30-03-2025, 11:20 AM
Arpenteur (3/3)
****
Thibault me montre le livre ancien qu’il avait pris avec lui en disant :
— Je te résume. Il est expliqué que cette région a été un point d’entrée sur la Terre pour des extraterrestres. Regarde la gravure : la porte a la même forme et on retrouve les mêmes signes.
— Il y avait déjà des écrivains de science-fiction à cette époque. Le comte a pu demander à un artisan de faire une copie d’après le livre.
— Exact, mais alors, pourquoi es-tu venu de l’autre bout du pays pour arpenter le terrain. C’est bien cette porte que tu recherches ?
Je suis gêné et je balbutie :
— Je n’ai pas le droit de répondre à cette question.
— Oui, je sais, personne ne connait l’officine secrète qui t’emploie, personne ne sait qu’elle a été créée pour découvrir la présence éventuelle d’extraterrestres sur la terre, personne ne sait pourquoi on nous envoie des arpenteurs tous les six mois.
— C’est juste, je suis bien employé par cette officine.
En fait, j’avais déjà vu une copie digitalisée de ce livre mais l’emplacement exact de la porte n’y était révélé nulle part. Nous n’avions pas pensé qu’elle pourrait être à l’intérieur du château. Lorsqu’elle s’ouvre, les perturbations du champ spatio-temporel que captent nos appareils s’étendent sur des dizaines de kilomètres carrés.
— On va passer de l’autre côté, fait Thibault.
— Tu a déjà essayé ?
— De nombreuses fois, la première avec le comte. Il y a des conditions à remplir : il faut être entièrement nu, aucun objet n’est toléré, tu ne pourrais pas prendre tes appareils avec toi. Ensuite, seules certaines personnes détiennent la clef, ou plus exactement sont la clef qui ouvre la porte. Je dois te tenir la main pour que tu puisses aussi passer.
— Pourquoi seulement certaines personnes ?
— Le comte supposait qu’il faut avoir des gènes spécifiques, avoir eu des ancêtres extraterrestres.
— Comment avait-il deviné que tu pourrais aussi en avoir ?
— Il était passionné de généalogie et a découvert des liens de parenté entre sa famille et la mienne. Assez bavardé. On y va ?
— Je… Je n’ai pas le droit de prendre de telles initiatives, je dois en référer à mes chefs.
— Tu es en congé aujourd’hui. Ne perdons plus de temps, je me les gèle.
Pour le prouver, il me montre ses testicules recroquevillés près du corps et son pénis qui a retrouvé une taille décente.
— D’accord, fais-je, on y va ! Alea jacta est.
Il me dit d’enlever encore ma montre et nous nous mettons devant la porte, main dans la main. Je me dis que c’est un beau rêve, mais que je vais soudain me réveiller.
L’intérieur du cercle se brouille, on ne distingue plus le reste de la pièce, seulement des couleurs mordorées. Nous franchissons le seuil et nous nous retrouvons… de l’autre côté.
Il fait chaud, pas une chaleur étouffante, fort agréable. Nos pieds s’enfoncent dans du sable ocre, nous sommes dans un désert à perte de vue. Aucun signe de vie animale ou végétale. Aucun bruit. La ciel est violacé, peu lumineux. Devant nous, une construction blanche en forme de cube. On peut voir au loin plusieurs cubes identiques avec une porte en face de chacun d’eux. Il me faut plusieurs minutes pour me remettre.
— Incroyable, fais-je, j’ai de la peine à réaliser ce qui m’arrive.
— Alors que c’était le but de ton travail de découvrir cela.
— Entre nous, il y a des jours où je n’y croyais pas vraiment. Ou même pas du tout. Enfin, c’est une sinécure et c’est bien payé. As-tu visité d’autres cubes ?
— Deux autres, totalement identiques. Ils sont assez éloignés et je n’oserais pas franchir une autre porte.
Nous entrons dans la construction. Au milieu, un genre de lit, avec un drap blanc immaculé. Les murs semblent être en verre et éclairent faiblement la pièce, mais, après quelques instants, ils se couvrent de dessins montrant des hommes dans des positions érotiques, dans le même style que le livre.
— As-tu choisi un programme ? m’étonné-je.
— Non, « on » semble connaitre nos préférences, « on » semble lire dans nos pensées. J’hésite entre deux hypothèses : soit cette planète est un bordel ; soit un lieu pour encourager la reproduction entre les humanoïdes des différentes planètes et échanger les gènes. Je penche pour la seconde.
— Pourquoi ?
— Si c’était un bordel, il y aurait des capotes à disposition…
— Avec nous, pas de risque de retrouver nos gènes.
— Ce n’est pas sûr, j’ai souvent laissé du sperme sur le drap en me branlant, il a pu être récupéré. Et une fois…
— Raconte !
— Une fois, je me suis endormi et j’ai eu la sensation de ne pas être seul, que quelqu’un m’avait branlé et mis ma semence dans une éprouvette. Ce n’était peut-être qu’un rêve.
