Récits érotiques - Slygame
Mardi matin, 5h21 - Version imprimable

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Mardi matin, 5h21 - Nostalgique - 06-08-2020

[i]Voici l'intégralité du récit commencé sur Docti et que certains lecteurs avaient, semble-t-il, apprécié[/i]

Je commence ici un nouveau récit dont je ne sais pas encore très bien où il va me conduire, même si j'ai un schéma assez clair en tête. Tout reposera, pour l'essentiel, sur des situations vécues mais pas forcément par une seule et même personne : je regrouperai ma propre histoire avec celles d'amis que j'ai connus, intimément ou non, mais qui m'ont relaté leurs vies. J'espère que ce récit vous plaira, il y aura de nombreux rebondissements, des moments tragiques, des moments très beaux.
N'hésitez pas à faire des commentaires, positifs ou non, cela me permettra non pas de modifier le cours des événements qui sont ce qu'ils sont mais d'adapter la présentation

Mes dix-huit ans…[b]
[/b]
Mardi matin, 5h21…
j'avais mon dix-huitième anniversaire à cette minute exacte qui était celle de ma naissance. A ce moment précis, mon père entra dans ma chambre, sans même frapper

- Dans cinq minutes, tu es habillé et à 5h30 au plus tard tu as vidé les lieux et tu n'as plus à revenir ici : pour moi et pour nous, tu n'existes plus

Je n'étais pas vraiment surpris car la veille j'avais été informé de cette décision, les conditions avaient été clairement énoncées, je recevais ma carte d'identité, ma carte maladie, l'adresse de mon appartement et ma première mensualité, mon père m'ayant fait remarquer que c'était pour un mois intégral alors que nous étions le quinze du mois. Mes bagages étaient sur le palier et un taxi, à mes frais, allait arriver d'un instant à l'autre.
A 5h29, j'étais littéralement propulsé hors de l'appartement dans lequel je venais de passer toute mon enfance et mon adolescence, la porte claqua bruyamment sur mes talons, sans un mot d'adieu sinon un au revoir que j'adressais à l'adresse de mon géniteur et qui se confondit avec le bruit de la porte qui se fermait. Le chauffeur du taxi ronchonna en voyant tous mes bagages, la voiture se mit en marche, c'était tout un pan de mon existence qui se terminait pour aller vers un avenir dont j'ignorais à peu près tout ce qu'il allait être.

Mes sentiments à ce moment étaient très mitigés : d'un côté j'étais soulagé de quitter ce lieu où l'atmosphère à mon égard était devenu irrespirable, comme si je n'existais pas, comme si j'étais une merde qu'on évite soigneusement ; de l'autre côté, je ressentais une rage contre ce renvoi, cette exclusion de cette famille, ma famille qui, durant tant d'années fut heureuse et harmonieuse, jusqu'à cette fatidique après-midi où ma mère me découvrit le slip sur les chevilles et le cul nu en train de faire aller et venir mon sexe dans la bouche d'un garçon que je connaissais à peine mais qui avait l'avantage d'être beau et d'apprécier l'exercice auquel nous nous livrions depuis un moment. Le soir même, très calmement, mes parents me firent part de leur profond dégoût, que j'étais la lie de la société, la honte de la famille et que j'étais prié de ne pas faire de vague afin que rien ne transpire à l'extérieur. En d'autres mots et pour simplifier, j'avais intérêt à me faire oublier, à vivre dans ma chambre et qu'à la moindre entorse à ces dispositions, ce serait un établissement de redressement. J'avais cherché à discuter, à m'expliquer mais je n'eus aucun droit à la parole. Jusqu'à mon expulsion, les relations étaient limitées au strict minimum, il n'était même pas question que j'accompagne ma famille dans leurs sorties récréatives, à leurs yeux je n'existais plus, j'étais moins que rien.

Le taxi me déposa, moi et mes bagages, devant l'entrée d'un immeuble ancien, un peu miteux mais pas vraiment délabré avec un escalier, il n'y avait pas d'ascenseur, qui devait me conduire au cinquième étage où se trouvait ce que mon père avait désigné comme mon appartement. Trois simples portes s'offraient à moi, le numéro 51 était la mienne. En fait d'appartement, c'était tout simplement une ancienne pièce pour accueillir les domestiques qui ne faisait guère plus d'une quinzaine de mètres carrés, éclairée par une petite fenêtre, meublée d'un lit étroit, d'une petite table, d'un coin cuisine, c'est-à-dire un évier avec un robinet d'eau froide et un petit réchaud électrique à deux plaques et d'une minuscule armoire : c'est là-dedans que j'allais devoir vivre, travailler mes cours de lycée. Ah ! J'oublie il y avait une minuscule douche avec de l'eau chaude et un WC d'une propreté douteuse. Le tout, c'est-à-dire le sol et les meubles, étaient recouverts d'une couche de poussière qui ne datait pas d'hier.
Une fois rentrées mes deux valises, un énorme sac, un carton avec mes livres scolaires et mon ordinateur, je ne  pouvais pratiquement plus remuer, le désespoir me saisit, je me mis à pleurer silencieusement, je ne me voyais aucun avenir ni même de lendemain, j'étais abandonné, livré à moi-même, sans avoir la certitude de pouvoir manger : le budget calculé par mon père me laissait, une fois tous les frais incompressibles réglés, une dizaine de francs par jour et ce pour autant qu'aucun imprévu ne survienne ; j'avais par contre reçu une toute petite somme pour m'installer.

