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Thierry trouve une coloc' - Louklouk - 04-12-2022

Thierry trouve une coloc'

— Thierry, dit le mec qui venait de sonner.
— Salut ! Entre ! dit le garçon qui avait ouvert.

Vingt-deux ans, en troisième année de fac, le mec venait de se faire jeter par sa copine, chez qui il vivait, et il avait impérieusement besoin d'une crèche, et vite !
L'appartement était sympa, et le mec qui l'accueillait aussi. Sûrement plus proche de la mauviette que du sportif, mais bon ! Car Thierry était un beau mec bien fait de partout, et soigneux de son physique... car il comptait sur lui pour tomber les filles... dont il était friand.

— Bon ! déclara Rémi, ici on fait pas de manières, mais on respecte l'autre : j'veux dire qu'on se promène à poil si l'on veut, et qu'on reçoit qui l'on veut pour baiser. Suffit de prévenir... pour pas choquer le monde ! T'es porté sur le sexe, toi ?
— Ben... ouais, assez, sourit Thierry : ça commençait plutôt bien, ça !
— Nous aussi ! Donc on est trois... Voici ta chambre.

L'endroit était agréable, et séduisit immédiatement un Thierry qui, de toute façon, n'avait pas le choix, puisque l'année universitaire avait commencé depuis deux mois, et qu'il n'y avait rien d'autre en ville. Ah ! Cette connasse de Marie-Sophie !
Ayant fait le tour des lieux, il trouva l'endroit sympa et signa même carrément sa partie du bail. Rémi lui expliqua les règles de vie commune : rien d'extraordinaire.

L'affaire étant donc conclue, il alla quérir ses affaires, soulagé. La Marie-Sophie eut la bonté de le mener jusque là en auto. Au moment où ils se garaient, ils virent entrer dans ce petit immeuble des années septante du siècle passé un grand noir africain superbement foutu, et Marie-Sophie ironisa :
— Un de tes colocataires ?
— Parle pas de malheur !
— Ça te passera donc jamais ?
— J'y peux rien si je les blaire pas, répondit Thierry, presque hargneux.
— En tout cas, il est super beau, çui-là !

Il n'avait pas tant de paquets que ça et, prévenu, Rémi vint l'aider à monter ça... avec le grand noir.
— Notre coloc', Célestin.
Ledit Célestin tendit la main à Thierry et Marie-Sophie, qui se retint de pouffer, et tout fut monté en deux tours.
— Tiens-moi au courant ! lâcha la minette avant de repartir.

Un brin rageur, Thierry s'enferma chez lui pour ranger ses affaires. Il était cinq heures, et une heure plus tard, on frappa : Rémi. Qui l'invitait à l'apéro et au dîner.
Où l'on fit mieux connaissance... et où, en plus de l'Africain, il apprit que Rémi était gay : la totale ! Il s'imagina la Marie-Sophie s'étranglant de rire en apprenant ça...

Vous aurez compris que ce beau jeune homme n'était pas des plus tolérants... Il fit cependant bonne figure, se promettant de quitter ce lieu de perdition dès que possible... encore qu'il sût avoir eu de la chance de trouver cet appartement, le marché étant un peu limité en ville.
De toute façon, il avait toujours le prétexte des études pour ne pas se mélanger à ce monde-là ! Sauf qu'il y avait céans pour habitude qu'on dînât ensemble le jeudi, et que chacun à son tour y préparât le dîner...

Il avait du reste un peu de retard dans son boulot, à cause de sa rupture avec Marie-Sophie. Et il s'arrangea pour paraître le moins possible aux espaces communs quand les autres y étaient. Ce qui ne l'empêcha pas d'entendre souvent  des rires, chose qui l'étonna, car la Marie-Sophie n'était pas une comique.

Et les premier jours passèrent sans qu'il croisât trop les autres. Mais le jeudi suivant, il était convié au repas hebdomadaire, préparé par l'Africain.
— Tu vas faire un plat de ton pays ? ne put-il s'empêcher de demander.
— Ouais ! Rémi adore, et tu devrais pas être déçu.