Nous échangeons notre premier baiser. J’ai l’impression que ce lieu est aphrodisiaque, jamais mes sensations n’ont été si intenses, jamais mon érection n’a été si dure. Ou c’est la présence de Thibault… et de son superbe membre que je m’empresse de découvrir, d’abord avec la main, puis avec la bouche.
Nous nous limitons à des fellations pour cette première fois, laissant en riant notre sperme s’écouler sur le drap, cadeau aux improbables extraterrestres qui auraient pu penser au lubrifiant.
Nous nous endormons dans les bras l’un de l’autre. À notre réveil, plus aucune tache suspecte sur l’étoffe, plus de dessins sur les murs.
Je reviens sur Terre, ou plutôt sur cette planète inconnue, et je réalise ce qui m’est arrivé, j’ai l’impression d’avoir transgressé ma mission. Je décide de ne pas raconter cet épisode à mon employeur et de démissionner à la fin de la période d’essai. Thibault comprend ma décision, il m’engage aussitôt pour l’aider à gérer son gite rural, ce qui lui permettra d’envisager des études dans une école hôtelière par la suite.
Nous quittons le cube, la lumière a faibli. Nous jouons à celui qui pisse le plus loin, un léger vent nous aide à battre nos précédents records. Après avoir contemplé une dernière fois le paysage, nous traversons la porte main dans la main. Le froid nous saisit lorsque nous nous retrouvons dans la salle du château.
Je me retourne, la porte a disparu !
****
Je n’ai même pas eu besoin de démissionner après les trois mois d’essai, on m’a viré car l’officine a été fermée par le nouveau gouvernement qui n’avait plus d’argent pour payer nos élucubrations.
Le château a été transformé en hôtel, Thibault en est le directeur et je suis le président de la fondation, je planche pour ouvrir un petit musée dans les salles inoccupées, avec une réplique de la porte pour les touristes, la vraie restant seulement accessible pour les initiés.
Faites-moi signe si vous passez dans la région, nous invitons parfois des visiteurs à participer à nos ébats interstellaires et à faire don de leur semence… en leur disant que ce n’est que de la réalité virtuelle.
FIN
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Thibault me montre le livre ancien qu’il avait pris avec lui en disant :
— Je te résume. Il est expliqué que cette région a été un point d’entrée sur la Terre pour des extraterrestres. Regarde la gravure : la porte a la même forme et on retrouve les mêmes signes.
— Il y avait déjà des écrivains de science-fiction à cette époque. Le comte a pu demander à un artisan de faire une copie d’après le livre.
— Exact, mais alors, pourquoi es-tu venu de l’autre bout du pays pour arpenter le terrain. C’est bien cette porte que tu recherches ?
Je suis gêné et je balbutie :
— Je n’ai pas le droit de répondre à cette question.
— Oui, je sais, personne ne connait l’officine secrète qui t’emploie, personne ne sait qu’elle a été créée pour découvrir la présence éventuelle d’extraterrestres sur la terre, personne ne sait pourquoi on nous envoie des arpenteurs tous les six mois.
— C’est juste, je suis bien employé par cette officine.
En fait, j’avais déjà vu une copie digitalisée de ce livre mais l’emplacement exact de la porte n’y était révélé nulle part. Nous n’avions pas pensé qu’elle pourrait être à l’intérieur du château. Lorsqu’elle s’ouvre, les perturbations du champ spatio-temporel que captent nos appareils s’étendent sur des dizaines de kilomètres carrés.
— On va passer de l’autre côté, fait Thibault.
— Tu a déjà essayé ?
— De nombreuses fois, la première avec le comte. Il y a des conditions à remplir : il faut être entièrement nu, aucun objet n’est toléré, tu ne pourrais pas prendre tes appareils avec toi. Ensuite, seules certaines personnes détiennent la clef, ou plus exactement sont la clef qui ouvre la porte. Je dois te tenir la main pour que tu puisses aussi passer.
— Pourquoi seulement certaines personnes ?
— Le comte supposait qu’il faut avoir des gènes spécifiques, avoir eu des ancêtres extraterrestres.
— Comment avait-il deviné que tu pourrais aussi en avoir ?
— Il était passionné de généalogie et a découvert des liens de parenté entre sa famille et la mienne. Assez bavardé. On y va ?
— Je… Je n’ai pas le droit de prendre de telles initiatives, je dois en référer à mes chefs.
— Tu es en congé aujourd’hui. Ne perdons plus de temps, je me les gèle.
Pour le prouver, il me montre ses testicules recroquevillés près du corps et son pénis qui a retrouvé une taille décente.
— D’accord, fais-je, on y va ! Alea jacta est.
Il me dit d’enlever encore ma montre et nous nous mettons devant la porte, main dans la main. Je me dis que c’est un beau rêve, mais que je vais soudain me réveiller.
L’intérieur du cercle se brouille, on ne distingue plus le reste de la pièce, seulement des couleurs mordorées. Nous franchissons le seuil et nous nous retrouvons… de l’autre côté.