Mes larmes se tarirent d'elles-mêmes, mes glandes lacrymogènes devaient être à sec. Je dénichais sur le palier un balais et des torchons et m'attaquais à nettoyer mon appartement le mieux possible, à organiser mes valises pour en faire des tiroirs, j'installais mes livres sur de petites étagères suspendues contre les murs, quelques vieux clous à moitié rouillés firent l'affaire pour suspendre certains habits et objets et, finalement, la fenêtre grand ouverte, malgré le froid, rendit l'air plus respirable. J'avais inspecté attentivement le matelas qui avait l'air assez récent et la couverture qui, elle, était un peu douteuse mais à première vue sans vermine ! Je regardais mon travail ménager et fut finalement assez satisfait de mon organisation tout en me faisant la réflexion qu'il allait falloir que je devienne un maniaque de l'ordre ce qui n'était pas mon point fort et faisait le désespoir de ma mère, ceci bien évidemment avant qu'elle ne me connaisse plus !
Avant la fermeture des magasins, je m'achetais du pain et du fromage, deux verres, assiettes et couverts et, en additionnant la somme que j'avais dépensé, je constatais que c'était mon budget pour deux jours. La journée avait été émotionnellement et physi-quement éprouvante aussi est-ce avec appétit que je dévorais mon modeste repas tout en étant conscient qu'il allait falloir que je modère ma faim.
Etendu sur mon lit, enveloppé dans ma couverture, je cherchais des solutions pour pouvoir survivre tout en continuant mes études. Dans mon demi-sommeil, j'entendais sur le palier des bruits de pas, des chuchotements, des rires et des bruits bizarres dont je ne parvins pas à déterminer l'origine. A dix-huit ans, on a le sommeil facile aussi je sombrais dans les bras de Morphée en me disant que demain serait un autre jour.

Mercredi matin, il est environ 10h30 lorsque je jette un coup d'œil sur ma montre : il faut profiter car les vacances de Pâques se terminent lundi prochain. De plus, il faut dire que je me suis réveillé plusieurs fois durant la nuit, toujours par une certaine agitation derrière ma porte, discrète je dois l'admettre, qui a malgré tout quelque chose d'un peu inquiétant même si ma porte, qu'un coup d'épaule un peu appuyé enfoncerait facilement, est munie d'une solide serrure ; comme tous les matins, j'ai une bonne érection aussi la première chose à faire consiste à régulariser la situation, ce qui n'est pas très aisé au vu de l'étroitesse de la douche. Le petit déjeuner est vite expédié, le reste du pain d'hier soir : je vais devoir absolument profiter des jours de vacances qui me restent pour m'organiser et procéder à des achats basiques comme des draps et quelques provisions. Je sens que je vais manger des pâtes, beaucoup de pâtes, des pommes de terre, beaucoup de pommes de terre…

En début de soirée, on frappe à ma porte, j'ouvre et je me trouve face à une assez belle femme il faut le dire, d'une petite cinquantaine probablement et habillée assez sobrement : une petite culotte bleu ciel et un soutien-gorge qui abrite une poitrine d'un très honnête format

- Bonsoir, je suis Germaine ta voisine de palier et je veux faire connaissance avec mon nouveau voisin… [silence de quelques secondes] mais dis-donc, tu es un sacré beau gamin mais j'espère que tu ne portes plus de couches quand même !

- Bonjour Madame, je suis Antoine et n'ayez crainte, je ne pisse plus la nuit et j'ai dix-huit ans depuis hier à 5h21

- D'abord je suis Germaine, tu me tutoies et j'espère qu'on fera bon ménage, je suis à ta disposition en cas de besoin

En disant cela elle eut un petit sourire aguicheur qui m'intrigua et je me sentis rougir car je réalisais que je n'avais pas cessé de regarder son corps relativement encore mince et notamment ses seins qui avaient tendance à déborder de leur enveloppe : il faut dire qu'ils avaient l'air ferme mais surtout que pour moi, du haut de mes tout juste dix-huit ans, c'était la première fois que je voyais un corps, autre que le mien, quasiment dénudé ce qui ne manqua pas de provoquer un certain remue-ménage dans mon slip.
Vers 23 heures, alors que je venais de me coucher, nu comme d'habitude mais également pour éviter de futures lessives, on frappa à ma porte. Sans réfléchir à ma tenue, j'ouvris et je me trouvais face à un homme d'une quarantaine d'années, ni beau ni laid, qui parut stupéfait en me voyant

- Oh ! excuse-moi, je cherche Germaine

Je n'avais pas encore eu le temps de lui indiquer la bonne porte que ladite Germaine apparut, nue elle aussi, fit entrer son invité qu'elle suivit non sans m'avoir regardé et lancé

- Mais Antoine, tu es superbement bien équipé !

Je me recouchais, troublé tant par la nudité de ma voisine que par l'homme qui maintenant était chez elle : j'avais une belle érection, mais je ne savais pas si celle-ci était provoquée par la femme ou l'homme que j'imaginais couché, nu sur elle mais ce que je sais c'est que ma masturbation ne dura pas longtemps et fut nettement plus productive que d'habitude !

Le lendemain soir j'avais peu mangé malgré ma faim lorsque Germaine se manifesta et me proposa de venir chez elle pour mieux faire connaissance. Elle avait un deux pièces, agréablement meublé, confortable avec un large divan et, dans la petite pièce, un grand lit avec une couverture en satin rose. Elle me servit un whisky bien tassé et je manquais m'étrangler avec la première gorgée, c'était la première fois que j'en buvais, elle rit gentiment en s'asseyant à côté de moi, très près de moi de sorte que je sentais l'odeur de son parfum mais surtout la chaleur de ses cuisses. Nous discutâmes agréablement, j'étais pris par sa compagnie et, également par l'alcool, et je ne réalisais pas tout de suite que sa main se trouvait sur mon entre-jambe, je dirais même sur mon slip car curieusement ma braguette était descendue. Mais ce n'était qu'un début, j'étais rouge écarlate, mon pantalon trainait désormais sur le sol, mon slip était en train de laisser découvrir mon sexe que des mains habiles cherchaient à exciter tout en ma-laxant mes testicules. Le résultat fut décevant en ce sens que mon pénis refusa obstinément de durcir, même si elle parvient à me faire éjaculer abondamment et elle s'empressa de me lécher pour me nettoyer. Elle ne s'offusqua pas de la relative placidité de mon organe, me disant que c'était la crainte de la nouveauté et que la prochaine fois cela irait certainement. Elle m'embrasse et, pour la première fois, je goutais à mon propre sperme : j'ai aimé cette consistance légèrement visqueuse au goût assez prononcé.
C'est à ce moment que sa porte s'ouvrit et un homme d'une trentaine d'années entra et sans autre forme vient s'asseoir sur le divan, entre Germaine et moi