Thierry frissonna in petto : la cuisine africaine l'écœurait au plus haut point, et il se demanda quel supplice l'attendait.
Mais pendant l'apéro, il sentit dans l'appart des odeurs qui ne ressemblaient en rien aux souvenirs répugnants qu'il avait d'une expérience africaine, et se prit à espérer...

À table, il eut l'immense surprise de voir servir deux tartes, une au maroilles, et l'autre au poireaux.
— C'est pas la cuisine de ton pays, quand même, ça ?
— En tout cas, c'est ce qu'on fait à Douai, Nord. Et comme j'y suis né... Tu me croyais pas sorti de la brousse, quand même ?
Rémi éclata de rire, suivi par Célestin... et Thierry dut bien les rejoindre. Et les tartes étaient délicieuses.
— T'as encore deux semaines avant de t'y coller, tu te rappelles ? précisa Célestin. Et je t'aiderai, s'tu veux !

En retournant chez lui, Thierry avait un peu revu ses positions sur l'Africain de Douai...
Le lendemain soir, vendredi, il ne rentrait pas dans sa famille, et se disposait à bosser tout le temps. Mais des bruits issant de la chambre voisine, celle de Rémi, habituellement calme l'intriguèrent : car c'étaient manifestement des bruits de baise. Il n'avait entendu venir personne, et il n'était que six heures...

Il tenta de bosser du mieux qu'il put, mais décidément, Rémi avait des décibels de réserve ! Il se demanda que faire : il n'allait quand même pas frapper au mur !

Mais il ne put s'empêcher de sortir de sa chambre lorsqu'on sortit de celle de Rémi... et c'est un Célestin hilare, nu et en érection qu'il croisa. Et quelle érection !
Célestin alla à la salle de bains, tandis que Rémi sortait, tout aussi nu... mais mol.
— Ouh ! J'vais boire un coup, j'ai chaud ! Oh, Thierry, on t'a pas trop dérangé ?
— Ben... J'ai été surpris...
— J'explique : Célestin est hétéro, mais... quand il a rien de mieux à faire, il s'occupe de mon cas... de mon cul, plutôt ! Et c'est pas un amateur ! En fait, quand on veut baiser ici, le mieux, c'est le vendredi et le samedi, comme ça tout le monde peut brailler à son aise !

On but un coup à la cuisine, et Célestin y vint aussi, débandé, mais encore titulaire d'un superbe morceau.
— Rémi m'a dit que tu t'étais fait jeter : j'espère que t'as des copines de rechange... sinon, j'ai tout ce qu'il faut pour toi ! Y qu'à demander !

Thierry dut sourire, et l'on trinqua... avant que ces Messieurs retournassent à l'ouvrage. Là, Thierry vit qu'ils avaient baissé la sono... mais aussi... il se demanda ce qui se passait à côté, et comment. Et pour la première fois depuis son arrivée ici, une semaine, il se sentit pousser comme une petite envie, dans la culotte. Le changement de maison, les études et la déconvenue avec Marie-Sophie lui avaient coupé la chique, à lui qui aimait habituellement ça...

Et il se branla comme un ado, et bien, encore ! Enfin, Célestin lâcha un beuglement fort expressif, et il gicla lui-même fortement. « P'tain ! Dire que j'en suis réduit à me branler en écoutant des pédés s'enculer ! » songea-t-il.

Toute la soirée, il entendit les rires et les gloussements des deux autres, et au moment de s'endormir, il se demanda s'ils passeraient la nuit ensemble. Et il eut, fugitivement, envie d'être dans leur complicité...

Certes la gaytitude de l'un, et la couleur de l'autre rendaient évidemment la chose impossible, mais... ils rigolaient bien, tous les deux, et il se rendit compte que lui ne riait jamais, ou presque.
Au matin, il alla se doucher mais lorsqu'il entra dans la salle de bains, les autres y occupaient la douche italienne. Il leur fit un signe et recula ; mais il entendit crier :
— Thierryyyyy ! Viens !

