentre. Ça fait déjà trois mois qu'il est là. Quand j'ai un peu de monnaie je la lui donne et régulièrement on échange quelques mots.
Je suis en vacances pour la durée des fêtes et comme je m'ennuie j'en profite pour faire du tri dans mes placards. C'est fou le nombre de fringues que je ne porte plus et qui encombrent mes armoires et ma penderie,. Je ne vous parle même pas des chaussures que je ne mets plus. J'en remplis deux gros sacs que je déposerai dans un conteneur.
Mais l'urgence, aujourd'hui, c'est d'aller faire les courses. Mon frigo et mes placards crient famine !
C'est chargé de gros sacs que je rentre chez moi. Et, faute à pas de chance, la poignée d'un d'eux casse. Je réussis tant bien que mal à tout porter mais je me vois difficilement atteindre mes pénates sans casse. Je suis en train de finir de grimper les escaliers du métro quand, le jeune mec, voyant mon embarras, me dit :
– Vous, vous avez besoin d'un coup de main pour porter vos sacs !
– Ce serait avec plaisir mais je ne voudrais pas que ça vous fasse perdre de l’argent.
– Ça ira, les gens ont été généreux avec moi, aujourd’hui.
Il se lève, enfile son sac à dos et me prend, d'office, deux sacs – les plus volumineux. Je suis surpris de sa grandeur, l'ayant toujours vu assis je l'imaginais plus petit qu'il n’est. En fait, il a approximativement ma taille. Il doit avoir la vingtaine débutante alors que j'ai la vingtaine finissante. Il me suit sans rien dire et arrivés à l'appartement je dois insister pour qu'il entre et boive un verre. Il retire le bonnet qu’il a toujours vissé sur le crâne, depuis que je le croise et… il est aussi blond que je suis brun.
– Qu'est-ce que tu veux boire ?
– Vous avez quelque chose de chaud ?
– Oui bien sûr, café, thé ou chocolat.
– Un chocolat, s'il vous plaît.
On boit nos boissons en silence et quand il a fini le sien, il se lève pour repartir. Je lui tends un billet qu'il refuse.
– Vous êtes assez généreux avec moi, souvent et surtout vous êtes un des rares qui échange quelques mots avec moi et qui me traite en être humain. Alors, ça vaut bien le petit service que je viens de vous rendre.
– Comme le disait ma mère ''toute peine mérite salaire'‘. Puisque tu refuses mon argent, je t'invite à dîner. J'espère que tu ne vas pas refuser un bon repas. Je suis très bon cuisinier.
– Non, je ne peux pas, je suis crade et je pue.
– Alors, en plus du repas, je t'offre de prendre une bonne douche et, si tu ne le prends pas mal, j'ai fait du tri dans mes fringues et j'allais les mettre au conteneur. Mais comme on a quasi la même taille, si certaines te plaisent, je t'en fais cadeau avec grand plaisir.
Il semble réfléchir quelques secondes.
– D’accord, j’accepte.
– Suis-moi, je te montre où est la salle de bain et je te dépose les affaires. Tu n'auras qu'à faire ton choix. Prends ton temps. Pendant que je prépare le repas.
Il me suit en silence et dès que j'ai déposé les sacs il referme la porte derrière lui. Je vais faire simple mais bon. Pendant que le repas cuit, je jette un œil par la fenêtre. Il neige dru dehors. Le dîner est prêt, quand il sort de la salle de bain. J'en reste bouche bée. Il est juste… magnifique !
– Merci, j'en avais vraiment besoin. Je vous ai emprunté un rasoir.
– Tu as bien fait. Tu as faim ?
– Un peu. Je n'ai rien mangé depuis hier midi.
– Tu m'as dit que les gens avaient été généreux avec toi.
– Je vous ai menti. En fait, la plupart ont passé la journée à m'insulter en me traitant de fainéant, de raté, de bon à rien et j’en passe… parfois, bien pire.
– Bon, bin, n’attendons pas que ça refroidisse pour passer à table et on continuera notre discussion.
– Comme vous voulez.
– Alors, vient ! Et arrête de me vouvoyer.
