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Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - Version imprimable

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Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - KLO7514 - 26-11-2020

Encore un texte "mignon tout plein", bien mené et...très moral, si j'ose écrire : "ils vécurent heureux et eurent...quelques enfants". Wink. Et les souvenirs seront bien gardés. Quoique un p'tit bisou, en douce, ne peut nuire!
Quant à trouver celui-celle?- qui l'a écrit, ça dépasse, pour l'instant, mes compétences. Mais j'avoue que le style me semble de très bon aloi.
Bien à vous,
KLO.


Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - fablelionsilencieux - 28-11-2020

Coucou les gens,

Il y a eu de l’inspiration sur cette photo et de bien belles surprises ! Big Grin

Je livre l'ordre des auteurs par récit. Ce qui donne comme "nominationnés" :


1 - [member=54]fablelionsilencieux[/member]
2 - [member=206]gaetanbg[/member]
3 - [member=168]lelivredejeremie[/member]
4 - [member=87]Louklouk[/member]
5 - [member=168]lelivredejeremie[/member] (bis)
6 - @ Lange128
7 - [member=156]KLO7514[/member]
8 - [member=27]bech[/member]
9 - @Anonymous


Lion, c'est ton tour, nous attendons ta photo ! (voui c’est à moi) Wink



Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - fablelionsilencieux - 28-11-2020

[Image: 05-curaysuparroquiap-copia.jpg?w=593]


Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - Louklouk - 28-11-2020

Hello Fab' !
Merci pour tout, encore une fois.
Toi qui sais tout : neuf histoires pour une image, n'est-ce pas un genre de record ?
Bon courage, et à la prochaine!

PS : pour ta photo, j'ai pensé d'abord à l'Italie, mais c'est bien d'un village espagnol qu'il s'agit ?





Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - fablelionsilencieux - 28-11-2020

Coucou [member=87]Louklouk[/member],

À ma connaissance – bien que je n’aie pas remonté l’historique de Docti jusqu’à la naissance d’ACSH en 2014 – c’est le maximum de récits sur un seul cliché. Ça place la barre haute pour le suivant (moi en l’occurrence) La photo semble bien ibérique - sa provenance est un site en espagnol - mais toute la partie méditerranéenne de l’Europe, y compris le Portugal, pourrait avoir un paysage similaire. 

Des bizoux


Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - Louklouk - 28-11-2020

Ohé [member=54]fablelionsilencieux[/member] !

Remarque que le clocher n'a pas l'air italien... et surtout que le nom en bas de l'image est espagnol...
Ravi que mon image ait inspiré nos amis...
J'ai appelé mon histoire : " Un p'tit cul sur la pelouse"...



Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - fablelionsilencieux - 29-11-2020

Première messe,

[Image: 05-curaysuparroquiap-copia.jpg?w=593]

Préambule avertisseur :

Le court récit qui va suivre pourrait laisser accroire qu'un valeureux auteur précédent- que je salue ici- l'aurait inspiré. Je tiens à assurer qu'il n'en est rien ; seule la photographie publiée m'a rappelé un lointain souvenir. Par ailleurs, comme écrit au bas du générique de certains films, "toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé n'est pas involontaire" ! Big Grin
Et maintenant, Ambulamus in pace, selon la formule chère à nos pasteurs d'autrefois*.
----------------------
*La vraie invocation est : "Procedamus in Pace" que l'on pourrait traduire par "Allons-y, processionnons en paix".


