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laurentdu51100

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Je vais reprendre ici le livre 4 avec l'aide de mon fidèle correcteur @janou40 qui publiera ici avec un léger décalage ce que je publirai sur "Scribay"

lien vers le livre 4 tome 2: https://forum.slygame.fr/index.php?topic=95.0

pour ceux qui aimeraient lire depuis le début, les livres antérieurs seront disponible sur SCRIBAY mais en version light pour ne pas être censuré, la version originale sera mise ici quand le temps me le permettra (3000 chapitres à remettre en ligne environ)
« Modifié: 27 juillet 2020 par laurentdu51100 »

laurentdu51100

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Livre 3


CHAPITRE 01 : « Shanpaï » « Florian »


Xiao lui explique en quelques mots la visite des deux policiers, Florian l’écoute tout en comprenant bien que ce n’est pas la seule raison.

- Bah !! Rien de vraiment nouveau, si tu me donnais les vraies raisons qui m’ont fait venir à cette heure dans votre chambre on irait beaucoup plus vite !!

Hoshio voit bien les hésitations de son petit ami, il décide alors de prendre le taureau par les cornes pour cette fois avoir du concret et non pas le genre de réponses qu’il a reçu jusqu’à présent et qui lui a fait se poser plus de nouvelles questions qu’autre chose.

- Si tu arrêtais de nous mener en bateau, dis-nous une bonne fois pour toutes quelles sont tes intentions pour la suite !! J’ai bien compris qui tu étais en réalité tout comme le lien qui nous unit, quoiqu’il reste des zones d’ombre à ce sujet !! J’imagine que si tu as voulu nous rencontrer, c’est pour une raison qu’il n’est pas difficile à comprendre, l’éloignement de mon frère en révèle à elle seule déjà une bonne part.
- Si tu as pris ta décision, tu pourrais nous la donner.

Florian reporte son attention sur Xiao le temps de bien voir le souci que ce dernier se fait, revenant ensuite sur son fils en le prenant par les épaules.

- À l’origine, j’étais venu pour régler le problème de votre naissance avec ceux qui s’en sont rendu responsables !! J’étais prêt à faire en sorte de l’empêcher, comment ?? En retournant au moment où ils ont récupéré notre semence et faire en sorte qu’il n’en reste plus aucune trace.
- Mais tu ne l’as pas fait !!
- Chose qui devrait vous rassurer tous autant que vous êtes, Tomoya et Shun sont des garçons attachants, de plus ils ne risquent pas à part au niveau esthétique de modifier quoi que ce soit quant au futur de la Terre.
- Alors que nous… oui !!
- Ce n’était pas tellement de toi que je craignais le plus mais de la puissance mentale de ton frère, depuis j’ai fait en sorte qu’il ait suffisamment de recul pour apprendre à s’affirmer et surtout à mieux se connaître. Son potentiel s’il était resté tel quel, aurait été trop risqué pour l’humanité.
- Mon frère n’était pas quelqu’un capable de faire le moindre mal !!
- Volontairement j’en suis convaincu, mais ses découvertes auraient pu avoir l’effet contraire.
- Comment ça ?
- En étant détournées à des fins malhonnêtes, voire même criminelles !! Une civilisation quelle qu’elle soit doit faire un long parcours d’apprentissage où réussites et erreurs, lui donneront l’expérience et au final, la maturité nécessaire pour atteindre ses objectifs. Toshio était trop en avance intellectuellement, tu comprends ?
- Mais toi aussi tu as amené des changements qui n’auraient dû apparaître que bien plus tard ?
- Je n’ai jamais prétendu le contraire, juste qu’à cette époque je n’étais pas conscient de ce que j’étais et heureusement mes efforts ont surtout porté sur la médecine, la molécule dépolluante était déjà le pas de trop que je n’aurais jamais dû franchir.
- Pourtant ça a permis à la terre entière de mieux respirer.
- Et par là même lui faire perdre d’autres objectifs tout aussi cruciaux qui sinon seraient venus tout naturellement à eux, retardant d’autant les recherches d’autres espaces de vies qui alors se seraient révélés vitaux pour l’humanité.

Xiao cherche à comprendre où son « oncle » veut en venir, alors qu’Hoshio semble suivre sans problème le but de l’explication.

- Par d’autres espaces de vies, tu penses à la colonisation d’autres planètes ?
- Votre soleil un jour s’éteindra, il faudra bien alors que l’homme se donne les moyens et soit prêt à explorer d’autres horizons pour survivre.
- Ce n’est pas encore demain la veille ?
- Comment peux-tu en être aussi sûr ? Cette planète a déjà vu la vie manquer de disparaître à deux reprises, une comète, un astéroïde, une autre forme de vie agressive, les dangers sont au-dessus de vos épaules et plus votre civilisation sera préparée, plus vous pourrez espérer survivre.
- Personne ne voit les choses aussi loin !!
- Sauf quelqu’un comme moi qui a vécu depuis bien avant le commencement.
- Hum… Mouaih… peut-être !! Mais ça ne répond qu’à une partie de nos questions.

Florian relâche son fils en allant s’asseoir sur un des deux lits.

- Tout aurait dû être beaucoup plus simple, je venais me remettre en immersion quelque temps pour apprendre à mieux vous connaître et ensuite prendre la décision qui convenait le mieux, seulement l’arrivée de Xiao a quelque peu chamboulé mon programme.

Il fait un geste de la main pour faire taire Xiao qui allait protester.

- Comme jusqu’à présent je le considérais et d’ailleurs le considère toujours comme un fils, j’ai voulu lui faire plaisir en restant un moment à ses côtés pour qu’il puisse avoir lui aussi des souvenirs de nous deux autres que lors de mes visites au complexe. Rester près de lui au quotidien m’a ouvert encore plus les yeux sur une idée qui me trottait en tête depuis déjà plusieurs années, celle de lui donner la chance de vivre à mes côtés une vie sans fin comme pour Thomas et quelques autres. Je n’irais pas à l’encontre de son choix ni d’ailleurs…

Il fixe cette fois Hoshio.

-… au tien, ou plutôt devrais-je dire, aux vôtres !! Nous aurons une autre occasion d’en discuter quand vous serez tous prêts à me répondre, reste qu’il y a encore plusieurs points à éclaircir qui ont également leur importance mais qui n’ont rien à voir avec vous.
- L’envoi « d’oncle » Damien et « d’oncle » Thomas sur « PENN » ??
- Pas au début mais les circonstances ont changé depuis que « PENN » a été déviée de sa route, rassure-toi c’est sans danger pour tes oncles !! Disons qu’il y a quelque part quelques personnes que je soupçonne d’être malintentionnées. C’est l’un des points qu’il me reste à régler, l’autre s’appelle Alexandre et pourrait bien être lui aussi un mystère de la même espèce que je le suis pour beaucoup, il serait également le jeu de ces gens qui pourraient l’avoir détourné de ce fait de ce à quoi il était destiné.

Xiao voit bien le sourire qu’amène la pensée de cet Alexandre à son « oncle », connaissant suffisamment cette expression pour pouvoir en tirer ses conclusions sans grands risques d’erreur de sa part.

- Mon petit doigt me dit que quelque part tu serais prêt à les remercier ! Hi ! Hi !
- Et ton petit doigt aurait entièrement raison, j’éprouve pour Alexandre des sentiments que je n’avais plus éprouvés pour d’autres que pour ceux que tu connais.
- Ça expliquerait ton manque de discrétion depuis ton arrivée ici et toutes ces visites policières cherchant la vérité.
- Humm !! Je pense plutôt qu’il s’amuse comme un gamin à faire tourner tout le monde en bourrique, dis-le-moi si j’ai tort ?

Florian fait un clin d’œil à son fils qui vient juste d’amener sa version, reconnaissant qu’il a forcé le trait un peu trop et comme le dit si bien Hoshio, avec en prime connu un plaisir enfantin à le faire.

- Je vais faire un peu plus attention à l’avenir, promis !!
- Tu comptes encore rester combien de temps si ce n’est pas trop te demander ?
- Le temps de résoudre ces dernières énigmes et ensuite de voir avec vous pour la suite, selon la décision que vous prendrez de me suivre ou de rester ici sur Terre.

Il sourit aux deux garçons qui le fixent intensément depuis le début de ses explications, hésite de rajouter ce qui lui vient à l’esprit mais c’est avec une moue amusée qu’il laisse quand même filtrer de quoi les faire réfléchir.

- De toute façon ce n’est pas comme si vous n’aviez pas l’éternité pour vous décider, juste qu’il y aura un moment ou certaines choses deviendront perceptibles par d’autres et donc plus compliquées à gérer, si l’option prise est de rester ici bien entendu.

Il se lève sous les regards incrédules des deux garçons qui à l’évidence n’ont pas encore saisi l’allusion.

- À vous de comprendre ! Hi ! Hi ! Je vous laisse cogiter ensemble à mes dernières paroles et d’en comprendre le sens.


CHAPITRE 02 : « Shanpaï » « Xiao »


Florian quitte alors les deux garçons avec juste un petit signe de la main en guise d’au revoir, son sourire rassurant s’efface pourtant dès qu’il se retrouve seul dans le couloir.

C’est la tentation de résoudre le premier problème de façon définitive qui lui a ôté sa bonne humeur, pourtant quelque chose le retient d’avoir à faire un choix aussi extrême et ce quelque chose n’est ni plus ni moins que ce qu’il a vu lors de sa pourtant brève visite de cet univers n’étant pas du moins lui semble-t-il de sa création.

C’est cette indécision qui le bloque ainsi que ces quelques rares planètes surpeuplées qui profitent encore d’une étoile bientôt mourante, marquant d’ici quelques millénaires la fin de toute vie carbonée.

Comme à son habitude, il se parle à lui-même pour mettre ses idées au clair.

« Va falloir que j’y retourne avant de faire quoi que ce soit !! Je ne peux quand même pas sacrifier autant de vies en leur interdisant l’espoir de trouver de quoi survivre, en trouvant un endroit pour s’installer dans notre univers. »

Un petit moment de réflexion avant de repartir d’un bon pas vers sa chambre.

« Par contre la méthode employée n’est pas de celle que je vais accepter. »

***/***

Xiao reste un certain temps à regarder la porte de sa chambre avant de se tourner vers Hoshio le visage soucieux, ce dernier le remarque immédiatement et s’en inquiète aussitôt.

- Quoi encore ?
- Son sourire sonnait faux, tu n’as pas trouvé ?
- Tu le connais mieux que moi, qu’est ce qui te fait dire ça ?
- Une intuition, rien de plus !!
- Bah !! S’il est réellement aussi puissant que ce que j’ai entendu, il devrait vite résoudre son problème !! Si problème il y a !! Par contre tu as compris ses allusions toi ?
- Ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’il m’en parle, il me semble qu’il est drôlement insistant depuis ces derniers temps.

Xiao donne les explications manquantes pour que son chéri comprenne bien le choix qu’ils vont avoir à faire, Hoshio l’écoute sans l’interrompre jusqu’à ce qu’il sente qu’il ait terminé.

- Tu quitterais ta famille et tes amis, du jour au lendemain comme ça ?
- Peut-être qu’au final ce sera sans doute le mieux.
- Pourquoi donc ? Je m’étais imaginé à t’entendre que tu tenais particulièrement à tous ceux du complexe De Bierne, me serais-je trompé ?
- Absolument pas rassure toi !!
- Alors je ne comprends pas ta réaction.
- Quelle réaction ?
- Celle de les laisser tomber pardi !!
- Pose-toi déjà la question de ce que tu ferais toi !!
- Oh !! Moi tu sais… à part mon frère… enfin… mes frères et toi bien sûr, je n’aurai pas grand regret à partir.
- Je te comprends puisque pour les autres tu ne les as jamais réellement fréquentés.
- Alors que toi oui !!
- Justement !! Si j’ai bien compris les allusions « d’oncle Flo », il y a déjà une option qui semble avoir été mise en œuvre. Du coup il semble préférable de couper les ponts rapidement avant de voir nos proches mais surtout qu’eux se voient vieillir sans que nous prenions une ride.

Quand il comprend le sens des paroles de son chéri, Hoshio file directement dans la salle de bains pour se regarder dans la grande glace.

Xiao l’y rejoint et s’amuse de lui en comprenant à quoi il joue.

- C’est sûr que sur quelques heures voire même quelques jours, la différence doit être visible ! Hi ! Hi !
- C’est ça moque toi bien !!

Xiao le voit hésitant.

- Quoi encore ?
- Tu penses que c’est possible ?
- Ton frère en est la preuve il me semble, non ?
- Hum !! Oui… vu comme ça.

Hoshio repense à la réponse de son chéri.

- Peut-être y aurait-il un autre moyen ?
- Je me doute à quoi tu penses mais à mon avis il vaut mieux partir, quitte à revenir de temps en temps, en fait, ce sera plus douloureux pour moi que pour eux. Maintenant il y en a deux qui ne sont sans doute pas encore au courant et j’aimerais être le premier à voir leur tête quand ils le seront ! Hi ! Hi !
- Tes parents ?
- Hum !! Non… je pense qu’ils s’attendent déjà plus ou moins depuis quelque temps à ce que je suive mon « oncle ».
- Qui d’autre alors ?
- Deux comme nous si tu veux tout savoir !! En plus d’être mes deux meilleurs amis, ils sont aussi très importants pour « oncle Flo ». Autant que je pense l’être !!
- Ça commence à faire du monde, pas sûr que tout le monde apprécie ce qu’il s’apprête à faire.
- C’est bien pour ça qu’il nous demande notre avis.
- En faisant déjà en sorte que nous ne puissions plus reculer !! De toute façon qui refuserait une offre pareille ? Je te le demande un peu. Quoique quitte à le faire j’aurais préféré qu’il attende quelques années, histoire de prendre un peu de maturité.

Xiao hoche la tête en signe qu’il est d’accord, un truc pourtant auquel il n’avait pas encore songé jusque-là lui vient à l’esprit.

- Tu t’en sors bien sur ce coup-là !!
- Pourquoi moi spécialement ?
- Parce que tout te sera étranger donc plus facile à assimiler, de plus tu connais maintenant tes frères et ton père, tu t’y habitueras avant moi et ceux du complexe.
- Je ne vois pas où tu veux en venir ?
- Nous allons retrouver nous aussi nos parents là-bas ou tout du moins ceux qui ont leur apparence, le hic c’est qu’ils auront notre âge à quelques années près !!

Hoshio reste songeur un long moment avant de prendre le parti d’en sourire, comprenant bien toutefois l’inquiétude de son petit ami.

- C’est sûr que ça va grave jeter quand tu vas les appeler papa et maman, pas certain qu’eux apprécient vraiment. De toute façon ce ne seront pas tes vrais parents, donc tu n’as pas à te préoccuper pour eux. En plus ils seront fiers de voir comment aurait été leur fils, beau, intelligent, qui a du goût pour les belles choses…
- Là tu parles de toi ! Hi ! Hi !
- Pourquoi ? Ce n’est pas vrai peut-être ?
- Si ! Hi ! Hi !
- Alors je ne vois pas pourquoi ça prête à rire ?

Xiao lâche les chevaux sans se retenir d’un énorme fou rire, pour ensuite pouvoir placer de nouveau des paroles compréhensibles.

- Je vais finir par me vexer !!
- Je ne pensais pas à nous deux ! Hi ! Hi ! Mais aux parents de Nicolas ! Hi ! Hi ! Tout du moins à ceux de l’Imperium qui auraient pu l’être.
- Hum !! Je ne sais pas pourquoi mais je l’aime déjà beaucoup ton Nicolas, j’imagine qu’il a lui aussi quelques dons qui font qu’on le remarque ?
- Oh oui et un en particulier !! C’est la propension qu’il a à additionner les conneries ! Hi ! Hi !
- J’imagine qu’il ne devait pas être le seul ?
- Tu imagines bien, son chéri n’est pas le dernier lui non plus.
- Et pas toi peut-être ?
- Heu… J’ai le droit à un joker ?





« Modifié: 23 juillet 2020 par laurentdu51100 »

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CHAPITRE 03 : « Quelque part ailleurs » « Les cinq »


Le silence de la grande salle laisserait à penser qu’elle est vide, pourtant ils sont bien là tous les cinq, immobiles comme le seraient des statues.

Aucun d’entre eux n’a fait un geste ou émis un son depuis qu’ils ont ressenti la présence de cette âme à la puissance encore inconnue pour eux à ce jour.

Bien sûr ils sont conscients de ne plus avoir les capacités de leur jeunesse, où chacun à cette époque vivait sa propre vie sans se soucier de la présence encore ignorée des autres.

Leur univers était alors tellement vaste et riche de systèmes stellaires où la vie commençait à apparaître, qu’ils n’éprouvaient pas encore le besoin d’explorer toute son immensité.

Pourtant petit à petit après un temps incommensurable, force a été de constater le vieillissement de tout ce qui les entoure et chercher de ce fait d’autres mondes plus jeunes pour y perpétuer leur civilisation, celle-ci à l’encontre d’autres restants étrangement organiques.

La peur sans doute de perdre les sens qui durant toute une vie leur ont apporté bonheur et joie de vivre, toujours est-il que le constat s’est fait de lui-même, leur univers n’aurait un jour plus les aptitudes à préserver la vie telle qu’ils la définissent.

L’évolution aidant, ils surent de mieux en mieux protéger leurs corps et finirent même pour certains d’entre eux, les plus puissants de leurs races, à les rendre quasiment immortels.

C’est ainsi qu’un jour déjà bien lointain, ils ont eu à se faire une guerre sans merci qui aboutit au final à l’extinction de leurs espèces réciproques et seul une lueur de bon sens a fait qu’une sorte de trêve ait lieu, jusqu’à aboutir à ce qu’ils sont devenus.

Les cinq vécurent ainsi durant des millénaires au sommet de la chaîne alimentaire et de leur puissance, sacrifiant nombre de vies pour en sauvegarder quelques-unes pouvant les servir.

Pourtant force a été de constater que leur univers si riche était arrivé à un tournant, tournant qui inéluctablement amènerait à la fin de toute vie.

Ils auraient subi avec fatalité cette fin alors encore lointaine mais inexorablement programmée, s’il n’était pas arrivé à leur connaissance deux nouveaux facteurs qui amenèrent une lueur d’espoir pour la survie de quelques-uns.

La première venant d’un « trou de ver » communément appelé ainsi par tous les différents peuples ayant réussi à passer le cap des voyages spatiaux et que d’autres appelèrent également « vortex », les explorateurs les plus téméraires se lancèrent à l’intérieur sans jamais en revenir.

Jusqu’à la première réapparition un millénaire environ plus tôt, l’équipage rendu à moitié fou par la double traversée n’en a pas moins témoigné d’un autre univers existant de l’autre côté.

Vint ensuite l’histoire d’un dieu appelé « unique » qui se serait lui-même puni en laissant sa création dans les mains d’espèces cruelles tyrannisant les populations des mondes connus.

Bien entendu les cinq envoyèrent des observateurs en leur accordant une partie de leurs vastes pouvoirs et c’est ainsi que durant les mille années standards qui suivirent, rien de concret ne vint apporter de l’eau à leur moulin.

Beaucoup ne revinrent jamais et ils commencèrent à perdre espoir quand le deuxième facteur apparu, une équipe revenant d’exploration d’un autre vortex avec un jeune humain inconscient.

Cette dernière amena une lueur d’espoir et ils commencèrent à mettre en œuvre un plan de conquête de nouvel univers, ne serait-ce le témoignage d’une deuxième équipe qui les ramena à leur première recherche en revenant elle aussi d’un vortex connu semblant stabilisé et en annonçant avec une certaine fierté, avoir enfin découvert le lieu d’exil de cet « unique » duquel ils n’avaient plus eu de nouvelles depuis ces mille ans passés à sa recherche.

Les cinq voulurent au départ plutôt privilégier l’univers d’où était issu l’inconnu, ce dernier d’après ses propres souvenirs venant d’un système pré-spatial qu’il serait beaucoup plus facile d’amener sous leur coupe que celui à l’apogée de son histoire d’où viendrait ce fameux « unique ».

Hélas le « trou de ver » s’était refermé, aussi était-il devenu impossible de retrouver le chemin menant à la galaxie dont il était issu.

Le garçon révéla des dons qui pourtant les marquèrent beaucoup et tellement même, qu’ils s’empressèrent de les lui faire oublier en effaçant tout simplement une partie de sa mémoire, ne gardant que le nécessaire vital pour pouvoir l’employer à l’idée qu’ils ont eue pour lui.

L’attrait certain du jeune homme pour les espèces de type humanoïde, leur donna l’idée de s’en servir comme appât au cas où le premier plan qu’ils avaient conçu capoterait.

Ils effacèrent une nouvelle fois son esprit en ne lui laissant qu’une culture de base, l’équipe renvoyée à la recherche de « l’unique » l’emmenant avec eux jusqu’au dernier endroit où ce dernier avait été vu.

Ils le laissèrent avec une fausse identité à poursuivre des études dans le but d’attendre l’occasion de servir les cinq, idée pour le moins subtile vu les derniers événements qui les ont vus se faire lamentablement découvrir.

Tous arrivent à peu près au même point de leurs pensées, quand l’un d’entre eux en fait la synthèse en sortant de sa léthargie.

- La puissance de cet être est sans commune mesure avec ce que nous n’avons jamais connu au plus fort de la nôtre réunie !!
- Il a passé nos barrières comme si elles n’existaient pas !! Que nous reste-t-il pour nous protéger de lui ?
- Nous n’aurions pas eu à le faire si nous n’avions pas été les premiers à le menacer.
- À quel moment avons-nous fait une telle chose ?
- En détournant ce système artificiel servant à dispenser la vie !!
- Il doit y avoir une autre explication, cette action seule n’a pas pu amener sa venue, de plus son silence ressemblait fort à de la colère difficilement contenue.
- Nous en ignorons la raison.
- Devons-nous utiliser notre dernière carte ou bien retenter des pourparlers avec de nouveaux envoyés ?
- Que savons-nous sur lui ? Quel est…

Les heures passent, longues et répétitives à ressasser des informations qu’ils connaissent pourtant par cœur, jusqu’à ce que finalement un schéma en ressorte qui a l’aval de quatre des cinq.

- Je ne pense pas que ce soit la bonne stratégie, mais je me plie au résultat du vote.
- Redonnons au garçon ce qui lui appartient et observons les réactions de « l’unique » devant ce qu’il est, nous libérerons ensuite une partie de son esprit pour engager les pourparlers.
- Pourquoi acceptera-t-il de nous écouter après notre façon précipitée d’avoir agi contre lui ?
- Parce qu’il évitera ainsi une guerre sans merci !! Nous n’avons plus d’autres choix pour notre survie.
- Pensez-vous être assez puissant depuis ce monde mourant, face à une galaxie formant un empire aussi vaste ?
- Il y a d’autres méthodes que le face-à-face avec des armes de destructions, des méthodes tout aussi efficaces que mortelles mais beaucoup plus insidieuses.
- Es-tu contre nous ou avec nous ?
- J’essaie juste de vous mettre face à l’inéluctable !! Nous ne gagnerons rien en engageant un combat perdu d’avance. Il lui suffira de revenir dans le passé pour effacer toutes traces de notre présence, si telle est sa volonté.
- Ta solution n’est pas meilleure !!
- Elle laisse néanmoins de la place à la compassion, nous… Arrhhh !!

Le cinquième membre place ses mains à sa gorge en essayant vainement de desserrer l’étreinte psychique qui l’étrangle, les quatre unissant leurs forces contre la sienne propre jusqu’à ce qu’il s’affale sans vie sur sa stèle.

- Nous aurions dû faire ça depuis longtemps, il a toujours été contre nos actions dès l’instant où il s’agissait de nous débarrasser de gêneurs.
- J’espère que nous ne regretterons pas notre geste, il était malgré tout source de compromis et de réflexions.
- Concentrons-nous plutôt sur notre plan, les dons du garçon doivent lui être rendus avec pour mission d’amener dans un piège cet « unique ». Un piège dont il ne se sortira jamais et qui nous permettra de conquérir son empire sans coup férir.


 CHAPITRE 04 : « Centre hospitalier De Bierne » « Afrique »


« Milieu de la matinée au centre vétérinaire de l’ancien dispensaire. »

Raphaël termine sa deuxième opération quand le besoin d’une pause se fait ressentir, c’est donc tout naturellement qu'il se dirige vers la salle destinée à cet effet pour se préparer une boisson chaude.