On s’attable et je lui sers une bonne portion d'entrée qu'il mange doucement en mastiquant longuement chaque bouchée. Il me pose beaucoup de questions, sur moi, ma vie, mon métier et quand je lui en pose à mon tour il se révèle peu ou élude mes questions. À la fin du repas je sais juste qu'il s'appelle Anthony, qu'il a 21 ans, qu'il a fait des études d'art et que ses parents l'ont mis dehors parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec certaines de ses décisions -sur lesquelles il reste très vague.
On passe au salon pour boire le café. Il s’assoit sur le canapé et moi sur un fauteuil en face de lui. On reprend notre discussion sur ses études.
– Tu as une feuille de papier vierge et un crayon ?
– Je vais te chercher ça.
Je pose le tout devant lui et il m'explique comment me positionner pour qu’il me « croque ». Il me regarde un grand moment avant de commencer à dessiner. Curieux, je veux voir ce qu'il fait mais, gentiment, il me demande de reprendre la pause. Au bout d'une heure il me dit
– C'est bon, tu peux bouger. Il n'est pas complètement fini mais j'ai fait le plus gros. Il ne me reste plus qu'à ajouter quelques ombres et à estomper quelques traits trop marqués et il sera fini. Tu veux voir ?
– Bien sûr ! … Oh ! Mais c'est incroyable ce que tu viens de faire. On dirait une photo de moi en noir et blanc. Enfin une photo retouchée parce que tu m'as fait plus beau que je ne suis en réalité.
– Je t'ai dessiné tel que tu es. J'en ai pour quelques minutes pour le finir, ensuite je partirai. Il se fait tard.
– Tu ne veux pas rester coucher ici ? Tu as vu le temps qu'il fait dehors ? Il neige. Il doit bien y en avoir 10 cm déjà.
– Merde, fait chier. Les bonnes places vont être prises.
– Raison de plus pour passer la nuit ici.
– C'est d'accord mais demain je pars.
J'ouvre le canapé et je lui donne une couverture. Il ne veut pas se coucher tout de suite, il veut finir mon portrait avant. Je vais me coucher, après être passé par la douche. Je me lève assez tard et quand j'entre au salon le canapé est replié, la couverture est pliée dessus et sur la table du salon il y a mon portrait et un petit mot que je lis.
''Merci pour ta gentillesse, j'espère que ton portrait te plaira'‘. Il est parti comme ça en catimini. Je suis déçu et j'avoue que la veille au soir alors que j'étais dans mon lit, je me suis fait un film en pensant à ce qu'il aurait pu se passer entre nous s'il avait été, là, avec moi dans mon lit et dans le même état d'esprit que moi. Pour faire court et cru, je me suis branlé en pensant à lui et j'en ai éprouvé un fort plaisir.
Pendant trois jours je suis allé voir plusieurs fois par jour s'il était à la sortie du métro et ce n'est que la veille de Noël que je le trouve enfin. Quand il me voit il a un geste de surprise, il a juste le temps de se lever avant que je ne le rejoigne. Il a l'air mécontent que je sois là.
– Pourquoi tu es là ? Qu'est-ce que tu me veux ?
– Je veux savoir ce que je t'ai fait pour que tu sois parti comme un voleur.
– Tu m'as fait la pire des choses qui puisse m’arriver. Le temps d'une soirée j'ai eu l'impression d'être redevenu un être humain et non plus cette chose anonyme que les gens ne voient même pas quand ils passent à côté de lui, ou qui me montrent en exemple en fustigeant un enfant en le menaçant de devenir comme moi s'il n'étudie pas mieux à l'école ou encore qui se défoulent sur moi des frustrations d'une journée de boulot de merde. Je n'aurais jamais dû t'aider ce jour-là.
– Pourquoi es-tu si dur envers moi et surtout envers toi ? Tu m'as aidé et j'ai voulu te remercier de ta gentillesse. Tu as refusé l'argent que je voulais te donner alors j'ai pensé qu'en t'offrant à manger ça pourrait compenser ton gentil geste. Quel mal y a-t-il ?
– Tu ne te rends pas compte de ce que tu as fait sans le vouloir. Tu m'as redonné espoir qu'un jour tout pourrait redevenir normal pour moi, que je pourrais avoir une vie normale avec un métier et des amis, avoir un chez moi et être heureux. Mais tout ça, ce n'est plus qu'une utopie pour moi.
– Mais pourquoi ?
– Je, je suis recherché par la police.