Ce samedi de juillet 1965, je suivais de loin notre jeune vicaire, toujours pressé, ce qui ne m'étonnait guère vu son emploi du temps plus chargé que celui d'un ministre. (...du culte, me direz-vous, à juste titre !). Il se rendait en notre église pour une répétition des garçons que l'on nommait alors "les enfants de chœur" en vue de la venue de "Monseigneur" pour les Confirmations prochaines.
Je le suivais d'assez loin afin de diriger la petite chorale d'enfants et de quelques ados qui aimaient chanter.
Dans l'ombre fraîche de l'édifice, je retrouvais le jeune organiste de deux ans mon cadet. Depuis l'obtention de sa "peau d'âne" du baccalauréat passé avec un succès heureux voilà déjà cinq ans, il étudiait le droit dans la fac de la grande ville voisine. Très tôt, il avait commencé l'apprentissage du piano, à peine âgé de huit ans et, assez rapidement, avait progressé dans cet art musical. Puis, un peu pour se détendre, il avait aussi pris des cours auprès de maîtres, titulaires des grandes orgues de la cathédrale métropolitaine, en la primatiale des Gaules. Ces derniers lui avaient même permis de toucher aux quatre claviers et pédalier de l'instrument principal du vaste édifice. Quelle joie en avait-il ressentie !
Mais, dans l'humble église de notre village, ce beau jeune homme blond cendré au magnifique regard doux et malicieux à la fois, devait se contenter d'un petit orgue électronique acheté grâce à une quête particulière pour la Noël de l'an passé.
Cela faisait plusieurs années que j'avais remarqué le jeune gars et, de temps à autre, nous bavardions à la fin des répétitions. Je m'informais de ses études, lui contais quelque anecdote de ma vie professionnelle de « fonctionnaire de l'État » me laissant des loisirs en cette saison d'été.
Pourtant, ce jour-là, je m'enhardis à l'inviter à un apéritif chez moi. J’habitais un grand studio en rez-de-chaussée, acheté par mes parents depuis une dizaine d'années et qu'ils avaient mis à ma disposition. Nous convînmes que ce serait lundi soir prochain, vers 19 heures, quand il ferait un peu moins chaud.
Ce lundi, j'attendais donc assez fébrilement ce garçon, ayant préparé ce qu'il m'avait paru de bon goût pour satisfaire le gosier de mon invité : un excellent vin mousseux de Vouvray, bien frais -On ne parlait pas encore de "crémants" à l'époque- et tout un assortiment de petits fours salés et sucrés pour accompagner les bulles.
Coup de sonnette à 19 heures précises. Je me hâte vers la porte et vois Jean-Bernard tenant un flacon à goulot légèrement renflé enrobé de papier doré.
« Bonjour, Sylvain, fait-il en me tendant la bouteille. Tiens, elle sort tout juste du frigo, j'ai pensé que ce serait chouette qu'on la boive ensemble ce soir. Mon père m'a dit que c'était un excellent millésime.
-Oh...fallait pas, lui dis-je. Et en plus, du champagne rosé, ajoutai-je ; vraiment tu me gâtes, tu sais. Allez, reste pas là et viens t'asseoir à l'ombre sur la terrasse du jardin. »
"Et moi avec mon Vouvray, j'ai bonne mine, pensais-je..."
Nous passons donc au jardin, et posons nos séants sur la confortable balancelle, côte à côte, Jean-Bernard à ma gauche. Après remplissage des deux flûtes, nous nous souhaitons le traditionnel "à ta santé" et trinquons. Notre conversation, bien fournie, est ponctuée d'éclats de rire : Jean-Bernard n'est pas avare de bonnes histoires et je ne suis pas non plus en reste.  Tout va pour le mieux et de tournée en tournée, peu à peu nous parvenons à la fin de cette bouteille. Jean-Bernard me confie qu'il a tout son temps, ce soir et qu'il nous faut profiter pleinement de cette fin de belle journée. En cela, je suis bien d'accord avec lui.
Une heure plus tard de ce régime, je le vois lorgner sur nos verres vides. « Voudrais-tu un petit quelque chose en plus ? lui proposai-je.
-Ma foi, c'est pas de refus, dit-il de son sourire qui me donne un frisson.
-Tu sais, j'ai au frais un Vouvray direct de chez le producteur. Oui, ça ne vaut pas ton excellent champagne mais...
-C'est pas grave, me coupe-t-il pour me rassurer. Il doit être bon. Allez, amène-le !»
Je me lève donc et la balancelle se remet à osciller légèrement suite à mon départ. Dans le coin-cuisine, j'attrape aussi un paquet de gâteaux secs et même un mini-cake que je gardais en réserve. Et je rapporte le tout que je dépose sur la petite table de jardin.
Vers 22 H 30, au crépuscule, nous sommes toujours sur la balancelle, à parler de nos projets, la seconde bouteille à moitié vide. Jean-Bernard me regarde alors intensément, ses yeux clairs brillants. Sur le ton de la confidence, il me dit : « Sylvain, te vexe pas si je te dis quelque chose de "spécial" mais je dois te l’avouer (Seraient-ce les liquides spiritueux qui l’incitent ?) : il y a longtemps que j'ai remarqué que tu me regardais souvent dans l'église quand j'accompagnais les chants. Tu es un type bien, blond comme moi et...tu me plais, fait-il à voix presque inaudible. »
À ces mots, de nouveau je me sens frissonner ; je me tourne vers lui, passe le bras gauche autour de ses épaules. Il pose la tête au creux de mon cou. Je dirige l'autre main vers son visage et, très doucement du revers de mes doigts, je caresse ses joues, sa bouche. Il relève la tête, la rapproche de la mienne...et s'empare de mes lèvres !  Je suis aux anges : ce que je n'imaginais qu'en songe se réalise enfin. Je n'ose y croire...et pourtant c'est bien lui, mon aimé en secret qui est là !
Nos bouches s'étant séparées après que nos langues se soient donné toute licence, je lui dis en me levant « Viens ». Il se lève à son tour, je lui prends la main en intercalant nos doigts et je le conduis jusqu'à mon lit assez large pour deux. Debout tous deux, nous nous faisons face : nouveau baiser passionné. Et je sens bien ses deux mains descendre le long de mes côtes puis se resserrer légèrement au niveau du haut de mon short qu'il baisse petit à petit. Il me caresse alors sous le tee-shirt. Je frémis et prolonge mon baiser. De mon côté, j'imite ses gestes et nous voilà tous deux sexe contre sexe, "en de bonnes dispositions", dixit le célèbre humoriste.
Je fais grâce au lecteur de ce qui arriva ensuite, après un court passage dans la vaste douche. Toujours est-il que le lendemain matin, suite à cette merveilleuse nuit très riche en découvertes et expériences diverses, après un café bien tassé, il retourna chez ses parents en me gratifiant d'un ultime baiser bien senti en me disant : « À très bientôt, mon grand chéri !»
Belle promesse d'avenir.



Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - lelivredejeremie - 29-11-2020

Je n’ai pas trop compris les références en préambule, mais le texte ne m’a rien rappelé spécialement, elles permettraient p-ê de trouve qui en est l’auteur, ou plutôt qui ne l’est pas, mais soit  Wink
C’est tout léger, gentil, lent, tendre, et surtout implicite. Peut-être candidement idéal, aussi, le directeur de la chorale aurait pu ne regarder l’organiste que pour coordonner le chant à sa musique, auquel cas ce dernier se serait pris un solide vent, mais en fiction, les sentiments sont souvent réciproqués…  :Smile



Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - Lange128 - 30-11-2020

J’ai bien aimé la soirée sur la balancelle, délicieusement romantique et rétro, plus qu’un échange de smileys sur un smartphone. Je pense à [member=156]KLO7514[/member].


Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - fablelionsilencieux - 30-11-2020

Seconde confession,

[Image: 05-curaysuparroquiap-copia.jpg?w=593]


Jorge et Domingo se promènent dans leur village natal de Vinuesa en ce samedi de septembre. Quelques nuages voilent le soleil, la température est très agréable.

— Regarde, dit Jorge, le nouveau curé. Tu penses qu’on devrait se confesser ?
— Ce serait plus prudent, répond Domingo, au cas où toutes ces âneries seraient exactes.
— Tu le fais souvent ?
— Je n’y allais plus, avec tout ce qu’on racontait sur l’ancien curé.
— Pas étonnant qu’on l’ait envoyé en pénitence dans un couvent de dominicaines hors d’âge.
— Il t’a fait des avances lorsque tu étais enfant de chœur ?
— Je lui ai donné un coup de genou dans les cojones, il n’a pas recommencé.

Ils croisent le curé.

— Bonjour mon père.
— Bonjour mes fils.
— Mon père, dit Jorge, auriez-vous quelques minutes à nous consacrer ?
— Bien sûr, c’est mon sacerdoce d’être à l’écoute de mes ouailles.
— Pourrions-nous nous confesser ?
— Le confessionnal a été repeint et est hors service, mais je pourrais vous recevoir à la sacristie. À trois heures, ça va ?

Les deux amis acquiescent et se retrouvent à l’église à l’heure dite. Le curé demande qui désire passer le premier.

— Pourrions-nous passer ensemble ? Nous avons péché de conserve.
— Ce n’est pas très catholique, mais on gagnera du temps.

Les trois hommes entrent dans la sacristie. Le curé s’assied sur une chaise, Jorge et Domingo s’agenouillent sur des prie-Dieu en face de lui. Le curé les bénit et les invite à commencer.