Ce n’est qu’une fois attablé à siroter son breuvage fumant, qu’il revient en pensées à la réunion ayant eu lieu la veille au soir.

D’apprendre qu’Alexandre n’était pas issu de cette planète n’a pas vraiment surpris grand monde, si ce n’est poser une fois de plus un nombre de questions non négligeable sur son origine et le comment du pourquoi de sa présence sur Terre.

Questions bien entendu sans réponses, les allégations données à brûle-pourpoint n’étant pas des plus crédibles qu’il soit.

Un fait important a quand même été soulevé, le mystère de sa naissance l’étant d’autant plus que d’après les deux élus il ne vient pas non plus du nombre impressionnant de systèmes stellaires répertoriés par l’Imperium.

Mickaël a désamorcé la bombe en soulignant qu’ils en étaient encore à explorer des contrées méconnues, voire encore inconnues et qu’il ne fallait pas non plus oublier que « PENN » était toujours en charge d’apporter les éléments nécessaires à la vie dans les galaxies les plus jeunes.

Tout ça ne faisant pas vraiment avancer les choses vers une meilleure compréhension des origines d’Alexandre, Annie proposant de l’interroger directement alors qu’Alan le lui a déconseillé en arguant qu’il était du ressort de l’Imperium de prendre une telle décision.

De ce fait ils se sont tous vu rapidement mener à une impasse, la seule décision en étant réellement ressortie visant une surveillance accentuée du jeune homme, ce qui n’est pas et tant s’en faut, accueilli de bonne grâce par Raphaël, n’appréciant pas qu’une telle position soit prise à l’encontre de son chéri.

Une dernière gorgée suit de près le bruit assez violent de la tasse heurtant le dessus de la table, démontrant bien sa colère contre ce qui pour lui ressemble fort à une conspiration.

Avec Éric ils en ont parlé une fois seuls avant de rejoindre l’appartement, hésitant entre respecter la décision prise ou bien avoir cette discussion franche avec « Alex » en lui dévoilant tout ce qu’ils ont appris aussi bien sur lui que sur les autres affaires.

Raphaël en est là dans ses pensées, quand une ombre vient lui couper la lumière et qu’il relève la tête pour apercevoir Yuan, surpris de le voir au dispensaire alors qu’il n’y met quasiment jamais les pieds.

- « Yu » ?? Tu parles d’une surprise !! Si c’est pour hier, excuse-nous mais après cette réunion on n’avait pas vraiment envie de galipettes, tu comprends ?

La tête de Yuan lui fait bien comprendre qu’il n’était pas venu pour lui faire des reproches.

- Heu !! J’ai dû rater un truc, on n’avait rien prévu pour hier soir, du moins il me semble ou alors je m’en souviendrais !!
- Hein… quoi !! Excuse… c’est sans doute moi qui divague, j’ai la tête à l’envers avec toute cette histoire !!
- Je te comprends… maintenant si tu as envie de galipette je suis preneur ! Hi ! Hi ! Sérieusement !! Je ne suis pas venu pour ça mais ça concerne quand même « Alex », je viens de le croiser et il m’a semblé bizarre, remarque que je me fais sans doute un film du fait de la réunion d’hier.
- Comment ça bizarre ? Tu peux développer ?
- Je ne sais pas trop, il parlait tout seul mais ça ressemblait à une conversation !! Je… enfin… c’était bizarre !!

Raphaël voit bien le trouble sur le visage de son meilleur ami, cherchant un indice qui pourrait lui avoir manqué dans le seul but de le rassurer.

- Ça se passait où exactement ?
- Dehors devant une des cages, là où les animaux attendent d’être tout à fait guéris avant d’être relâchés !!
- Je vois !!

Raphaël se lève en invitant son « boy Friends » à en faire autant.

- Le plus simple est encore d’aller s’assurer que tout va bien en allant lui parler.

***/***

« Zone de convalescence du dispensaire. »

Alexandre est assis à l’écart sur une souche, pas encore remis de la surprise qu’il vient d’avoir avec cette discussion complètement surréaliste avec l’un de leurs pensionnaires.

Tout avait pourtant bien commencé, il faisait sa ronde pour suivre chaque animal et son stade de guérison, notant sur son agenda électronique ceux qui seront bientôt prêts à retrouver la liberté.

Il suivait tout particulièrement ses propres patients, quand l’un d’eux a émis un grognement et que ce dernier a été comme traduit par son esprit, le laissant pétrifié devant l’irrationnel de la situation.

La jeune panthère s’est alors rapprochée de lui en réitérant son grognement, les yeux maintenant fixés dans les siens et comme la première fois, Alexandre en comprend le sens.

- Tu essaies de me parler ?

L’absurdité de la situation fait revenir le grand blond à des choses plus concrètes dont la première consistant à se moquer de lui-même.

Il va pour poursuivre sa visite tout en se secouant la tête pour reprendre ses esprits, quand il entend à nouveau le même leitmotiv.

- Sortir… chasser… nourriture !!!

Alexandre se retourne vivement en pensant en premier lieu qu’il est encore une fois sujet à l’une des plaisanteries du jeune Nicolas, pourtant son champ de vision est suffisamment dégagé pour que cette idée perde vite de sa vraisemblance.

Son regard se reporte alors vers le jeune mâle qui lui n’a pas bougé, toujours à le fixer avec la même intensité comme s’il s’adressait réellement à lui.

- Bientôt !! D’ici demain ou après-demain je pense !!

Le grognement s’étant cette fois échappé de sa propre bouche laisse Alexandre pantois, portant la main à sa gorge sans comprendre ce qui lui arrive.

Il ne voit donc pas passer Yuan à ce moment-là, ni ce dernier s’arrêter en l’observant avec attention alors qu’une étrange conversation s’engageait avec l’animal.

C’est donc pris dans ses souvenirs et toujours assis sur sa souche, qu’il est rejoint par les deux compères prenant place de chaque côté de lui en lui posant une main sur l’épaule.

- Tu rêves éveillé à une heure pareille ?

Alexandre sursaute, puis sourit en reconnaissant les deux hommes.

- Si je vous raconte ce qui vient de m’arriver, jamais vous ne voudrez me croire, parole les gars !!

Raphaël lui envoie un petit sourire tout en tendresse alors que Yuan ne peut s’empêcher de lui caresser la nuque, éprouvant lui aussi de forts sentiments pour ce jeune homme d’exception.

- Essaie toujours !!

« Modifié: 23 juillet 2020 par laurentdu51100 »

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Florian 18 ans surdoué (livre 4) - tome 3 - Chapitre 5 & 6
« Réponse #3 le: 23 juillet 2020 »
CHAPITRE 05 : « Centre hospitalier De Bierne » « Nicolas »


N’ayant pas cours ce matin-là et n’étant pas non plus de service à la sécurité où il y fait un mi-temps pour payer ses études, Nicolas se promène à l’extérieur du complexe dans la zone où il aime particulièrement se rendre lors de ses balades solitaires.

Son humeur depuis le départ de Xiao est à géométrie variable comme ne cesse de lui répéter Tom, ce qu’il doit bien reconnaître sans se voiler la face.

Xiao après Tom a toujours été tout pour lui et ce depuis leur plus tendre enfance. Devenu adolescent la beauté de son meilleur ami lui a transpercé plus d’une fois le cœur et ne serait-ce l’amour qu’il porte à Tom, il aurait osé se déclarer bien que rien ne laisse présager en Xiao que lui aussi aimerait les garçons.

De l’apprendre lui a porté un coup qui depuis ne cesse de l’amener comme en ce moment dans une sorte de tristesse dépressive dont il n’arrive pas à se défaire malgré les efforts de Tom et la visite de leurs deux amis.

Lui qui ne manquait jamais une occasion pour plaisanter aux dépens bien souvent de personnes n’ayant rien demandé, le voilà de plus en plus souvent à errer seul d’une démarche traînante autour du vieux dispensaire où inconsciemment il finit toujours par se retrouver.

Il en connaît la raison et ce même si comme pour Xiao il ne s’est jamais trop fait d’illusion à leurs sujets, car autant le sourire uniquement amical, voire filial de Raphaël, que celui craquant au possible d’Alexandre, ne lui laisse à espérer rien de plus que cette amitié qu’ils éprouvent tous deux pour lui.

Combien de fois est-il resté des heures devant la glace à se demander ce qui en lui n’attirait pas ceux avec qui il aimerait tant nouer quelque chose de bien plus fort, à l’identique ou presque de ce qu’il ressent pour Tom.

Son reflet ne lui a jamais donné aucune réponse alors qu’autant son visage que son physique ne laisse rien à porter critique, du moins lui semble-t-il et d’ailleurs nombre de personnes garçons et filles qu’il côtoie, lui ont fait et lui font encore bien comprendre qu’ils ou elles seraient partants s’il en éprouvait tout simplement l’envie.

Un sourire lui vient néanmoins en songeant qu’il avait sans doute des goûts lui faisant rechercher l’inaccessible et que ceux qui lui amenaient la sueur au front, n’étaient pas et tant s’en faut les plus moches qui soient sur cette terre.

Heureusement qu’il y a toujours eu Tom pour être avec lui dans une complicité de tous les jours, ainsi qu’une entente que beaucoup jugent hors du commun.

Depuis quelques années avec Mickaël et Alan, il lui est revenu l’espoir récompensé depuis peu de connaître d’autres facettes de la sexualité tout aussi excitantes que celle qu’il a toujours connue avec Tom.

Pourtant à chaque fois qu’il pense à l’amour vrai, seules les images de Tom, de Xiao et depuis son retour, d’Alexandre, lui viennent à l’esprit.

Nicolas tout dans ses pensées, arrive finalement au même moment qu’Alexandre devant la zone de convalescence des patients du dispensaire et assiste médusé à l’étrange échange entre le garçon et l’animal, écoutant ensuite la conversation qu’il a avec Yuan et Raphaël, n’intervenant qu’au moment où justement ce dernier lui pose sa question.

- Il comprend le langage des animaux comme « oncle » Florian !!

Ne l’ayant pas entendu venir, tous sursautent à entendre cette voix encore juvénile avant d’en comprendre le sens, aussi répète-t-il sa phrase en détachant bien ses mots.

- Alexandre… comprend… le… langage… des… animaux !! Je l’ai vu faire à l’instant !!

Raphaël prend les épaules d’Alexandre pour l’obliger à fixer son regard dans le sien.

- C’est vrai ??

- Je ne sais pas trop quoi en penser, ça a été si étrange et si soudain, mais oui je crois bien avoir compris ce qu’il attendait de moi.

Tous tournent la tête vers la jeune panthère qui reste toujours assise en semblant les observer, Yuan prend le menton d’Alexandre pour attirer son attention alors qu’il a toujours son regard perdu dans celui du grand rouquin.

- Tu peux réessayer de communiquer avec elle ?
- Je ne sais pas, pour ça il faudrait déjà que j’aie compris comment ça a été possible la première fois !!
- Demande-lui de se lever et d’aller à l’autre bout de sa cage.

Yuan voit bien combien sa demande trouble le jeune homme, il s’adresse à lui avec une voix beaucoup plus douce de façon à ne pas le heurter bien qu’il soit lui excité comme pas possible à l’idée des conséquences qui pourraient s’ensuivre.

- Essaie juste, ça ne coûte rien !!

Alexandre obtempère sans y croire lui-même, le faisant juste pour ne pas décevoir son ami et la surprise est autant la sienne que celle de ses compagnons quand l’animal fait exactement comme demandé.

- Bordel !! Qu’est-ce que ça veut dire !!
- Demande-lui de se coucher.

Il ne fait bientôt plus aucun doute que les sons de gorge émanant d’Alexandre soient compris et suivis d’effet par le jeune mâle qui reste le regard plongé dans celui du grand blond.

Raphaël et Yuan, s’envoient un bref coup d’œil marquant bien que tous deux ont fait le même rapprochement alors qu’il y a peu de nombreuses idées et polémiques ont eu lieu sur ce que pouvait être justement le garçon qui à voir son visage n’arrive toujours pas à croire à ce qui lui arrive.

- Nous ferions mieux de rentrer, inutile d’attirer l’attention plus que nécessaire !!

Raphaël pointe du doigt Nicolas.

- Et quant à toi, tu gardes ça pour le moment pour toi !!
- Je…
- Tu n’en parles surtout pas à tes deux invités, ce n’est pas le moment pour mettre la charrue avant les bœufs. Essayons déjà de faire le point mais surtout de comprendre, nous devrons sans doute refaire quelques vérifications et pourquoi pas avec d’autres espèces d’animaux, suivant d’éventuels résultats nous verrons alors pour les en informer.
- Vous savez donc ce qu’il m’arrive ?
- Pas vraiment, non… juste qu’il pourrait y avoir un rapport avec d’autres phénomènes étranges qui se produisent ici depuis quelque temps.
- Vous me faites peur là, je n’ai rien fait je vous jure !!

Raphaël voit bien le début de panique dans le regard de son chéri, aussi coupe-t-il court à toutes polémiques en le prenant cette fois par le bras et en l’emmenant avec lui.

- On a du travail !! Toi « Yu » tu préviens Annie, elle saura prendre les décisions qui s’imposent sans non plus en faire toute une montagne.
- Ok, et toi…

Il attrape à son tour Nicolas par la manche.

-… tu viens avec moi !!
- Pour quoi faire ??
- Un câlin.
- Hein…

Yuan s’amuse de la tête que fait le jeune garçon.

- Je plaisantais !! Pourquoi c’est ce que tu veux ?? Remarque ça fait des années que tu n’es plus venu en réclamer ! Hi ! Hi !

Cette fois l’expression du visage de Nicolas met la puce à l’oreille de Yuan qui comprend alors comment il avait pris l’idée du fameux câlin, se sentant d’un coup troublé que l’ami de son fils qu’il prend également un peu comme le sien, ait eu cette idée envers lui.


CHAPITRE 06 : « Centre hospitalier De Bierne » « Annie »


Nicolas le suit donc non sans remarquer le changement du visage de Yuan, il comprend alors qu’il s’est involontairement fait capter dans ses réels sentiments envers sa personne et croit bon devoir s’en excuser, sans se rendre compte qu’en le faisant il met une certitude là où il n’y avait qu’un vague doute.

- Excuse-moi mon « oncle »… c’était… inapproprié de ma part d’avoir eu une telle pensée.

Yuan cherche un moyen détourné pour éviter un sujet qui devient d’un coup particulièrement brûlant, aussi décide-t-il de rester dans la même optique que ses paroles précédentes tout en ayant compris que sa première remarque était bien la bonne.

Il n’en est pas moins flatté d’un tel intérêt, sans bien entendu avoir la moindre envie d’y donner suite.

- Bah !! Il n’y a pas si longtemps que ça en fait, juste que tu es bien trop grand maintenant pour que je te prenne sur mes genoux ! Hi ! Hi !

Le soulagement teinté de déception de Nicolas à voir qu’il prend les choses à la rigolade est pourtant bien visible, Yuan se contente alors d’accentuer la pression sur son bras pour qu’il le suive comme il lui a demandé précédemment.

***/***

« Bureau d’Annie Viala, au sommet de la tour administrative. »

C’est après avoir été surprise en plein travail et d’apprendre la nouvelle, qu’Annie reste ensuite songeuse un long moment sous le regard impatient des deux garçons.

- Nous ne faisons que confirmer les doutes que nous avions déjà sur sa véritable nature, toutefois une fois encore cela semble arriver au bon moment, comme si quelqu’un essayait de nous manipuler dans un but qui reste à définir.
- Je ne pense pas qu’Alexandre soit ce genre de personne.
- Bien sûr qu’il ne l’est pas… ou alors il serait vraiment fort dans son jeu au point de tromper même Florian.
- C’est vrai ma « tante », « Alex » avait l’air tout aussi surpris que nous de découvrir cette particularité et je suis quasiment certain qu’il ne jouait pas un jeu quelconque.

Yuan opine du chef tout en réfléchissant aux conséquences s’il s’avérait que les paroles pleines d’intuition d’Annie venaient à être confortées.

- Soit il a découvert seulement maintenant ce don qu’il a et dans ce cas d’autres pourraient très vite se révéler à lui, soit quelqu’un avait fait en sorte qu’ils ne lui soient pas connus et vient de les lui débloquer dans un but, qui dans ce cas de figure, a sans aucun doute un rapport direct avec Florian.
- C’est un peu l’idée que j’en avais en privilégiant la deuxième solution. Dans mes souvenirs Florian a connu « ses dons » beaucoup plus jeune à cause en particulier de celui qu’il a de guérir.
- On les aurait donc effacés de la mémoire d’Alexandre ?

Nicolas les écoute en n’en croyant pas ses oreilles, n’étant pas au fait de tous les événements entourant Florian depuis ces dernières semaines, pourtant quelque chose le perturbe suffisamment pour qu’il prenne part à la conversation.

- Mais cela fait plus de quatre ans qu’Alexandre est ici, ils auraient anticipé leurs coups aussi loin dans l’avenir ? Comment pouvaient-ils faire une chose pareille ?

Annie lui sourit, la réponse semblant pour elle et Yuan si évidente, qu’elle comprend l’irrationnel de la conversation vis-à-vis d’un pseudo-profane en matière de la véritable nature de Florian.

- Facile de le projeter dans le passé comme éventuelle voie de secours, ou voie tout court, car après tout rien ne dit avec certitude que les deux décès soient liés et cela même s’il y a de grandes chances à mon sens qu’elles le soient.

Yuan voit bien toute l’incrédulité que ressent le jeune garçon qui découvre des événements encore inconnus pour lui. Aussi n’ayant pas l’envie de tout reprendre à zéro, ni avec lui, ni avec ceux de sa génération à part Xiao avec qui il a eu il y a longtemps et en diverses occasions ce genre d’explications, il préfère stopper net ce qui sinon n’en finira pas étant donné la curiosité légendaire de Nicolas au sein du complexe et ce depuis tout petit.

- Pour l’instant tout n’est encore qu’au stade des conjectures, peut-être devrions nous vérifier quelques autres points avant d’en faire une révélation disons… officielle, à l’Imperium.
- Je suis entièrement d’accord, je prévois une réunion pour ce soir. Ça me laissera le temps de mettre mes idées en place.
- Tu vas prévenir « Flo » ?
- Sans doute, oui !! Mais avant ça je vais avoir une petite conversation avec Alexandre, juste histoire de voir ce qu’il en pense.
- Je peux rester ?

Annie hésite un bref instant, avant de donner son accord à la plus grande surprise de Yuan.

- Si tu veux !! Je pense que ta présence aidera Alexandre à se sentir plus à l’aise, je ne compte pas non plus l’aborder sur ce sujet tout aussi perturbant pour lui sans y prendre quelques pincettes.
- Pourquoi tu veux le pincer ??
- Mais non ! Hi ! Hi ! Je voulais dire avec finesse ! Hi ! Hi !
- Pffttt !! Ne sors pas des expressions pareilles datant d’avant Jésus Christ ! Hi ! Hi !

Yuan leur fait signe avant de quitter le bureau, tandis qu’Annie convoque Alexandre en précisant bien à Raphaël de le prévenir que c'est seulement une conversation informelle qui ne doit pas l’inquiéter outre mesure.

***/***

« Une demi-heure plus tard. »

Nicolas ayant eu quelques explications plutôt bienvenues sur le sujet, a surpris une fois encore Annie sur sa logique et son intelligence, chose dont tous au complexe s’étaient fait maintes et maintes fois la remarque.

Ils terminent juste quand un coup bref à la porte annonce l’arrivée d’Alexandre, faisant battre soudainement plus fort le cœur de Nicolas, troublé comme à chaque fois qu’il va se retrouver en présence rapprochée du grand blond.

Annie ne manque pas de s’en faire la remarque, peu ou prou surprise de cette attirance que peuvent avoir ceux de sa génération pour ce garçon qui la trouble elle-même plus qu’elle ne voudrait bien se l’avouer.

- Entre mon garçon, nous t’attendions !!

Le « nous », amène un mouvement de retrait sur la poignée de porte qu’allait saisir Alexandre, se demandant bien qui pouvait être ce « nous » alors qu’il pensait ne rencontrer que la directrice du complexe, ce qui pour lui était déjà source à mettre son émotionnel à rude épreuve, étant assez timide de nature surtout vis-à-vis de la hiérarchie.

Il gonfle un bon coup ses poumons en fermant un instant les yeux, alors que sa main donne la pression nécessaire à l’ouverture de la porte.

Bien sûr son apparition ne laisse personne de glace et cette expression sur les traits aussi bien d’Annie que de celui qu’il a reconnu au premier coup d’œil, lui amène un regain de courage suffisant pour effacer de ses traits l’air soucieux précédent.

- Entre Alexandre !! Tu connais Nicolas ??
- Euh… oui !!

Il referme derrière lui puis va pour embrasser cette femme d’âge mûr qui s’était levée pour venir vers lui en lui tendant la joue, souriant intérieurement de voir Nicolas se précipiter pour avoir droit à la même double bise qui semble de mise tout du moins au complexe.

Quelque chose s’éveille en lui au contact de cette joue douce et parfumée et de ses lèvres humides appuyant avec légèreté sur ses propres joues, le laissant traverser par un frisson pas du tout désagréable et qui remet en question l’idée reçue jusque-là qu’il se faisait de ce garçon en particulier et de son insistance depuis quatre ans à se rapprocher de lui pour des raisons non équivoques, ce qui inconsciemment l’avait fait l’éviter alors qu’il n’avait que son « Raphi » en tête.

Nicolas détourne son visage le temps d’avoir un petit sourire de contentement, n’étant pas dupe du léger tremblement qu’il a perçu au moment de l’embrassade.


« Modifié: 23 juillet 2020 par laurentdu51100 »

laurentdu51100

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Florian 18 ans surdoué (livre 4) - tome 3 - Chapitre 7 & 8
« Réponse #4 le: 23 juillet 2020 »
CHAPITRE 07 : « Centre hospitalier De Bierne » « Alexandre »


« Une heure plus tard. »

Alexandre est en chemin pour rejoindre la clinique vétérinaire et reprendre son travail, pourtant la conversation avec la directrice du complexe lui laisse un net arrière-goût d’incompréhension dans ce qu’elle a voulu lui demander.

Des questions bizarres allant des maladies qu’il aurait eues depuis sa prime enfance, jusqu’à d’éventuelles allergies et autres du même genre, sans en expliquer véritablement la raison mais juste sous le prétexte visiblement fallacieux de compléter son dossier médical.

Bien sûr il y a eu également quelques allusions qui lui ont mis la puce à l’oreille, surtout quand la conversation a dérivé sur son rapport avec les animaux et si c’était cette empathie naturelle qui lui avait fait choisir ce métier.

Ses réponses ont été franches, ne cachant rien des derniers événements, ces derniers il s’en doute bien ont été la raison majeure de sa présence dans son bureau ce matin-là.

Ensuite sont venues des questions plus intimes une fois qu’elle l’a senti plus à l’aise, comment étaient ses parents, ses amis, ses études et ainsi de suite jusqu’à finalement s’étonner autant que lui, il doit bien en convenir, que sa mémoire lui fasse défaut en bien des points qui normalement ne devraient pas poser de problèmes.

Ses parents, il a dû en avoir comme tout un chacun, seulement il n’en a plus aucun souvenir et cela a été quasiment le même constat tout du long de la discussion et ce sur toutes les autres interrogations à son sujet.

Annie a bien vu son trouble, cessant l’entretien avant qu’il ne se sente trop mal à l’aise et revenant sur des sujets où sa mémoire enfin ne lui faisait plus défaut, lui rendant quelques couleurs alors qu’il se sentait devenir blanc comme un linge.

Alexandre marche sans réellement être conscient du chemin qu’il prend depuis le temps qu’il le parcourt, un peu comme un automatisme et qui le mène finalement sans coup férir là où il voulait aller, stoppant devant la porte principale de l’ancien dispensaire alors que des voix se font entendre non loin de lui.

- Tu crois qu’elle l’a convoqué pour tout lui dire ?
- Qu’est-ce que j’en sais… mais ce serait étonnant quand même, je ne pense pas qu’il soit prêt à tout entendre.

Alexandre recule pour se placer là où les personnes dont les pas se rapprochent ne pourront pas l’apercevoir, il tend l’oreille tout en éprouvant une nouvelle fois cette impression bizarre d’avoir une sensibilité d’écoute inhabituelle.