- Je suis un habitué, je viens en principe une fois par semaine, j'ignorais qu'elle avait une jeune visite et que j'aurais un bonus ce soir en voyant un beau jeune homme dans sa nudité. Mais enlève tes mains, tu n'as rien à cacher, c'est un plaisir que de te regarder même si les garçons ne sont normalement pas ma tasse de thé et, ce faisant il me saisit mes deux balles avec plaisir et avança le majeur dans ma raie : Germaine vit mon air affolé, c'était mon premier contact sexuel que ce soit avec une femme ou un homme, si j'excepte cette première fois avec un inconnu et où ma mère me surprit, elle me mit dans les bras mon pantalon et me poussa vers la porte mais son visiteur me rappela et me tendit mon slip ; je m'approchais, mon sexe était tendu à l'horizontale, sa bouche était à la bonne hauteur et il l'embrassa rapidement.
Germaine sourit, m'embrasse sur la bouche, je regagnais mon appart, les idées sans dessus-dessous par cette soirée excitante et troublante, cette double expérience avec une femme et un homme, j'avais vu une femme totalement nue, j'avais éjaculé dans et par ses mains, j'avais goûté mon propre sperme, un homme dont je ne connaissais même pas le nom avait brièvement joué avec mes parties intimes et il avait réussi en quelques instants ce que n'avait que mal pu faire Germaine, me donner une érection du tonnerre. Il fallait que je digère tout ça, que je me situe personnellement. Une heure après ma sortie mouvementée, j'entendis la porte de Germaine qui s'ouvrait, l'homme remercier pour cette soirée exceptionnelle et inattendue : j'aurais presque souhaité qu'il frappe à ma porte, mais je n'aurais certainement pas osé lui ouvrir. 

Le dimanche avant la reprise du lycée, je revis Germaine et c'est avec un grand sourire et une véritable gentillesse qu'elle me lança

- G/ Alors, comment va mon petit PD ? Je t'invite à déjeuner dans mon bistro préféré comme ça ils te connaîtront, d'accord ?

Nous étions en fin de mois, j'avais eu plus de dépenses que prévu pour mon installation, mon budget était épuisé et je ne savais pas quand j'allais recevoir ma pension mensuelle, aussi

- A/ Avec grand plaisir et merci par avance mais tu sais, je ne pense pas être PD comme tu dis, mais c'est vrai que je me pose des questions

- G/ OK, mais moi je sais que tu es gay, je l'ai très vite compris, avant toi, mais prends ton temps pour découvrir ta vraie nature. Et dit-toi bien que cela ne me dérange absolument pas, pour moi tu es un charmant garçon, un peu paumé qui a besoin d'être un peu soutenu.

- A/ Merci, mais je n'aimerais pas être gay car la vie est alors difficile, ce serait tellement plus simple si j'étais tout simplement normal, comme mes camarades

- G/ Mais ce n'est pas parce que tu es attiré par les garçons que tu es anormal, on ne choisit pas l'homosexualité comme on choisit un vêtement, on est ce qu'on est, il faut assumer sans forcément le clamer sur les toits si on ne te demande rien

- A/ Oui mais…

- G/ Non, il n'y a pas de mais, le moment venu, et cela arrivera je pense plus vite que tu ne le penses, tu devras accepter. Regarde-moi, j'assume mon activité un peu particulière de sorte que je ne me considère pas comme une prostituée mais plutôt comme un soutien pour des hommes timides, seuls ou malheureux ; c'est pourquoi je n'accepte que des hommes que je connais ou qui me sont recommandés, pas plus d'un par soir et jamais le dimanche. Mais j'assume.

Je lui souris mais ne répondis rien, tout cela était trop nouveau, il fallait me laisser du temps et ce temps je le pris.






Re : Mardi matin, 5h21 - Nostalgique - 06-08-2020

Suite n°1


Quelque temps plus tard
L'été touche à sa fin et cette période fut d'autant plus difficile que j'avais eu l'impression que je m'en sortirais assez facilement. Mais mes camarades commencèrent à s'étonner que je ne sorte plus avec eux, même un simple café était hors de mes moyens ou alors je le payais très cher à la fin du mois. Cela me fut très difficile de renoncer à la tradi-tionnelle semaine de voyage de fin d'année scolaire et là encore mes amis ne me com-prirent pas, je ne pouvais décemment pas leur expliquer que ma famille m'avait renié et que j'habitais désormais seul, dans ce qui ressemble plus à un taudis qu'à un véritable appartement, même si je me donnais beaucoup de mal pour le maintenir en état. Du-rant les longues vacances estivales, je me retrouvais seul, tout le monde partait en va-cances, même Germaine avait déserté notre immeuble et je ressentais un certain ma-laise car il me semblait qu'elle était souvent accompagnée du jeune homme qui m'avait vu à poil lors de mon arrivée : je ne me trompais pas et à fin juillet je la revis une fois et elle me dit qu'elle refaisait sa vie avec cet homme et qu'elle quittait la ville ; Je perdais la seul personne à qui je pouvais parler ouvertement, son départ me plomba le moral pendant des jours. Mon petit réchaud rendit l'âme et je dus le remplacer alors que dans le même temps il fallut faire intervenir un plombier pour changer un tuyau d'écoule-ment.
Tout cela coutait fort cher, j'ai commencé à avoir du retard dans mon loyer et à fin no-vembre, mon propriétaire me donna 8 jours pour lui régler mes deux mois en souf-france. C'était la galère, mon père à qui j'avais, la mort dans l'âme, demandé une aide m'envoya froidement promené, me menaçant même de suspendre sa participation.
Ce soir de novembre j'errais dans la ville, affamé, le désespoir au ventre, j'étais au bord du fleuve, assis sur le parapet et je ne voyais plus que deux solutions : me laisser len-tement glisser dans l'eau noire, tout serait fini, personne ne me pleurerait, au mieux on retrouverait mon corps, mais je trouvais un inconvénient majeur à cette issue, elle était irréversible et cette idée m'était franchement désagréable. L'autre solution consistait à faire le commerce de mon charme puisque tout le monde me disait beau et attirant. C'est cette idée que j'ai retenu, j'avais remarqué dans une ruelle de la ville, non loin de chez moi, un bar dans lequel entrait et sortait des hommes, des jeunes et des vieux, des minces et des gros, des beaux et des laids. Avec un peu de chance, quelqu'un ac-cepterait peut-être de m'aider sans que j'aie besoin de me compromettre.
Le cœur battant j'entrais, un barman entre deux âges me fit un beau sourire et je vis tous les regards se tourner vers moi, je rougis et cela parut amuser les clients. Lorsque je vis le prix des consommations, je voulus sortir mais le patron me dit
- Boisson libre pour toi, mais tu es gentil avec les clients
Je sentis une main qui me palpait les fesses, je sursautais, changeais de place, l'homme, âgé, ronchonna. Peu après un jeune cette fois me mit carrément la main dans mon pantalon, je le repoussais violement, le patron me regarda d'un sale œil et me suggéra de sortir, ce que je fis.
Il me restait 48 heures pour m'acquitter de ma dette ce que le propriétaire venait de me rappeler alors que je le croisais dans la nuit : Tu as bien compris, lundi 18h au plus tard tu me règles ta dette, sinon je jette ton fourbi dans la rue et mardi matin les éboueurs ramasseront le tout.
Je n'avais plus le choix, il fallait que je me vende suffisamment cher, quel que soit ma répulsion, sinon c'était la fin, dans l'eau noire et glacée de la rivière.

