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Je suis différent... - Nostalgique - 11-05-2021

Voici un nouveau récit dont je ne connais ni le milieu ni la fin ! Je laisse courir mon imagination en espérant que vous vous divertirez à sa lecture !


Je suis différent…

Aussi loin que je remonte dans ma petite enfance, j'ai toujours su ou, tout du moins pressenti que j'étais différent des autres. Toutefois n'allez pas croire que j'avais des idées sur ma sexualité, c'était vraiment le dernier de mes soucis même si, paraît-il, je jouais avec un plaisir indécent avec mon minuscule zizi. Ne tirez pas non plus des conclusions prévisionnelles sur ce que pourrait être ma future orientation sexuelle car, à l'heure où je rédige ces lignes, je n'en ai encore aucune idée !

Ce que je sais car on me l'a raconté, c'est que dès mes premiers jours sur cette bonne vieille Terre, la musique avait le don de me clore le bec, je me taisais immédiatement. Ce n'était cependant pas n'importe quelle musique, il fallait absolument que ce soit de la musique religieuse, du Beethoven de préférence et, idéalement, la Missa Solemnis. N'exagérons pas, je tolérais le Requiem de Fauré et celui de Verdi. Aujourd'hui encore, j'ai une prédilection marquée pour ces trois œuvres. Petit à petit, les semaines et les mois passant, j'avais, toujours selon ma mère, élargi mon catalogue.

Ma toute petite enfance, je ne vous la raconterai pas car, honnêtement, je n'en ai aucun souvenir mais, selon la tradition familiale j'étais un enfant très calme, très sage et j'avais une passion pour les livres, quels qu'ils soient : c'est ainsi que j'ai dévoré au sens strict du mot "La Ville dont le prince est un enfant". Quelques années plus tard, j'ai redévoré cet ouvrage, c'était une autre édition car la première avait été réduite par mes soins en petits morceaux, et je me souviens que j'avais été impressionné par la relation entre le petit Serge Souplier et André Sevrais, le grand et j'avais été scandalisé des punitions infligées par l'Abbé de Pradts car je ne voyais aucun mal à l'amitié entre les deux garçons. Je devais avoir une douzaine d'années, je ne connaissais alors pas la sexualité et évidemment j'ignorais les expériences que celle-ci pouvait enclencher…

Très rapidement j'ai compris mais sans réaliser tout ce que cela pouvait impliquer, que j'étais le petit dernier, celui que vraiment personne n'attendait : mon frère aîné avait vingt-quatre ans, les jumeaux, fille et garçon, avaient vingt-et-un ans. À dire vrai et je les comprends, il ne se sont jamais véritablement occupés de moi et pour moi c'étaient des électrons libres qui apparaissaient de temps à autres pour disparaître durant de longues périodes. Mais quand ils étaient présents, ils étaient charmants avec moi et me faisaient régulièrement de beaux cadeaux.

J'étais encore différent en ce sens que je me suffisais à moi-même. Je n'avais que peu d'amis et s'ils me conviaient à leurs jeux, je venais volontiers mais il ne me serait jamais venu à l'idée de venir à eux. Il me semblait que la lecture était beaucoup plus intéressante que leurs amusements souvent brutaux.
C'est ma mère qui s'est beaucoup occupée de moi, comme si elle avait le pressentiment qu'il fallait qu'elle se hâte de m'instruire, de profiter de ces années où, enfant facile et docile, je ne la fatiguais pas trop. Mon père, s'il subvenait aux besoins de ma mère et même de manière très généreuse, avait disparu quelques jours après ma naissance après avoir déclaré qu'il n'avait aucune envie de repouponner, qu'il avait fait son devoir avec les trois grands mais que moi, Matthias car tel est mon prénom, j'étais vraiment de trop. Il avait attendu que je vienne au monde, avait accompli toutes les démarches nécessaires, y-compris celle de me déclarer à l'état-civil. Encore un point donc où j'étais différent : je n'avais pas de père.