— Voilà, dit Jorge, nous avons… couché ensemble la nuit dernière.
— Couché ? Dans le même lit ?
— Oui, Domingo m’a aidé à réparer ma Mobylette, je l’ai invité ensuite à souper, mes parents sont en vacances, très simple, du saucisson et du fromage de chèvre, une bouteille de Rioja.
— Et ensuite, continue Domingo, il était tard et Jorge m’a proposé de passer la nuit chez lui.
— Ce n’est pas grave, fait le curé, c’était dû aux circonstances.
— Oui, dit Jorge, mais il faisait chaud et nous nous sommes déshabillés entièrement.
— Ce n’était pas très prudent, dit le curé, vous auriez dû laisser un slip pour cacher votre nudité.
— Il se trouve que nos slips étaient trop petits pour cacher leur contenu.
— La tentation était forte, en effet, dit le curé, avez-vous des organes volumineux ?
— Oui, assez, dit Jorge, sans nous vanter nous devons être au-dessus de la moyenne. Lorsque je me branlais à l’internat du lycée religieux, c’est moi qui avait la plus grosse.
— Et moi la deuxième, ajouta Domingo.
— Vous vous bran… euh, touchiez à l’internat ? Et que disait le père Lope que j’ai bien connu au séminaire ?
— Nous avions un arrangement : il nous regardait faire en se branlant aussi et nous donnait des bonnes notes en échange.
— Hum… bon, revenons à nos agneaux. Donc, hier soir, vous ban… une excitation malsaine vous a incités à vous dénuder. Et ensuite ?
— Eh bien, Jorge a pris mon membre dans sa bouche et l’a sucé.
— Y a-t-il eu une émission de semence dans un vase non-destiné à la recevoir ?
— Oui, j’ai juté dans sa bouche, si c’est cela que vous voulez savoir.
— Il a avalé le sperme ? demande le curé.
— Oui.
— Et ensuite ?
— Je bandais ferme, dit Jorge, j’ai enculé Domingo.
— Vous voulez dire que vous l’avez sodomisé ?
— Oui, comme on couche avec une femme.
— C’était la première fois que vous le faisiez ?
— Oui.
— Ça fait quelle impression ?
— Il était un peu serré, j’ai eu de la peine à entrer.
— Je me suis détendu ensuite, dit Domingo. Et ça a passé, la voie n’était pas impénétrable. Il faut dire qu’elle est vraiment grosse sa queue.
— Combien ?
— 18 cm, je crois.
— Pas mal, en effet, au séminaire elles étaient plus petites. Y a-t-il aussi eu une émission de semence dans un vase non-destiné à la recevoir ?
— Oui.

Le curé transpire sous sa soutane, il bande dur. Il déglutit avant de dire :

— Ce sont de graves péchés, mais je vous absous.
— Et quelle est la peine ? demande Jorge, combien de Pater et d’Ave ?
— Euh… on pourrait faire un arrangement, comme avec le Père Lope. Je vous dispense de prières si vous me laissez regarder.








Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - Louklouk - 30-11-2020

Là, je verrais bien une petite perfidie calviniste... Mais y en a-t-il parmi nos amis auteurs ?


Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - KLO7514 - 30-11-2020

Vouais vouais vouais... vu comme ça -enfin...vu...pas encore!- la donne change. Le brave "père Loppe" m'amuse beaucoup. Son diminutif , entre les élèves, n'était-il pas..."Lopette"? et le milieu où il vivait, l'Interlope? C'était  prédestiné avec un tel nom! ( Fait récent et vrai : la dame chargée par le Gouvernement de représenter le ministre de l'Intérieur face aux évêques au cours de l'audience au Conseil d'État se nomme...Mme Léglise! la réalité dépasse la fiction Big Grin).


Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - fablelionsilencieux - 01-12-2020

Troisième absolution,


[Image: 05-curaysuparroquiap-copia.jpg?w=593]