Thierry repassa prudemment le nez à la porte. Les mectons l'invitaient bruyamment à se joindre à eux... et il n'osa refuser.
— On se lave et après... on a trouvé un moyen aussi amusant de passer le samedi matin que d'aller au marché ! affirma Célestin avec son éternel et ravageur sourire.
Thierry comprit ça tout de suite, car les mecs bandaient sérieusement, et il vit que sans égaler Célestin, Rémi était bien équipé lui aussi.

— Tu sais que t'es beau, toi ? fit Célestin. T'es pas loin d'être aussi réussi que mon p'tit blanc préféré ! Je me demande ce que ça donne, ça, en ordre de guerre ! conclut-il en saisissant la quéquette à Thierry, qui sursauta.
Où, à sa grande honte, Thierry banda tout de suite.
— Ouaouh ! Ouais, t'es superbe, toi !
— Ouais, magnifique, même, confirma Rémi. Mais on te l'a d'jà dit, évidemment.
— Non... c'est la première fois, avoua Thierry.
— Mais tu fais quoi avec qui, toi ? demanda Célestin. Des aveugles, ou des malpolies ?

Rémi explosa de rire, et Thierry dut bien suivre. Célestin continua, imperturbable :
— T'as une chatte de prévue, là, ou on peut te sucer ?
— Non, non pas de chatte, mais...

Célestin s'affala devant lui et le prit en bouche, et Thierry émit un immense soupir, tout en regardant Rémi. Qui vint alors lui saisir les tétons pour les triturer gentiment.
Tétanisé, Thierry laissa faire, avant de se mettre à gémir un peu fort. Célestin releva le museau et se releva.

— Je vais pas te faire jouir, parce que je propose que tu viennes te pignoler en nous regardant baiser : qu'tu m'en dis ?
— Oh, mais non, non !
— Oh, mais si, si ! Allez hop ! Y paraît que t'es hétéro, faut que t'apprennes la vie !

Sous les ordres de Célestin, on se sécha vite fait et l'on entraîna un Thierry un peu dépassé, qu'on jeta sur un vieux crapaud [petit fauteuil demi-circulaire] qui terminait là sa carrière mondaine.
Et sans préavis les mecs s'entreprirent, sous le regard d'un Thierry qui ne s'attendait pas à tel spectacle ! Et il eut droit à la totale : du baiser bavouilleux au bouffage de rondelle, encore un truc que Thierry n'avait oncques imaginé !
Puis l'incomparable mandrin s'inséra en un Rémi qui lui parut y être habitué... car c'était du lourd, comme armement !

Thierry se paluchait comme un ado en surchauffe... au point que Rémi lui lança :
— Du calme ! Garde-toi pour la suite, t'as pas tout vu !

Thierry ralentit le mouvement, tout en se demandant ce qu'il y avait encore à voir...
Célestin finit par barrir comme un rhinocéros amoureux, et Thierry comprit qu'il s'était déversé ès profondeurs de Rémi... qui cria aussitôt :
— Viens, Thierry, viens, c'est bon, là !
— Mais... Non !

Le grand Célestin se leva, la queue encore raide et vint prendre Thierry par les épaules pour le poser devant le trou encore ouvert de Rémi. Et il lui saisit le vit pour l'insérer au bon endroit. Une grande claque sur le cul déclencha le mouvement.
— Une semaine que t'as pas baisé, c'est le moment de te rattraper, vas-y mon gars !