Je retournais dans le bar, et dis simplement au patron

- OK, j'y vais et je m'apprêtais à me rendre dans le fond du bar, là où se passaient les choses
Je n'avais pas pris garde à un bel homme, pas loin de la soixantaine, qui me fixait et me suivit mine de rien alors que je commençais une négociation que je ne pouvais que perdre, tellement j'étais maladroit, ignorant des prix et surtout tellement négatif que cela décourageait mon client potentiel. C'est alors que l'homme qui m'avait suivi me prit fer-mement par le bras en me disant
- Fiche le camp, ce n'est pas un endroit pour toi et l'homme avec qui tu discutais est une crapule qui te fera subir les pires outrages ! Allez, file et retourne chez toi !
Sidéré par cette intervention, je m'exécutais mais en allant non pas chez moi, mais au bord du fleuve, je grimpais sur le muret et observais les remous provoqués par un fort courant. Je tremblais de peur de ce que j'allais faire mais aussi de froid car entre temps il neigeait et le vent du nord soufflait encore plus fort et je n'étais vêtu que d'un très lé-ger pull en coton.
Ma décision était irrémédiablement prise, j'allais sauter, je me mis debout
- Ne fait pas l'imbécile, arrête immédiatement, on va trouver une solution
La voix était impérieuse, du genre de celle qui n'accepte pas la contradiction mais en même temps empreinte d'une grande compassion. Je tournais la tête et reconnu l'homme qui m'avait sorti du bar, il était à quelques mètres de moi, j'avais donc le temps de sauter.
D'une voix très douce cette fois, presque suppliante
- S'il te plait, ne saute pas, cela ne vaut pas la peine, la vie peut être si belle qu'elle vaut toujours la peine d'être vécue
- Je sais mais moi je suis maudit, repoussé par tout le monde, je n'ai pratiquement pas mangé depuis 48 heures et je n'ai plus un franc mais des dettes à rembourser demain, donc je n'ai plus rien à faire ici
L'homme, très lentement était maintenant très près de moi et il me dit cette phrase qui me bouleversa
- S'il te plait, prend la main que je te tends, c'est ta toute dernière chance, je t'aiderai à vouloir vivre. Viens, s'il te plait, je m'appelle Henri, j'habite dans l'immeuble derrière toi
C'était presque la tempête maintenant et une rafale de vent me fit vaciller, je fis un mouvement pour tenter de me rétablir, je sentis que j'allais échouer, je fermais les yeux quand des bras me saisis par les jambes et me tirèrent en arrière avec une force vio-lente, me faisant tomber sur le trottoir où je perdis connaissance.
Je repris conscience dans une chambre et dans un grand lit avec des draps qui sen-taient bon la lavande. Un homme était assis sur une chaise à proximité, il esquissa un sourire lorsqu'il me vit ouvrir les yeux et son visage exprima un profond soulagement. Je tirais le duvet, combien moelleux par rapport à mon lit, car je venais de réaliser que j'étais totalement nu dans ce lit et cet appartement inconnu, avec un homme à mes cô-tés dont je ne savais également rien.
J'avais un violent mal de tête dès que je bougeais mais l'homme inconnu m'ayant lais-sé seul, je décidais illico de quitter cette maison qui me paraissait dangereuse : je m'assis non sans peine puis me mis debout et réalisais à nouveau que j'étais toujours nu et avant que ne prenne vraiment conscience que je n'avais aucun habit à me mettre, je sentis que toute la pièce et ses meubles tournaient dans tous les sens, je m'effondrais et, avant de perdre à nouveau connaissance, j'eu le temps de penser je suis nu il va pouvoir profiter de moi et me violer.
Lorsque je reviens vaguement à moi, l'homme était assis sur le bord du lit et il m'épon-geait le visage avec une serviette mouillée ce qui me fit revenir à moi mais en restant incapable du moindre mouvement, sauf à faire un tour en carrousel, et surtout en éprouvant beaucoup de peine à me situer et à comprendre la situation dans laquelle je me trouvais. J'avais tout à la fois chaud et froid, je transpirais et grelottais, j'étais à moitié réveillé mais incapable de réfléchir et de raisonner. L'homme avait des gestes très doux, il passait sa main dans mes cheveux et murmurait des paroles que je n'arrivais pas véritablement à comprendre.
- H/ Reste tranquille, tu ne risques rien, ici personne ne te fera de mal, je ne veux que ton bien, je veux te sauver malgré toi et te redonner le goût de vivre
- A/ Non, non ! s'il vous plaît, non ! je veux pas, laissez-moi, j'ai peur, je vous en sup-plie, je veux partir chez moi, même si je n'ai plus de chez moi
- H/ Mon médecin va arriver pour te soigner et, si nécessaire, on t'enverra à l'hô…
- A/ Non pas l'hospice, ils vont m'enfermer parce que je suis gay, gardez-moi ici, je ferai tout ce que vous voudrez, enfin non. Oh, je suis si malheureux, je ne sais plus vraiment qui je suis, ce que je suis
Et sur ce, je resombrais dans une demi-inconscience, je me rendis à peine compte que le médecin m'ausculta sous toutes les coutures, y-compris l'anus et je me laissais pas-sivement faire, je sentis encore qu'on me faisait deux injections et que je repartais dans un profond sommeil en ayant juste le temps de me dire cette fois c'est bon, je quitte cette terre.