Scolairement parlant, je n'avais aucun problème, j'étais brillant comprenant tout dès la première explication. En entrant en classe enfantine, je lisais déjà très convenablement car ce qui m'intéressait dans mes livres ce n'étaient pas les images mais le texte. Je harcelais ma pauvre mère en la questionnant sur le sens de presque tous les mots d'un récit de sorte que très vite elle m'a enseigné non l'alphabet car je connaissais toutes les lettres mais véritablement à lire. Pendant ma première année d'école, je m'ennuyais à mourir de sorte qu'on m'a fait sauter une classe et, deux ans plus tard, rebelotte ! En entrant au Collège, j'avais dix ans alors que mes camarades en avaient au minimum douze. Je n'avais aucune peine à tenir mon rang, mais il est évident que socialement je naviguais un peu à vue et au bon sens : cela marchait assez souvent mais je me suis parfois trouvé dans des situations qui me dépassaient.

La sexualité était l'un des sujets où je n'étais vraiment pas à la hauteur, cela ne m'intéressait pas et pourtant je n'étais pas totalement ignorant de ces choses qui semblaient passionner mes camarades qui, je le rappelle avait deux à trois ans de plus que moi. Mes connaissances à ce sujet me venaient des livres que je dévorais ; J'aimais énormément les romans historiques dans lesquels il y avait parfois des aventures qui me laissaient perplexes, notamment lorsqu'on évoquait la sodomie. Curieux de nature et par nécessité, j'avais ouvert le dictionnaire et la définition me rendait encore plus perplexe sans véritablement m'éclairer : "Pour un homme, pratique du coït anal avec un homme". Le mot qui suivait immédiatement était plus expressif et dans un langage plus populaire "vulg. enculer". Je n'étais guère plus avancé et je fis une ultime tentative en allant consulter l'article "enculer" :  "vulg. Sodomiser". Je me souviens très bien avoir ri et m'être fait la réflexion que leurs explications, c'était vraiment le chat qui se mord la queue ! : ce n'est que plus tard que j'ai réalisé l'ironie et la justesse de cette réflexion !

Dans ma classe de première année j'étais curieusement très bien accepté, personne ne se moquait méchamment de moi et j'avais bien sûr des surnoms relatifs à mon âge, le plus courant étant "le môme", mais en même temps ils avaient un certain respect devant mes connaissances étendues et surtout ma très grande capacité de compréhension et de concentration. Il n'était vraiment pas rare que l'un ou l'autre vienne me consulter pour avoir une explication sur un sujet un peu ardu et comme j'étais foncièrement gentil, c'était avec plaisir que je leur fournissais les renseignements souhaités mais vus non pas sous l'angle du professeur mais de celui de l'élève que nous étions tous.

Avant de vous narrer l'incident qui va suivre, sachez juste que j'étais assez beau garçon avec des cheveux châtains plus souvent en désordre qu'avec une belle raie, des yeux qui avaient tendance à tirer sur le vert, une taille assez fine d'environ 175 cm. Ah oui ! j'oublie un jour, un garçon m'a juste dit que j'avais un beau visage avec des lèvres charnues. J'avais ri, probablement un peu bêtement mais je ne pense pas avoir rougi et pourquoi aurais-je rougi, je vous le demande ?

Or donc, un jour Mario me demanda si je pouvais régulièrement, après le cours de math, lui réexpliquer tout ce que le professeur nous avait présenté, qu'il avait constaté qu'avec moi, tout était tellement plus clair et donc facile. J'acceptais d'autant plus volontiers que j'étais déjà dans une phase avancée de la maladie de ma mère qui se trouvait de plus en plus fréquemment à l'hôpital et que je me trouvais donc souvent seul dans notre grand appartement. Certes, mon frère Boris, l'aîné, venait me voir, me tenir compagnie et je dois dire qu'il s'occupait de plus en plus de moi, avec une extrême gentillesse et beaucoup de tact. J'acceptais la proposition de Mario et il fut décidé qu'il viendrait régulièrement une fois par semaine et, lorsqu'un test était en vue, une deuxième fois pour une préparation plus spécifique. Mario avait eu des problèmes avec le français lorsque ses parents avaient déménagé ce qui lui avait fait perdre une année et il avait eu une maladie qui l'avait éloigné des cours. Entre temps il était totalement guéri, c'était un excellent sportif, basket et natation, un garçon joyeux et charmeur que tout le monde aimait bien.

Ma sauvagerie naturelle fit un pas en arrière car j'étais flatté que "le grand" m'ait choisi pour l'aider. Nous étions régulièrement assis à mon grand bureau pour profiter au mieux de l'ordinateur que Boris m'avait offert et qui était un excellent instrument de travail. À un moment donné, j'ai réalisé que sa jambe était collée contre la mienne, que cela ne me dérangeait en aucune manière je trouvais même ce transfert de chaleur assez agréable, sans plus.