M'ayant avoué cela presque en chuchotant, il éclate en sanglots.
– Viens, suis-moi. On va continuer notre discussion au chaud, à la maison.
– Tu es sûr de vouloir que je vienne, maintenant que tu sais que je suis recherché par la police ?
– L'autre fois tu ne m'as pas volé ni tué. Je pars du principe que les gens sont honnêtes.
– Tu n'as jamais été déçu ?
– Parfois, c'est arrivé, mais ils ont eu plus à perdre que moi.
– Tu es un utopiste.
– Peut-être. Tu veux bien me raconter pourquoi tu es recherché par la police ?
– Ça remonte à l'époque où je venais juste d'avoir 19 ans. On était en train de faire l'amour dans son lit quand son père nous a surpris. Il ne m'a donné que le temps de ramasser mes affaires et il m'a mis dehors, à poil, en me disant qu'il allait déposer plainte pour détournement de mineur.
Il a aussi appelé mes parents qui m'ont foutu dehors ne me laissant emporter que quelques affaires. J'ai réussi à tenir un petit moment en allant à droite ou à gauche chez des amis pour quelques jours ou une nuit. J'avais un peu d'argent sur un compte mais il a vite disparu et c'est comme ça que j'ai fini dans la rue.
– D'accord mais la fille avait quel âge quand son père vous a surpris ?
– 17 ans, presque 18 et ce n'était pas une fille mais un garçon.
– Il avait la majorité sexuelle et pardonne moi cette question mais était-il consentant ?
– Oui, bien sûr, je ne suis pas un violeur et on s’aimait.
– Je ne suis pas juriste mais je ne crois pas qu'on puisse te reprocher quoi que ce soit.
– Son père a le bras long et des relations. Il est très macho et c'est un homophobe. Il a dû obliger Luc à dire aux flics que je l'ai forcé !
– Tu n'en sais rien. Tu as revu Luc ?
– Non. J'ai essayé de lui téléphoner, de lui envoyer des sms ou des mails mais il n'y a jamais répondu.
– Tu comptes faire quoi ?
– Je ne sais pas. J'en peut plus de cette vie. Le mieux serait que je meurs comme ça je n'aurai plus de soucis ni d’emmerdements !
– Ça va pas la tête, de dire des conneries comme ça !
– Dis-moi. Tu sais ce que c'est de crever de faim la plupart du temps, tu sais ce que c'est de vivre dans la rue, tu sais ce que c'est de ne pas dormir la nuit tellement tu as froid et que tu claques des dents ?
– Non, je ne le sais pas mais j'ai une solution pour ça. J'ai une chambre d'amis où tu peux rester autant que tu veux et pour ce qui est de la nourriture, cuisiner pour un ou pour deux ne change pas grand-chose et comme cuistot, je me débrouille pas mal.
– Pourquoi tu ferais ça pour moi ?
– Parce que personne ne mérite de vivre dans la rue, parce que tu m'as aidé, parce que j'ai envie de le faire et …
– Et quoi ?
– Et… et parce qu'avec cette neige qui tombe depuis 10 jours les centres d'accueil doivent être bondés… Tu veux bien rester ?
Notre conversation tourne en rond encore un grand moment. C'est vrai qu'au début je n'ai voulu que l'aider mais maintenant si j'insiste pour qu'il reste c'est parce qu'il me plaît. Il me plaît mais pas que physiquement. Je crois que j'ai le coup de foudre pour lui. Je ne veux pas qu'il croit que je l'invite pour coucher avec lui. Mais ça je ne peux pas le lui dire.
Après avoir souper à la cuisine on retourne au salon pour boire le café. Je m'assoie dans mon fauteuil et Anthony sur le canapé. Dehors il neige toujours. Je lui parle de mon boulot, lui de peintres et des tableaux qu'il aime. Petit à petit sa voix se ralentit, ses yeux se ferment et instinctivement il s'allonge sur le canapé. Je vais chercher une couverture pour le couvrir et après avoir fermé les rideaux, je vais me coucher avec le fol espoir qu'il sera encore là, demain matin, quand je me lèverai.
Bizarrement je m'endors vite et quand je me réveille le lendemain matin il est déjà 10 h. J'ouvre les rideaux de ma chambre et surprise ! Il ne neige plus et il y a un grand soleil. J'ouvre doucement la porte de ma chambre… le canapé est vide. Mais je remarque son sac à dos, là où il l'a posé et j'entends l'eau qui coule dans la salle de bain.