- Heureusement que la maison est éloignée du village’’, m’a dit son grand-père lorsque je l’ai rejoint à l’intérieur de la villa, où il s’était isolé, ‘’Je me suis fait à la vie au Luxembourg, mais il y a une chose que je ne comprendrai jamais, c’est leur austérité innée… Si tu savais leur idée des soirées, même à quatre-vingt-huit ans, je m’y ennuie. S’ils étaient protestants, je comprendrais, mais ils sont catholiques, comme nous, c’est ce qui a grandement facilité notre intégration, d’ailleurs. Note que nous ne sommes pas les plus joyeux des Européens, déjà d’avoir inventé le fado…’’.
- Encore un heureux anniversaire, Dom Heitor, et ne changez jamais, vous avez l’esprit vif et j’aime trop votre humour un peu désabusé, mais justement, vous ne parlez jamais de votre vie au Portugal.
- A mon âge, on ne change plus rien, de même qu’à ces programmes qui tournent depuis vingt ans, et auxquels on n’ose plus modifier une ligne de code de peur de le bloquer… Pourtant, le changement est parfois bénéfique, comme ton arrivée dans la vie de mon petit-fils… Si, si ! Il y a un an, c’était à mon dernier anniversaire, je le revois, un peu gêné, presque piteux, me dire ‘Vovô(*), je suis amoureux, mais pas comme vous l’espérez tous, j’espère que toi, tu me pardonneras’. J’avais directement compris, ça l’avait surpris que je lui dise qu’il n’y a rien à pardonner au bonheur. Et ce que je ne fais plus jamais, je lui ai raconté une histoire du village que… Oh ! As-tu un moment pour un vieil homme ?’’
- Tout le temps du monde, Dom Heitor’’ ai-je répondu.
Il s’est levé et s’est dirigé vers un meuble ouvragé, d’un tiroir duquel il a retiré un vieil album sur lequel il a passé les doigts quelques secondes.
- J’ai peu de photos d’Albufeira, un village à l’époque, la ville qu’il est devenu ne m’intéresse plus… J’avais un ami… Je suis théâtral, excuse-moi, c’est le titre d’un très beau roman.
- Rezvani, oui, je l’ai lu, c’est beau, et assez nostalgique, ça ne me surprend pas trop de votre part.
- Et ça m’étonne un peu de la tienne que tu l’ais apprécié, tu sembles parfois si insouciant, mais c’est une qualité ! Et elle parait être contagieuse, tu la transmets à mon petit-fils, et c’est bien, pendant les années où il a gardé son secret, il portait toute la nostalgie du peuple portugais sur ses épaules, je le voyais dépérir, abattu par les déceptions…
- Oh ! Don Heitor, je l’aime sincèrement, mais que vous approuviez le rend encore plus heureux !
- Sans que je n’y sois pour rien, j’ai vu son évolution depuis que tu es là, alors comment pourrais-je, à l’un ou à l’autre, vous faire le moindre reproche ?’’ Il a posé les yeux sur l’album… ‘’Ah, oui, ce que je lui avais raconté, et aujourd’hui à toi’’.
Il a tourné les pages en murmurant ‘’Je n’ai pas de photo de João, juste quelques vieux clichés récupérés à la va-vite avant d’émigrer, dont celui où… Ah, voici… Dom Lourenço dans la rua do Saco, où nous vivions. Le pauvre homme est de dos, uma benção… une bénédiction, il était vraiment très laid, mais, après ma femme, la meilleure personne que j’aie jamais rencontré. Très intelligent, et… perceptivo, tu vois ?
- Je ne sais pas si perceptif existe, alors… perspicace ?
- Soit. Il l’était en tout cas assez pour avoir compris que João nourrissait à mon égard des sentiments qui dépassaient l’amitié que je lui portais, mais qu’en bon catholique, il se reprochait. Le jour où il a demandé à Dom Lourenço de le confesser, le padre a proposé d’adapter le sacrement, d’abord en-dehors de l’église, qui ne se prêtait pas à l’absolution qu’il avait prévue, mais plutôt au belvédère, généralement déserté, puis surtout, en ma présence ! En me transmettant sa requête, João imaginait le pire, mais il était mon ami, je n’aurais jamais pu l’abandonner dans ce que nous imaginions être une épreuve.
- J’imagine juste le curé de l’immédiate après-guerre, le régime Salazar, tout ça…’’ ai-je osé.
- Oui, l’époque, bien sûr… mais padre Lourenço, s’il avait fermé son confessionnal à João, a ouvert son cœur à mon ami, il lui a d’abord exprimé ses doutes que je puisse répondre à ses sentiments, puis que si, dans l’église, son statut de prêtre l’obligeait à lui imposer la… tempérance sexuelle, à cet endroit, devant Dieu et l’univers, il lui conseillait juste d’être heureux dans le simple respect des dix commandements de base, que tout homme, croyant ou non, se doit d’appliquer. Il avait même osé une plaisanterie sur la sortie d’Egypte, qu’un visa en bonne et due forme devrait lui assurer s’il y allait un jour. C’est une leçon que j’ai retenue, et si j’ai compris par moi-même que le Dieu de l’Ancien Testament n’est pas celui du Nouveau, je me dis qu’Il se moque un peu de ce que nous-autres, petits humains, faisons derrière des portes fermées… Peu après, j’ai émigré ici, je n’ai jamais revu João, il a trouvé la mort il y a bien cinquante ans, mais j’aime croire qu’il a été heureux.
- Belle leçon de vie, Dom Heitor, ai-je soufflé.
- Arrête avec ces Dom Heitor, c’est une invention de mes ouvriers pour gentiment se moquer de moi, si tu le souhaites, tu peux également m’appeler Vovô’’ a-t-il dit très doucement, avant de reprendre un air sérieux ‘’Et la leçon de vie, c’est surtout pour mon estúpido de petit-fils, l’année dernière, tandis que je lui disais la même histoire, je ne savais pas que tu baignais probablement dans l’angoisse en attendant ma réaction dans la voiture. Et là, à son tour, il doit se demander de quoi nous parlons depuis un quart d’heure, mais sans oser intervenir’’ avant d’ajouter avec un clin d’œil complice "Je t’ai vengé, ne me remercie pas, ça m’a amusé. Allez, va, maintenant, laisse un vieil homme à ses souvenirs"
(*) Vovô : Papy



Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - emmanolife - 02-12-2020

Attendrissant, ce papy qui n'a rien contre les gays. Il est à cet âge où on aime bien raconter des anecdotes de sa jeunesse : il fallait bien illustrer la photo. Smile


Re : Sujet collectif :à chacun son histoire !!! (OS-TOUS GENRES-TOUS STYLES) - fablelionsilencieux - 03-12-2020

Quatrième : Histoire de soutane,

[Image: 05-curaysuparroquiap-copia.jpg?w=593]

1/2

Il venait d’avoir dix-huit ans, Giovanni. Et cette année, il avait échappé aux sempiternelles vacances en famille avec son frère et ses sœurs, juste plus jeunes que lui.
Du coup, il faisait aussi plaisir aux grands-parents, dont il était le chouchou, en venant passer les deux mois d’été chez eux…
Il avait encore des amis d’enfance en ville, principalement le nommé Paolo, superbe petit mâle à l’œil de feu et au sourire ravageur… qui ravageait effectivement les petites culottes du canton !
Au début de la puberté, on avait fait des trucs ensemble… pas grand-chose : des branlettes communes, puis mutuelles… et tout avait cessé, dès la troisième année, quand la première de ces locales demoiselles avait craqué devant les charmes du mignon mecton.
Car il était rudement mignon, Paolo, sexy, surtout ! Et il ne se privait pas d’en profiter… Il avait même tenté d’initier Giovanni à l’amour des chattes, mais… sans succès. Certes, Giovanni y avait mis le nez, et la bite quelques fois, mais… non, décidément, c’était pas son truc.
Giovanni vivait à Milan, où il aurait pu débuter dans la vie amoureuse plutôt facilement… Mais sa timidité l’en avait jusqu’à ce jour empêché, et il rongeait son frein, c’est peu de le dire !
Il allait donc, ce matin-là, chez Paolo — il était arrivé la veille au soir — quand il avisa, sortant de chez les grands parents, un curé en soutane. Il en sourit : il avait oublié ces particularités locales… On voit pas de ça, à Milan !
Le mec lui parut jeune, à voir sa coupe de cheveux, et son maintien… plutôt sportif. Il n’avait pas vu sa tête, aussi le suivit-il du même pas. Il n’avait rien d’autre à faire, après tout, et de toute façon, Paolo serait encore au lit quand il arriverait : ses nuits agitées le poussaient à dormir tardivement…
Le curé allait arriver à l’église quand Giovanni hâta le pas, pour le voir enfin, mais il buta sur un pavé disjoint et s’étala en beuglant. Le curé se retourna et vint aussitôt lui donner la main pour se relever.
— Mal ? dit-il.
— Oh non, ça ira ! Mais… chuis bête, et j’ai couru pour pas être en retard à mon rendez-vous ! Merci, M’sieur l’curé.
— Padre Rodolfo.
— Merci, padre ! Bonne journée !
Encore qu’il eût mal à un genou, effectivement, Giovanni avait vu la gueule du curé. Et pas dégueu du tout !
Imaginez un joli mec viril, mais pas trop, d’à peine trente ans, au sourire de cinéma et à la carrure de basketteur — ce mec était plutôt grand, en vérité.
Et ses yeux ! Du velours bleu moyen, vous voyez ?
Oh putain d’putain ! Relevé, Giovanni hésita un instant, et le curé se retourna juste avant de pousser la porte de l’église.
— Ho ! Ça va, c’est sûr ?
— Oui, oui, padre, merci ! fit Giovanni, décidément troublé : putain qu’il était beau, ce curé-là !
Et il obliqua pour aller chez son pote… qui ne logeait point dans la direction qu’il avait prise en suivant sa proie !
Comme prévu, Paolo était encore au pieu, et après avoir fait la bise à la mamma, Giovanni alla le réveiller. Il entra doucement dans la carrée de son pote pour découvrir, les volets n’étant point fermés, un magnifique petit gars poilu de partout, avec une jolie queue bien raide, posée sur son ventre, et se soulevant régulièrement. Oh, le délicat spectacle ! Giovanni hésita quelques secondes ; son pote semblait en écraser pour de bon et… et il osa.