Un soir où les nouvelles de ma mère étaient alarmantes, je lui ai demandé de rester pour le repas du soir même si ce ne serait pas un festin. Il accepta très volontiers et parut très affecté de cette période difficile que je traversais. Il passa son bras sur mes épaules, je me laissais aller et je me mis à pleurer silencieusement, la tête dans le creux de son épaule. Ce n'est que lorsque mes larmes commencèrent à mouiller son cou qu'il me serra contre lui avec beaucoup de tendresse. Le repas était achevé, assis dans le canapé du salon, je me sentais bien, dans un état qui ne m'était pas habituel sans que je puisse préciser le pourquoi de cette sensation. Je me souviens simplement que sa main me caressait le bas du dos, très lentement et que pour la première fois j'ai ressenti un mouvement dans mon boxer, comme si mon sexe durcissait : ce n'était pas désagréable mais je trouvais cela dérangeant et je m'empressais de remettre de l'ordre dans ma culotte, sans aucune gêne, ce qui fit sourire Mario. "Ca va" me demanda-t-il ? et ma réponse fut "aucun problème mais il y avait du désordre dans mon boxer et cela me gênait". Je vois encore Mario esquisser un léger sourire et ajouter "Eh oui, cela commence comme ça !".

Et Mario est rentré chez lui, me laissant seul, je pensais soudain à Serge et André de la "Ville dont…" Je me suis couché, mon sexe était à nouveau un peu développé, je me suis caressé et ce n'était pas désagréable, au contraire. Je m'endormis rapidement, sans problème. Il va falloir que j'en parle à Boris et que je relise le livre de Montherlant.








Re : Je suis différent... - bech - 11-05-2021

Encore un début de texte sympa. Par certains aspects, je me reconnais dans la personnalité de Matthias.

Par contre pour l'âge d'entrée au collège, je ne sais pas si la Suisse est différente des pays francophones proches, mais en France, on rentre en sixième (au collège) l'année de ses 11 ans, que ceux qui sont nés en fin d'année n'ont pas encore au mois de septembre. Donc un élève de 10 ans n'a pas forcément une (et encore moins deux) années d'avance.

(11-05-2021, 03:09 PM)Nostalgique link a écrit : (...) notamment lorsqu'on évoquait la sodomie. Curieux de nature et par nécessité, j'avais ouvert le dictionnaire et la définition me rendait encore plus perplexe sans véritablement m'éclairer : "Pour un homme, pratique du coït anal avec un homme". Le mot qui suivait immédiatement était plus expressif et dans un langage plus populaire "vulg. enculer".
Je n'étais guère plus avancé et je fis une ultime tentative en allant consulter l'article "enculer" :  "vulg. Sodomiser". Je me souviens très bien avoir ri et m'être fait la réflexion que leurs explications, c'était vraiment le chat qui se mord la queue ! : ce n'est que plus tard que j'ai réalisé l'ironie et la justesse de cette réflexion !

Ce passage m'a bien fait rire. Dans la pratique un dictionnaire évite ce genre de référence croisées.


Re : Je suis différent... - Philou0033 - 11-05-2021

Bonjour [member=146]Nostalgique[/member] !
Merci pour ce beau moment de lecture.
C'est pas mal ce récit dans un sens, cela permet de voir le début des premiers "émois" naissants chez un garçon de 10 ou 12 ans.
Merci.
Bien à toi.
Je t'embrasse!
Philou


Re : Je suis différent... - Lange128 - 11-05-2021

Merci [member=146]Nostalgique[/member] pour ce nouveau récit.

Biographie réelle ? Biographie imaginaire ? Probablement un mélange des deux.

J’ai aussi retrouvé quelques éléments communs avec ma propre enfance, par exemple apprendre les lettres très jeune, sauter une année scolaire, explorer le dictionnaire pour trouver des mots « savants », j’avais découvert « prépuce » et « verge » à partir de « circoncision ».

Pour répondre à [member=27]bech[/member], l'organisation scolaire en Suisse est différent dans chaque canton. De mon temps, à la fin des années 1960 dans le canton de Vaud, on entrait au collège à 10 ans après avoir passé un examen. Comme j’avais sauté une année, je n’aurais eu que 9 ans et ma mère m’avait trouvé trop jeune, j’avais donc fait une année de plus en primaire. On pouvait d’ailleurs y rester jusqu’à 16 ans, tous les élèves n’allaient pas au collège.