L’apparition à sa vue des deux hommes le conforte dans ce que leurs voix les lui avaient déjà fait reconnaître, n’étant pas plus surpris que ce soit précisément eux du fait qu’il se doute bien qu’ils sont les principaux responsables de sa convocation chez la directrice.

- Mais toi… tu en penses quoi ?
- Que ce serait une drôle de coïncidence quand même !!
- Qu’il soit comme « Flo » ?
- Aussi oui, mais je pensais plutôt ici au complexe plutôt que partout ailleurs sur Terre.
- Je comprends où tu veux en venir, sauf bien entendu s’il a été envoyé ici en connaissance de cause.
- Hum !! Tu ne devais pas appeler ton fils pour qu’il en parle à « Flo » ?

Raphaël regarde sa montre.

- Ça devrait être bon à cette heure-là !!

Yuan hésite visiblement, ce que ne manque pas de voir le grand rouquin qui lui prend alors l’épaule d’une main en le tournant vers lui.

- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Je ne sais pas si c’est bien de faire ça dans son dos.
- Mais !!! On ne fait rien de mal, juste rapporter à Florian ce que nous avons vu ce matin.
- Il sera seul juge de la suite à donner, si « Alex » est comme lui, tu imagines un peu !!
- Il ne serait plus le seul de son espèce ?
- Exactement !!
- Mais est-ce une bonne nouvelle pour lui et pour nous ?
- Comment ça ?
- Réfléchis un peu bon sang !! Florian est l’équivalent d’un dieu, seul il a la mainmise sur ses créations mais s’ils sont toute une planète comme lui, ça risque vite de devenir le chaos.
- Je comprends où tu veux en venir mais nous n’en sommes pas là, loin de là même et pour l’instant nous parlons « d’Alex », pas de toute une planète.
- OK, OK, j’appelle « Xi » !!
- Ah quand même !! Tu me tiens au courant, je dois retourner au taf.

Yuan s’éloigne après lui avoir fait un petit signe d’assentiment tandis que Raphaël rentre dans la clinique et qu’Alexandre sort enfin de sa « cachette » avec encore plus de questions en tête.

Comment le simple fait d’avoir reçu la pensée d’un animal convalescent peut-il les amener jusqu’à le prendre pour un dieu, en plus il n’est même pas certain que ce qu’il a ressenti avec la jeune panthère ne soit tout simplement que l’effet de son imagination alors qu’il était à moitié assoupi sur la souche au moment où cela s’est produit.

Non décidément, ils ont soit l’imagination trop fertile, soit les années passées avec le petit rouquin les ont tous fait devenir crédules à tout et n’importe quoi.

C’est en hochant la tête avec un sourire ironique aux lèvres après s’être fait ces dernières remarques, qu’il entre à son tour dans la clinique pour reprendre son travail là où il avait été interrompu.

L’heure restant avant la pause du déjeuner lui a apporté des sentiments autant d’amusement que d’énervement à la façon qu’a eu Raphaël à le dévisager à plusieurs reprises en faisant en sorte qu’il ne le voit pas, ce qui bien entendu n’a échappé à personne et donc pas à lui en particulier.

Ce n’est qu’une fois rendu à la cafétéria avec leur plateau-repas et installés à table, qu’ils s’échangent enfin la parole.

- Comment ça s’est passé ton entretien avec Annie ?

Alexandre hésite entre garder tout pour lui, lui dire la vérité ou pousser le bouchon très loin pour voir sa réaction, il décide en se retenant de sourire à prendre la dernière solution qui seule pourra lui en dire plus sur ce qu’ils savent ou s’imaginent savoir de lui.

- Plutôt déroutant à vrai dire !!
- Comment ça déroutant ?
- Il paraîtrait que je suis comme Florian, une sorte de dieu doté de super-pouvoirs divins !!

La tête de Raphaël à ce moment-là l’éclate un maximum, il garde pourtant son sérieux dans l’attente d’une réaction de sa part.

- Elle a été jusqu’à te dire ça ?
- Pourquoi parais-tu aussi étonné ? Ce n’est pas ce que vous pensez tous ?
- Pffttt !!!
- Arrête de soupirer et dis-moi ce que tu en penses… sois franc avec moi, n’oublies pas que si je suis ici c’est essentiellement pour toi.
- Mais… t’es marrant toi !! Comment j’aurais pu deviner qu’elle irait aussi loin sans véritables preuves, ce que j’en pense ? Tu veux vraiment le savoir ?
- Ne tourne pas autour du pot, que ce soit la vérité ou pas, je te demande juste d’être honnête avec moi et de ne rien me cacher.

Raphaël fixe son regard dans celui du garçon qu’il aime, il peut y lire toute la palette de sentiments que ce dernier éprouve en ce moment précis et après une dernière seconde d’hésitation, il se lance en lui révélant ses véritables impressions sur la question.

- Je ne suis certain de rien, entends-le bien, il y a pourtant des choses troublantes qui font penser qu’il pourrait y avoir une part de vérité dans ce que t’a dit Annie. Tu devrais en discuter plutôt avec « Flo », lui seul saura te renseigner sur qui tu es avec exactitude. Pour ma part je préférerais mille fois que tu ne sois juste qu’un gars normal avec qui passer le reste de ma vie, parce que… dans le cas contraire…

Alexandre voit les larmes commencer à s’écouler le long des joues du grand rouquin, il lui laisse néanmoins terminer sa phrase, trop pris lui aussi dans l’émotion de cette tristesse qui lui serre le cœur.

-… je devrais très certainement te perdre comme je les ai perdus eux !!


 
CHAPITRE 08 : « Centre hospitalier De Bierne » « Yuan »


Toutes les personnes déjà installées tout comme celles arrivant pour se faire servir, ont les yeux tournés vers Raphaël avec une expression de surprise et d’angoisse, qui prouve bien une fois de plus combien cet homme d’habitude si jovial est apprécié de tous.

Alexandre se rend très vite compte qu’ils se montrent en spectacle, aussi essaie-t-il de désamorcer la bombe émotionnelle que ressent son chéri à la seule pensée qu’il pourrait être comme le petit rouquin avec qui il l’a bien compris, il a passé de nombreuses années dans une relation forte en sentiments, plaisirs et autres adjectifs du même acabit.

- Si j’étais vraiment comme lui, alors rien ne m’empêcherait de faire en sorte que l’on puisse rester ensemble… tu ne crois pas ?

Raphaël hoche la tête en signe de dénégation, signe qui surprend Alexandre.

- Comment ça non ?? Tu ne m’en crois pas capable ??
- Je suis sûr que tu le ferais si tu le pouvais, seulement c’est impossible sinon je pense que « Flo » l’aurait déjà fait !! En fait il l’a déjà fait avec celui dont je suis la copie.
- Voilà autre chose !! C’est quoi encore que cette histoire ??

Le grand rouquin en oublie l’affliction qui l’avait soudainement pris pour expliquer l’histoire des élus, sous le regard rond de consternation d’Alexandre qui décidément se retrouve en pleine science-fiction.

***/***

« Bureaux des Entreprises « Ming & Co » situés dans la tour principale du complexe De Bierne. Sur le même plateau dédié aux entreprises délocalisées n’ayant pas de liens directs avec le complexe, conjointement donc avec ceux de la DBIFC tenue par Ludovic et ceux de la « Al Malouf and Co » tenue par le prince héritier du trône en personne. »

Yuan a raccroché d'avec son fils après une conversation où chacun a fait le débriefing des derniers évènements, il se trouve maintenant dans la grande salle de réunion du plateau, partagée avec les deux autres entreprises également actionnaires du complexe Africain.

Alors que lui et son épouse, sont maintenant à la tête des affaires de la famille Ming depuis sa nomination comme vice-président directeur général, la DBIFC quant à elle a été mise en gérance par celui qui était jugé le plus apte à remplacer Thomas et qui maintenant non seulement tient fermement avec son épouse les rênes de l’entreprise, mais la fait prospérer en restant dans la ligne de conduite écologique et sociale tracée par son propriétaire légitime.

La troisième entreprise tenue par le prince Saoudien et son inséparable directeur adjoint, ex-infirmier mais toujours unique amant, elle aussi prospère dans un climat social des plus satisfaisants en alliant les vieilles institutions familiales avec les divers brevets De Bierne toujours détenus à parts égales avec les deux autres entreprises.

Ils sont donc tous les six à discuter des derniers évènements, alors que Yuan termine juste de relater sa conversation avec son fils.

Alors qu’autant Ludovic et Mélanie ne semblent pas apprendre grand-chose de plus que ce qu’ils savaient déjà, pour Amid et Christophe cela semble être une autre paire de manches, c’est Patricia qui s’en aperçoit la première en leur en faisant la remarque.

- Vous semblez tomber des nues vous deux, ne me dites pas que vous n’étiez au courant de rien ?
- Et comment on y aurait été ? Alors que cela ne fait pas une semaine que nous sommes rentrés de France ?
- Cette réunion informelle et informative était donc nécessaire, maintenant vous en savez presque autant que nous.

Christophe prend la parole.

- Cet Alexandre… je n’en avais jamais entendu parler !! Il est vraiment comme tu le dis ??
- Comment ça ??
- Attirant ??
- Hum !!! Pour le définir j’irai beaucoup plus loin, une sorte d’hybride entre Thomas et Florian ! HI ! HI !
- Ça te fait rire en plus !!
- Non !! C’est…

Yuan pointe alternativement son doigt vers Christophe et Amid.

-… Vous deux ! Hi ! Hi ! Dès qu’on parle d’un beau garçon vos yeux s’allument.
- Peut-être parce que nous n’avons pas souvent l’occasion d’en admirer, va savoir !!
- C’est ça… raconte-moi z’en une autre et je te croirai !!
- Oh… mais ouiii !! Entre donc !! Tu peux vérifier tous les systèmes de sécurité que tu veux et si tu as besoin d’aide, n’hésite pas à me le demander !!

Amid devient rouge pivoine en fixant Ludovic qui vient de l’imiter en forçant le trait, quand le beau Nicolas en tenue de sécurité vient faire sa visite régulière de l’étage.

Christophe va pour défendre son chéri, quand Ludovic le coupe avant même qu’il ne commence à se faire entendre.

- J’ai d’autres exemples, un certain nombre te concernant en fait !! Mais tu voulais peut-être dire quelque chose ??

L’air innocent donné à la dernière question désamorce le début de prise de bec, Christophe parfaitement conscient qu’autant lui que son chéri ne peut s’empêcher de mater tous les beaux gosses du complexe et contrairement à ce qu’il semblait dire, il y en a un paquet.

Malgré tout et ne voulant pas ne pas avoir le dernier mot, il termine la discussion sur le sujet d’une voix à la fois amusée et boudeuse.

- Je parlais des comme votre Alexandre.

Patricia reste néanmoins surprise que ses deux amis ne le connaissent pas, ce dernier depuis quatre ans a souvent et à maintes occasions été le sujet de conversations venant de tous les employés et nombre de patients du complexe.

- Il faut sortir un peu plus souvent de votre bulle les gars, à l’occasion allez dire un petit bonjour à « Raphi » et non seulement il sera content de vous voir mais ça vous permettra sans doute de faire connaissance avec l’objet du débat. Mais ne vous faites pas d’illusions, il ne sera pas pour vous ! Hi ! Hi !
- Te voilà bien négative face à notre charme ??
- Oh !! Ce n’est pas contre vous mais pensez donc que même « Nico » s’est cassé les dents et a reçu une fin de non-recevoir plutôt nette et définitive, quand Tom est allé lui proposer la botte de leur part à tous les deux.

Ludovic enfonce le clou alors que Mélanie lui envoie un coup de coude pour le faire taire, mais peine perdue, le jeune homme étant trop heureux de faire maronner une nouvelle fois ses deux copains.

- Vous auriez plus de chance avec « Nico » si l’autre naze ne prenait pas ses expressions de folle tordue dès qu’il passe à moins de dix mètres de lui ! Hi ! HI !
- C’est qui le naze et la folle tordue ??
- Tiens donc… j’ai dit ça moi ?? Ça a dû m’échapper… mais sans déconner… essaie de lui parler normalement et il te regardera sans doute autrement, quoique en ce moment ils ont ce qu’il faut avec leurs deux invités, c’est tout du moins ce que j’ai cru comprendre.

Amid s’approche de « Ludo » avec un sourire en coin qui n’annonce rien de bon si ce n’est une nouvelle connerie, qui comme à l’habitude se retournera inexorablement contre lui face à la présence d’esprit incisive du plus jeune.

- Si je lui parle comme ça, j’ai une chance ou pas ?
- Eh bien voilà !! Explique-moi pourquoi il faut tout te dire ?
- Même avec toi ?
- Eh bien figure-toi que ça tombe plutôt bien que tu me demandes ça, mon frère cherche justement un nouveau punching-ball pour ses entraînements de karaté ! Hi ! Hi ! Je suis sûr qu’en apprenant vos intentions envers son petit frère, qu’il vous acceptera sans problème.

Amid fronce les sourcils avant de lui faire un clin d’œil en retournant s’asseoir.

- Bah !! J’aurai au moins essayé !!

Tous, même Christophe, entendent dans cette phrase un accent de vérité qui les surprend au plus haut point, sans qu’Amid s’aperçoive qu’il vient involontairement d’énoncer ce qui pour lui est une vérité depuis fort longtemps déjà et que seul l’hétérosexualité incontestable du petit « Ludo » l’avait retenu jusqu’alors.
« Modifié: 23 juillet 2020 par laurentdu51100 »

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Florian 18 ans surdoué (livre 4) - tome 3 - Chapitre 9 & 10
« Réponse #5 le: 23 juillet 2020 »
CHAPITRE 09 : « Centre hospitalier De Bierne » « Patricia »


Cette dernière phrase venant d’Amid clôt la réunion, Patricia retenant son mari par la manche alors que ce dernier suivait le mouvement pour quitter la salle.

- Oui… quoi ?
- Tu as bien cinq minutes quand même ?
- C’est à propos des sous-entendus dans les paroles d’Amid ? C’est ça ? Pourtant je ne vois pas ce qui te pose problème, tu as bien dû t’en rendre compte ?

Patricia plisse les yeux en cherchant à comprendre ses paroles.

- À me rendre compte de quoi au juste ?
- Que « Ludo » fait craquer tout le monde pardi !! Nous l’avons connu tout petit et du coup nous n’y prêtons pas la même attention que ceux dont ce n’est pas le cas.
- Tu te contredis là !!
- Tu parles d’Amid ? Non, pas vraiment du seul fait qu’il n’a pas réellement connu Ludovic à l’époque. Avoue tout de même qu’il est à croquer. Beaucoup envient Mélanie derrière son dos.
- Hum !! Oui sans doute… mais je serais plus encline à y voir un effet de contagion qui corrobore notre dernière conversation.
- Alexandre ?
- S’il est bien ce que nous soupçonnons, alors rien d’étonnant à ce que les libidos se libèrent et d’ailleurs je m’étais déjà plus ou moins fait la remarque qu’il régnait un regain d’excitation générale depuis son retour.

Yuan saisit immédiatement l’allusion à peine voilée de son comportement face à son regain « d’attention », aussi bien envers son épouse qu’envers ses deux autres amants et cela depuis justement le retour du fameux Alexandre.

Bien entendu Patricia en est parfaitement au fait, Yuan ne lui cachant absolument rien de ses envies ou pensées les plus intimes.

Son plus grand regret elle doit bien se l’avouer a été quand Antonin a cessé ses visites au complexe, étant le seul « homme » avec son époux avec qui elle a partagé son lit et c’est justement cette ressemblance entre Ludovic et Antonin, qui lui a amené ce geste de retenir Yuan pour en parler.

- Tu le ressens aussi ?
- Je ne suis pas faite autrement que les autres.
- Ce n’est pas ce que je voulais dire, je pensais à « Ludo » et à Amid, qui bizarrement a amené cette conversation entre nous deux.

Yuan voit bien ses yeux devenir soudainement lumineux, un sourire lui vient alors en comprenant à l’instant la raison de leur « petit » tête à tête.

- Non… ne me dis pas que… toi aussi ?
- Tu sais qu’en plus des beaux bruns ténébreux, j’ai un petit faible pour les petits blonds ! Hi ! Hi ! Je ne t’apprends rien.
- Non en effet, mais cela conforte quand même mon idée sur Alexandre !! Seul Florian à l’époque arrivait à ce genre de résultat autour de lui.

Le couple reste les yeux dans les yeux un moment, avant que le message non verbal qu’il s’envoie ne les fasse sourire.

- Tu veux que je lui en touche deux mots ?
- À qui donc ? Pas à « Ludo » quand même ?
- Et pourquoi pas ? Au point où on en est que risque-t-on à lui en parler, ce n’est pas le genre de gars à en vouloir à quelqu’un d’avoir des vues sur lui, regarde ce qui vient de se passer à l’instant avec Amid !! De plus j’ai déjà repéré son manège plus d’une fois à nos réunions, quand il reste plus longtemps que la normale à te fixer.
- Arrête de dire n’importe quoi tu veux !!
- Tu es une des meilleures amies de « Mél », jette-lui z’en deux mots à l’occasion et tu verras qu’elle aussi s’en est aperçue, d’ailleurs c’est étonnant que ça n’ait jamais été ton cas ?
- Bah non !! Tu me scotches là, parole !!

Patricia donne un baiser rapide sur la joue de son mari.

- Tu sais que je t’aime ?
- Ah oui ??
- Je ne connais pas beaucoup de maris qui iraient voir un autre garçon pour lui demander s’il veut bien coucher avec sa femme.
- Et moi pas beaucoup d’épouses qui laissent leur mari aller rejoindre ses amants quand il en a envie. Je sais bien qu’Antonin te manque depuis qu’il ne vient plus, je dois t’avouer qu’il me manque également. J’aimais beaucoup nos nuits à trois où nous étions juste hétéros rien que là pour te donner du plaisir.

Patricia commence à se diriger vers la sortie de la salle, quand elle se retourne à nouveau avec un grand sourire.

- Nous devrions nous arranger pour qu’Alexandre assiste à une de nos réunions ! Hi ! Hi ! Peut-être qu’alors avec la proximité les choses seront plus faciles !!
- Tant que tu n’as pas l’intention de le faire avec lui, pourquoi pas !
- Tu dis ça parce que lui aussi est blond ?
- Non, juste que s’il est comme Florian, pas certain que nous pourrons reprendre notre respiration cette fois !

Patricia éclate de rire face à un souvenir qui restera à jamais dans sa mémoire.

- Ça serait grave pour leur planète d’origine, ou alors ça expliquerait le fait qu’ils soient si peu nombreux.

Elle quitte enfin la salle, Yuan peut la suivre de loin rien qu’à son rire qui semble ne pas vouloir cesser et après qu’à son tour il émette un léger ricanement, le voilà retournant retrouver Raphaël pour lui faire part de ce que lui en pense de cette conversation peu ou prou habituelle malgré tout.

***/***

« Bureau de direction de la DBIFC. »

Mélanie vient s’asseoir sur les genoux de son homme avec une moue qui de suite l’interpelle, repensant elle aussi à comment ils se sont connus et avec quelle conviction ils ont toujours su qu’ils étaient faits l’un pour l’autre et cela malgré la différence d’âge de l’époque, qui aujourd’hui ne se voit plus.

À bientôt la trentaine, Ludovic respire la santé et sa gentillesse de tous les jours n’a d’égale que cette beauté à la fois androgyne tout en restant incontestablement masculine, qui fait se retourner sur son passage aussi bien les garçons que les filles.

Elle lui attrape le menton pour lui déposer un baiser sur les lèvres, se retrouvant enlacée d’une main alors que l’autre la retient en lui tenant la tête pour qu’elle ne puisse pas détacher ses lèvres des siennes.

Un long moment passe à se câliner, jusqu’à ce qu’elle sente bien qu’il faut s’arrêter faute de quoi ce qui appuie avec insistance sur sa fesse ne va plus pouvoir se contrôler en réclamant son dû.

- Ferme la porte à clé chérie.
- Pas question, je te vois venir et nous sommes au bureau !! Tu sais bien que nous avons mis des règles à ce sujet depuis que nous avons été surpris par une des femmes de ménage.

Ludovic se lève avec l’excroissance dans son pantalon toujours aussi glorieuse et bien en vue.

- Je fais comment moi maintenant ?
- Appelle Amid, je suis certaine qu’il trouverait quelque chose pour te soulager ! HI ! Hi !
- Arrête avec ça tu veux !! Tu sais très bien que je ne suis pas Gay, même si la plupart de mes amis le sont. Allez chérie, viens !!
- Qu’est-ce que vous avez tous en ce moment à ne penser qu’à ça ? Cette histoire avec Alexandre doit avoir une certaine réalité, ce n’est pas possible autrement !! À te voir et à t’entendre, on pourrait croire que tu n’en as pas eu assez encore ce matin.

Ludovic sent bien au ton de son épouse qu’il ne serait pas forcément bienvenu pour lui d’insister, aussi préfère-t-il quitter le bureau avant que cela ne dégénère en dispute.

Il sait très bien en plus qu’elle n’a pas tort et ce même si l’envie est là de plus en plus « palpable ».

- Où vas-tu ?
- Suivre tes conseils !! Qui sait !!


 
CHAPITRE 10 : « Centre hospitalier De Bierne » « Christophe »


Mélanie le voit quitter le bureau en fronçant les sourcils, n’étant pas dans l’habitude de son chéri d’être aussi lourd et cherchant ce qui dans la dernière conversation a bien pu le rendre ainsi.

Il ne lui vient bien sûr pas à l’idée que les dernières paroles d’Amid en soient la cause, connaissant suffisamment bien et depuis suffisamment longtemps son « Ludo », pour connaître parfaitement son orientation sexuelle.

« Se peut-il que réellement tout cela soit en rapport avec Alexandre et si c’est bien le cas, de quelle façon ont-ils été tous atteints. »

Les deux questions mentalement posées, il ne lui reste plus qu’à aller interroger les bonnes personnes pour y trouver les réponses et déjà tout au fond de son conscient, elle pressent que ça changera les rapports qu’ils ont tous depuis toutes ces années.

- Bah !! Tu te montes le bourrichon pour rien ma vieille !!

Une sensation de fraîcheur lui vient de l’entrecuisse, elle y porte négligemment la main pour s’apercevoir qu’elle aussi a été touchée par cette atmosphère empreinte d’une certaine luxure généralisée.

- Je n’aurais peut-être pas dû refuser en fin de compte ! Hi ! Hi !

Elle retrouve vite son sérieux en repensant à la sortie de son homme.

- Qu’est-ce que tu as bien voulu dire par là ? Tu ne vas quand même pas… non… tu délires ma grande ! Hi ! Hi ! Il a juste dit ça pour te faire maronner.

***/***

« Bureau de la « Al Malouf & Co ». »

Amid est assis ou plutôt avachi dans son fauteuil avec les yeux dans le vague, alors que Christophe l’observe avec un regard où la peine peut se lire.

Pas celle qu’il aurait pu éprouver à connaître les pensées de son chéri envers « Ludo » puisqu’ils ont maintes et maintes fois eu l’occasion d’aborder le sujet depuis la fin d’adolescence du petit blond, quand ils ont compris l’attrait qu’il pouvait avoir sur eux deux.

Mais plutôt celle qu’il se soit découvert et par là même s’être mis en défaut vis-à-vis de leur ami, la crainte étant qu’il les évite à l’avenir pour ne plus prendre de risques.

Un soupir d’agacement lui vient alors.

- Pffttt !! Tu nous as faits quoi tout à l’heure, j’espère que tu te rends compte des conséquences d’un tel aveu et cette fois je ne suis pas vraiment certain que la communauté voie ça d’un bon œil en apprenant nos vues…

Il cherche le bon mot.

-… « fantasmiques » sur « Ludo ».
- N’en fais pas toute une montagne non plus !! Après tout ils sont tous comme nous !!
- Comment ça, explique-toi ?
- Allons !! Que ce soit Nicolas, Xiao, « Ludo » ou encore bien d’autres, tous se retournent sur eux à leur passage avec la même lueur d’intérêt dans le regard qui ne trompe personne.
- J’en suis conscient mais toi tu y as rajouté le ton, je ne m’attendais vraiment pas à ce que tu laisses échapper ce genre de réflexion en public.

Amid lève les yeux sur son chéri, avec un demi-sourire qui démontre que pour lui la chose n’est pas si grave en soi.