Je lance la cafetière et ouvre les rideaux du salon. Le soleil entre et inonde la pièce. Au même moment, Anthony, juste vêtu d'un de mes ancien mini slip blanc, sort de la salle de bain .
– J'espère que ce n'est pas moi qui t'aie réveillé en prenant une douche ?
– Non, je n'avais plus sommeil. Et toi, tu as bien dormi ?
– Comme un bébé. Ça faisait longtemps que je ne m'étais plus réveillé… oups, j'allais dire une connerie.
– On boit le café, je prends une douche en vitesse et on sort faire un tour. J'ai trop envie de prendre le soleil. On en profitera pour acheter le peu de choses qu'il nous manque.
Dans la rue aucune voiture ne roule et tout est d'un blanc immaculé. Très vite on redevient des gosses et on se lance dans une bagarre de boules de neige. J'en lance une qu'il évite et... qui éclate dans le cou d'un des policiers en patrouille qui passaient derrière lui. Celui qui a reçu la boule de neige se retourne et lance hargneux :
– Ça ne va pas bien dans votre tête, vous deux ! Vous pourriez blesser quelqu'un avec vos bêtises ! Mais… c'est toi Antoine ?
– Dorian ! Qu'est-ce que tu fais là ? Tu es revenu ?
– Oui, j’ai réussi à avoir ma mutation il y a quelques semaines. Je ne pensais pas que tu étais resté. Tu voulais tellement partir d’ici.
– Comme tu vois, je suis toujours là. Tu as quelque chose de prévu ce soir ?
– Non, rien de spécial, pourquoi ça ?
– Je t'invite à souper. On a tellement de choses à se dire.
– Je pense que c’est possible, je te confirme ça tout à l’heure.
On échange nos numéros de cellulaires et les policiers reprennent leur ronde. Et, avec Anthony, on reprend notre promenade. On fait les quelques courses qu'il me faut, je prends même un peu plus dans l'espoir que Dorian vienne souper avec nous. Sur le coup de midi je reçois un sms de lui où il me dit qu'il sera là ce soir et de prévoir à manger pour deux.
L'après-midi passe vite. À 20 h, ça sonne à la porte et quand j'ouvre je tombe nez à nez avec Dorian qui est accompagné par Sylvain, un autre de mes ex qui lui aussi était parti à cause de son boulot ! Je leur fais la bise et je leur présente Anthony comme un ami que j'héberge temporairement.
Durant l'apéro et tout le repas, Dorian, Sylvain et moi on se raconte les années où l'on s'est perdu de vue. Anthony pose, à l'un ou à l'autre, de temps en temps une question parce qu'il ignore les faits et à certaines anecdotes je pense qu'il a compris que je suis gay. C'est très tard que mes amis repartent. Anthony m'aide à ranger et on va se coucher.
On se réveille presque en même temps car quand j'entre au salon, il vient juste de se réveiller. Il sort du canapé et tout comme moi il a la tête dans le cul. Il se lève, il s'étire… son tee-shirt remonte au nombril et son mini slip apparaît, mettant en valeur la belle érection qu'il essaie de contenir.
– Bonjour Antoine. Il est quelle heure ?
– Bonjour Anthony. Je n'en ai pas la moindre idée mais ça doit être pas loin de midi je pense. Je m'occupe de faire le café.
Il part aux toilettes où, je le remplace, dès qu'il en sort. On pose sur la table de quoi manger et on s’assoit. C'est Anthony qui commence à parler.
– Antoine, je peux te poser une question personnelle ?
– Oui, bien sûr.
– Tu es gay ? C’est ça ? Et si j’ai bien compris, Dorian et Sylvain sont tes ex ?
– Oui et oui. C'est Sylvain qui a été mon premier amour et avec qui j'ai découvert le sexe. Il n'en connaissait pas beaucoup plus que moi sur le sujet. Puis son père a été muté à Montpellier et il est parti. C'est en première que j'ai rencontré Dorian. On n'était pas dans la même classe mais on s'est capté sous les douches, après le sport. Notre couple a duré jusqu'en terminale puis lui est parti faire des études dans le sud et moi je suis allé, ici, à la fac. Tu en pense quoi d’eux ?