Re : Je suis différent... - Nostalgique - 11-05-2021

Bonsoir ami Lange !
Nous ne sommes pas de la même génération (heureusement pour toi !) mais malgré tout un peu de la même époque : ce n'est donc pas tout-à-fait surprenant que l'on trouve des éléments communs dans nos récits réciproques.
Biographie réelle ou imaginaire ? Lorsque j'ai eu l'idée de ce récit, j'avais véritablement l'intention d'écrire quelque chose de totalement imaginaire et c'est bien le cas du début. Mais au fur et à mesure que je rédigeais (et j'écris absolument spontanément, sans pratiquement aucune retouche - sauf celles bien nécessaires de mon correcteur orthographique ) j'a réalisé que je glissais inconsciemment des éléments personnels ou provenant d'amis très (très) proches et je pense que cette tendance pourrait s'accentuer dans la suite du récit - que je ne conçois pas encore vraiment mais cela viendra, je me connais ! Donc, imaginaire ou réel ? Je crois que je vais y mettre beaucoup de moi-même.
Merci à vous tous qui me faites le plaisir de me suivre, je ne m'y attendais pas.
Nostalgique



Re : Je suis différent... - emmanolife - 12-05-2021

Bonjour Nostalgique.

J'aime bien ce début d'histoire qui ne fait pas du tout moderne (on ne raconte plus tellement  la vie du héros depuis sa naissance, de nos jours, on commence plutôt au cœur de l'action), mais c'est tout-à-fait cohérent avec ton nom !

Il y a peut-être un côté un peu hypocrite dans ton texte, quand tu dis au 3ème paragraphe : Ne tirez pas non plus des conclusions prévisionnelles sur ce que pourrait être ma future orientation sexuelle car, à l'heure où je rédige ces lignes, je n'en ai encore aucune idée !.

En fait, vu la fin du chapitre, on n'a plus guère de doute : ce n'est pas avec une fille que le héros sera dépucelé !



Re : Je suis différent... - Nostalgique - 31-05-2021

Cela repart pour une nouvelle suite de ce récit qui démarre tranquillement mais qui, au fil des pages, s'animera certainement...


Mario, je l'ai dit, avait beaucoup de charme auprès de mes condisciples, filles ou garçons, les premières le flattant de toutes les manières possibles pour attirer son attention et les seconds pour espérer être remarqués dans les diverses épreuves sportives où il excellait. Pour ma part, les mimiques des filles me faisaient plus tôt rire et je les trouvais même parfois un peu ridicules. Je comprenais beaucoup mieux les manœuvres des garçons car il était dans l'intérêt de chacun de profiter des conseils et de l'exemple qu'il donnait en matière d'assiduité dans les divers entraînements. Au fond, je ne faisais ni partie des admiratrices ni de mes copains sportifs. Encore une fois, j'étais différent !
Il faut dire que je me considérais un peu comme faisant partie d'une catégorie particulière, celle du travail scolaire dont j'étais le seul membre, ce qui évitait toute compétition. Mario était, je crois, conscient de la position dans laquelle il me confinait car il avait une manière bien à lui de me protéger si d'aventure des étudiants des classes parallèles commençaient à se moquer de moi avec des arrière-pensées qui ne m'effleuraient même pas mais qui le choquaient facilement. J'étais un peu sa chasse gardée et j'appréciais ce privilège mais sans en tirer aucun profit personnel.