- Au moins maintenant il est au courant.
- Oui… et alors, quoi ?
- Il est au courant c’est tout !!
- La belle affaire !!
- Tu ne comprends donc pas où je veux en venir
- Pas vraiment, non !!
- Cette histoire va faire le tour du complexe plus vite qu’un tweet ! Hi ! Hi ! Il y en aura qui n’approuveront pas en s’imaginant que notre intention est de détourner du droit chemin un hétéro qu’ils mettraient bien eux-mêmes dans leur lit. Mais il y en aura également qui se diront… Tiens donc !! Amid et Christophe cherchent un partenaire !!
- Je ne vois pas vraiment où tu veux en venir, c’est encore une de tes façons d’excuser ta bêtise en te trouvant un prétexte aussi bancal.
- Tu n’y es pas du tout, j’avoue que ce n’était pas prémédité… mais réfléchis cinq minutes !! Imagine qu’un gars comme « Nico » ou plus âgé comme « Raphi » en vienne à se faire la remarque ?

Christophe se tient la tête à deux mains en faisant les cent pas dans le bureau, les idées de son copain comme d’habitude sont tirées par les cheveux et n’amènent jamais rien de bon, il en a des tas d’exemples qu’il pourrait lui donner mais il s’en abstient en sachant bien que de toute façon c’est peine perdue et qu’il ira jusqu’au bout jusqu’à se mettre la tête dans le mur.

- Je ne te suffis donc plus ? Voilà que tu veux te faire un harem maintenant !!

Amid entend bien dans le ton des paroles de Christophe qu’il a été un peu loin, ne comprenant pas non plus ce qui lui prend brusquement d’être aussi insistant sur le sexe alors qu’ils ont une sexualité épanouie depuis les vingt ans qu’ils sont ensemble.

- Excuse-moi « Chri » !! Je ne sais pas ce qui m’a pris !!

Ludovic qui venait les voir pour mettre au clair avec eux le petit quiproquo de fin de réunion, entend la fin de la conversation alors qu’il ouvre la porte comme chez lui.

- Je vois que pour vous aussi cette histoire est source d’embrouilles entre vous !!

Les deux garçons se retournent sur lui, visiblement étonnés de le voir là.

- « Ludo » ??

C’est Christophe qui le premier prend la parole pour les excuser.

- J’espère que tu ne nous en veux pas, les paroles d’Amid ont dépassé ce qu’il aurait dû s’autoriser.
- Pourquoi tu lui dis un truc pareil avant qu’il s’explique sur le but de sa visite ? On ne sait jamais des fois qu’il ait réfléchi après notre petite discussion.

Ludovic n’en attendait pas moins des deux compères, aussi il éclate de rire en montrant bien qu’il prend les choses au deuxième degré.

- Je te promets d’y penser ! Hi ! Hi ! Mais ce n’était pas vraiment le but de ma visite, quoique cela ait un rapport quand même. En fait je ne voulais pas attendre trop longtemps pour vous voir de peur que ça crée une barrière, j’ai pris tes paroles comme une marque supplémentaire des sentiments que nous nous portons tous. Juste que mon refus ne doit en aucun cas briser notre amitié, j’avais peur que ma réponse n’apporte de la rancœur voire de la rancune, alors me voilà pour crever l’abcès avant qu’il ne soit réellement présent. Je…

Christophe voit bien qu’il y a quelque chose d’autre derrière ses paroles et que sa venue n’est pas que dictée par ce besoin d’être rassuré sur leur amitié.

- Toi aussi tu te poses des questions sur l’ambiance qui règne depuis quelque temps ?
- Oui, je…
- Tu ressens toi aussi le besoin d’avoir de nouveaux horizons sexuels !!

Ludovic sourit, amusé qu’il lui retourne ses propres questions.

- J’en déduis que pour vous c’est pareil ? Il y a une façon très simple pourtant de nous en assurer.
- Aller voir de plus près le fameux Alexandre ?
- Exactement !! J’avoue que je ne le connais guère mieux que vous, c’est à peine si j’ai dû le croiser à l’occasion mais le peu dont je me souviens, c’est qu’il n’est pas du genre à ce qu’on passe devant lui sans y faire attention.
- Ah !! Tu vois… toi aussi !!

Ludovic accentue son sourire en fixant plus précisément Amid qui vient de lâcher ses deux interjections.

- Oui… mais certainement pas avec la même idée en tête ! Hi ! Hi !

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c'est: (livre 4) - tome 3

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CHAPITRE 11 : « Centre hospitalier De Bierne » « Nicolas »


Nicolas n’ayant pas cours ce jour-là, il en profite pour s’avancer sur son mi-temps à la sécurité du complexe et c’est registre de vérification des extincteurs en main, qu’il en fait le tour pour en vérifier les scellés en même temps que les pressions indiquées par les manomètres.

Il a donc commencé ce matin-là par le dernier étage, préférant descendre l’escalier de secours où sont installés un certain nombre d’entre eux, plutôt que d’avoir à le remonter.

Il arrive donc tout naturellement au plateau où se trouvent les entreprises finançant pour grande partie les dépenses faramineuses du centre hospitalier.

Il a bien vu Ludovic traverser le couloir sans s’apercevoir de sa présence tellement il semblait soucieux, aussi l’a-t-il suivi par curiosité mais aussi pour éventuellement pouvoir l’aider si c’est dans ses possibilités.

Comme beaucoup au complexe, il a mis le jeune homme avec sa femme dans un groupe à part, trop « vieux » pour avoir eu de réelles relations avec sa génération à lui et trop jeune pour la même raison avec celle de ses parents.

C’est du coup ce qui a fait qu’ils n’ont jamais réellement engagé de relation quelle qu’elle soit, peut-être aussi par timidité et s’avouer ça pour Nicolas relève de l’exploit pour lui qui n’en a jamais réellement ressenti envers quiconque, du moins dans son souvenir.

Toujours est-il qu’il entend la conversation qu’il a avec Amid et Christophe, mais également une partie de celle entre ces deux derniers qu’a également surpris Ludovic.

D’entendre son prénom le fait sourire, surtout dans le contexte où il est prononcé et il doit bien s’avouer qu’il en est à la fois surpris mais aussi quelque part au fond de lui vivement heureux, n’ayant jamais peu ou prou pensé qu’ils pourraient s’intéresser à lui alors qu’il est de notoriété publique qu’Amid et Christophe forment un couple monogame que d’aucuns nomment idéal.

Tout ça pour dire qu’il entre à son tour dans le bureau de la « Al Malouf & Co », avec tout un tas de pensées envers ses amis et dont la plupart sont loin d’être sages.

Bien entendu son apparition ne passe pas inaperçue, tout comme le sourire timide qu’il envoie à la cantonade.

- Salut les gars !! Excusez-moi de vous déranger mais j’ai…

Il recule d’un pas en se rendant compte de son culot à oser les aborder de la sorte.

-… désolé !!

Alors qu’autant Amid que Ludovic, le regardent avec des yeux ronds d’incompréhension, Christophe heureusement est plus prompt à réagir.

- Eh !! Tu nous fais quoi là ?? Maintenant que tu es là, entre donc !!

Christophe est surpris de voir le jeune homme paraître aussi embarrassé, il soupçonne alors avoir vu juste et il ne lui faut pas longtemps avant que lui revienne en mémoire une partie de la discussion où justement Nicolas a été cité.

Il s’adresse alors à son chéri qui cherche pour sa part toujours à comprendre l’étrange comportement de celui qu’il dévore du regard en « secret » depuis déjà quelques années.

- Je pense que notre visite à Alexandre devient incontournable. Trop de non-dits éclatent au grand jour autour de nous pour que ce ne soit que des coïncidences.

Ludovic suit avec attention les mimiques du jeune agent de sécurité qu’il apprécie sans non plus être intime, mais suffisamment pour connaître ses antécédents et tout ce qui se dit autour, conscient qu’il a devant lui un garçon aux atouts certains mais que surtout il en est lui aussi parfaitement conscient, aussi le voir dans cet état de gêne manifeste le surprend véritablement.

- Je le pense aussi !!

Christophe pose alternativement son regard curieux sur « Ludo » et « Nico », un doute lui venant alors à l’esprit, il les montre tour à tour du doigt.

- Pourquoi… ne me dites pas que vous deux…

Ludovic envoie un sourire au plus jeune tout en ne laissant pas Christophe terminer sa phrase.

- Vous ne pensez qu’à ça ma parole ! Hi ! Hi ! Disons que je ne suis pas habitué à voir « Nico » aussi peu sûr de lui et je me dis qu’il doit lui aussi avoir les mêmes pensées que nous qui lui trottent dans la tête depuis le retour d’Alexandre.
- Que nous ??

« Ludo » reporte son attention sur Christophe, tout en maintenant son sourire qui a la particularité de ne laisser personne indifférent.

- Oui, nous !! Pourquoi ? Il n’y a que les homos qui ont le droit d’avoir des envies sexuelles ?
- Comment !! Ahhh !! Bien sûr que non… mais sur le coup j’ai…
- Eu de l’espoir ! Hi ! Hi ! Désolé mais je pense que vous aurez plus de chance avec notre jeune ami.

Nicolas les écoute en reprenant des couleurs, son assurance revenant à grand pas au point qu’il s’avance vers le petit blond si craquant au demeurant malgré sa dizaine d’année de plus que lui, jusqu’à n’être plus qu’à quelques centimètres en le fixant d’un regard mélangeant l’amusement à d’autres sentiments qui l’étonnent lui-même, n’étant pas conscient jusque-là de ce qu’il ressent en sa présence.

- Tu sais qu’avant l’arrivée de ce fameux Alexandre, très peu pouvaient déjà résister à mon charme ?
- Je pourrais te renvoyer la balle… et… alors ?
- Quoi et alors ? J’imagine que depuis avec cette ambiance libidineuse qui traverse le complexe ce doit être pire, preuve en est nos deux camarades qui nous dévorent des yeux alors que je suis quasiment certain qu’avant ça ils n’auraient jamais osé.
- Oui, et alors ?
- Tu parais si sûr de toi de ne pas t’y laisser prendre.
- Je n’ai jamais prétendu ça, juste que je n’étais pas intéressé par les garçons !! Dois-je rappeler qu’il existe deux sexes ou le fait de ne vous préoccuper que du vôtre vous l’a fait oublier ?

Nicolas ne se désarme pas pour autant, sa main droite vient doucement prendre Ludovic par la hanche alors que son visage se rapproche encore plus près du sien, Amid et Christophe suivant tout cela sans cacher leur étonnement, trouvant même que le plus jeune pousse l’amusement car pour eux il ne fait aucun doute que c’en est un, un peu loin.

- Et toi ? L’aurais-tu oublié ?

Ludovic qui lui aussi voyait ça comme une plaisanterie, commence à se demander si ç’en est bien une et s’apprête à renvoyer le beau « Nico » dans ses quinze mètres quand quelque chose le retient, il comprend alors qu’il n’y a pas de fumée sans feu et qu’il va falloir réagir rapidement à trouver ce qui perturbe tant les hormones de tout ce monde, lui y compris.

- Tu aimerais que je me force, rien que pour te faire plaisir et te donner raison, c’est là où tu veux en venir ?

Nicolas reprend ses esprits, conscient qu’il a dépassé les limites et fait un pas en arrière, son visage marquant le désarroi une nouvelle fois devant autant de culot de sa part.

- Je… mais non enfin !! C’est juste que…
- Juste que quoi ??
- C’est comme… comme…
- Une envie irrépressible ?
- Excuse-moi !!

C’est Ludovic qui cette fois s’approche de lui pour le prendre dans ses bras, son regard montre bien qu’il ne lui en veut pas et qu’au contraire il se trouve flatté de l’intérêt qu’il éprouve pour lui, conscient qu’un garçon comme Nicolas place assez haut ses critères de choix dans des partenaires potentiels.

- Il n’y a pas de mal, je serais attiré par les garçons tu serais assurément en première place. Je sais pourquoi tu viens d’agir de la sorte et je ne t’en tiens donc pas rigueur, désolé pour vous tous que je ne sois pas comme Xiao qui vient juste de se rendre compte de ses préférences en surprenant tout le monde.


 
CHAPITRE 12 : « Centre hospitalier De Bierne » « Ludovic »


« Bureau de la DBIFC, un quart d’heure plus tard. »

Ludovic referme à peine la porte de son bureau une fois à l’intérieur qu’il est interpellé par son épouse, cette dernière s’étant faite discrète sur la fin de cette réunion pour le moins troublante.

- Tu parles d’un scoop !!
- De quoi tu parles ?
- De ton succès auprès des hommes pardi !!
- Hum !! Oui… ça m’en a tout l’air, mais… tu crois vraiment que cela tient à la présence d’Alexandre ?
- Tu en doutes encore ?
- Je ne sais qu’en penser en fait, pourquoi alors cela ne nous l’a pas fait plus tôt ? Après tout voilà déjà quatre ans qu’il est ici, alors pourquoi maintenant ?
- Qu’est-ce que j’en sais, je dis juste ce que tous ressentent depuis quelques jours !! D’ailleurs pourquoi n’as-tu pas voulu suivre les autres qui se rendaient à l’ancien dispensaire pour le rencontrer ?

Ludovic s’assoit en soupirant, conscient que sa décision en a surpris plus d’un.

- Pffttt !! Je préfère éviter un contact trop proche de lui pour le moment, je me suis assez pris d’allusions pour aujourd’hui sans tenter plus le diable.

Mélanie vient s’asseoir sur ses genoux en lui entourant le cou de son bras.

- Ce n’est pas une découverte pour moi que mon mari plaise autant, il faudrait que je sois aveugle et sourde dans le cas contraire.

Elle l’embrasse longuement avant de reprendre la parole.

- Tu n’as jamais été tenté ?
- Comment ça tenté ? Par quoi ? Les garçons ? Non jamais, pourquoi cette question ? En douterais-tu par hasard ?
- Bien sûr que non, allons !! Juste d’y avoir pensé, ce n’est pas un crime non plus.

Ludovic va pour la rembarrer vertement quand un souvenir le traverse d’une pensée peu sage qu’il a occasionnellement envers une personne qu’il affectionne particulièrement et bien sûr son hésitation à répondre est de suite interprétée par son épouse.

- Là !! Tu vois !!
- Je vois quoi ? OK j’avoue qu’il m’est arrivé quelques fois de trouver un certain charme chez un garçon, mais ma pensée n’a jamais été plus loin.
- Yuan ?

Ludovic ouvre grand les yeux de surprise que sa chérie ait deviné de qui il s’agissait.

- Euh… oui… mais comment…
- Bah !! Ce n’est pas très difficile à imaginer, c’est le premier nom qui vient à la bouche de tous dès qu’on aborde ce genre de sujet. Je ne voyais personne d’autre à part peut-être son fils à la façon dont tu me l’as avoué.
- Je ne t’ai rien avoué, que vas-tu encore chercher là !! J’ai juste dit que je lui trouvais un certain charme, pas que je rêvais de coucher avec !!
- Mais ça pourrait arriver ?
- Mais non enfin !!

Il hésite avant de poursuivre, voulant à la fois clore une bonne fois pour toutes le sujet tout en étant tout à fait honnête avec lui-même.

Encore une fois Mélanie fine mouche et connaissant son chéri par cœur, s’aperçoit de son hésitation.

- Oui ?? Tu allais dire quelque chose ?
- Juste que je ressens quelque chose de particulier avec « Yu », je ne pense toutefois pas que cela remette en question mon hétérosexualité… c’est juste que… Arrhhh !! Je ne trouve pas les mots !!
- On a tous un jardin secret où nos pensées les plus profondes restent tout au fond de nous, je ne pense pas que ce que tu ressens soit contre-nature, juste que tu te refuses à en prendre conscience.
- Arrêtons là tu veux bien, je ne sais pas ce que vous avez tous à vouloir me caser avec un autre gars !! Est-ce que je te demande si tu ne veux pas essayer avec une fille ou encore un couple ? Peut-être que moi oui !!

Le déclic se fait autant dans l’esprit de Mélanie que dans celui de Ludovic, c’est encore elle qui la première dévoile sa pensée et bien entendu l’étonnement qui va avec.

- Antonin !! Mais oui suis-je bête, c’est ça !! Tu aimerais remplacer Antonin qui a arrêté depuis quelques années sa relation avec Patricia et Yuan.

Ludovic rougit brusquement, révèlant ainsi qu’elle a vu juste et ce même si la dite révélation vient juste de se faire également pour lui.

- Je ne te suffis donc plus ?
- Mais non enfin !! C’est cette conversation qui dérape jusqu’à nous mettre tout un tas d’idées confuses en tête, je commence à croire moi aussi qu’Alexandre y est pour beaucoup dans cet état de fait qui sinon ne nous serait très certainement jamais venu en toute conscience. D’ailleurs depuis tout à l’heure on ne parle que de moi… et toi là-dedans ? Tu n’as pas une envie qui ressort ? Un gars ? Une fille ? Les deux ?

Mélanie est en toute vraisemblance surprise par la question rien qu’à voir la tête qu’elle fait, n’ayant pas eu ce genre de pensée, obnubilée qu’elle était sur le cas de son chéri à lui découvrir une envie cachée.

Elle le prend finalement avec le sourire, en se disant que c’était le retour du bâton à toutes ses questions ayant fini par faire avouer à son homme un fantasme bien enfoui en lui.

- S’il y avait plus d’hétéro alors la question se poserait peut-être ! Hi ! Hi ! Seulement voilà…

Elle fait un tour complet sur elle-même les bras écartés en grand.

-… ce n’est pas ce qu’il y a de plus représentatif autour de nous.
- Arrête, tu veux bien !! À t’entendre on croirait que c’est « Gayland » ici !! Si tu ne te bases que sur le groupe formé en France, alors je ne dis pas mais ce n’est qu’un dixième à peine des employés du site, il suffit de te faire de nouveaux amis pour te rendre compte que les Gays ne restent qu’une minorité en dehors de notre cercle d’amis.
- Ça veut dire quoi ?
- Comment ça ?
- Tu veux que je me trouve un amant ??
- Pffttt !! Tout de suite !! Je réponds juste à une fausse idée que tu te fais, après tout je ne vois pas pourquoi tu ne serais pas touchée également par la vague d’hyper-sexualité que nous ressentons tous.

La main de « Ludo » part sous la jupe de Mélanie sans qu’elle fasse le moindre geste pour l’en empêcher, un sourire lui venant alors sous la moiteur révélatrice de sa petite culotte.

- Ahhh !!

Le petit cri de plaisir lui indique qu’il a cette fois ci toute autorité pour poursuivre ses investigations, ce qu’il ne se prive pas de faire tout en se moquant gentiment d’elle.

- Je comprends mieux pourquoi tu insistais tant sur le sujet ! Hi ! Hi ! Dis-moi ce qui te plairait ? Ton fantasme le plus secret ? Un autre garçon ? Une fille ? Seule ou avec moi ? Allez dis-moi ?

Mélanie n’est plus en état de répondre à cette joute verbale, sa main libérant le membre en rut de son petit « Ludo » chéri pour venir s’y asseoir d’un mouvement souple alors qu’il n’a que juste le temps d’écarter la petite culotte pour laisser le passage.

Le tremblement rapide de tout le corps de son épouse surprend Ludovic, il comprend alors combien l’excitation était là depuis tout ce temps qu’elle était sur ses genoux et sans doute avant ça, pour que l’orgasme déjà commence à la prendre alors qu’il vient juste de la pénétrer.

Rien que cette pensée lui remonte des picotements depuis le bas du corps, tremblant à son tour en diapason de son épouse qui entre en transe sous la remontée de l’orgasme puissant qui maintenant la secoue de la tête aux pieds tandis que lui se vide par saccades sous un plaisir aussi bref que fulgurant.
« Modifié: 23 juillet 2020 par laurentdu51100 »

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CHAPITRE 13 : « Centre hospitalier De Bierne » « Alan »


Alors que beaucoup commencent à se faire la remarque qu’il règne au complexe une ambiance libidineuse de plus en plus marquante, Mickaël et Alan ont accompagné Tom au village de ses parents.

Ils ne manqueraient pour rien au monde cette visite à chaque passage qu’ils font sur cette planète et où résistent encore avec peine ils doivent bien le reconnaître, des civilisations d’un autre temps.

Alors que dire pour eux qui trouvent déjà dépassé l’endroit le plus moderne sur Terre qu’est le complexe hospitalier De Bierne, quand ils se retrouvent devant toutes ces huttes au milieu d’enfants nus et bruyants, gardés par des vieillards tellement ridés qu’ils ne pensaient pas que ça pouvait exister.

Pourtant aussi bizarrement que cela puisse paraître, ils s’y sentent particulièrement bien, un peu comme s’ils revivaient eux-mêmes une expérience inscrite dans leurs gènes depuis la nuit des temps.

Le fait de se sentir bien au milieu de ce peuple encore appelé « sauvage », fait que la tribu le ressent et les accepte avec un regard particulier, qu’ils n’ont pas et tant s’en faut, avec les autres étrangers leur rendant parfois visite.

Akim l’oncle de Tom est le chef de la tribu depuis que son père Okoumé lui a passé le flambeau lors d’une cérémonie où justement ils étaient tous deux présents.

C’est donc lui qui les reçoit avec le sourire enjoué de celui qui revoit des amis de longue date malheureusement perdus de vue, tandis que Tom les quitte le temps de revêtir une tenue moins voyante.

Le jeune Massaï entre donc dans la hutte qui est leur logis quand avec Nicolas ils passent quelques jours au village, surpris d’y trouver son jumeau qui en toute vraisemblance l’attendait.

La joie de le voir le précipite dans ses bras, Flo l’accueillant contre lui comme le plus précieux des trésors, Tom lui manquant toujours autant depuis qu’il a quitté la tribu pour vivre à plein temps avec les hommes blancs.

Le lien pourtant est resté le même qu’à leurs premiers pas, sincère et perdurable dans le temps jusqu’à leur mort, aussi restent-ils un long moment à s’étreindre jusqu’à ce qu’ils aient assouvi leurs besoins de contacts physiques.

Flo desserre enfin son étreinte en dévorant son frère des yeux, ce dernier gardant un sourire épanoui tout en se déshabillant de ses vêtements de ville pour attraper la tenue qu’il porte quand il est ici.

- Pourquoi ne portes-tu plus l’étui des hommes faits ?
- Sans doute pour ne choquer personne !!
- Nicolas n’est pas avec toi, alors où est le risque ? Tu n’as jamais été attiré par quelqu’un de la tribu il me semble ?
- Tu as raison mais je ne suis pas venu seul, Alan et Mickaël m’accompagnent comme à chaque visite qu’ils nous font au complexe.
- Oui et alors ?

Le sourire mi-figue, mi-raisin de son frère alerte Flo qui comprend alors qu’il y a anguille sous roche.

- Ne me dis pas que tu…

Le hochement de tête affirmatif confirme ce qu’il craignait.

-… Nicolas est au courant j’espère ?

- Bien sûr que oui !!

Tom voit son jumeau s’asseoir sur la natte à même le sol, il comprend qu’il ne s’en tirera pas aussi facilement sans lui avoir tout raconté, aussi s’assied-il face à lui en soupirant pour ne rien lui cacher.

- La dernière fois qu’ils sont venus déjà…

Flo écoute tout en marquant certains passages par des expressions parfois comiques, Tom sait qu’il ne le juge pas alors que sa sexualité est à l’opposé de la sienne.

Le lien qu’ils ont entre eux est suffisamment puissant pour passer outre à ce genre de formalités et ce n’est qu’une fois toute l’histoire dévoilée, qu’une idée vient à Tom et qui déjà l’amuse rien qu’en pensée.

Il lui tend alors d’une main la chemise ample en toile qui devait lui servir de vêtement, tout en attrapant de l’autre l’étui pénien qu’il a reçu lors de son passage au titre d’homme fait.

- Échangeons nos places, je ne pense pas qu’ils s’apercevront de la supercherie, d’autant plus que nous n’avons jamais songé à le faire avant ça.

Flo s’en amuse tout en lui jetant un regard soupçonneux, les frasques de son frère et de son inséparable Nicolas, restant encore suffisamment fraîches à sa mémoire pour qu’il se méfie de l’idée que Tom vient d’avoir.