Re : Mardi matin, 5h21 - Nostalgique - 06-08-2020

Je me réveillais le lendemain alors qu'un pâle soleil pénétrait dans la chambre, que l'homme inconnu arrivait avec un plateau sur lequel un copieux petit déjeuner était préparer
- H/ je crois que tu as bien dormi, tranquillement, et tu m'as l'air nettement plus en forme ce matin. Tu vas profiter de ce petit déjeuner et je pense qu'après, si je t'aide, tu pourras aller prendre une douche ou un bain dont tu dois avoir bien besoin car tu as tellement transpiré !
- A/ Mais avant, il faut absolument que j'aille pisser, je ne peux plus me retenir mais je vais y aller seul, laissez-moi car je suis nu !
- H/ D'accord, mais je reste à côté de toi en me tournant car je ne suis pas certain que tu puisses y aller seul sans risquer de tomber et, à force, tu risques de te casser quelque chose et ce n'est vraiment pas le moment !
A peine avoir posé les deux pieds sur le sol, tout s'est mis à tourner et je me suis rac-croché sur l'appui le plus proche, c'est-à-dire toujours l'homme inconnu ! Je mis mon bras autour de son épaule, il mit son bras autour de ma taille et, brinqueballant, j'arri-vais, non sans peine, aux toilettes
- H/ Je te laisse tu m'appelles si nécessaire
- A/ {D'une petite voix] non restez, je ne tiens pas debout, il faut m'aider s'il vous plait !
Après un essai seul, il me dit qu'il allait effectivement m'aider, il prit mon sexe dans sa main, j'étais toujours nu, et le dirigea vers la cuvette où je pus enfin me soulager ; lors-que le jet fut tari, il secoua a doucement mon sexe pour faire tomber les dernières gouttes. Il me montra un boxer assez large sur un petit meuble mais je fus incapable de l'enfiler tout seul, je m'assis sur un petit siège rond et c'est lui qui m'enfila la jambe gauche, puis la jambe droite et enfin, après m'être levé, remonta le boxer à son empla-cement final mais il dut encore se saisir de mes testicules qui refusaient de passer l'obstacle de l'élastique.
De retour dans la chambre, je retrouvais le lit avec joie, j'étais épuisé après tous ces ef-forts tant physiques que psychologiques : ce n'était pas rien que de se laisser habiller par quelqu'un dont on ne sait rien et qui avait la figure à quelques centimètres seule-ment de mon intimité dont il dût tout découvrir, ou presque.
Je m'endormis et ce n'est que le fumet d'un repas qui me réveilla, il faut dire qu'il y avait longtemps que je n'avais pas fait un vrai repas, et quel repas, des pommes de terre bouillies qui dataient d'au moins trois jours. Avec prudence, je m'assis dans le lit et constatais que mon équilibre était encore fragile mais qu'apparemment je pouvais me tenir debout. Je m'assis sur le bord du lit, les jambes en bas, avec le boxer qu'il m'avait donné le matin et en me mettant debout je fis tomber un petit récipient en métal ce qui eut le don de faire venir immédiatement cet homme dont je ne connaissais toujours pas le prénom, ni même qui il était vraiment : un prédateur avide de jolis et jeunes garçons ou au contraire, quelqu'un qui apparemment n'avait aucune mauvaise intention, ce que j'avais de la peine à croire vu le cadre où je l'avais rencontré, même s'il m'avait sorti de ce lieu avec une autorité certaine. Ce qu'il était advenu après, je n'en avais pas vraiment souvenir, jusqu'au moment où je m'étais retrouvé dans ce lit.
- H/ Ah, cela fait plaisir, tu as l'air d'aller un peu mieux, même si tu as toujours une mine à faire peur. Est-ce que tu te rappelles de moi et ce que nous avons fait en-semble ?
La panique me ressaisit aussitôt, qu'avions-nous bien pu faire ensemble, qu'avait-il bien pu faire avec moi si ce n'est jouer avec moi.
- A/ je n'en ai aucune idée et je pense qu'il vaut mieux que je ne le sache pas, don-nez-moi mes habits, il faut que je rentre, je…
- H/ D'abord tu es beaucoup trop faible pour sortir, ensuite tes habits étaient tellement usés et sales que j'ai tout jeté, pantalon, T-shirt, et même ton slip qui était peu ragou-tant. Nous avons à peu près la même taille et je te prêterai des vêtements jusqu'à ce que tu sois suffisamment rétabli pour que nous allions t'équiper de neuf.
- Mais…
- Il n'y a pas de mis, et j'ai déjà préparé sur une chaise les effets nécessaires pour que tu cesses de te promener à moitié nu, même si c'est un plaisir de regarder un beau garçon comme toi. Mais n'aie pas de crainte, c'est vrai que j'aime les garçons mais je ne suis ni un violeur, ni un désaxé sexuel, je respecte toujours les per-sonnes à qui j'ai à faire : tu n'as donc aucune raison de t'inquiéter ou d'avoir peur de moi, je ne te ferai aucun mal, je ne te toucherai pas tant que tu ne l'accepteras ou le souhaiteras.