Mes répétitions semblaient lui être profitables car ses notes s'amélioraient régulièrement au point que je fus officiellement invité par ses parents pour un repas un vendredi soir, invitation que j'acceptais sans aucune hésitation. Il habitait dans un quartier simple, au troisième étage d'un immeuble banal, dans un petit appartement modeste mais bien arrangé de trois pièces dont l'une était celle de Mario. C'était la plus grande car ses parents voulaient qu'il soit bien installé et puisse profiter de tous le nécessaire auquel aspirent aujourd'hui les jeunes de son âge. Son père et sa mère travaillaient tous les deux, ils n'étaient pas riches mais parvenaient à vivre convenablement et j'ai eu l'impression qu'ils se sacrifiaient entièrement pour le bien-être de leur fils unique. Mario était du reste d'une extrême gentillesse avec eux, très tactile ce qui ne me surprenait pas car j'avais déjà remarqué cette qualité chez mon ami. La famille venait des Pouilles, dans le sud de l'Italie, une région où l'art culinaire est presque une religion. Le repas fut donc parfait, je me régalais sans réserve, j'eus même droit à un verre de vin rouge à la couleur très foncée, très fort mais je ne peux pas dire que je l'appréciais vraiment, c'était je crois le premier alcool que je buvais aussi j'eus toutes les peines du monde à cacher le fait que j'avais la tête qui me tournait un peu !
La soirée avait passé très vite et je m'aperçus soudain qu'il était près de minuit et donc grand temps que je rentre chez moi. Mais tant les parents que Mario lui-même décrétèrent qu'il était hors de question que je rentre seul , que je risquais de faire de mauvaises rencontres, je pourrais avoir un accident et c'est tout le répertoire de la mama italienne qui défila. Mario avait un scooter, on me passa un casque et après une brève discussion en italien avec son père, on se mit en route. Je n'étais qu'à moitié rassuré car c'était la première fois que je montais sur un tel engin et mon ami m'avait bien recommandé de me coller à lui ce que je fis avec une grande discipline. Comme lors de cette soirée où j'avais demandé à Mario de rester dîner avec moi, je ressentais ce même sentiment étrange dans mon bas-ventre, sans que je puisse m'expliquer sa cause. Contrairement à la dernière fois où j'avais trouvé que ce n'était pas véritablement désagréable mais seulement dérangeant, cette fois, sur le siège arrière, j'appréciais ce ressenti.

En quelques minutes nous étions au pied de mon immeuble et Mario insista pour m'accompagner jusqu'à mon étage, on ne sait jamais. Sur le seuil de porte, je ne pus m'empêcher de lui proposer un verre de coca qu'il s'empressa d'accepter. Je mis de la musique, pas du classique quand même, et nous nous installâmes sur le divan du salon. J'avais proposé d'aller dans ma chambre mais Mario protesta qu'il n'était pas là pour travailler mais pour prolonger ce moment que nous avions passé ensemble durant cette soirée.
Il me semble que j'avais repris un deuxième verre de vin pendant le repas et donc j'étais légèrement dans les vaps. J'avais sans vraiment réalisé ce que je faisais passé mon bras sur les épaules de mon camarade, ma tête reposait sur le creux de son épaule et je me laissais aller à une certaine torpeur qu'accentuait l'heure tardive de cette longue soirée : au fond je n'avais qu'une envie, celle d'aller me coucher et dormir mais je souhaitais également prolonger ce contact entre Mario et moi. Comme la dernière fois, sa main me caressait doucement le bas du dos, non plus  sur ma chemise mais directement sur l'espace de peau laissé libre au-dessus de l'élastique de mon slip. La différence était énorme, je ne pus réprimer un bref frisson, de bien-être ou de crainte je ne sais pas. À un moment donné, j'ai eu l'impression que sa main s'était très légèrement égarée sous le haut de la ceinture, à la hauteur de la partie supérieure de ma fesse. J'ai eu un nouveau frisson. J'ai regardé Mario et j'ai vu qu'il avait les yeux mi-clos, qu'il souriait de ce sourire qui faisait courir les filles et qu'il avait l'air d'apprécier ce moment. Sa main ne bougeait plus, elle ne descendait pas plus bas, qu'aurait-elle pu y faire ? Soudain il s'est secoué et s'est levé brutalement, la magie du moment était rompue, j'étais à la fois un peu frustré et en même temps soulagé, sans savoir pourquoi. En partant, il m'a rapidement embrassé sur la joue. J'ai aimé mais j'étais surtout soulagé qu'il s'arrête.