- Explique-moi avant l’idée générale !!
- C’est juste pour s’amuser, tu n’auras rien à faire d’autre que de te tenir près de moi en répondant comme si tu étais moi et je m’occupe du reste ! Hi ! Hi !
- C’est justement la dernière partie qui m’inquiète.
- Tu ne risques rien je t’assure.
- Il me semble que c’était déjà la même affirmation la dernière fois avec « Nico » et comme d’habitude c’est moi qui me suis fait avoir, comme par « miracle » il n’a même pas été question de vous deux. J’ai dû passer un temps infini avec père à tenter de m’expliquer pour qu’enfin il me croie.

Tom fait mine d’être déçu en connaissant suffisamment son frère pour savoir que sa mine contrite le ferait céder encore cette fois, reconnaissant quand même au passage qu’avec « Nico », il leur a souvent servi de bouc émissaire à réaliser les tours les plus pendables aux plus jeunes de la tribu.

Maintenant il est convaincu qu’il s’en réjouit tout autant qu’eux et qu’il a bien compris que c’était leur façon à eux de lui montrer combien il avait d’importance dans leurs cœurs.

Il repose donc l’étui pénien en faisant la moue, tout en faisant mine d’enfiler la chemise que son jumeau lui arrache presque des mains.

- Bon d’accord… mais pas d’embrouilles cette fois, promis ?
- Promis !! C’est juste pour leur faire une blague.

***/***

« Une heure plus tard dans la hutte de Tom. »

Alan tient le tissu humide sur son œil tuméfié sous le regard se retenant d’exploser de rires des deux autres, c’est Mickaël qui curieux lui demande ce qu’il s’est passé.

- Tu n’avais donc pas compris la supercherie ?
- Parce que toi oui peut-être ?

Mickaël ne répond pas, pointant l’œil tuméfié du doigt.

- En tout cas il ne t’a pas raté… mais au fait je ne pense pas avoir tout suivi, pourquoi Flo t’a-t-il mis son poing dans la figure ? Ce n’est pas le genre de gars à se comporter comme ça avec les invités, tu as dû lui faire un truc qui nous a échappé ! Hi ! Hi ! Genre lui passer la main au cul ou un truc dans la même veine, avoue !!
- Hum !! Pour tout vous dire je voulais lui foutre la honte devant son frère en le faisant bander, je parle de Tom là bien entendu.
- Oui, et alors ?
- Je lui ai passé la main sous la tunique et lui ai mis gentiment un doigt dans le cul… histoire de l’exciter… enfin, tu comprends…

Il fixe Tom qui vient d’éclater de rire en comprenant enfin le pourquoi du comment.

- Ne rigole pas, je sais que ça te fait de l’effet alors je ne m’en suis pas privé !! Jamais… vous m’entendez… jamais je n’aurais pu imaginer que c’était Flo !!

Le rire de Tom s’accentue et devient vite communicatif, tous trois restent un long moment en crise, chacun bien entendu avec sa pensée propre sur l’affaire, celle de Tom étant que son frère n’avait décidément pas de chance quant aux plaisanteries qu’il manigance avec lui et qui lui retombe régulièrement sur la tête.

Imaginer son jumeau se prendre le doigt d’Alan sans s’y attendre le moins du monde fait céder un dernier barrage, l’urine sortant maintenant de l’étui pénien comme au robinet d’un lavabo.


 
CHAPITRE 14 : « Centre hospitalier De Bierne » « Mélanie Viala »


Le regard qu’elle lance aux garçons de sa classe juste avant la fin du cours de la matinée, amène à la fille de Guillaume et de Léa, un soupir de vive déception.

Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat pense-t-elle et encore moins une « chatte », ceux qui éventuellement lui plaisent sont ou bien déjà à l’université, ou encore déjà en mains par l’une ou l’autre de ses amies, voire amis pour certains.

Il faut dire aussi qu’elle place vraiment très haut ses critères de choix en guise de garçons, il faut à la fois qu’il soit « ceci » ou « cela » sans se rendre compte que le seul prenant en compte tous ces critères n’est ni plus ni moins que celui-là même avec qui elle passe le plus clair de son temps et cela depuis son plus jeune âge.

C’est donc sans trouver fortune encore cette fois à sa recherche du « prince charmant », qu’elle quitte le lycée avec son sac à dos en bandoulière, retrouvant soudainement le sourire une fois dans la cour quand elle s’aperçoit que l’attend devant le porche sa meilleure amie âgée de deux ans de plus qu’elle et qui suit déjà sa deuxième année de parcours universitaire.

Marie-Josée n’est pas ce qu’on peut appeler une fille qui passe sans qu’on la remarque, elle allie la stature, la musculature, la blondeur et les yeux de son père aux restes des traits et la féminité de sa mère.

Fille aînée de Flavien et de Carole, mais pas enfant unique pour autant du fait de son jeune frère avec qui sa relation rappellerait étrangement celle qu’avait Flavien avec Ludovic.

Donc vous l’aurez deviné, c’est une grande blonde aux yeux bleus d’un mètre quatre-vingt-cinq et de soixante-dix kilos qu’il n’est pas bon de venir trop titiller.

Adepte des arts martiaux comme l’est son père, il dégage d’elle une assurance peu commune pour une fille de vingt ans et qui de plus est la doyenne de cette deuxième génération.

Il est donc particulièrement aisé pour Mélanie de l’apercevoir par rapport à la masse compacte et grouillante d’étudiants envahissant la sortie.

- « Marie-Jo » !! Houhou !!

La grande blonde qui fait maintenant l’objet de l’attention générale, lui fait signe de la main comme quoi elle l’a bien vue et s’avance vers elle d’une façon souple et féline, habituée qu’elle est de voir tout le monde se pousser à son passage.

Les deux amies s’embrassent, visiblement heureuse chacune de la présence de l’autre.

- Tu n’as donc pas cours aujourd’hui ?
- Non et du coup je me suis dit qu’une petite virée entre filles nous ferait du bien. À condition que tu n’aies pas cours cette après-midi bien entendu.
- Je n’en ai qu’un et je peux le sécher sans problème.

Marie-Josée s’apprête à faire demi-tour, quand elle stoppe son geste en voyant le regard de son amie toujours tourné vers le bâtiment qu’elle vient de quitter, elle comprend alors ce qui la retient et sourit d’amusement.

- Ne me dis pas que tu attends le nerveux ?
- Si pourquoi ?
- Il va venir avec nous ?
- Ça te dérange ?
- Non pas du tout, j’aime beaucoup ton Mathieu ! Hi ! Hi !
- « Mon » Mathieu ??
- Oui, à qui veux-tu d’autre, vous êtes toujours ensemble !! Je n’ai rien contre, c’est juste qu’on ne pourra pas faire tout ce que j’avais prévu mais tant pis. Je dois bien reconnaître qu’avec lui je m’amuse toujours autant, il tourne toujours au ralenti j’imagine ?
- Oui ! Hi ! Hi !
- Je vois que ça te fait également toujours rire, je me demande bien comment tu vas faire quand un garçon s’intéressera à toi sérieusement ? Tu prévois de l’installer chez toi avec ton mari ?
- Arrête de me charrier tu veux bien, je sais que toi aussi tu l’aimes beaucoup.
- C’est sûr !! Il passerait ne serait-ce déjà qu’aux douze volts, je crois même que je m’y intéresserais carrément.

Le sursaut de Mélanie n’échappe pas à Marie-Josée qui a lancé sa phrase en connaissance de cause, n’étant pas dans son intention de draguer le beau Mathieu mais plutôt de faire réagir son amie pour qu’elle comprenne peut-être enfin que ce qu’elle appelle de l’amitié s’avère très certainement périmée depuis quelques années, c’est tout du moins l’avis qu’a la majorité de leurs amis en parlant d’eux.

Marie-Josée est pour sa part convaincue que c’est justement cette vision qu’ont d’eux les personnes autour d’eux, qui font qu’aucun garçon ni d’ailleurs de fille ne tente leur chance, étant convaincu d’avoir perdu d’avance.

- De toute façon je ne suis pas prête à trouver un petit ami avec les garçons du lycée !!

Marie-Josée sourit car ces paroles vont exactement dans le courant de ses propres pensées à ce sujet.

- Pourquoi donc ? J’en vois quelques-uns qui sont très mignons pourtant ? Tu sembles bien difficile !!

Tout en attendant le fameux Mathieu qui ne donne encore pas signe de vie, elle lui montre tour à tour plusieurs garçons au physique avenant, recevant pour chacun d’eux une réflexion négative sur ce qui ne va pas au sens de son amie.

Elle lui résume alors en quelques mots ce qui pour Mélanie serait le garçon idéal avec qui elle aimerait entretenir une relation, ce n’est qu’une fois l’énumération terminée qu’elle lui répond de façon désabusée.

- Là !!! Tu vois bien que ce n’est pas ici que je vais le trouver.
- Tu me parais bien sûre de toi. Voyons voir…

C’est à ce moment précis que Mathieu montre son nez en sortant du bâtiment, se dirigeant tranquille pépère et sourire aux lèvres comme à son habitude vers la sortie, sans se démonter plus que ça de savoir qu’il fait poireauter sa meilleure amie.

-… essayons de trouver par rapport à tes goûts,… grand !! Je dirais un bon mètre quatre-vingts !! Pourtant tu es toute petite, je ne comprends pas trop mais enfin, chacun ses goûts. On continue… musclé sec mais avec des formes là où il faut ! Hi ! Hi ! Je reconnais bien là ma meilleure amie…
- Il faut ce qu’il faut quand même, avec des tablettes mais surtout de belles fesses et une belle bite ! Hi ! Hi !
- Ah !! Là je ne vais pas pouvoir t’aider n’ayant jamais eu l’occasion de le voir nu, mais je veux bien te croire sur parole.

Marie-Josée voit bien que ces dernières paroles ont amené le trouble à son amie, aussi poursuit-elle sans lui laisser le temps de poser sa question.

- Attends… tu auras la parole une fois que j’aurais fini !! Donc un grand bien bâti, intelligent, tant qu’on y est assez poilu puisque ça a l’air d’être ce type de gars qui te fait kiffer, j’avoue que pour moi je préfère nettement quand c’est dégagé voire lisse. Ensuite !! Brun ou châtain, parce que les autres ont rarement une pilosité très prononcée.
- Châtain j’aime bien !!
- Donc je résume, grand, musclé, intelligent, poilu, bien fessu, bien monté, châtain… quoi d’autre ?
- Gentil !!
- D’accord, je rajoute gentil dans la liste.

Mathieu arrive enfin presque à portée d’eux quand elle lui adresse un sourire qu’il lui rend en accentuant encore plus cette beauté virile qui le caractérise et qui est loin d’amener l’inattention à son égard, si justement tous ne pensaient pas qu’ils étaient plus qu’amis avec celle qu’il ne quitte jamais bien longtemps.

- He bien c’est parfait !! Justement il y a exactement ce type de gars qui se trouve juste derrière toi, à part la virilité qu’il restera à contrôler, pour le reste et beaucoup de patience, je pense qu’il est parfait comme futur mari.

Mélanie marque comme il se doit la surprise avant de se retourner pour tomber quasiment nez à poitrine avec son Mathieu, levant alors la tête pour répondre à son sourire amical.

- Bonjour ma puce, tu vas bien ?

Marie-Josée éclate de rire devant le « bonjour ma puce, tu vas bien » dit d’un ton traînant.

- J’ai juste oublié de te demander si tu étais plutôt lièvre ou tortue, mais tu connais le gagnant de la fable ! Hi ! Hi !

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CHAPITRE 15 : « Centre hospitalier De Bierne » « Mathieu Viala »


Bien entendu Mathieu qui n’a rien suivi de la conversation, ne comprend rien à rien alors que le regard de ses deux amies est braqué sur lui, chacune avec une expression différente comme il se doit.

Marie-Josée se retient comme elle peut de rire, alors que Mélanie commence juste à comprendre où son amie voulait en venir.

Le « Oh » qu’elle pousse alors tient du pur comique, tandis qu’elle met une claque sur le bras de sa copine.

- Mais ça ne va pas la tête !! Je n’avais pas saisi que tu parlais de « Math »… C‘est mon cousin germain je te signale en passant !!
- Oui… et ??

Mélanie va pour lui faire le speech sur la consanguinité, mais préfère soupirer un bon coup.

- Pffttt !!
- Quoi… Pfffff ?? Tu sais aussi bien que moi qu’il n’y a rien qui vous empêche d’être ensemble, ce n’est pas comme si nous étions génétiquement à risques comme le reste du monde.

Marie-Josée surveille d’un œil le beau garçon près d’elle alors qu’elle poursuit sa conversation, comprenant bien qu’il ne cherche même pas à la suivre dans ses allusions et qu’il a déjà complètement décroché en regardant autour de lui avec le sourire toujours aux lèvres.

Elle se demande s’il comprend qu’on parle de lui ou s’il pense que c’est de quelqu’un d’autre, s’adressant cette fois directement à lui pour s’en assurer.

- Tu savais que « Mél » se cherchait un petit copain ?

L’attente d’une réaction qui ne vient pas la décide à utiliser les grands moyens, l’attrapant sans douceur par les épaules pour attirer son attention.

- Oh !! C’est à toi que je parle !!

Le visage étonné qu’il lui lance alors la désarçonne complètement, une légère pointe de jalousie la prend en comprenant que ce garçon malgré son manque évident et légendaire d’énergie, lui plaît réellement.

Ne serait-ce la connaissance qu’elle en a de l’amour que lui porte sa meilleure amie, elle saurait pour sa part le lui faire comprendre sans ambiguïté.

Marie-Josée sent un long frisson la parcourir, quand le regard de Mathieu s’accroche au sien avec en prime ce sourire désarmant qui est une bonne part de son charme alors qu’il ne semble même pas s’en rendre compte.

- Tu disais ??
- Je te demandais si tu étais au courant pour « Mél » ?
- De quoi donc ?
- Pffttt !! Tu vis vraiment sur cette planète ??

Marie-Josée peut lire à livre ouvert la totale incompréhension dans les yeux de Mathieu, aussi préfère-t-elle lui mettre les points sur les « I » sur les critères de choix qu’a Mélanie sur sa recherche d’un petit copain, au plus grand dam de cette dernière qui du coup ne sait plus où se mettre.

Mathieu l’écoute religieusement tout en fixant ses deux amies à tour de rôle, ce n’est qu’une fois que Marie-Josée en a fini et après les quelques longues secondes exaspérantes pour les filles avant qu’il ne prenne enfin la parole et qu’il ne les surprenne en s’adressant à elle.

- Wouah ma puce !! Tu as mis la barre un peu haute il me semble !!

Le tout dit d’un ton qui ne laisse aucun doute aux deux amies sur le fait qu’il ne s’est pas du tout senti concerné une seule minute.

- Tu n’es pas jaloux ??

Marie-Josée le secoue légèrement pour le faire réagir.

- Oh !! Tu m’entends ??
- Pourquoi je serais jaloux de quelqu’un qui n’existe pas encore ?
- Ce n’est pas faux… mais s’il existait, tu le serais ??

Mathieu croit bon faire une pointe d’humour, aussi c’est avec un plaisir bien visible qu’il répond d’une voix moqueuse.

- Faudrait déjà qu’elle trouve l’oiseau rare ! Hi ! Hi !

Un énorme soupir d’exaspération vient alors de la grande blonde, cette dernière s’adressant cette fois à sa copine.

- J’abandonne !! Il est indécrottable… rectification, "vous" "êtes" "indécrottables" !!

Son regard revient alors se planter dans celui du garçon qui n’a absolument pas changé d’expression depuis son arrivée.

- Dis-moi « Math » !! C’est quoi ton genre de fille ?? Peut-être es-tu moins difficile que ta cousine ?

- J’avoue ne pas y avoir réfléchi, nous sommes encore en études alors il n’y a pas le feu non plus.
- Attends !! Tu as dix-neuf ans, pas quatorze !! Beaucoup ont déjà connu des histoires sinon d’amour à tout du moins de sexe à cet âge-là !!
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Pour rien… laisse tomber !!

Son regard revient vers sa copine.

- Il serait temps d’y aller si nous voulons faire quelques boutiques avant la nuit !!

Les trois amis quittent enfin le porche du lycée pour se diriger vers le centre de la petite ville où se trouvent les commerces, Mathieu se rapprochant de Mélanie pour lui parler.

- Qu’est-ce qu’elle a aujourd’hui ?
- Elle voulait juste savoir pour nous deux ?
- Qu’est-ce que ça peut bien lui faire de connaître nos goûts sur un ou une éventuelle partenaire ?
- Qu’est-ce que j’en sais moi !! Elle te trouve peut-être à son goût et n’ose pas te le dire de peur de se faire envoyer bouler.

Le temps que tout fasse le tour dans l’esprit du jeune homme, Mélanie n’y pense déjà plus quand soudainement elle entend son commentaire dit suffisamment haut pour que Marie-Josée l’entende sans chercher à les espionner.

- J’espère que tu te trompes ma puce, peut-être ne sait-elle pas que j’ai déjà quelqu’un ? Je ne voudrais pas qu’elle m’en veuille après coup.

Les deux filles mettent un certain temps avant de bien comprendre la portée de ses paroles, stoppant leur marche en se tournant vers lui pour lui poser la même question avec bien entendu une motivation bien différente en tête.

- Hein !!! Qui ça ?? On la connaît ??
- La ?? Pourquoi forcément… la ??

Mélanie devient blanche, n’ayant jamais envisagé un tel cas de figure où ce pourrait être un garçon, ayant acté depuis bien longtemps qu’il était hétérosexuel.

- Ne va pas me dire que tu aimes un garçon ?
- Pourquoi donc ? Ce serait si mal que ça ? Pourtant nous en connaissons beaucoup autour de nous qui sont en couple sans que vous n’y ayez jamais rien trouvé à redire, je ne vois pas pourquoi cela vous choque d’un seul coup ?
- Mais enfin « Math » !! Tu n’as jamais regardé un garçon jusqu’à maintenant !!


 
CHAPITRE 16 : « Centre hospitalier De Bierne » « Mathis Viala »


Le regard incrédule que lui jette alors son cousin commence à mettre un doute à l’esprit de Mélanie, qui sent une énorme boule lui venir à l’estomac.

Mathieu pour sa part jubile intérieurement, pour une fois que ce n’est pas lui l’objet de moquerie.

- J’en vois tous les jours, comment veux-tu autrement ?
- Oui mais pas de cette façon-là !!
- Pourquoi donc ? Il y a plusieurs façons de regarder ?
- Bien sûr qu’il y en a plusieurs !! C’est suivant l’empathie et la préférence sexuelle de la personne, à t’entendre tu t’intéresserais aux garçons.
- Je n’ai jamais dit une chose pareille !!
- Tu m’excuseras mais alors pourquoi m’avoir reprise quand je t’ai demandé si je « la » connaissais ?
- Parce que cela aurait tout simplement pu être une autre possibilité, ta façon de demander m’ôtait toute autre option.
- C’est donc bien d’une fille qu’il s’agit ?
- Te voilà bien curieuse soudainement, est-ce que je te pose des questions moi ? Je viens juste d’apprendre où vont tes goûts et d’ailleurs, qui a eu la magnifique idée de cette discussion débile ?

Marie-Josée les écoute avec stupeur, c’est bien la première fois qu’elle les voit tous les deux tenir une conversation aussi animée.

Mathieu semble soudainement transfiguré, un sourire lui vient alors qui la conforte dans ses doutes qu’elle avait d’une histoire beaucoup plus sérieuse entre ses deux amis.

- Qu’est-ce qui vous prend à tous les deux, c’est bien la première fois que je vous vois vous disputer.

Son rappel à l’ordre fait taire les deux cousins, Mélanie lui envoie un clin d’œil complice qui montre bien qu’elle est satisfaite d’avoir poussé quelque peu Mathieu hors de lui mais aussi de la surprise de le voir capable de sortir de son état quasi permanent de léthargie.

État qui revient vite à la normalité quand elle se tourne de nouveau vers lui, son visage lui montrant des traits redevenus lunaires.

- Eh bien !! Fallait être là au bon moment pour le voir ! Hi ! Hi ! Je ne pensais vraiment pas trouver un jour le sujet qui le ferait sortir de ses gonds !!

Mélanie reste néanmoins songeuse, depuis tout à l’heure les paroles de son amie lui reviennent comme un leitmotiv et l’aident pour beaucoup à prendre conscience de ses véritables sentiments envers Mathieu.

« Je ne suis pas dans la merde maintenant » pense-t-elle en reprenant sa marche vers le centre-ville, préférant de loin son ancienne façon de voir les choses qui lui permettait d’être tout simplement avec lui sans se poser de questions existentielles.

Ce n’est qu’après un petit quart d’heure de marche, qu’ils arrivent enfin à destination et qu’ils entrent dans la première boutique, commence ensuite un marathon de shopping qui au bout de deux bonnes heures les amène à s’asseoir avec soulagement à l’une des tables de leur petit bistro favori.

Marie-Josée prend la main de Mathieu dans la sienne, pour le féliciter d’autant de patience à suivre deux filles sans manifester d’impatience.

C’est Mélanie qui lui renvoie la repartie qui convient.

- Il adore ça au contraire ! Hi ! Hi ! Ça lui permet d’être lui-même, l’attente étant de loin son sport favori !!

Les deux amies éclatent de rire sous le regard amusé du garçon qui en a tellement entendu sur le sujet, qu’il n’y prête plus attention depuis déjà bien longtemps.

La porte émet le petit tintement avertissant d’une entrée ou d’une sortie, le bar est suffisamment tranquille pour que tous machinalement se retournent afin de voir qui entre.

- Oncle « Math » !!

Mélanie se lève pour lui faire signe, heureuse de voir son oncle qui pourtant semble plutôt morose en répondant à son geste d’un sourire visiblement forcé.

Après les quatre bises de rigueur et une fois tous à nouveau assis, c’est elle encore qui s’enquiert de son air tristounet en en connaissant parfaitement la raison d’être.

- Oncle Damien te manque !

Un faible sourire vient avec sa réponse.

- Plus que je m’y attendais, je n’arrive même plus à trouver le sommeil depuis qu’il est parti.
- C’est pareil pour ma grand-mère tu sais, elle fait de son mieux pour que personne ne s’en rende compte mais tous ceux qui la connaissent un tant soit peu ne s’y laissent pas prendre.

Marie-Josée leur prend une main à chacun pour montrer qu’elle partage leur peine.

- Il va bientôt revenir, « oncle » Florian ne lui laisserait jamais arriver quelque chose de mal vous le savez bien. En plus il est avec Thomas, je suis certaine qu’il s’amuse comme un fou ! Hi ! Hi ! Oncle « Dami » est resté gamin malgré son âge, « Oncle « Flo » a dû lui réserver quelques farces qu’ils ont l’habitude de se faire dès que l’occasion se présente.
- Je le sais bien mais je n’y peux rien s’il me manque, pourquoi « Flo » ne m’a-t-il pas envoyé avec lui là-bas ?
- Lui en as-tu tout simplement parlé ? Tu sais bien comment il est, je suis quasi certaine qu’il n’y a même pas pensé.
- « Marie-Jo » a raison tonton, c’est juste parce qu’il était au bon moment au bon endroit, je suis certaine que tu aurais été avec eux dans le sas ce jour-là, tu serais parti toi aussi.

Un silence se fait soudainement, jusqu’à ce qu’il soit brusquement interrompu par une interjection donnée à voix haute qui ramène l’attention sur Mathieu, ce dernier avec son téléphone à l’oreille étant l’auteur de cette dernière.

- Tu trouves ça drôle de laisser « oncle Math » se faire du mauvais sang ? Rappelle-moi quand tu auras écouté ce message !!
- À qui tu parles là ? Ce n’est pas à Florian que tu t’adresses sur ce ton quand même ?

Mathieu ne se démonte pas le moins du monde et sourit à son oncle, ne voyant pas dans sa façon d’agir ce qui a bien pu lui valoir cette réflexion.

- Et encore j’ai été gentil, sinon je l’aurais traité de salaud !!

Mélanie lui pose le dos de sa main sur le front.

- Tu es malade ? Sans doute la discussion animée de tout à l’heure qui t’a mis le cerveau en chauffe !!

Mathieu lui repousse la main avec douceur mais fermeté.

- Pourquoi tu me dis ça ? Je n’ai pas le droit de lui dire ses quatre vérités ? Vous êtes toujours tous à le diviniser, même quand il se permet des trucs sans nous consulter à l’avance !! Je suis sûr qu’oncle "Math" ne me dira pas le contraire cette fois, pas vrai tonto… mais ?? Où est-il passé ?

Le regard des deux filles sur la place vide montre bien qu’elles non plus, n’ont rien vu venir.