A propos, je m'appelle Henri, appelle-moi par mon prénom, cela sera plus simple et surtout plus sympathique.
En disant ces paroles plutôt rassurantes, je constatais néanmoins que Henri, puisque c'est son nom, me regardait avec une certaine insistance, non pas gênante mais avec une gentillesse réconfortante, avec une attention bienveillante et, soudain, j'eu la certi-tude que je ne risquais rien avec cet homme, qu'il ne tenterait rien que je ne sois prêt à accepter, à vrai dire je ne savais pas véritablement quoi. Mon expérience des hommes se limitait aux quelques attouchements qui m'avaient paniqué si violement qu'ils m'avaient conduit sur les bords du fleuve, aux solutions que j'avais envisagées dans mon dénuement et auxquelles je n'excluais pas de devoir recourir selon la tournure que prendrait les événements, même si, là encore, je ne savais pas vraiment ce qui m'attendrait.
Pour l'instant, j'étais bien, j'avais un lit douillet dans un bel appartement, un repas qui sentait merveilleusement bon et un homme, cet Henri, qui me regardait avec une évi-dente bonté. Je décidais de mettre mes inquiétudes de côté et même de faire con-fiance, au moins provisoirement, et c'est avec précaution que je me mis à table pour faire honneur à ce qui me parut être un véritable festin. Je ne mangeais pas, je dévo-rais et au fur et à mesure que j'avalais la nourriture je sentais mes forces qui revenaient : la principale cause de ma faiblesse était due à la façon désastreuse avec laquelle je m'étais nourri ces dernières semaines, par manque évident de moyens. L'après-midi, je me recouchais et dormis jusqu'à l'heure du dîner où, de nouveau, je me régalais sous l'œil réjouis de mon gardien qui ressemblait de plus en plus à un ange gardien.
Après le repas, nous installâmes au salon pour écouter sur Mezzo le Requiem de Fau-ré, une musique merveilleuse de beauté sonore et qui me plongea dans une somno-lence béate. A un moment, je réalisais que j'avais ma tête sur l'épaule d'Henri, qu'il avait son bras sur mon épaule et que sa main, dans un mouvement très doux, me ca-ressait les cheveux. Je n'avais pas peur, j'étais bien, je profitais de ce moment pour me laisser aller, il y avait si longtemps que je n'avais pas eu droit à un moment de ten-dresse dans le respect. Je restais parfaitement immobile pour ne pas rompre la magie du moment, de ces instants où je sentais la chaleur d'un corps contre le mien.
La pièce était désormais dans une demi-pénombre, la musique c'était tue, on entendait le vent qui sifflait dehors et qui, par moment, faisait trembler les vitres. J'étais toujours blotti contre Henri mais j'avais glissé et ma tête reposait maintenant sur sa poitrine alors que sa main était posée à la hauteur de mes seins qu'il caressait avec une extrême dé-licatesse au point qu'il fallait être attentif pour remarquer le mouvement autour de mon téton, très légèrement érigé. J'étais dans un état de sommeil à moitié conscient.
C'est un léger baiser sur le front qui me fit sortir de ma torpeur et j'esquissais un sourire
- H/ je crois qu'il est temps que tu ailles te coucher, il est tard maintenant et une bonne nuit de sommeil te fera du bien. Demain, nous discuterons sérieusement de ton avenir immédiat et à terme, mais sois rassuré, on trouvera une solution.
- A/ Merci Henri, je me sens effectivement déjà beaucoup mieux et… j'ai aimé ce mo-ment chez toi.
En me levant, je sentis que j'avais un légère érection qui ne me gêna pas véritable-ment, même si j'espérais qu'Henri ne s'en était pas rendu compte ; mais vu ma position et le pantalon de training assez léger que je portais, il était probable que cette manifes-tation ne pouvait guère lui avoir échappé et je me posais, très brièvement, la question de savoir si lui aussi avait ressenti la même réaction que moi. Je n'eu pas le temps d'approfondir cette hypothèse car déjà j'avais sombré dans les bras de Morphée…
Le lendemain, c'était lundi le jour où je devais régler mon loyer en retard et je n'avais pas le premier centime pour me mettre en ordre. Je me réveillais relativement tôt, l'ap-partement était silencieux lorsque je me levais avec l'intention d'aller à la cuisine boire un verre d'eau et de soulager ma vessie en passant. Alors que je dégustais mon verre d'eau en regardant pas la fenêtre la neige qui tombait et couvrait les toits, j'entendis un léger bruit qui me fit me retourner brusquement : Henri, en robe de chambre, était sur le seuil de la porte et, avec un sourire malicieux, me regardait