– Ils sont sympas et drôles. Dans une autre vie j'en aurai fait des amis. Et je trouve qu'ils forment un beau couple qui se complète bien.
– Et c'est trop marrant leur rencontre dans cette boite gay à Montpellier, sans savoir au départ qu’ils avaient grandi dans la même ville, ni qu’ils me connaissaient tous deux !
– Antoine, tu voudrais bien me rendre un service ?
– Oui, bien sûr, qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
– Je voudrais que tu téléphones à Dorian. J'en ai marre de la vie que je mène. Je voudrais lui raconter mon histoire, payer ma dette à la société et vivre enfin une vie normale, sans ne plus avoir à me cacher.
– Tu es sûr de vouloir faire ça ?
– Oui. Hier soir, le temps de la soirée, j'ai pu revivre ! J'ai souri, ri, je me suis vraiment amusé. Ce n’est rien pour toi, ces petites choses mais ça ne m'était plus arrivé depuis que mes parents m'ont mis hors de chez eux. Alors, oui, s'il te plaît, fais le.
– Je ne sais pas s'il travaille aujourd’hui. Je lui envoie un message.
Quelques secondes après avoir envoyé mon message, mon téléphone sonne. C'est Dorian. Je branche le haut-parleur et après les politesses d'usage, je lui expose le problème.
– Je reprends le boulot à 13 h au commissariat. Venez vers 13 h 30 et je vous recevrai personnellement. Cependant si Anthony est recherché, je n'aurai d'autre choix que de l’arrêter. Vous êtes bien conscient de ça ?
– Oui, j'en suis conscient mais j'en ai marre de me cacher et de gâcher ma vie. Tu feras ce que tu devras faire.
C'est un peu stressé qu'on se rend au commissariat où Dorian qui nous guettait nous reçoit dans son bureau. Là, Anthony lui raconte son histoire qu'il écoute sans rien dire. Une fois qu'il a fini, Dorian lui demande quelques détails, puis il demande sa carte d’identité. Il se connecte à son ordinateur, effectue des recherches sur plusieurs fichier et finalement, il se retourne vers nous.
– Anthony, il n'y a jamais eu de plainte déposée contre toi. Tu es totalement inconnu de nos services. Ton casier judiciaire est vierge.
– Tu veux dire que le père de mon copain n'a jamais déposé plainte contre moi, à l'époque ?
– Non, jamais. Il a dû te menacer de le faire, pour te faire peur et que tu ne vois plus son fils.
– Ça veut dire que je suis libre, libre de faire ce que je veux, libre d'aimer qui je veux, que je suis innocent ?
– Oui ça veut dire tout ça. Mais beaucoup d'autres choses, aussi. Tu vas pouvoir te reprendre en mains, travailler, sortir, t’amuser, vivre quoi !
C'en est trop pour Anthony qui éclate en sanglots. Dorian et moi on le réconforte du mieux qu'on peut. Et quand enfin il se calme Dorian lui rend ses papiers et on rentre à la maison en silence.
– Tu vas faire quoi, maintenant que tu sais qu'il n'y a aucune plainte contre toi ?
– Je ne sais pas par où commencer. Trouver un travail, m'inscrire dans des agences d’intérim, me trouver quelque chose de pas trop cher pour me loger. Plus tard reprendre des cours du soir pour apprendre à dessiner et à peindre mieux que je le fais. J'ai tellement de choses à faire pour rattraper ces années perdues.
– Tu peux rester ici en attendant que tu trouves un boulot et que tu te fasses une santé financière. Parce que pour t'inscrire dans une agence d'intérim tu vas avoir besoin d'une adresse et d'un téléphone pour qu'ils puissent te contacter.
– Je ne veux pas abuser de ta gentillesse, Antoine.
– Tu n'en abuses pas puisque c'est moi qui te le propose. Pour ce qui est du téléphone, j'en ai un dont je ne me sers plus, je te le donne volontiers. Pour l'abonnement il y a des forfaits mensuels à 5 euros pour appels et sms illimités.
***
La neige avait fondu depuis longtemps, le printemps s’était installé et Anthony était toujours à la maison. Seulement il ne dormait plus sur le canapé mais dans mon lit, parce que je lui avais finalement avoué mon amour… qui s'est avéré être réciproque.
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