- Il est sans doute aux toilettes, je n’ai pas entendu le carillon de l’entrée !!

Alors qu’elle termine sa phrase, Mélanie voit un client sortir des fameuses toilettes et après un temps de réflexion, elle pousse un petit soupir de soulagement en s’adressant à Mathieu.

- Ton message a été reçu cinq sur cinq on dirait bien !!

Ce dernier fronce les sourcils, restant droit dans ses bottes sur sa façon de voir les choses.

- Oui mais toujours sans demander l’avis de personne, il y a des coups de pied au cul qui se perdent je ne vous dis que ça !!

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Florian 18 ans surdoué (Livre 4) - tome 3 - Chapitre 17 & 18
« Réponse #10 le: 23 juillet 2020 »
CHAPITRE 17 : « PENN » « Damien »


Florian a le sourire quand il se déconnecte de ses amis après avoir reçu le message de Mathieu, il apprécie particulièrement ce garçon qui ne mâche pas ses mots et qu’importe l’interlocuteur, remettant souvent en question la détermination de la personne concernée par la justesse de ses pensées.

Cette fois encore il doit bien reconnaître que la faute vient de lui, n’ayant pas intégré Mathis dans ses plans du seul fait que pour lui revivre sa première rencontre avec Thomas lui aurait très certainement fait remonter des émotions pas forcément agréables.

Il doit reconnaître également avoir complètement zappé que la séparation du couple pourrait amener un tel malaise, se donnant comme excuse qu’il ne comptait pas les voir séparés plus que quelques jours.

C’est donc sans plus attendre qu’il a rectifié la situation en prenant par ce seul fait une deuxième dose de reproche venant du jeune Mathieu, d’où son sourire qui lui rappelle de façon flagrante l’état d’esprit d’Aurélien à son âge.

***/***

« À l’intérieur du vaisseau, en fin d’après-midi. »

Encore une longue journée passée à arpenter les couloirs de cet immense vaisseau spatial, Toshio devant trouver de nouveaux « méca » pour ouvrir les portes car ils sont maintenant beaucoup trop loin pour qu’ils puissent revenir à leur lieu de recharge et risquer de tomber en panne d’énergie au retour.

Tout est froid et silencieux, donnant souvent des frissons d’angoisse au petit groupe qui persévère pourtant dans sa quête.

Heureusement qu’Hoshio les transporte une heure par jour à l’extérieur, sinon ils auraient depuis longtemps rebroussé chemin.

Cette fois encore, le sas venant de s’ouvrir ne donne que sur un autre couloir identique à celui où ils se trouvent, les rares traçages au sol n’indiquent plus que deux couleurs dont l'une voit ses pointillés se resserrer, preuve qu’ils approchent d’une destination pour eux encore inconnue.

Voldarian est le premier à reprendre la parole après plusieurs heures, n’ayant plus grand-chose à se dire qui n’aurait pas été déjà dit plusieurs fois.

- Je propose qu’on s’en tienne là pour aujourd’hui, peut-être serait-il bon de faire une pause d’une journée pour retrouver un peu de confort. Toshio pourra nous ramener sans risque à cet endroit le moment venu.

Le sourire qu’il peut voir sur tous les visages démontre que son idée n’est pas mauvaise, c’est donc en faisant un signe à Toshio qu’il voit son environnement changer pour se retrouver en plein milieu de la grande place de la cité Elfe.

L’heure suivante passe à donner les dernières nouvelles ainsi qu’au repas de fête offert généreusement par les parents du jeune prince, heureux de le retrouver en bonne santé ainsi que bien entendu le reste du groupe.

La fatigue de la journée plus le repas copieux, les amènent à se décrocher les mâchoires en bâillements aussi démonstratifs que bruyants et donnent le top départ pour retrouver leur chambre, Toshio en profitant pour rejoindre l’île des âmes en leur promettant d’être de retour le surlendemain.

Damien esquisse une légère grimace de désappointement, s’étant habitué à avoir son nouvel ami auprès de lui durant son sommeil.

Il retrouve néanmoins son lit avec un grand sourire, Thomas n’étant pas en reste non plus pour s’approprier le sien en tombant littéralement dessus.

- Ah… que c’est bon !! Je vais sans aucun doute faire le tour du cadran, le premier qui se réveille laisse l’autre dormir… Ok ?
- Pas de soucis ! Hi ! Hi ! Sauf si Lorgan vient te rejoindre.
- On s’est mis d’accord pour s’accorder chacun une bonne nuit de sommeil, donc il n’y a pas de risque qu’on soit dérangé.

La conversation s’arrête naturellement pour ne plus laisser entendre que leur respiration calme et sereine, « PENN » entrant dans la pénombre sous la luminance diffuse de son principal astre de nuit.

« Deux heures plus tard environ. »

Eldarian termine de rêvasser en admirant le clair de lune et il s’apprête à faire comme le reste du groupe pour rejoindre son chéri au lit, quand il ressent soudainement une présence derrière lui.

Son instinct guerrier prend le dessus sur lui le temps qu’il se remette en mémoire l’endroit où il se trouve et l’impossibilité qu’une personne étrangère puisse passer au travers de la surveillance jamais mise en défaut des abords de la cité.

Il tempère donc son instinct en se dirigeant vers la source du bruit, distinguant de mieux en mieux l’homme qui semble à le voir complètement perdu à chercher à comprendre où il se trouve.

- Vous cherchez quelqu’un ou quelque chose ?

L’homme surpris se retourne d’un bond, laissant voir ses traits au maître guerrier qui à son tour marque l’extrême désarroi devant la beauté virile de ce grand blond ressemblant à Thomas avec une vingtaine d’années de plus d’apparence.

Devant le mutisme de ce dernier qui le détaille à son tour de la tête aux pieds, il comprend alors qu’il vient d’ailleurs et de la même façon que sont arrivés ses nouveaux amis.

- Loup aurait pu nous prévenir qu’il nous envoyait quelqu’un !!

Mathis entend cette voix gutturale au langage inconnu qui pourtant reste compréhensible à son cerveau, aussi répond-il en Français sans plus se poser de questions.

- Loup ?? Qui est donc ce Loup dont tu parles ?
- Sans doute connais-tu mon frère sous un autre nom, Florian ?
- Florian ? Ton frère ?

Sur le coup de la surprise, Mathis a complètement oublié les histoires entendues lors des rares visites de Florian au complexe et son esprit a du mal à faire la liaison avec les paroles de ce garçon ressemblant pourtant étonnamment à Florian ne serait-ce sa couleur de cheveux.

- Où suis-je donc ?
- Sur « PENN » pardi !!

Eldarian voit bien le trouble qu’occasionne sa réponse, il se met à ricaner devant ce qu’il comprend être une nouvelle farce venant de son jumeau.

- Hi ! Hi ! À te voir il ne fait aucun doute que tu ne t’y attendais pas, pas vrai ?
- Pour ça c’est sûr !!
- Tu viens de la Terre ou de l’imperium ?
- De la Terre !!
- Je discuterais bien plus longtemps avec toi, mais j’ai eu une longue journée et je suis crevé, Damien vient lui aussi de la Terre et j’imagine que tu le connais ?

Pas besoin de réponse devant le sourire éclatant de l’homme à l’énoncé du prénom de son nouvel ami, il se souvient soudainement de ce que lui a raconté Damien sur sa vie sur Terre mais surtout sur la personne avec qui il est en couple, faisant le rapprochement avec l’inconnu qui semble avoir le même âge.

- Ne serais-tu pas… Mathis ?? Mais bien sûr !! Je pose la question alors que ta ressemblance avec Thomas est pourtant flagrante !! Je t’emmène jusque-là où couche Damien, je suis sûr que tu voudras lui faire la surprise de ton arrivée ici ! Hi ! Hi ! Décidément mon frangin est un sacré blagueur ! Hi ! Hi ! À voir ta tête tu n’étais pas au courant qu’il t’envoyait rejoindre ton copain ?
- J’avoue que je ne me remets qu’à peine de la surprise de me retrouver ici !!
- En plus tu as de la chance de nous y trouver, ce n’était pas prévu à l’origine qu’on revienne par ici avant d’avoir toutes nos réponses.


 
CHAPITRE 18 : « PENN » « Mathis »


Comme il va de soi, Mathis ne comprend rien à ce qui paraît pourtant si évident pour ce garçon qu’il rencontre pour la première fois et qui lui parle comme à une vieille connaissance, souriant jusqu’aux oreilles de ce qui pour lui n’est rien de moins qu’une nouvelle frasque venant de son jumeau.

La surprise de se retrouver là est bien trop grande pour qu’il ait les idées suffisamment claires pour lui demander des explications, aussi le suit-il sans rien dire vers ce qui ressemble à des cabanes nichées au milieu de la forêt.

Ce n’est qu’une fois arrivé devant l’une d’entre elles à ras du sol, que son guide se retourne sur lui avec ce regard mutin qu’il ne connaît que trop bien.

- Thomas et Damien dorment ici, ne te trompe pas de lit surtout ! Hi ! Hi !

Mathis se contente d’un sourire gêné en guise de réponse, ce qui apparemment convient à son nouvel ami qui le quitte sans plus de cérémonies.

Le silence de la nuit est assez impressionnant pour quelqu’un comme lui habitué à entendre les bruits de la faune sauvage jamais loin du complexe.

Heureusement que la lune de cette planète diffuse suffisamment de clarté pour qu’il puisse se déplacer sans buter dans un quelconque obstacle, entrant dans la cabane sans bruit.

La première sensation qui lui vient est celle sereine d’une pièce où il y fait bon vivre, suivie ensuite par les bruits légers de la respiration de ses occupants endormis.

Il ne lui faut pas bien longtemps pour distinguer lequel des deux est son chéri, ne serait-ce déjà à la façon de dormir qu’a Damien avec la tête recouverte par le drap, alors que Thomas au contraire se retrouve presque complètement découvert jusqu’à la ceinture.

Il hésite alors sur la conduite à tenir, ayant bien compris que personne ici n’est encore au courant de son arrivée hormis bien entendu le frère de Florian.

Le manque de câlin de ces derniers jours lui dicte la conduite à tenir, c’est donc tout sourire qu’il se déshabille sans faire de bruit pour rejoindre ensuite celui qui est et restera l’amour de sa vie.

La sensation divine de retrouver la douceur et la chaleur de sa peau monte à la tête de Mathis qui du coup se retrouve bandé comme un cerf, venant se serrer au plus près contre Damien pour ne faire plus qu’un avec lui.

Aussi qu’elle n’est pas sa surprise quand il l’entend marmonner dans son sommeil.

- S’il te plaît… nous avons convenu de ne rester qu’amis… rappelle-toi que je ne suis pas seul.

Bien que ce soit dit de façon hachée et quasi inaudible, il n’en reste pas moins qu’elle lui pose suffisamment de questions sur la nature de ses paroles.

Mathis connaît suffisamment celui qui partage sa vie depuis si longtemps, pour que le doute ne reste que le temps de la surprise et le désir de ne faire plus qu’un revient encore plus puissant, son sexe venant se frotter contre la fesse de son amant endormi.

Damien commence à sortir du sommeil en ressentant une présence blottie contre lui de façon suffisamment claire pour qu’il s’en étonne, d’où sa phrase pour remettre les pendules à l’heure avec celui qu’il pense l’avoir rejoint dans son lit.

L’insistance de ce dernier l’éveille complètement, sentant bien ce que peut être cette chose toute dure qui s’écrase contre sa fesse.

L’envie lui vient un bref instant de faire semblant de dormir, le manque de câlin et ses sentiments pour Toshio lui rendant particulièrement faible sa résistance à la tentation.

Pourtant l’image de son grand blond lui vient et qui de suite le fait se ressaisir, se tournant vers celui qu’il pense être le gardien des âmes.

- Arrête ça, tu veux !! Je…

La différence de taille même de nuit ne fait que lui sauter aux yeux, aussi il a un instant de bug avant que sa vue ne s’habitue à la pénombre et qu’il ne fasse plus de doute sur la personne couchée près de lui.

- « Math » ??

La surprise est telle qu’il a presque crié son prénom, aussi Mathis met-il son doigt devant sa bouche pour lui faire baisser le ton.

- Chut !! Tu vas réveiller Thomas sinon !!
- C’est bien toi ?
- Il me semble bien ! Hi ! Hi !
- Mais… comment ?
- Tu poseras la question au rouquemoute à l'occasion.

Le grand blond voit bien que va se mettre en route la machine à questions célèbre au complexe et démontrant une fois de plus l’immense curiosité naturelle de son chéri, aussi y coupe-t-il court en venant poser ses lèvres contre les siennes dans un baiser passionné qui stoppe net toute velléité de nouvelles interrogations venant de lui.

Le manque ressenti aussi bien d’un côté que de l’autre ces derniers jours, rend la situation particulièrement « tendue » et il n’est nul besoin de jeter d’huile sur le feu pour les embraser, le reste du corps donnant la suite logique au baiser sensuel devenant sexuel au fil des secondes qui passent.

La discrétion n’étant pas réellement de mise, éveille à son tour Thomas qui au départ croit comme Damien à un retour inopiné de Toshio.

Il comprend pourtant rapidement aux bruits caractéristiques qu’il y a anguille sous roche, préférant se la jouer discret en cherchant une explication aux petits râles de plaisir de plus en plus sonores qui s’échappent de l’autre lit.

Thomas connaît suffisamment Damien pour avoir très vite la certitude qu’une seule personne peut l’avoir amené à se lâcher comme cela semble le faire, aussi prend-il l’initiative de s’en assurer avant que ça ne devienne trop compliqué pour lui à devoir assister aux ébats amoureux de ses deux amis.

Il se redresse donc en faisant suffisamment de bruit pour alerter ceux qui ne s’étaient plus rendu compte de sa présence.

- Hum !!

Il voit bien le sursaut des deux hommes qui se redressent à leur tour pour regarder dans sa direction, visiblement gênés de s’être fait surprendre.

Thomas retient de justesse le sourire moqueur qui lui vient à les voir visiblement aussi empruntés, préférant se lever pour sortir de la chambre en les laissant se retrouver sans témoin gênant.

- On parlera de ça demain, je vous laisse à vos… retrouvailles.

Il est déjà dehors que les deux autres en sont encore à en revenir de la surprise que leur a donné sa réaction, s’attendant plutôt à tout un tas de questions sur la présence de Mathis et au pire à quelques moqueries sur leur manque de discrétion.

Lui vient alors à l’esprit qu’il ne va pas lui être possible de tenir sa promesse de ne pas ennuyer Lorgan cette nuit, n’ayant nulle part autre où aller.

De plus le peu qu’il ait entendu des ébats de ses deux amis, lui a retourné le sang en lui amenant une envie de se blottir une fois de plus dans les bras du jeune Elfe pour qui il éprouve un réel sentiment amoureux.

C’est donc en tenue minimaliste qu’il se rend dans sa chambre pour venir se serrer à son tour dans ses bras, ce dernier l’ayant entendu venir, ronronnant déjà du plaisir anticipé de ce qui va suivre.

- « Thom » ? Je croyais que…
- Chut !! Demain les explications, pour l’instant je n’ai qu’une envie, celle de te serrer dans mes bras pour te faire l’amour.


« Modifié: 23 juillet 2020 par laurentdu51100 »

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Florian 18 ans surdoué (Livre 4) - tome 3 - Chapitre 19 & 20
« Réponse #11 le: 23 juillet 2020 »
CHAPITRE 19 : « PENN » « Damien »


Là où il avait été décidé d’une bonne nuit de repos loin de l’inconfort du vaisseau c’est du coup vite transformé en ébats sexuels, du moins pour ceux qui en avaient fait le vœu pieux.

Damien ahane d’une voix rauque sous les coups de boutoir de son amant insatiable, ce dernier semblant avoir des réserves suffisantes pour y passer la nuit entière.

Il en est à son troisième orgasme anal, quand enfin son amant se libère de sa gourme dans un dernier coup de reins possessif.

Le moment de tendresse qui suit cette chevauchée leur donne l’envie d’inverser les rôles, Mathis ayant bien eu conscience du plaisir qu’a pris son amant et du coup se sent tout excité à le ressentir à son tour, ce qui convient particulièrement bien à son amoureux qui ne demande que ça.

C’est donc sans plus attendre qu’ils remettent le couvert, au tour du grand blond d’émettre les râles à chaque intromission invasive de son compagnon qui respire de plus en plus fort à mesure qu’approche pour lui la délivrance, se retenant juste pour qu’elle arrive en même temps que celle de celui qui le fixe avec les yeux ronds sous l’emprise des sensations qui lui traversent le corps et qui restent les mêmes que vingt ans plus tôt, loin de la lassitude qu’éprouvent beaucoup de couples.

***/***

« À l’aube ce matin-là. »

- Hummmm !! Serre-moi fort, tu m’as tellement manqué !!

Mathis sourit en fixant le dos nu de Damien, son bras accentuant sa pression sur sa poitrine pour répondre à sa demande alors qu’il est encore à moitié endormi.

Il n’en revient toujours pas d’être là, la transition s’étant faite quasi instantanément bien qu’il soit parfaitement conscient de l’espace considérable qui sépare les deux systèmes solaires.

« Si seulement nous avions ce pouvoir, combien serait facile pour nous d’éradiquer la surpopulation. » Pense-t-il tandis que ce réveil lui donne l’envie de prendre une nouvelle fois son copain, ce dernier encore tout chaud des quelques heures de sommeil qu’ils se sont octroyées.

Son sexe déjà à la bonne hauteur n’a aucun mal à trouver son chemin, aidé par la bonne volonté manifestée de son partenaire qui se cambre de façon à le recevoir.

Quelques petites poussées brèves sans pénétration achèvent d’exciter Damien qui commence à marquer une certaine impatience.

- Tu attends quoi, vas-y j’ai trop envie !! Arrhhh !! Salaud… non… reste dedans juste le temps que je me réhabitue.

Mathis sourit derrière son dos en restant immobile alors qu’il n’a qu’une envie, celle de le prendre avec force et passion, attendant avec impatience l’autorisation qui ne devrait pas tarder.

- Que tu te « réhabitues » ?? Après cette nuit je trouve que tu « oublies » vite ! Hi ! Hi !
- Tu discutes encore ?? Qu’est-ce que tu attends pour me donner du plaisir ?? Peut-être que tu as déjà perdu le mode d’emploi ?? Arrhhh !!

Mathis donne plusieurs coups de reins avant de se rebloquer au fond et de prendre le temps de lui susurrer à l’oreille d’une voix à l’évidence moqueuse.

- T’inquiète je l’ai sous les yeux !!

Suit alors une bonne dizaine de minutes où sortent de la chambre divers bruits qui n’échappent pas comme il se doit aux premiers debout de la cité passant par là.

Eldarian accompagné d’Aerandir faisant partie du lot, le maître guerrier venant sans complexe frapper à la porte de celui pour qui tout comme pour son frère il considère déjà comme un véritable ami.

- Un peu moins de bruits s’il vous plaît !! Il y a des enfants qui pourraient vous entendre !!

Suit un bref instant de silence avant que la cavalcade ne reprenne de plus belle jusqu’à sa conclusion, laissant les deux garçons restés dehors un moment sans voix.

- Ou ils sont sans gêne ou ils ne m’ont pas entendu !!
- J’opte pour le premier !! Damien devait vraiment se sentir trop seul.
- Je suis curieux de voir leur tête ce matin ! Hi ! Hi ! Thomas doit être avec ton frère je présume, ou alors il a un sommeil de plomb.
- Vu que Lorgan n’est toujours pas sorti, j’imagine que oui !! Tu me disais que l’ami de Damien ressemblait à Thomas ?
- En plus mature oui et crois-moi, il n’y a rien à jeter non plus.
- Dommage que Loup n’ait pas pu…

Eldarian ne préfère pas répondre à cette question que lui aussi s’est maintes fois posée, ici aussi certaines personnes proches de son jumeau prennent de l’âge et que ce soit ses parents adoptifs, ses frères et sœurs de lait ou ses amis du temps où il vivait parmi eux, seul lui, son chéri et son plus jeune frère, ont eu droit à cette immortalité tant convoitée.

***/***

« L’heure du petit-déjeuner commun. »

Ils sont déjà tous assis dehors à la grande table commune, quand arrivent les deux couples retardataires et que tous découvrent le fameux Mathis qui en apercevant son « frère », vient se jeter dans ses bras.

Thomas le reçoit avec un plaisir plus qu’évident, ayant une affection particulière envers lui qu’il ne ressent pas forcément de la même façon avec celui ayant gardé ses dix-huit ans et faisant partie des « élus ».

Ils se séparent après quelques longues secondes d’étreinte, Mathis se laissant détailler de la tête aux pieds, conscient de ce à quoi pense Thomas.

- Ça me fait tout drôle de revoir mon grand frère faisant vingt ans plus jeune que moi.
- Et moi donc !!

Lorgan après une brève étreinte de bienvenue lui pose la question que sans doute tout le monde ou presque se pose.

- Comment as-tu atterri ici ?

Mathis raconte alors les derniers instants passés sur Terre avant son départ, terminant par ce qui pour lui doit être l’explication de sa venue.

- Mathieu n’a pas mâché ses mots, j’imagine que « Flo » s’est senti merdeux sur ce coup-là et me voilà, j’avoue que j’en suis particulièrement heureux !! Déjà d’être avec « Dami » mais également de pouvoir tous vous connaître et voir comment vous vivez.

Damien hoche la tête en signe qu’il est d’accord avec lui.

- En plus c’est rassurant de savoir qu’il sait exactement où nous sommes.
- Il pourrait quand même nous tenir au courant de ce qui se passe avec « PENN », je ne comprends pas trop sa façon plus qu’étrange d’agir avec nous.

Mathis leur fait un bref débriefing des derniers événements survenus aussi bien au complexe qu’à l’école où se trouvent ceux dont la parenté avec Florian et Thomas a été démontrée.

- Tu dis « qu’Alannn » et « Mickaëlll » sont sur Terre ?

Mathis sourit à Thomas qui semble surpris d’une telle décision.

- Et heureux de l’être crois-moi ! Hi ! Hi !


 
CHAPITRE 20 : « PENN » « Toshio »


La journée de repos passe donc très rapidement du fait de leur nouvel invité qui pose autant de questions qu’il en reçoit de la part de tous, la fin de la journée arrive donc alors que beaucoup de choses semblent maintenant plus claires.

Reste la question posée sur les intentions finales de ceux qui ont manigancé tout cela et bien sûr du grand mystère d’Alexandre, Mathis n’étant pas le plus au courant de ceux du complexe pour ne pas s’y être intéressé plus que ça.

Après le dîner, reste le problème du couchage car il paraît évident que les deux couples n’ont pas l’intention de s’endormir sitôt au lit, Lorgan invite donc cette fois encore Thomas à dormir chez lui sous les regards indéchiffrables de ses parents.

Ce n’est qu’une fois seul avec Lorgan que Thomas lui en fait la remarque.

- Tu n’as pas trouvé tes parents bizarres tout à l’heure ?
- Ils sont un peu sous le choc de découvrir que j’ai des relations avec une autre personne que Loup !!
- Qu’est-ce qu’ils diraient alors si on leur parlait d’Antonin ! Hi ! Hi !

Thomas surveillait d’un œil curieux la réaction du jeune prince Elfe en faisant mention de celui qui a la même place que lui dans son cœur et celui de Florian, le fait que justement il n’en montre aucune, attise encore plus son désir de savoir où ils en sont.

- Parce que tu ne vas pas le laisser dans son coin, pas vrai ?
- Heu !!! « Tonin » ne t’en a pas parlé ?
- Parlé de quoi ?

Lorgan devient rouge en baissant les yeux, Thomas commençant à comprendre de quoi il retourne.

- Tu ne vas pas me dire, que vous… enfin, que vous… l’avez déjà fait ??

Lorgan hoche la tête en signe affirmatif, ce qui amène un pincement au cœur à Thomas d’être resté en plan.

- Depuis quand ?

La façon dont est posée la question ne laisse aucun doute sur l’amère déception qu’éprouve le grand blond et Lorgan qui a l’oreille fine de ceux de son espèce ne s’y trompe pas.

- Quelques mois avant qu’on se retrouve ici tous les deux, à ma dernière visite à l’Imperium pour tout te dire !! Tu sembles déçu ??

Il sourit en relevant la tête.

- Jaloux peut-être ! Hi ! Hi !