Ce qu’il n’avait jamais fait quand ils étaient des ados branloteurs : il s’agenouilla doucement, et saisit délicatement la pine de Paolo pour la prendre en bouche.
À Milan, il avait certes eu un peu d’entraînement, mais pas trop. Et oui, il avait le cœur battant bien fort quand il se décida… mais c’était trop tentant.
Oh, que ce fut bon de sentir le gland de Paolo sur sa langue ! Le plus délicatement du monde, il se mit à sucer, donc.
Son patient ne tarda pas à soupirer… puis à geindre doucettement. Puis il murmura :
— Oui, Maria, vas-y ! Vas-y, Maria, oui, c’est bon…
Ayant la belle pine de son pote en bouche, Giovanni n’eut pas le moyen d’en sourire… mais il fut amplement réjoui de ce mini coup de théâtre qu’il n’attendait pas !
Et il pompa, pompa ! Paolo geignait tout haut, à présent, et soudain il beugla :
— Je viens ! Maria !
Et de poser vigoureusement une main sur la tête de Giovanni… pour se rendre compte immédiatement que ce n’était pas la Maria qui œuvrait !
— Aaaah ! cria-t-il en giclant comme un damné dans le gosier d’un Giovanni qui ne laissa rien perdre.
Il y eut un instant de calme. Sans ouvrir les yeux, et sans quitter le crâne de Giovanni, Paolo murmura :
— C’est les cheveux de qui, ça ?
— On avait rendez-vous, Paolo, et j’ai pas trouvé d’autre moyen de te réveiller ! fit Giovanni, jovial.
— Oh putain ! s’écria Paolo en se redressant vivement, toi ! Mais… Mais… t’as tout…
— Avalé, oui, mon pote. Alors ?
— Ben… mon con… c’est la première fois qu’on me le fait !
— Youpi !
— Par un mec… soupira Paolo, l’air encore égaré.
— Chuis pas un mec, chuis ton pote Giovanni, mec !
— Ah oui, ça change beaucoup ! fit Paolo, obligé de sourire — et qu’il était beau, ce sourire-là !
— Bon qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?
— Ben j’ai apparemment plus besoin de me laver la bite !
— Non, mais t’as encore le droit de me pisser sur la gueule !
— Hein ? cria Paolo, mais y sont tous comme ça, à Milan ?
— Non, mais moins coincés qu’ici, c’est sûr !
— Tu vas voir si je suis coincé, p’tit con !
Et dans la douche, Paolo pissa sur la gueule de son ami, comme demandé.
— J’y crois pas ! fit enfin Paolo, quand on s’essuya. Tu me pompes, tu m’avales, et je te pisse dessus ! Oh putain !
— T’es grand, maintenant, non ?
— Ça m’oblige pas à être aussi vicieux que les Milanais !
— Fais pas ton plouc, va ! Merci, Paolo, j’ai adoré… adoré vraiment tout ça… Merci !
Et Giovanni de poser un bisou dans le cou de son ami. Qui en resta tout chose. Mais osa quand même, enfin :
— T’es pas… amoureux de moi, quand même ?
— J’aurais adoré, mais… t’aimes trop les chattes. Non… je suis amoureux, depuis tout à l’heure… du curé.
— Hein ? Tu déconnes, là ? Il a plus d’âge, ce vieux clou !
— Vingt-cinq au maximum, je te dis.
— Ho ! Ho ! suffoqua Paolo. Tu… Ah oui, oh ! Tu parles du vicaire ? Mais comment tu le connais ?
Giovanni narra sa course au curé, et Paolo rigola franchement :
— Quand je l’ai vu la première fois, je l’ai trouvé trop beau pour être curé, mais maintenant que tu m’en causes… Ah ! Ah ! Ah !... Oh putain ! Tu voudrais te le faire ?
— Y a pas de mal à s’offrir un joli garçon, non ?
— Ah ! Ah ! s’étrangla Paolo, eh ben… chuis même prêt à aller me confesser pour le mettre dans ton lit !
— Dans mon cul, Paolo, dans mon cul !
— Oh p’tain ! Y sont chauds, les Milanais !