Re : Mardi matin, 5h21 - Nostalgique - 06-08-2020

- Quel est ce jeune dieu qui m'offre de bon matin sa nudité, est-ce Apollon ou Eros ou je ne sais quel divinité de l'Amour ?
De saisissement, je laissais tomber mon verre, heureusement dans l'évier, et mettais mes deux mains devant mes organes dont l'un aurait dû se cacher de honte alors qu'il se manifestait dans toute sa splendeur, sortant de la protection, bien illusoire, de mes mains. J'étais rouge de honte : imaginez que j'étais à poil avec un sexe en érection dans la cuisine d'un homme dont je connaissais au moins le prénom mais qu'en fait je n'avais vraiment vu que dans un état secondaire ! la honte, pas un peu mais totale !
- H/ Calme toi Antoine, ce n'est pas si grave, ne n'est même pas grave du tout, tu es un garçon et tu en possèdes les attributs et les réactions qui vont avec. Et tu es beau, Antoine, très beau même, alors enlève tes mains que je puisse t'admirer dans la plénitude de ta nudité
Tous ces mots étaient dits avec une sincérité et une admiration évidente et je fis alors quelque chose qui me sidéra, je retirais mes mains et je me tournais face à lui, j'avais l'impression que je m'offrais à lui. Henri ne fit pas un geste, pas un mouvement, il me regardait calmement, il avait l'air heureux de ce moment unique. Je ne ressentais au-cune crainte, j'étais confiant et je crois même que j'appréciais le fait qu'il me voie dans cette tenue pour le moins minimaliste.
C'est à ce moment que je compris que je vivais, nous vivions tous les deux, un instant unique, celui où deux êtres se trouvent alors que tout les sépare, l'âge (il a quarante ans de plus que moi), l'argent (son appartement respire l'aisance), le statut social (il a d'excellentes manières). Bon, il est gay, mais je commence à me demander sérieuse-ment si je ne le suis pas également, oui, je l'ai rencontré dans un bar où logiquement les personnes de sa situation n'ont pas de raison d'aller. Oui, tout cela est exact, mais je sentais intuitivement que cette rencontre dans sa cuisine allait marquer un virage total dans ma vie, que j'allais vivre des moments, des événements, des expériences que je ne soupçonnais pas.
- Bon Antoine, va mettre un slip ou un boxer, dans le deuxième tiroir de ma chambre tu as le choix, tu n'as qu'à prendre celui qui te plait ! Pendant ce temps, je prépare notre petit déjeuner et nous commencerons à discuter sérieusement des heures et des jours à venir : je veux que nous partions sur des bases claires et sans équi-voques.
J'étais gêné d'entrer dans sa chambre à coucher car c'est, pour moi, une pièce assez intime mais je ne pouvais pas faire autrement car j'avais absolument besoin d'un sous-vêtement propre et les miens ou plutôt le mien, étaient dans mon appartement. Les stores n'étaient pas encore relevés et je cherchais la tringle pour le faire, tringle que je ne trouvais pas : il y avait un bouton qui actionnait électriquement le mouvement des stores, le grand standing ! Le lit n'était pas fait, les draps étaient chiffonnés comme lorsque quelqu'un avait passé la nuit dedans, ce qui était bien le cas. J'ouvris le tiroir indiqué et je trouvais effectivement les sous-vêtements, il devait bien y en avoir une vingtaine, de toutes les couleurs, des unis et d'autres avec des motifs qui me firent par-fois sourire car les motifs étaient un peu enfantin. Je pris celui qui était sur le dessus, un bleu ciel, que j'enfilais immédiatement, j'étais quand même plus présentable, même si mon sexe n'était pas véritablement au repos. Avant de rejoindre Henri, je passais par la pièce qui m'avait été attribuée pour ouvrir les stores, là également électriquement.
Dans le coin petit déjeuner, tout était prêt, céréales, œufs coques, beurre, diverses con-fitures et deux sortes de miel de même qu'une grande cafetière de café qui sentait dia-blement bon. Henri était assis et je remarquais que sa robe de chambre s'était ouverte et laissait une partie de ses cuisses découvertes.
Henri prit immédiatement la parole et m'expliqua
- Voilà, je crois te l'avoir déjà dit mais je ne suis pas certain que tu l'aies vraiment en-registré vu l'état dans lequel tu te trouvais, j'aime les hommes, les adolescents ma-tures et majeurs bien sûr, mais vu mon âge et un drame il y a bien longtemps, je les aimes essentiellement sensuellement, plus que sexuellement : j'ai plaisir à les voir habillés ou non, à voir leurs émois, le plaisir qu'ils peuvent prendre entre eux. Mais je n'ai aucun contact physique direct avec eux, je suis là à les regarder, ils me tolè-rent ou non et j'agis en conséquence. Ça, c'était jusqu'à il y a quelques jours où je t'ai rencontré, déambulant dans le quartier, revenant du lycée ou en contemplation devant la devanture d'un magasin d'alimentation où tu n'entrais que rarement. J'ai senti en toi un grand drame dont je ne connaissais pas la cause. Je t'ai observé, je t'ai vu avec un visage d'une tristesse effrayante, comme portant un désespoir sans nom.
Je t'ai vu passé, puis t'arrêter et repartir devant le bar, je t'ai vu revenir en arrière en hésitant à entrer pour finalement renoncer.
J'ai commencé à avoir vraiment peur pour toi, je redoutais que finalement tu entres dans cet endroit particulièrement mal fréquenté et, effectivement, un soir, tu es en-tré. Je t'ai discrètement suivi pour te surveiller, oui, te surveiller car j'avais peur pour toi, pour ta jeunesse, pour ton intégrité physique et morale. Je t'ai vu sursautant lorsque quelqu'un te touchait, tu changeais de place mais ta jeunesse et ta beauté agissait comme un aimant sur les clients du bar. A un moment donné, le barman t'a dit quelque chose, tu es sorti en pleurant, tu as marché sans vraiment savoir où tu allais pour te retrouver au bord du fleuve. J'étais à quelques mètres de toi mais dans ton désarroi, tu ne m'as pas remarqué. Soudain, je t'ai entendu dire à haute voix