Il fait chaud, pas une chaleur étouffante, fort agréable. Nos pieds s’enfoncent dans du sable ocre, nous sommes dans un désert à perte de vue. Aucun signe de vie animale ou végétale. Aucun bruit. La ciel est violacé, peu lumineux. Devant nous, une construction blanche en forme de cube. On peut voir au loin plusieurs cubes identiques avec une porte en face de chacun d’eux. Il me faut plusieurs minutes pour me remettre.
— Incroyable, fais-je, j’ai de la peine à réaliser ce qui m’arrive.
— Alors que c’était le but de ton travail de découvrir cela.
— Entre nous, il y a des jours où je n’y croyais pas vraiment. Ou même pas du tout. Enfin, c’est une sinécure et c’est bien payé. As-tu visité d’autres cubes ?
— Deux autres, totalement identiques. Ils sont assez éloignés et je n’oserais pas franchir une autre porte.
Nous entrons dans la construction. Au milieu, un genre de lit, avec un drap blanc immaculé. Les murs semblent être en verre et éclairent faiblement la pièce, mais, après quelques instants, ils se couvrent de dessins montrant des hommes dans des positions érotiques, dans le même style que le livre.
— As-tu choisi un programme ? m’étonné-je.
— Non, « on » semble connaitre nos préférences, « on » semble lire dans nos pensées. J’hésite entre deux hypothèses : soit cette planète est un bordel ; soit un lieu pour encourager la reproduction entre les humanoïdes des différentes planètes et échanger les gènes. Je penche pour la seconde.
— Pourquoi ?
— Si c’était un bordel, il y aurait des capotes à disposition…
— Avec nous, pas de risque de retrouver nos gènes.
— Ce n’est pas sûr, j’ai souvent laissé du sperme sur le drap en me branlant, il a pu être récupéré. Et une fois…
— Raconte !
— Une fois, je me suis endormi et j’ai eu la sensation de ne pas être seul, que quelqu’un m’avait branlé et mis ma semence dans une éprouvette. Ce n’était peut-être qu’un rêve.
Nous échangeons notre premier baiser. J’ai l’impression que ce lieu est aphrodisiaque, jamais mes sensations n’ont été si intenses, jamais mon érection n’a été si dure. Ou c’est la présence de Thibault… et de son superbe membre que je m’empresse de découvrir, d’abord avec la main, puis avec la bouche.
Nous nous limitons à des fellations pour cette première fois, laissant en riant notre sperme s’écouler sur le drap, cadeau aux improbables extraterrestres qui auraient pu penser au lubrifiant.
Nous nous endormons dans les bras l’un de l’autre. À notre réveil, plus aucune tache suspecte sur l’étoffe, plus de dessins sur les murs.
Je reviens sur Terre, ou plutôt sur cette planète inconnue, et je réalise ce qui m’est arrivé, j’ai l’impression d’avoir transgressé ma mission. Je décide de ne pas raconter cet épisode à mon employeur et de démissionner à la fin de la période d’essai. Thibault comprend ma décision, il m’engage aussitôt pour l’aider à gérer son gite rural, ce qui lui permettra d’envisager des études dans une école hôtelière par la suite.
Nous quittons le cube, la lumière a faibli. Nous jouons à celui qui pisse le plus loin, un léger vent nous aide à battre nos précédents records. Après avoir contemplé une dernière fois le paysage, nous traversons la porte main dans la main. Le froid nous saisit lorsque nous nous retrouvons dans la salle du château.
Je me retourne, la porte a disparu !
****
Je n’ai même pas eu besoin de démissionner après les trois mois d’essai, on m’a viré car l’officine a été fermée par le nouveau gouvernement qui n’avait plus d’argent pour payer nos élucubrations.
Le château a été transformé en hôtel, Thibault en est le directeur et je suis le président de la fondation, je planche pour ouvrir un petit musée dans les salles inoccupées, avec une réplique de la porte pour les touristes, la vraie restant seulement accessible pour les initiés.
Faites-moi signe si vous passez dans la région, nous invitons parfois des visiteurs à participer à nos ébats interstellaires et à faire don de leur semence… en leur disant que ce n’est que de la réalité virtuelle.
FIN
Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) (slygame.fr)
à chacun son histoire bis (mais ici ce sont des anciennes (g@y-tous styles) ) (slygame.fr)
La "hot" du père Noël ! (GAY-ADO-OS) (slygame.fr)
Piscine...et plaisir aqueux (OS-minet-gay) (slygame.fr)
-La tête dans les étoiles (aquatique)-(fanfiction - gay - humour) (slygame.fr)
à chacun son histoire bis (mais ici ce sont des anciennes (g@y-tous styles) ) (slygame.fr)
La "hot" du père Noël ! (GAY-ADO-OS) (slygame.fr)
Piscine...et plaisir aqueux (OS-minet-gay) (slygame.fr)
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