Redevenant sérieux, le jeune Elfe croit bon de s’expliquer afin d’ôter tout doute que pourrait avoir Thomas sur la raison qui a fait qu’il ne soit pas au courant.

- Antonin était là au bon moment c’est tout, cela aurait pu être toi mais reconnais que du fait de ta fonction tu n’es pas facilement abordable.
- Florian était avec vous deux ?
- Hummm !! Oui et c’est d’ailleurs parce qu’il était là que ça a pu être possible, tu ne m’en veux pas, dis ??
- Mais non allons !! Juste que j’ai été surpris de l’apprendre, du coup il n’y a plus de craintes à avoir de ma part si tu nous acceptes tous les trois.
- Juste qu’il faut que je sois honnête jusqu’au bout, mes sentiments les plus forts restent pour Loup !! Je ne voudrais pas qu’il y ait méprise à ce sujet, je vous aime un peu comme vous aimiez vos autres compagnons avec qui vous partagiez votre lit.
- C’est déjà beaucoup parce que nos amis comptent toujours beaucoup pour nous, ce qui est devenu plus rare niveau sexualité pour des raisons qui nous sont propres n’a rien changé sur l’amitié indéfectible que nous ressentons les uns pour les autres.
- Je sais bien que j’y suis pour beaucoup, ne fais pas celui qui s’en offusque puisque c’est Loup lui-même qui me l’a dit.
- Tu n’arrives donc pas à l’appeler Florian ?
- C’est un peu pareil pour toi qui penses toujours que je parle d’un autre ! Hi ! Hi ! N’oublie pas que je l’ai connu alors que Florian n’existait pas encore.

Ils sont tellement pris par leur conversation, qu’ils ne voient pas apparaître Toshio à quelques pas d’eux et qui leur pince les fesses en riant à gorge déployée du sursaut qu’ils ont.

- Hi ! Hi ! Vous ne m’avez même pas vu tellement votre conversation devait être intéressante !!
- Oups !! « Tosh » ?? Tu ne devais pas revenir que demain pour retourner avec nous au vaisseau ?
- Oui mais je m’ennuyais.

Thomas sourit en le fixant de ses yeux bleus à la fois si beaux, si troublants et si pénétrants.

- De nous tous ou bien d’un seul en particulier ?
- Ai-je besoin de répondre ?

Lorgan le voit se rembrunir.

- Ne sois pas triste, tout peut arriver !!
- Il m’a déjà recalé deux fois alors je ne me fais plus trop d’illusions, il ne pense qu’à celui qui est resté sur Terre.

Thomas lui pose une main sur l’épaule en cherchant les bons mots pour qu’il garde l’espoir.

- Peut-être qu’il attend d’en parler avec Mathis… il ne ferait rien derrière son dos. Je ne l’ai pas une fois entendu te dire qu’il ne t’aimait pas mais plusieurs fois il a été fait allusion à la confiance qu’il y avait entre eux deux.
- Tu crois qu’ils m’accepteraient ?

Autant Thomas que Lorgan se regardent avec le même trouble marqué sur leur visage, le jeune Elfe est le premier à lui demander ce qu’eux deux cherchent à savoir.

- Tu l’aimes donc tant que ça que tu es prêt à accepter une deuxième personne, qu’importe qui elle soit ?

Le mutisme embarrassé de Toshio vaut réponse.

- Si je m’attendais à celle-là !! Tu entends ça « Thom » ??
- Qu’y a-t-il de si surprenant à ça ? N’est-ce pas ce que nous vivons nous-même depuis quelques jours ?
- Oui mais c’est de Damien et de Mathis que nous parlons !! De plus ils ont vingt ans de plus que lui d’apparence tout du moins et sont de réputation monogame il me semble.
- Je ne vois pas le problème, Damien est à croquer et ce même si personne de nos amis ne lui a fait du rentre-dedans, à cause de l’amitié fraternelle entre lui et Florian dit en passant. Idem pour Mathis avec moi pour principale cause cette fois-ci, ce qui a fait qu’ils ont toujours été plus ou moins mis à l’écart sur le plan sexuel.

Lorgan tout comme Toshio voient bien le trouble soudain de Thomas.

- Oui… mais encore ??
- Pour être sincère je vous avouerais que ce qui est toujours autant valable pour Damien, l’est beaucoup moins pour « Math ».
- Comment ça ?? Explique-toi !!
- Pour Florian que ce soit le Damien de quarante ans ou celui de vingt, ses sentiments sont les mêmes et le resteront à mon avis pour toujours, il est comme ça et rien ne le changera.
- Tandis que pour toi avec « Math » ?
- Depuis que ma mémoire est revenue, je sais bien qu’il n’est pas le Mathis qui est réellement mon frère et j’avoue que la maturité qu’il a prise depuis notre départ, me trouble suffisamment pour que certaines pensées me viennent et je ne serais pas plus étonné que ça à apprendre un jour que « Flo » pense pareil.

Lorgan opine de la tête.

- J’avoue qu’en le revoyant tout à l’heure, j’ai également été troublé sans pour autant avoir des envies spéciales envers lui. Maintenant je comprends quelqu’un qui pourrait en avoir.

Toshio sursaute en comprenant enfin le sens de sa phrase, l’espoir peut alors se lire sur son visage.

- Ne me dites pas qu’il est ici... sur « PENN » ?
- Si… pourquoi ??
« Modifié: 23 juillet 2020 par laurentdu51100 »

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Florian 18 ans surdoué (Livre 4) - tome 3 - Chapitre 21 & 22
« Réponse #12 le: 23 juillet 2020 »

CHAPITRE 21 : « PENN » « Damien »


- Vous auriez pu commencer par me dire ça !!
- Ha !! Parce qu’on se doutait peut-être que tu ne verrais pas d’un mauvais œil une approche avec « Math » ?
- En plus tu ne sais même pas quelle tête il a !!

Toshio fixe Thomas avec un air suffisamment moqueur pour que ce dernier se rende compte de l’incongruité de sa phrase.

- J’imagine facilement en te rajoutant quelques années de plus.

Toshio hésite un bref instant avant de reformuler sa réponse.

- Ou plutôt Tomoya dans une vingtaine d’années…
- Tu es toujours amoureux de mon fils ?
- Bien sûr, pourquoi cette question ?
- As-tu pensé qu’il pourrait ne pas voir d’un bon œil que celui qu’il aime passe du bon temps avec deux quadras qui de plus lui sont de parfaits inconnus ?
- J’aurais de bons arguments s’il s’en offusque.
- Du genre ?
- Hum… qu’il m’est passé sous le nez sans sembler s’intéresser à moi par exemple.
- Tu sais bien que ton père lui a effacé la mémoire à ton sujet.
- Il ne lui a pas interdit de retomber amoureux… oui… non ??
- Ce n’est pas une excuse… autre chose de plus crédible ?
- Mon âge !!

Thomas et Lorgan se regardent sans comprendre, Toshio s’amusant ouvertement à les observer.

- Je suis toujours vierge je vous signale.
- À ton âge beaucoup le sont encore.
- Je serais curieux que tu m’en présentes un qui comme moi a vécu plusieurs centaines de milliers de « doubles lunes ».

Lorgan sourit à son tour en se rappelant qu’en effet le gardien des âmes a toujours existé dans la culture Elfe et ce aussi loin que la mémoire des anciens quand ils racontent aux plus jeunes comment a toujours été la vie de leur peuple.

- Vu comme ça il n’y a pas grand-chose à dire, à part peut-être que tu pouvais te trouver quelqu’un sur « PENN ».
- Et tromper mon amour ?? Tu n’y penses pas !!
- Alors comment tu appelles ce que tu t’apprêtes à faire ?

Toshio rame désespérément pour trouver une réponse plausible, ne comprenant pas vraiment pourquoi subitement son attirance va pour Damien alors qu’il sait pertinemment que son amour pour Tomoya reste le même qu’aux premiers jours, sa récente rencontre quoique brève avec lui en a été la confirmation flagrante.

C’est Lorgan qui sans le vouloir lui donne une réponse qui le satisfait, reconnaissant même qu’il s’en était déjà fait plus ou moins consciemment la remarque depuis qu’ils lui sont apparus sur « PENN » et qu’il a senti l’appel pour aller vers eux.

- Peut-être est-il arrivé à l’âge où sa parenté avec Loup lui donne les mêmes besoins pour exploiter au mieux son potentiel.
- Tu parles de cette frénésie de sexe qui l’oblige à avoir plusieurs partenaires ?

Lorgan se retourne vers Thomas qui vient de lui poser la question.

- N’est-ce pas quelque chose que nous ne remettons jamais en doute ? Imagine que Toshio soit pour moitié de ce qu’est son père ?
- Houlà !! J’en connais qui ne vont pas s’ennuyer ! Hi ! Hi ! Surtout pour au moins l’un d’eux qui depuis le temps devait désespérer de connaître ce que nous vivions à cette époque quasiment au quotidien.

Les deux compères se tournent vers Toshio qui les écoute avec un sourire banane qui inévitablement leur rappelle un certain petit rouquin.

- Tu n’as plus qu’à les rejoindre maintenant que nous t’avons donné bonne conscience.

Toshio ne se fait pas prier, laissant ses amis sur place pour rejoindre la cabane où logent ceux qu’il a bien l’intention de mener là où son esprit se trouve déjà en plein fantasme.

***/***

« Une bonne heure plus tard. »

Thomas et Lorgan s’apprêtent à leur tour à aller se coucher après avoir passé un bon moment à discuter sous les étoiles qui semblent de plus en plus distantes, quand réapparaît à leur vue un Toshio visiblement confus qui marche au radar.

Thomas sourit en exprimant à voix basse son ressenti à Lorgan avant qu’il ne soit trop près pour l’entendre.

- Il a fait chou blanc, remarque je m’y attendais un peu.
- Pourtant Damien a eu des regards qui ne trompaient pas ?
- Je ne pense pas que le problème vienne de là mais plutôt, sachant que « Tosh » aime Tomoya, Damien a utilisé la même règle que « Flo » qu’il soit déjà en couple avant tout autre chose les concernant.
- Tu crois ??
- Hum… oui, ma main à couper que c’est ça !!

***/***

« Chambre de Damien. »

Alors que Thomas reçoit la confirmation qu’il ne s’est pas trompé, Damien de son côté s’explique avec Mathis qu’il a bien vu troublé par la demande de celui qui ressemble en beaucoup de points à son père.

- J’espère qu’il comprendra nos raisons.
- Nos raisons ??
- Pourquoi ?? Tu aurais voulu le mettre dans notre lit avec nous alors qu’il en aime un autre ?
- Sais-tu combien cette putain de règle m’a fait mal ?? De ne pas pouvoir avoir de relation avec Florian parce que Thomas était supposé être mon cousin. Te souviens-tu combien j’ai souffert alors qu’en plus je savais que notre attirance était réciproque !! Ensuite il y a eu nous deux et ça c’est encore plus compliqué avec « Flo » qui te considère comme un frère. Du coup on a fait bernique alors qu’ils s’éclataient tous comme des malades.
- Pourtant tu as eu une occasion à l’époque souviens-toi…
- Tu parles de la fois où Thomas t’a emmené dans l’autre chambre pour soi-disant faire l’amour avec toi alors que Florian était resté avec moi dans la nôtre ?
- Je vois que tu t’en souviens parfaitement.
- Je me rappelle aussi comment tu flippais et la façon dont les choses se sont soudainement présentées, ça sentait le coup fourré à plein nez.

Damien voit bien que son homme monte sur ses grands chevaux. Connaissant parfaitement son tempérament batailleur, il décide de le calmer alors qu’ils viennent juste de se retrouver après tous ces jours d’éloignement l’un de l’autre.

La fougue de Mathis excite au plus haut point la libido de Damien qui reconnaît sans complexe être en manque de sexe et le lui fait alors bien comprendre.

- Tu sais à quoi je pense quand tu es dans cet état ?

Le regard de Mathis s’adoucit en comprenant l’appel du pied, reconnaissant volontiers lui aussi ressentir cette envie de plus en plus pressante de prendre son compagnon de toujours dans ses bras pour un « câlin » qui devrait les emmener loin dans la soirée et ce malgré leur âge avec en plus le fait d’être ensemble depuis plus de vingt ans.

La main du grand blond part chercher à l’endroit où il sait pertinemment trouver la « pensée », dans le but de vérifier qu’elle est bien aussi raide qu’il s’y attend, alors que lui l’est déjà depuis plusieurs minutes.

- Hum !!! Ta « pensée » sait se faire convaincante ! Hi ! HI !


 
CHAPITRE 22 : « PENN » « Voldarian »


« Le lendemain matin à l’aube. »

Comme à l’accoutumée, la grande table conviviale regorge de mets que leur offre sans compter la nature et déjà beaucoup y sont attablés quand arrive par couple le groupe s’apprêtant à rejoindre le vaisseau pour poursuivre leurs recherches.

Voldarian commence à bien tous les connaître, il comprend donc que les deux nuits qui devaient être réparatrices ont eu l’effet inverse.

Les yeux bouffis des trois couples en dit plus long sur leurs activités nocturnes que n’importe quelle parole, c’est donc d’un simple soupir montrant bien sa désapprobation qu’il les accueille à table.

Ce n’est qu’après avoir vidé plusieurs bolées de boissons chaudes revigorantes et avalé quelques mets succulents, qu’ils commencent tous à reprendre des couleurs et à s’intéresser au programme des prochains jours.

Il est comme de bien entendu nécessaire d’expliquer à Mathis l’historique de leur recherche, ce dernier faisant les yeux ronds en comprenant qu’ils ne sont pas là que simplement pour passer du bon temps.

- Vous pensez réellement trouver des personnes vivantes dans le vaisseau ? Après autant de temps ?

- Si les cellules de stases sont toujours alimentées, alors il y a de grandes chances.
- Ce n’est pas toi qui m’as dit juste avant que l’énergie était absente à part la première section qui s’est réactivée ?
- De ce que je me rappelle de ce genre de vaisseau, il était compartimenté de façon à protéger en priorité les sections vitales. Donc en toute logique les salles de stases sont celles qui le sont le plus avec le poste de pilotage.
- Admettons !! Qu’arrivera-t-il si vous réveillez l’équipage ? Après tout ce temps, je pense qu’ils auront du mal à comprendre qu’ils sont d’une époque révolue sur leur propre planète.
- Ce n’est pas le plus important.

Mathis reste perplexe à la pensée de ce qu’il a entendu, mais surtout que ses amis en soient tous aussi preneurs à ce qui pour lui n’est qu’une perte de temps.

Thomas lui prend la main pour attirer son attention et lui parler à voix basse, certaines choses ne concernant pas forcément tous ceux présents autour d’eux.

- Tu te dis que notre démarche est puérile.
- Heureux de t’entendre le reconnaître. Si j’ai bien saisi la raison de votre expédition, c’est juste dans le but d’avertir l’Imperium au sujet de « PENN » ?
- Nous ne connaissons rien de ceux qui la détournent de ses objectifs, mais quelque chose m’alerte et me dit que ce n’est assurément pas dans un but pacifique.
- Sans doute as-tu raison à ce sujet, mais encore une fois que penses-tu faire contre quelqu’un ayant la puissance suffisante pour détourner un système stellaire entier et même si ce dernier est artificiel, Florian ne laissera pas mettre en danger les centaines de trilliards d’espèces intelligentes qui croient en lui.
- Je cherche juste à le mettre au courant, pour le reste ce n’est que préventif au cas où. Tu sembles avoir une bien piètre opinion de la puissance réunie des milliers de planètes qui forment l’alliance de l’Imperium.
- Ce n’est pas du tout ça !! Juste que pour moi tout se joue à un niveau bien supérieur, j’arrive sans a priori alors que vous êtes plongés dans cette aventure depuis déjà plusieurs jours. Il arrive souvent qu’un regard neuf amène la lumière là où l’habitude, comme des œillères, nous la voile.

Damien qui jusque-là écoutait sans rien dire, se manifeste pour donner son opinion.

- C’est toujours mieux que de rester à se morfondre et à ne rien faire, de toute façon la visite de ce vaisseau est aussi excitante qu’instructive !! Rends-toi compte que tu vas visiter l’intérieur d’une technologie encore loin d’être connue sur Terre.

Voldarian pour qui rien n’échappe, sourit en entendant Damien et s’avoue pour lui-même qu’il en est au même point, la curiosité étant plus pour lui le moteur de cette expédition que le fait d’alerter un imperium qu’il ne connaît et pour cause, que depuis peu.

Il fait signe au gardien des âmes quand le petit-déjeuner se termine, ce dernier les renvoyant sans plus de façon à l’endroit exact qu’ils avaient quitté l’avant-veille.

Le cri de surprise que pousse Mathis les amuse beaucoup et aide à passer la transition, Voldarian recréant le halo lumineux d’une brève incantation alors que Toshio repart jusqu’au local entretien pour envoyer un nouveau « méca » derrière le sas où ils se trouvent.

***/***

« Une demi-journée plus tard. »

L’indication qu’ils suivent au sol est enfin devenue continue, indiquant par là qu’ils arrivent à un endroit stratégique du vaisseau.

Le sas devant eux s’ouvre et laisse apparaître une salle qui semble à première vue immense, une luminescence rassurante donne l’espoir qu’ils arrivent enfin dans une zone encore en activité et ce même si celle-ci est pour l’instant minimaliste.

Ils s’écartent le temps que le méca reparte vers un lieu de charge, tout en sachant pertinemment qu’il tombera en panne bien avant.

Toshio aide à son tour pour donner de la lumière maintenant qu’il n’a plus pour le moment à aller chercher de nouveaux robots, celle-ci étant de loin beaucoup plus puissante et leur donne une vue d’ensemble plus juste de l’impressionnante salle où ils se trouvent maintenant.

Mathis ne peut s’empêcher de dire tout haut ce qu’il ressent à la vision qu’il a sous les yeux.

- On se croirait à l’intérieur d’une ruche, je me demande bien à quoi servent toutes ces alvéoles tapissant les murs ?

Thomas ne se pose pas ce genre de question, ayant de suite reconnu les caissons de stases qui ressemblent point par point à celles de son jeu favori.

Il se dirige donc vers les plus proches pour vérifier leur état, s’apercevant avec un certain désappointement qu’elles sont vides et inactives.

Une heure plus tard il leur faut bien constater que toute la salle est dans le même cas de figure, c’est Thomas toujours lui qui les rassure alors qu’il voit bien leurs grimaces de désappointement.

- Cela ne veut absolument rien dire, des salles comme celle-ci, il y en a des dizaines !! Sans doute les ancêtres des humains sur « PENN » devaient occuper les cellules vides que nous avons sous les yeux.

Damien quant à lui se trouve avec Voldarian devant ce qui ressemble fort à un pupitre de commande où seule une minuscule lueur jaune démontre que l’énergie y est toujours présente.

Ils ont beau tenter d’actionner les divers boutons et leviers, rien n’y fait et ils doivent bien vite convenir qu’ils n’arriveront à rien, jusqu’à ce que Damien se souvienne d’un truc et ne se tourne vers Thomas.

- Hep !! Thomas !! Par ici !! Peut-être que comme pour la salle d’entretien il y a besoin de ton ADN pour réactiver le pupitre.
- J’arrive !!

Une fois Thomas face au tableau, il l'observe attentivement en cherchant ce qui pourrait lui permettre d’accéder aux commandes.

Une sorte de plaque en verre avec un trou en son centre l’interpelle suffisamment pour qu’il y pose la main, ressentant aussitôt une légère piqûre dans sa paume.

- Aie !! C’est quoi ce bordel !!

Personne ne pense à lui poser la question sur ce qui se passe tellement le bouleversement autour d’eux les interpelle.

Une voix quasiment identique à celle déjà entendue résonne alors que la salle semble reprendre vie.

- Bonjour humain, que puis-je faire pour vous ?

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Florian 18 ans surdoué (Livre 4) - tome 3 - Chapitre 23 & 24
« Réponse #13 le: 23 juillet 2020 »

CHAPITRE 23 : « Shanpaï » « Takumi »


« Dimanche matin. »

Florian est déjà levé mais flemmarde le nez collé au carreau à regarder la pluie tomber, une certaine nostalgie l’a pris dès le réveil qu’il n’arrive pas à s’ôter de la tête.

« Comme ce serait bien d’être monsieur tout le monde et de ne dépendre que de la fragilité et de l’intellect d’un corps humain normal" pense-t-il alors qu’il observe avec un sourire d’affection les quelques étudiants qui bravent le temps pour traverser la cour.

Ce qui l’a mis dans cet état n’est rien de moins que la journée et la soirée de la veille, Tomoya, Xiao, Hoshio et quelques autres étant mis en spectacle pour les deux concours qui sont de traditions dans toute l’Asie et ce depuis les premières heures de l’école d’élite qui forme la plupart des futurs dirigeant du pays.

Les deux challenges, celui du popular vote et du Mister campus, sont attendus comme une fête par les plus anciens et comme une initiation pour les nouveaux.

Cette année il doit bien reconnaître qu’il n’y a pas vraiment eu de surprises quant au gagnant des deux challenges, quoiqu’il s’en soit fallu de peu que Tomoya n’ait que la deuxième place au popular vote.

Il a eu chaud au cœur quand les résultats sont tombés et d’apprendre que Xiao n’était qu’à une dizaine de « likes » du premier, reconnaissant bien l’empathie qui faisait déjà de lui une figure emblématique du complexe.

Hoshio en troisième position assez loin derrière du seul fait de l’année passée encore trop présente dans le souvenir de beaucoup de ceux qui ont exprimé leurs préférences.

Par contre le Mister campus était gagné d’avance par celui qui ressemble tant à son père et qui expert en arts martiaux leur a fait une démonstration époustouflante, en enchaînant les mouvements de plusieurs d’entre eux dans une chorégraphie laissant l’assistance sans voix.

Difficile derrière ça pour les autres concurrents d’apporter un semblant d’intérêt, Xiao n’ayant quand même pas manqué d’en faire sourire voire rire plus d’un en se plantant royalement alors qu’il avait voulu imiter la prestation de son « oncle » au cirque qu’il avait tant de fois entendu raconter et visionner, au point de connaître par cœur le moindre geste.

Le garçon dans le costume de panthère noire étant loin des prestations données par « Kinou » cette fois-là, Florian sourit quand même en ressentant la fierté d’être toujours à la meilleure place dans les pensées comme dans le cœur du jeune homme.

Sa décision prise depuis plusieurs jours ne montrera ses fruits que dans quelques années, quand certaines personnes proches s’apercevront qu’il reste avec toujours la même jeunesse physique.

Il ne lui reste plus qu’à le convaincre de le rejoindre dans l’Imperium, conscient que cette décision sera très difficile à prendre, tout du moins dans un premier temps, tant que ses parents et amis restés sur Terre seront encore en vie.

Pour ses fils il ne leur laisse pas vraiment le choix, n’étant tous les deux pas de ce temps niveau intellectuel et risquant de priver la Terre d’étapes nécessaires à sa maturité.

Pour ceux de Thomas, il reste à l’écoute de leurs décisions et bien entendu de l’avis de son chéri, quand la question sera abordée avec lui.

Florian sait très bien que ce n’est pas cela qui l’a rendu morose ce matin, mais la décision qu’il a prise il y a des années de quitter cette planète en laissant tous ceux qu’il aime vivre leur vie sans lui.

La maturité de Yuan, de Raphaël et d’Éric, lui montre bien quel homme il aurait pu être s’il n’avait pas décidé de rester avec cette apparence d’ado qui maintenant ne lui paraît plus aussi idéale.

- Encore devant la fenêtre à rêvasser !!

Florian ne marque aucune surprise à l’interrogation venant de son coloc, l’ayant entendu ouvrir la porte et entrer dans la chambre.

- Ça fait du bien parfois de se poser un moment.

Naoki s’avance jusqu’à la fenêtre où sa silhouette prend quasiment tout l’espace.

- Je sens bien que quelque chose te dérange, tu aurais préféré que Tomoya ne gagne pas les deux concours ?
- Bien sûr que non, allons !! Qu’est-ce que tu vas chercher !! Au contraire… je trouve juste que c’était assuré d’avance et que ça enlève une bonne part de l’intérêt du concours.

Naoki hésite à poursuivre, ne sachant pas si son ami souhaite réellement libérer son cœur de cette chape de morosité qu’il ressent ce matin-là.