Les minets descendirent déjeuner, servis par une mamma tout sourire, et sortirent, en direction de l’église. Les églises italiennes, quand elles sont ouvertes, ne sont jamais vides. Ça marmonne à tout va, céans !
On n’y vit point le beau vicaire, mais sans doute qu’il confessait : on apercevait les pieds d’une paroissienne dans le splendide confessionnal baroque sculpté en bois sombre.
Si beau que Giovanni voulût le photographier, après que la femme venait de le quitter.
Or au moment où il prenait la photo s’ouvrit la porte et parut le beau padre, qui fut évidemment saisi, et par le fait, et par l’appareil.
— Oh ! fit-il, j’ai un fan club ?
— Non, non, padre ! bafouilla Giovanni, Ce n’était pas vous que je visais, mais cette merveille baroque, et…
— Chut ! Montrez-moi plutôt… Oui… Reprenez le confessionnal la porte fermée… et s’il vous plaît, vous me donnerez les deux photos ?
— Oui, oui, padre !
Le padre tourna les talons, et Paolo souffla :
— Tu bandes ?
— Arrête ! Mais… p’tain qu’il est beau c’con-là !
— C’est bien ce que je dis.
On sortit de l’église, et Paolo résuma la situation :
— Donc le matin, t’avales le foutre d’un athée, et le soir tu te fais niquer par un curé ? T’as les idées larges !
— Tu la fermes, ta gueule ? Ton foutre, c’est pas celui d’un athée, mais celui de mon ami de toujours, compris ?
— Euh… oui, fit Paolo, surpris par le sérieux du ton.
— Et pour le curé, y a rien de fait.
— S’tu veux… je t’aide.
— Et comment ?
— J’me confesse et j’y dis que tu l’aimes et que tu sais pas comment le lui dire.
— Ah ! Ah ! Ah ! explosa Giovanni, t’es plus que fou, toi ! Ah ! Ah ! Ah !
On alla déjeuner, après avoir flâné en ville — pas grande, celle-ci — dans une trattoria familiale. Où Paolo, sérieux, redemanda enfin :
— Tu veux que je t’aide, avec le curé ?
— Tu ferais comment ? sourit Giovanni.
— Peut-être… je me confesse de tout et rien, et lui glisse que toi, t’as un problème avec ton homosexualité… et que tu cherches quelqu’un pour t’aider…
— Ah ! Et tu crois que les curés sont là pour ça ?
— Giovann’ ! Il est jeune, çui-là et… je suis sûr qu’il est pédé comme un phoque !
— Hein ?
— J’veux dire… aussi gay que toi, mon pote !
— Ah ! Eh ben… Je te réponds demain, mon gars…
— Tu viens à quelle heure ?
— Comme tu veux.
— Comme ce matin, ce serait bien… conclut Paolo avec un louchissime sourire… qui laissa Giovanni pantois.
Puis on se sépara : Paolo allait baiser. Et venait ni plus ni moins de lui demander de réitérer la séance du matin !
Giovanni erra alors dans les rues de la petite ville, endroit assez touristique, avec ses échoppes de toutes sortes. Il ne savait que penser, Giovanni ! Bien sûr que l’idée de repomper son ami demain matin l’enchantait au plus haut point, mais… il y avait aussi ce curé qui…
Alors qu’il regardait l’étal d’un magasin de souvenirs, il s’entendit demander :
— Vous n’êtes pas du pays, Monsieur ?
Giovanni se retourna… sur ledit curé.
— Si, padre. Mais je vis à Milan depuis longtemps.
— Oh ! Je suis de Milan, moi.
— Mais…
— Ma hiérarchie m’a nommé ici, voilà.
Giovanni ne sut que dire. Le mec le troublait hautement et… il se figea littéralement. L’autre reprit :
— Vous avez des séquelles de votre chute ?
— Sûrement un beau bleu, mais je marche sans souffrir, merci, padre !
— Vous penserez à me transmettre les photos ?
— Bien sûr, padre, mais comment ?
— Demain, j’aurai à l’église une tablette, et l’on pourra les transférer. En avez-vous fait d’autres de l’église, ou de la ville ? Ça m’intéresserait : j’en ai fait moi-même, mais les autres ont des points de vue différents, et c’est toujours surprenant.
— Je viens d’arriver, mais… oui, je vais en faire cet après-midi.
— Demain, à l’église ?