C'est fou comme le temps passe vite. Quelques mois après le repas chez Mario, ma mère nous a quittés, me laissant pendant quelques semaines totalement désemparé. Boris me proposait de venir habiter chez lui mais je me rendais bien compte que la différence d'âge n'était pas propice à cette idée qu'il avait généreusement suggérée. Surtout je commençais à voir plus clair dans les relations humaines et ma présence chez mon frère serait gênante vu le nombre de jeunes femmes, et même d'amis, qui défilaient chez lui, notamment les weekends. Finalement ce furent les jumeaux qui trouvèrent la solution en vendant cet immense appartement où toute la famille avait vécu pour m'en acheter un nouveau, plus petit mais plus moderne. J'ai émis deux exigences, que mon nouveau domicile soit situé dans le même quartier et qu'il me convienne vraiment, en particulier qu'il dispose d'une belle terrasse. Après quelques mois, nous avons trouvé, ou plus tôt j'ai trouvé exactement ce que je souhaitais, un vaste salon qui s'ouvrait sur une belle terrasse, trois chambres à coucher dont une vraiment grande et une autre minuscule. Une cuisine américaine parfaitement agencée et une somptueuse douche italienne complétaient le tout. L'appartement était neuf, j'étais le premier à y habiter et le propriétaire était un collègue de travail de Boris qui ferma un peu les yeux sur le problème de mon âge, même si lentement j'approchais de mes seize ans. Mario qui m'avait beaucoup secondé dans mes recherches approuvait totalement le choix que la fratrie avait fait et il était enthousiaste avec la salle de bain et la terrasse. J'avais craint qu'il ne soit un peu jaloux de ce bel appartement pour un gamin comme moi, mais non il paraissait très heureux de cette situation.

Nous avons bien sûr pendu la crémaillère et pour ce faire j'avais invité mes meilleurs camarades de classe qui, je le rappelle avaient au minimum deux ans de plus que moi. J'étais très content car tous avaient accepté l'invitation de celui qu'il continuait à appeler le môme et en même temps je n'étais pas vraiment rassuré d'avoir tous ces grands garçons qui s'intéressaient à de multiples choses qui me laissaient pour la plus part indifférent, comme les filles bien sûr, un ou deux parlaient de garçons mais là je n'y comprenais vraiment rien, de fêtes et d'alcool. Chez Mario j'avais réalisé que les boissons alcoolisées pouvaient être dangereuses aussi j'ai demandé à Boris de bien vouloir participer à ma réception ce qui me tranquilliserait et il accepta bien volontiers. Je crois que les jumeaux seraient volontiers venus mais, depuis l'ouest de la France où ils demeuraient c'était malgré tout un peu loin pour une soirée !
Nous avions bien fait les choses car Boris tenait à ce que tous ces grands garçons et filles repartent avec une bonne impression nonobstant la composition un peu curieuse de ma famille, plus de parents, un frère qui avait 25 ans de plus que moi et moi le môme qui habitait un très bel appartement pour lui tout seul. Nous étions une vingtaine de jeunes souvent assez délurés, tout au moins de mon point de vue. Il y avait un joli buffet bien garni, de la bière, du vin rouge et blanc et une seul bouteille de rhum. Mario avait installé la sono, les supports étaient prêts et lorsque les premiers arrivants se présentèrent vers dix-neuf heures, tout était installé pour que la fête, ma toute première fête fut un succès. Chacun apporta un petit cadeau selon ses moyens mais Denis, le responsable de classe, m'offrit au nom de tous une enveloppe. Suspens avec un sourire amusé de tous mes amis, j'ouvre l'enveloppe et c'est un bon pour une soirée, non une nuit avec… une Escort girl ! Je ne sais pas la signification exacte de Escort girl mais il y avait quelques dessins très significatifs. Denis est du genre brut épaisse mais il a un caractère en or et ne ferait jamais de mal à une mouche. Il réalise ma gêne et mon trouble de sorte qu'il précise immédiatement que ce bon est valable pendant deux ans et que je n'ai pas besoin d'en faire un usage immédiat. J'apprendrai dans la soirée que cette idée est venue de Boris et Mario qui tous les deux s'inquiètent de mon ignorance dans le domaine du sexe et qu'une expérience pratique ne pourrait que m'être profitable et m'ouvrir de nouvelles et enrichissantes perspectives. Ce qui entre autres choses me laisse un peu perplexe, c'est que dans le prospectus qui est joint au bon, je vois une femme certes mais également un homme. Cela signifie-t-il que j'aurais les deux ou que je devrais choisir entre les deux options ? Je suis certes ignorant de ces choses mais pas complètement stupide car j'ai bien remarqué que depuis un certain temps, Mario devient de plus en plus tactile avec moi et je commence à comprendre que le sexe peut ne pas être qu'une affaire entre un homme et une femme mais également entre deux hommes. Cette dernière hypothèse me choque profondément et j'ai déjà à deux trois reprises gentiment mais fermement repoussé Mario pour qu'il ne m'envahisse pas trop. C'est ma raison qui m'incite à ce geste de rejet car au fond de moi je trouve cette relative promiscuité assez agréable. Encore une fois, je me sens différent des autres car je ne partage pas vraiment le ressenti de mes congénères.