- Bon, j'ai pas le choix, je dois régler mon loyer, j'y vais, mieux me vendre que de me suicider
Et tu es reparti vers le bar, le bordel plutôt, tu es entré, je t'ai suivi, je t'ai vu négocier mais le gars et ses copains riaient grassement, tu allais te faire avoir et tu allais te faire violer sans que personne ne réagisse. C'en était trop, je t'ai saisi violement par le bras et je t'ai jeter dans la rue en te disant de rentrer chez toi, je pensais chez tes parents. Mais j'ai eu une prémonition, j'ai fait demi-tour, j'ai presque couru vers le fleuve et je t'ai vu, debout sur le parapet, malgré la neige et le vent. A ta position, aux larmes qui cou-laient sur ton visage, j'ai compris que tu allais commettre l'irréparable et cela je ne le voulais à aucun prix, je me serais senti responsable. Je t'ai apostrophé une première fois, puis une deuxième en te suppliant de ne pas sauter, j'étais à moins d'un mètre de toi, tu m'as regardé et c'est alors que le vent t'a déséquilibré : avant que ce soit trop tard, je t'ai empoigné par les deux jambes et je t'ai tiré de toute mes forces, ta tête a d'abord heurté le parapet puis le sol. Tu étais sauvé, je t'avais sauvé, je t'aimais déjà…
J'étais sidéré par les derniers mots d'Henri je t'aimais déjà, était-il possible que quel-qu'un m'aime, moi le maudit de la société, le rejeté de sa famille, le méprisé de ses ca-marades de lycée ? Et l'homme qui venait de me faire cette déclaration, cette confes-sion, il était là, assis à côté de moi, cela faisait trois jours qu'il s'occupait de moi, qu'il me soignait, il venait de me préparer un petit déjeuner de roi. Tremblant, je me suis levé, je me suis approché de lui, je me suis penché et je l'ai embrassé sur le front d'abord, puis sur la joue et, enfin, avec une grande douceur, sur ses lèvres, très brièvement. Il ne dit rien mais je vis que ses yeux étaient humides, j'y lisais l'émotion et la joie, le soulage-ment également.
D'un trait je lui racontais tout, vraiment tout, sans aucune restriction, depuis le drame familial, l'aventure avec Germaine, mon appartement minable et la descente aux enfers et les mois de loyer que je devais régler ce soir à 18 heures au plus tard.
Henri resta un long moment silencieux puis il se mit à parler doucement, lentement de manière que chaque mot, chaque phrase soit bien compris, par lui pour ce que cela impliquait et pour moi ce que cela signifiait. En gros, il m'accueillait chez lui et prenait en charge la totalité de mon éducation, me logeait, me nourrissait, me donnait l'argent de poche nécessaire à tout adolescent. Il me laissait toute liberté pour agir comme je l'entendais, voir qui je voulais, il ne m'imposait aucune règle ou contrainte, sinon celle de ne pas le ridiculiser et d'être d'une parfaite honnêteté tant intellectuelle que maté-rielle.
La seule chose qu'il souhaitait, c'est que je sois naturel avec lui, que je ne me cache pas, que je vive ma sexualité et ma nudité sans gêne, que son plaisir consisterait dans ma compagnie, ma gentillesse et ma tendresse, que je sois avant tout sensuel plus que sexuel. J'étais en larme, de joie et de reconnaissance, de soulagement, et je dirais même d'amour car je sentais, et je le lui dit, que c'était le début d'un véritable amour que je ressentais, d'autant que tout ce qu'il souhaitait vivre avec moi correspondait tellement bien avec ce à quoi, inconsciemment, je rêvais. Il m'avait clairement dit que le sexe, en tant qu'objectif, n'était absolument pas sa priorité, qu'il ne l'excluait pas si nos senti-ments respectifs le souhaitaient ; que lui, vu son âge et ses problèmes, il ne pourrait pas être véritablement actif mais qu'il pourrait me procurer de grandes satisfactions par ses caresses, ses paroles, par une sensualité partagée.
Vers 17 heures, il me rappela que nous avions un rendez-vous important, celui du payement de mes arriérés qu'il n'entendait pas discuter avec mon logeur. En passant, on prendrait les quelques rares affaires m'appartenant et qui valaient la peine de ra-mener chez nous, (oui, il a bien dit chez nous). Pour ménager mon amour-propre, Henri m'attendit et me laissa payer ma dette avec l'argent qu'il m'avait donné à cet effet, j'étais affreusement gêné mais je ne pouvais qu'accepter en lui disant que je le rembourserais dès que je pourrais.
- Antoine, que ce soit bien clair entre toi et moi, on ne parle pas d'argent entre nous, cela ne me pose vraiment aucun problème, que cela soit dit une fois pour toute, je suis riche, très riche. Alors accepte avec plaisir tout ce que je ferai pour toi et j'es-père pouvoir faire beaucoup pour toi
- Oui mais moi Henri je ne peux rien t'apporter
- Tu ne peux rien m'apporter, dis-tu ? Tu n'as pas idée de tout ce que tu m'as déjà donné, la joie de vivre que j'ai retrouvée depuis que je te connais, la perspective du bonheur qui m'attend de vivre avec toi, de te voir à la maison lorsque tu rentres avec ta jeunesse, d'être embrassé par quelqu'un que j'aime et qui, je le sens, m'aime éga-lement. Oui, Antoine, ne renversons pas les rôles, c'est moi qui suis en train de con-tracter une immense dette envers toi, tu es en train de me donner une merveilleuse vieillesse à laquelle je ne croyais plus.
Le soir de cette mémorable journée, nous sommes allés dîner au restaurant mais je ne désirais pas trop m'attarder, j'avais envie de me retrouver chez moi, chez nous, avec Henri. Nous mîmes un beau morceau de musique, nous nous installâmes conforta-blement sur le divan moelleux, je mis ma tête sur ses jambes, j'avais en partie débou-tonné ma chemise. J'avais pris sa main que j'avais posée sur ma poitrine
- S'il te plait Henri, caresse-moi comme hier, c'était si bon
Au bout d'un bon moment, je sentis sous ma tête qu'Henri avait une légère érection. Henri vit que mon pantalon était marqué par une solide érection. Nous nous sommes regardés et nous avons tous les deux souris, comme deux complices. Henri a posé sa main sur la bosse formée par mon sexe enflammé. C'était la promesse de beaucoup de bonheur dans l'avenir.

FIN



Re : Mardi matin, 5h21 - bech - 08-08-2020

Un 18ème anniversaire qui commence vraiment mal, une vie de plus en plus galère pour cause de budget trop limité, et finalement un sauveteur qui permet à Antoine de s'en sortir de manière sympa.

Durant la lecture, je me suis demandé si Henri était le garçon avec lequel Antoine a déja eu une relation et qui le retrouve. Mais ce n'est pas le cas. Henri est plu âgé.


Re : Mardi matin, 5h21 - Lange128 - 12-08-2020

Merci [member=146]Nostalgique[/member].

Très belle rencontre qui a sauvé le narrateur et qui lui permet d’envisager sa vie sous de meilleurs auspices. Peut-être aurions-nous tous aimé avoir un tel mentor pour nous aider à sortir de l’adolescence, à nous faire découvrir et accepter notre orientation sexuelle, dans des circonstances moins tragiques évidemment. Je n’en ai pas eu. J’ai aussi bien aimé la description de la pension un peu sordide et de ses habitants.