Et Thierry de s'y mettre, évidemment, tandis que Célestin quittait la chambre. Y revenant peu après, il caressa les fesses d'un Thierry qui y allait de bon cœur. Mais... nouveauté pour celui-ci, il sentit un doigt s'insérer en sa petite rondelle... facilement, car bien lubrifié, apparemment. Il serra les fesses, mais trop tard ! Et cette curieuse sensation augmenta son ardeur, et il bourra plus vivement encore un Rémi qui gémissait, de plus en plus fort.
Lorsqu'il jouit enfin, et en gueulant, après un bon petit moment, il avait deux doigts de Célestin dans le fion.
Vautré sur Rémi, et en nage, il s'entendit déclarer :
— C'est sympa, ce que tu m'as fait, Thierry... T'es un vrai mec, tu sais ?
Surpris, Thierry n'en sourit pas... mais mit un bisou bans le cou de Rémi.
On alla se doucher tous trois en silence. Mais non sans se regarder gentiment. Enfin, Célestin demanda :
— On t'a pas trop violé, Thierry ?
— Oh, ça va, je suis pas une petite fille !
— Oui, j'ai remarqué ! fit joyeusement Rémi.
— T'as aimé, les doigts ? insista Célestin.
— On dira que... c'était nouveau, pour moi.
— La prochaine fois, c'est moi, que tu baises, hein ?
— Oh ! Tu...? fit Thierry, surpris. Je te croyais... hétéro ?
— Y a pas de raison que tout aille aux gays !
Les trois mecs éclatèrent de rire, et l'on alla bruncher. Et ce fut bien songeur que Thierry rentra chez lui... bien incapable d'y bosser, d'ailleurs.
Sortant des bras et de la chatte de la roide Marie-Sophie, il venait de niquer un pédé, en se faisant doigter par un nègre ! Où était-il, où allait-il ? Sur son lit, il resta longtemps pensif, avant d'admettre qu'il avait aimé ces choses... et ces garçons.
On frappa enfin : Rémi... nu.
— Avec Célestin, on irait bien ce soir à la pizza du coin : tu viendrais avec nous ?
— Oh oui, super ! Et merci de penser à moi !
Ça lui donna un coup de fouet, cette perspective, et il se mit à travailler ses cours avec attention. Vers une heure, il songea à aller déjeuner... et tomba sur les deux autres, toujours nus, et en belle humeur. Il rougit et demanda :
— On vit à poil, ici, maintenant ?
— En fin de semaine, ça nous fatigue de nous habiller... fit Célestin en minaudant. Mais tu peux garder ton garde-fou... t'es mignon quand même !
— Oh ! Vous êtes de dangereux dépravés, c'est ça ! fit Thierry en retirant son boxer pour le lancer à la tête de Célestin, qui le renifla.
— Ça, c'est du miam de chez miam, au moins !
On déjeuna donc en cette frivole ambiance, et Thierry tenta de travailler, l'après-midi... En vain.
— Habille toi, sinon ta bite va finir en pizza-merguez ! annonça Célestin en début de soirée.
L'ambiance fut chaude, au boui-boui du coin ! Et Thierry y ravala définitivement ses préjugés racistes et homophobes. Mieux : il était fier d'avoir été adopté par ces deux bizarres personnalités, lui qui...
— Tu me fais l'amour, p'tit blanc ? lui demanda Célestin lorsqu'on rentra.
— Euh... J'bande pas trop, là !
— J'm'en occupe ! cria Rémi.
La suite vous est entendue : ce fut avec les doigts de Rémi dans le cul que Thierry bourra Célestin, qui beugla, beugla !
Puis... il arriva que Thierry craqua. Les longues beautés de Célestin, son incomparable gentillesse, son éternel sourire... et l'incroyable douceur de sa peau eurent raison des dernières réticences de ce garçon. Et, sans oublier Rémi, ces deux hétéros-là regardèrent la vie... différemment.

30.  XI. 2022


RE: Thierry trouve une coloc' - fablelionsilencieux - 05-12-2022

Hétéro, homophobe et raciste !

Y'a que maitre Louklouk qui peut dévergonder ce genre d'oiseau là.

Dommage que ce soit beaucoup plus compliqué en IRL... Le beau rêve !


RE: Thierry trouve une coloc' - Philou0033 - 13-12-2022

Bonjour mon cher Louklouk,

j'ai encore passé un très bon moment de lecture, merci.

C'est l'ouverture, c'est un monde qui avance et qui fait fit des préjugés.
Un homosexuel, un hétéro noir et un hétéro blanc, quel mélange mais qui fonctionne lorsqu’on est d'accord de s'ouvrir aux autres.
Pas d’homophobie ni pas de racisme, rien que trois jeunes gars qui se découvrent au-delà des apparences!

Merci Louklouk pour ce joli récit.

Je t'embrasse!
Philou