L'après-fête a été tranquille avec une météo assez changeante jusqu'à mi-mai, date à partir de laquelle le temps a véritablement viré à l'été, la chaleur et le soleil sont régulièrement de la partie, les piscines se remplissent, les corps ont tendance à se dénuder afin de jouir des effets bénéfiques des rayons solaires. Mon appartement se révèle extrêmement agréable et, étant situé au dernier étage, je pouvais profiter pleinement de ma belle terrasse. Un de mes camarades de collège, Adrien, m'avait fait une fois la remarque que je devais sans problème pouvoir faire du bronzage intégral et qu'il m'enviait car lui et sa famille étaient des adeptes du naturisme. Bien entendu, je n'avais qu'une très vague idée de ce que signifiait le naturisme mais, grâce à Internet dont je découvrais la source infinie de renseignements les plus divers, je compris que cela signifiait s'exposer au soleil dans le plus simple appareil, c'est-à-dire nu, complètement nu sans même un slip. Curieux comme toujours, j'ai creusé cette information et j'ai constaté que ce n'était ni décadent ou choquant mais tout simplement un mode de vie pour vivre en harmonie avec la nature.
Cette idée me plaisait assez aussi, par un bel après-midi, je me décidais de tenter l'expérience. D'abord j'inspectais les toits environnants et constatais que, mis à part une lucarne dans un toit, personne ne pourrait m'observer. Avec prudence, j'enlevais mon T-shirt et me retrouvais torse nu qu'une légère brise venait enrober. La sensation était véritablement agréable et pendant un moment j'allais et venais sur ma terrasse. Les textes que j'avais lus étaient tous sans équivoque, le naturisme se vivait nu. Après quelques hésitations, je me décidais à enlever mon bermuda et je me retrouvais en plein air, pour la première fois en slip, un ravissant petit objet bleu ciel que j'aimais beaucoup, même s'il était devenu un peu juste. Quelques instants plus tard, j'avais franchi le pas, mon sous-vêtement était au sol, mes fesses étaient à l'air libre et mon sexe se balançait librement au gré de mes mouvements, ce que je trouvais amusant. La petite brise n'avait plus aucun obstacle, elle pouvait envelopper l'entier de mon corps, dans ses moindres replis. Je sentais l'air qui s'infiltrait autour de mon entre-jambe, qui enrobait mon sexe et mes testicules en les rafraichissant. La sensation était spéciale et me procurait comme des frissons non de froid mais d'un bien-être, un peu comme ce que je ressentais lorsque Mario essayait de me serrer de trop près. Ce n'était donc pas désagréable, bien au contraire et je fus contraint de constater que mon membre avait une nette tendance à s'afficher à l'horizontale. Je me fis alors la réflexion que, peut-être, j'étais en train de devenir un homme, ou tout au moins un vrai garçon, comme mes copains. Rien que cette idée fit que ma queue, tiens j'utilisais pour la première fois le même terme qu'eux ! n'était plus à l'horizontale mais qu'elle remontait clairement en direction de mon nombril.
J'avais lu qu'il fallait prendre garde aux coups de soleil, aussi je rentrais à l'intérieur. J'avais acheté une crème antisolaire et je m'en enduis copieusement sur tout le corps, particulièrement sur mes organes génitaux car les brûlures sur cette partie du corps étaient parait-il particulièrement douloureuses et gênantes. Alors j'en mis une bonne couche, je l'ai consciencieusement fait pénétrer pour ne pas avoir de surprises désagréables. Tant qu'à faire, j'en ai également mis dans ma raie, on est jamais trop prudent. Quand j'eus terminé, tout mon corps luisait. J'avais une belle érection, je bandais. Pour la première fois, je me sentis proche de mes amis, j'étais un peu moins différent !



Re : Je suis différent... - Philou0033 - 31-05-2021

Bonjour [member=146]Nostalgique[/member] !

Belle suite.
La différence d'âge avec ses condisciples fait que les sujets de discussions ne sont pas le même. Le "môme" est différent.
Le contact avec Mario apporte une sensation de trouble. Les questions fusent alors dans sa tête, il a aimé mais il est content que ça s'arrête.
Puis il se dit que le prospectus propose tant une fille qu'un garçon comme escorte! La question de savoir s'il aime les gars se profile dans sa tête.

Merci pour cette suite et ce bon moment de lecture!

Je t'embrasse!
Philou