- Alors peut-être s’agit-il de ton secret ?
- Il y a un peu de ça en effet.
- Tu as peur que la police découvre qui tu es ?
- Je pense que c’est déjà fait.
- Non !!! Pourquoi ne se passe-t-il rien dans ce cas ?
- Sans doute parce qu’ils ont peur de me voir disparaître comme la première fois.

Les deux amis restent silencieux un petit moment avant que Naoki ne reprenne la parole.

- Pourquoi es-tu revenu si c’est pour te cacher ?
- C’est un peu compliqué.
- J’ai tout mon temps aujourd’hui.
- Alors disons que je voulais mieux connaître certaines personnes avant de prendre une décision les concernant directement.
- J’ai entendu pour Tomoya et Shun, ils seraient demi-frères et les fils de ton… heu…
- Amant ?? Chéri ?? C’est exact et d’ailleurs ils ressemblent beaucoup à Thomas pour que je n’aie pas à douter de ce qu’ils sont.
- Cette décision, c’était quoi au juste ?
- Si je te disais de vivre ou de mourir ?
- Je ne te croirais pas… tu… n’es pas ce genre de gars.
- Tu as raison, en fait c’était plutôt de les ignorer ou de les présenter à leur père.
- Je comprends !! Je vois bien que tu les aimes bien, donc ta décision est prise, par contre je ne comprends pas trop pourquoi du coup tu tires cette tronche ?

Naoki hésite avant de poursuivre puis se lance.

- Et pour Toshio ?

Florian se tourne un instant pour fixer son regard si spécial dans le sien qu’il en frémit de trouble.

- Tu sais pour lui aussi ?
- Disons qu’une fois cette histoire de filiation en tête avec « Tom » et Shun, il suffisait de bien regarder pour voir quelques similitudes entre toi et « Tosh », rajouter à ça son intelligence exceptionnelle et le tour a été vite fait, de plus ton comportement étrange depuis que nous partageons la même chambre m’a fait beaucoup cogiter.
- Il ne te reste donc presque plus rien à découvrir ?
- Tu sautes vite les étapes là !! Reste Xiao et les sentiments très forts que tu as envers lui que j’ai remarqués.
- C’est le fils d’un ami très cher et que je considère un peu comme le mien depuis sa naissance, jamais je ne me serais imaginé devenir réellement père un jour. Pour dire vrai, je pensais que c’était impossible.
- Pourquoi impossible ?? Beaucoup d’homosexuels ont eu des enfants ?
- Il n’y a pas que ça, normalement nous ne sommes pas… compatibles.
- Qui ça nous ?
- Moi et les… humains
- Toi… et… tu… n’es pas… humain ??
- Pas dans le sens où tu le vois, je l’ai été très certainement à l’origine et c’est d’ailleurs cela qui a permis la naissance de Toshio, il y avait une chance tellement infime que cela puisse se produire tu comprends ? Sa mère a reçu une espèce de…

Florian éclate de rire en pensant à ce qu’il va dire.

- Hi ! Hi !… Spermatoto préhistorique !! Hi ! Hi !


 
CHAPITRE 24 : « Shanpaï » « Tomoya »


Naoki lui laisse passer son instant d’amusement, pour revenir ensuite sur ses dernières paroles.

- Comment ça préhistorique ?
- En fait pour tout te dire, je pensais jusque-là mordicus que mon corps actuel avait été créé principalement par ma force d’esprit qui ressentait le besoin d’une apparence physique.
- Sais-tu que le fait de te poser des questions ne résout jamais rien au final ? Tes réponses sont encore plus improbables à comprendre que la question par elle-même !
- Pourtant le résumé est entièrement vrai et pour revenir à ta première question, il s'est avéré au final que j’ai eu tort d’avoir eu cette pensée et qu’une part du vrai moi, s’est vu imprégner ce corps. J’avoue qu’à moi aussi cela pose de nombreuses questions qui remettent en cause pas mal de choses que je pensais définitivement réglées.

Florian développe alors ses propres questionnements devant Naoki qui montre de plus en plus combien tout ce qu’il entend lui semble sinon irrationnel, à tout du moins sortant de ce que lui il a toujours cru sur l’origine de la vie.

Tout à son histoire, Florian ne s’aperçoit pas qu’il a un auditoire inattendu qui ne rate rien de la conversation entre les deux colocataires depuis qu’il l’a perçue à travers la porte alors qu’il venait lui aussi avec ses propres questionnements.

C’est donc l’oreille collée au trou de la serrure, qu’il est surpris par Kaito sortant de sa chambre pour se rendre à la cafétéria prendre son déjeuner.

La main se posant sur son épaule fait faire un bond de cabri au grand blond qui n’a que le temps de mettre la main sur la bouche du grand rouquin avant que ce dernier ne prenne la parole au risque de se faire entendre par les deux occupants de la chambre.

Devant les yeux ronds de surprise de « Kai » alors que sa main est toujours plaquée sur ses lèvres, Tomoya ne peut s’empêcher d’avoir un long frisson au contact de cette peau blanche grêlée si douce, chaude et lisse de son copain.

Une pensée inhabituelle tout du moins pour lui, lui vient à cette constatation et cette dernière lui amène une nouvelle fois à se questionner sur les changements ou plutôt les chamboulements dans sa vie qu’il pensait il n’y a encore pas bien longtemps réglée comme du papier à musique.

Kaito le ressent également et du coup ce qui n’aurait dû rester qu’un geste bref pour faire comprendre une situation, s’éternise plus que de raison au point où chacun commence à donner un sens nouveau à la situation.

Le grand rouquin se dégage doucement de la main lui pressant le visage, s’étant bien rendu compte du trouble ressenti et préfère ne pas continuer dans la même ligne, de peur d’avoir mal interprété les secondes précédentes.

Il préfère donc tirer son ami un peu plus loin dans le couloir, en changeant de sujet pour en revenir à sa première surprise.

- Le badge du Mister campus ne t’autorise pas à venir espionner ce qu’il se passe dans les chambres !!
- D’abord et d’une je n’espionnais pas, de deux tu sais bien que ce n’est pas mon genre d’avoir une telle attitude.
- Hum !! Pourtant ça y ressemblait bien.

Tomoya en est toujours à son ressenti sur le dernier contact physique d'avec son ami, aussi se contente-t-il de hausser les épaules sans répondre.

Kaito frissonne à son tour de ce regard si pur posé sur lui, la beauté transcendantale de Tomoya n’étant pas et de loin tant s’en faut une légende, le transperce de part en part.

- Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Tomoya semble soudainement se réveiller, détournant les yeux en cherchant une réponse qui reflète sa pensée sans non plus être perçu comme une proposition à s’envoyer en l’air.

Ce qui n’est bien sûr pas dans son intention, tout du moins pas sans y réfléchir à tête reposée avant.

- Je ne sais pas… depuis quelque temps j’ai des pensées qui me viennent et qui sont loin de celles que j’ai toujours eues.
- Comme nous tous je pense !! Tu parles bien de sexe ou je me trompe ?
- Oui !!
- Ça doit être dur pour toi ?
- Pourquoi donc le serait-ce plus que pour vous ?
- Parce que tu es le seul à être toujours célibataire, voilà pourquoi.

Kaito voit bien la moue désabusée du grand blond.

- Dommage que Toshio ne soit pas là, surtout maintenant que tu te souviens du pourquoi de ta venue ici.
- Mmmm !!
- Pourquoi ne demandes-tu pas à « Tak » quand il revient ? Si je ne m’abuse il a promis à « Hosh » qu’ils seraient bientôt réunis. D’ailleurs ça me fait penser que personne n’a semblé étonné d’apprendre qu’il y avait eu inversion de jumeaux, ou alors je n’y ai pas fait attention à l’époque.

Tomoya préfère botter en touche, n’ayant pas l’intention de dévoiler des choses que lui connaît sans avoir eu l’autorisation de le faire.

- Sans doute !! J’avoue que ça s’est fait sans que personne hormis bien entendu Xiao, ne s’en aperçoive.
- Tiens !! Oui au fait !! En parlant de ça, tu n’as pas trouvé rapide qu’ils se mettent en couple ?
- On en revient au début de notre conversation ! Hi ! Hi !

Les yeux de Tomoya se figent à nouveau dans ceux du grand rouquin qui cette fois encore ressent la décharge électrique émotionnelle qui le fait frissonner.

- Est-ce une idée de ma part ou est-ce que tu t’intéresses soudainement à moi ?

Tomoya rougit sous la franchise du propos, ne pouvant pas nier qu’il y a du vrai dans ses paroles.

- Sans doute est-ce dû à cette atmosphère et le fait comme tu le disais que je sois célibataire en ce moment.
- Tu as déjà eu un petit copain ?
- Non… jamais, mais des petites copines oui ! Hi ! Hi !

Tomoya retrouve vite son sérieux devant le regard marqué du plus vif intérêt que son ami porte sur lui.

- Je t’avoue que jusqu’à il n’y a pas si longtemps et à part Toshio, les garçons ne m’intéressaient pas vraiment.
- Alors que maintenant ?
- C’est justement ce que je cherche à comprendre, pourquoi soudainement cette idée ne me choque plus autant ?
- C’est juste avec moi ou il y en a d’autres qui te font te poser cette question ?
- Heureusement que ce n’est pas avec tous ceux que je croise ! Hi ! Hi !
- Sérieux « Tom ».
- Je viens juste de le ressentir avec toi pour être honnête… mais… il y a eu aussi Takumi et surtout… « Xi ».
- Les deux opposés en quelque sorte, pour Xiao je ne trouve rien à redire puisque nous pensons tous la même chose à son sujet, sa deuxième place si proche de la tienne au popular vote ne fait aucun doute là-dessus et serait menteur n’importe qui, qui prétendrait qu’il lui est indifférent.

Tomoya sourit, déjà parce que son ami s’écarte sans s’en apercevoir de l’attention qu’ils avaient l’un pour l’autre et ensuite parce qu’il attend avec impatience la suite au sujet du petit rouquin, le relançant quand même pour ne prendre aucun risque qu’il revienne à eux deux.

- Alors que pour Takumi ?

Kaito fronce les sourcils en cherchant visiblement à trouver les bons mots pour définir ce qu’il pense du petit rouquin à lunette de geek.

- Une fois avoir fait abstraction des apparences, j’avoue que…

Tomoya accentue son sourire, les paroles de son ami allant exactement dans l’idée qui est la sienne de cet étrange garçon qui est devenu contre toute attente un ami qui compte déjà énormément pour lui.

- Qu’il est plutôt craquant lui aussi ?
- Hum !! On peut dire ça comme ça en effet, j’avoue que s’il me disait oui je ne ferais pas la fine bouche avant de lui donner mon accord.

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Florian 18 ans surdoué (livre 4) - tome 3 - Chapitre 25 & 26
« Réponse #14 le: 23 juillet 2020 »
CHAPITRE 25 : « Shanpaï » « Takumi »


« Une heure environ plus tard à la cafétéria du campus. »

Beaucoup sont restés ce dimanche au campus après la fête de la veille qui les a emmenés loin dans la nuit, remplissant la cafétéria comme un jour de semaine.

L’arrivée du vainqueur des deux compétitions ne manque pas d’attirer l’attention générale, ce dernier accompagné de quelques-uns de ses plus proches amis est très vite suivi d’un tonnerre d’applaudissement, marquant la reconnaissance de tous à ses qualités propres.

Ils rejoignent leur table habituelle où d’autres de leurs amis sont déjà installés, quand un second tonnerre d’applaudissement les fait se retourner avec un certain étonnement dans le regard.

Tomoya sourit en apercevant celui qui l’a occasionné, autant parce qu’il s’en retrouve content pour lui, qu’à voir ses joues s’empourprer de gêne devant cette marque de reconnaissance sur un physique et un intellect lui aussi hors norme.

Hoshio resserre la pression de sa main sur le bras de son chéri, fier mais également un peu jaloux de tous Ces regards bien loin d’être innocents pour certains braqués sur lui.

Le repas n’est que prétexte aux retrouvailles et commence alors un flot de paroles ininterrompues, dans un véritable capharnaüm de sons voulant prendre le dessus les uns sur les autres pour se faire entendre.

Tomoya observe du coin de l’œil Takumi qui n’est jamais en reste pour amener sa part de rigolade, ce qui à l’entendre est encore le cas au moment précis où il s’en fait la remarque.

Le grand blond repense à la conversation vidéo qu’il a eue dans la semaine avec sa mère et l’étrange demande qu’elle lui a faite, l’annulant ensuite sans lui en donner véritablement la raison.

Un picotement dans sa main alors qu’il manipule ses baguettes pour manger, le rappelle à l’ordre de cette fichue coupure faite durant le spectacle avec un élément de décor mal ébavuré, lui donnant matière à faire cette fameuse vérification qu’il s’avoue sans honte ne pas en saisir le but.

Un coup d’œil rapide sur la légère cicatrice au creux de sa main pour vérifier qu’elle est toujours bien visible, une fois chose faite il ne lui reste plus qu’à attendre le bon moment qui arrive en fin du repas quand chacun se sépare pour vaquer à ses occupations propres.

C’est Xiao qui lui donne l’occasion recherchée quand il embrasse Takumi avant de le quitter, faisant la même démarche en tentant de rester le plus naturel possible.

Takumi ne semble pas surpris de son geste et l’embrasse avec un plaisir évident, Tomoya sentant bien l’humidité sur sa joue y applique rapidement la paume de sa main à l’endroit de la coupure, sceptique quand même quant au résultat d’une telle mise en scène.

Il a pour sa défense l’excuse de n’avoir fait qu’obéir à la demande de sa mère, demande qu’il n’avait jamais réellement pris le temps d’analyser jusque-là et ce bien qu’elle lui ait paru particulièrement incongrue.

Il reporte donc son attention sur sa paume juste par acquit de conscience, la surprise le prend alors au dépourvu en lui laissant échapper un borborygme incompréhensible.

- Un souci « Tom » ?

Xiao qui depuis qu’il l’a vu tendre la joue vers son « oncle » cherche à en comprendre la raison alors que d’habitude ils se donnent une poignée de main amicale, il a bien vu son geste et sans hésiter il lui prend la main, y jetant un bref coup d’œil avant de le fixer de nouveau dans les yeux.

- Tu as eu la réponse que tu cherchais ?
- Comment ça ?? Je ne comprends pas !!
- Dans ce cas pourquoi as-tu fait ça ?
- C’était une demande de ma mère, mais je ne m’attendais pas à ça je te l’avoue.
- Quand tu fais allusion à ça, j’imagine qu’il y avait une cicatrice et qu’elle a disparu ?

Tomoya reste un instant à fixer à son tour son ami, ce dernier cherchant à comprendre ce qui ne va pas dans cette conversation et sursaute quand la réponse lui saute à la figure.

- Tu ne te rappelles déjà plus de qui il est ?

L’expression de Tomoya le conforte dans sa pensée, il s’excuse donc de devoir le quitter pour partir retrouver son « oncle » afin de lui demander des explications.

Il le trouve attendant appuyé contre un mur à la sortie de la cafétéria.

- Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je t’attendais !!
- Alors tu sais déjà pourquoi je te cherchais ?
- Par quel artifice crois-tu que je puisse rester ici sans que personne ne vienne me déranger alors qu’il est de notoriété publique pour un certain nombre de gens que je suis bien Florian De Bierne.
- Tu effaces leur mémoire ? C’est bien ça ?
- Juste un peu de brouillard dans leurs pensées quand elles sont dirigées vers moi, suffisamment pour que je puisse encore avoir la paix durant quelques jours.
- Tu comptes donc repartir bientôt ?
- J’ai vu tout ce pour quoi j’étais venu, seule m’importe encore d’avoir ta réponse à ma proposition.

Xiao perçoit bien l’anxiété dans le ton de voix, il n’hésite qu’un bref instant avant de donner son avis sur la question.

- Ce sera avec joie, mais… pas maintenant.
- Ce n’était pas non plus mon intention rassure toi, nous devrons en discuter avec tous ceux concernés mais je suis convaincu que tous y verront là une chance pour ceux qui accepteront ma proposition.
- Combien sommes-nous ?
- Une petite dizaine tout au plus.
- Hein !!! Tant que ça ??

Florian s’étonne de cette marque d’ahurissement à l’énoncé d’un chiffre pour le moins minimaliste à son regard.

- Tu trouves que cela fait beaucoup ? Enlève déjà mes deux fils et ceux de Thomas, ça diminue le nombre de presque moitié.
- Je sais que tu me comptes avec Nicolas et Tom, alors qui sont les trois autres ?
- J’ai bien dit tout au plus, en fait je pensais également à Alexandre mais aussi à Mathieu et Mélanie.
- Tu leur as déjà fait ton… truc ??
- Si tu entends par mon « truc » le fait de ne plus vieillir alors oui et à part pour Alexandre, je vous ai déjà tous fait mon « truc » comme tu le dis si bien.

Xiao n’est pas surpris plus que ça d’entendre son « oncle » mettre Mélanie et Mathieu dans le lot, connaissant bien l’affection qu’il a pour eux à l’identique de celle qu’il éprouve pour lui et ses deux meilleurs amis.

- Alexandre ?? Je ne connais qu’un seul Alexandre, le mec qui faisait son stage de véto avec oncle Raphaël. Je ne savais pas que vous étiez aussi proches ?
- Je dois t’avouer que c’est très récent.
- Qu’en pense oncle « Raphi » ? Il me semble qu’il le couvait du regard à la moindre occasion.
- Tu avais déjà vu ça toi ?
- Faut dire aussi qu’il n’était pas des plus discrets ! Hi ! Hi ! Mais sans rire, tu ne lui ferais pas ça… rassure-moi ?

Florian hésite avant de dévoiler un autre secret, alors qu’il est encore beaucoup trop tôt et qu’il n’est pas lui-même assuré d’avoir perçu les choses le concernant comme étant justes.

- Je soupçonne qu’Alexandre ait été placé là par des personnes ayant un objectif bien ciblé… moi !!
- Un espion ??
- En quelque sorte, mais un espion qui n’est pas conscient d’en être un et qui pourrait même être beaucoup plus que le croient ceux qui l’ont envoyé.
- Du genre ??
- Du genre que je n’aurais jamais imaginé possible avant de le connaître.
- Tu m’intrigues là, ne me dis rien si tu veux garder ça pour toi, je comprends fort bien que je n’aie pas à être au fait de tout ce qui te concerne.
- Ce n’est pas ça, ne va pas t’imaginer des choses qui n’ont pas lieu d’être non plus, c’est juste que je ne suis pas encore certain à cent pour cent de ce qu’il est réellement. Le doute quoique minime que je fasse erreur m’empêche d’en révéler trop.


 
CHAPITRE 26 : « Shanpaï » « Xiao »


Xiao fronce les sourcils en comprenant que celui qui pour lui peut réaliser l’impossible, en soit arrivé à avoir cette hésitation sur ce qui pour lui n’est encore qu’un simple gars lambda.

- Je ne connais pas trop Alexandre mais quand même suffisamment pour l’avoir vu à maintes reprises en rendant visite à « oncle » « Raphi », il ne me semble pas dangereux le moins du monde et j’avoue qu’il a un petit quelque chose qui le sort du lot.
- Tu peux préciser ta pensée ?
- Et bien… comment dire… je sais d’où nous vient cette particularité physique qui fait se retourner sur nous et je n’y ai jamais réellement prêté attention, j’ai aussi beaucoup d’amis entre guillemets normaux.
- Et donc, le rapport avec Alexandre ?
- Disons que le jour de notre première rencontre, je me suis demandé duquel de tes amis il était le fils et je me suis rappelé qu’il y en avait quelques-uns qui ne nous avaient pas rejoints au complexe, du coup j’avais trouvé ma réponse et depuis je n’y avais plus pensé.
- Je peux t’assurer pourtant que ce n’est pas le cas, vous en auriez entendu parler puisqu’il est à peu de chose près du même âge que Ludovic.

Xiao aperçoit Hoshio au loin, ce n’est pas que la conversation avec son « oncle » ne soit pas passionnante, mais son intérêt n’est pour lui que relatif alors que le petit gars tout mignon qui s’apprête à entrer dans le quartier des dortoirs l’est assurément plus.

- Je suis sûr que tu démêleras rapidement l’énigme autour de lui, excuse-moi mais le devoir m’appelle ! Hi ! Hi !

Il va pour s’éloigner quand une pensée soudaine l’arrête venant d’une conversation qu’il a eue plus tôt avec Kaito.

- Ah oui au fait !! Une dernière chose !! Tu le fais revenir quand Toshio ?
- Pourquoi cette question tout d’un coup ??
- Parce que Tomoya reste avec Shun le seul célibataire du groupe et qu’il commence à avoir les hormones qui se retournent sur elles-mêmes ! Hi ! Hi ! Ce matin il a presque dragué « Kai » ouvertement.
- Je vois… il faudra qu’il se retienne encore quelques jours.
- C’est toi qui déclenches tout ça ? La nuit le dortoir commence à devenir un vrai baisodrome ! Hi ! Hi !
- Tu oublies Hoshio.
- Qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans ?
- C’est mon fils rappelle-toi, lui aussi doit avoir un impact sur vous tous quand vous êtes en plein boum.
- Waouh !! Je n’y avais pas pensé, du coup je comprends mieux certaines choses.
- Du genre ?

Xiao rougit, ce qui fait bien comprendre à Florian de quelles choses il s’agit.

- Je vois ! Hi ! Hi ! Pas besoin que tu me fasses un dessin.
- Du coup je te laisse mon « oncle », je vais voir ça d’un autre œil maintenant que tu me l’as dit.

Xiao termine sa phrase d’un geste d’au revoir et file d’un bon pas rejoindre celui qui lui manque dès qu’il reste trop longtemps sans sa présence.

Son portable sonne alors qu’il a presque traversé la cour pour entrer à son tour dans le bâtiment.

- Mochi-mochi !!
-…
- Justement je venais te retrouver.
-…
- Tu me le demandes ?
-…
- Je ne sais pas… à quatre pattes sur le lit fesses bien tendues, pour que je n’aie plus qu’à dévorer ton petit trou ! Hi ! Hi !
-…
- Sérieux ?? Je plaisantais, mais si c’est aussi ce que tu veux, alors pas de soucis.
-…
- OK j’arrive, tu peux déjà te mettre en position.
-…

Xiao termine l’appel et accélère le pas en courant presque pour rejoindre sa chambre, tellement la conversation l’a excité comme pas possible.

Son sexe est déjà bien raide quand il grimpe l’escalier quatre à quatre, l’humidité dans son slip se faisant également bien sentir une fois arrivé devant sa porte de chambre qu’il ouvre en regardant autour de lui que personne ne puisse le rejoindre et se douter de ce qui l’attend à l’intérieur.

Il respire un grand coup une fois à l’intérieur avec le verrou tiré, tentant de retrouver son calme alors que son cœur bat à cent à l’heure rien qu’à anticiper la vision qui l’attend.

Seule une lumière tamisée éclaire la chambre alors que les épais doubles rideaux sont tirés, la vision qu’il a alors qu’il fait les quelques pas l’amenant devant le lit lui assèche la gorge.

Hoshio l’attend nu à quatre pattes, les fesses tendues vers lui et les reins cambrés dévoilant la tache plus sombre de son anneau de façon particulièrement impudique.

La respiration de Xiao s’accélère encore plus, laissant échapper des sons non équivoques d’excitation qui font sourire Hoshio, content que sa position fasse autant d’effet à son petit copain et lui-même excité au plus haut point, à ce qui sans aucun doute l’attend d’ici pas longtemps.

Chaque bruit derrière son dos le fait frissonner, un mouvement du matelas, un souffle chaud se rapprochant de son anus déjà bien ouvert par l’envie qu’il a de se faire prendre.

Il n’arrive pas à retenir le petit râle d’étonnement et de bien-être quand une langue agile vient le lui titiller, l’effleurant à peine mais suffisamment pour déjà le mettre dans tous ses états.

- Ahhrrrr !!

Xiao entend bien ce qui pour lui devient un appel au crime, donnant le sauf-conduit qu’il attendait pour passer à la vitesse supérieure.

Il s’était pourtant promis de le faire languir au point de le supplier, mais ce simple râle a été suffisant pour lui ôter toute volonté et se mettre à le lécher à grands coups de langue tandis que ses doigts écartent les fesses potelées pour gagner les quelques centimètres à un substitut de pénétration suffisant néanmoins pour déchaîner son partenaire qui n’y tient bientôt plus en montant dans les décibels de façon exponentielle.

Xiao s’il ne veut pas ameuter tout l’étage se doit de changer de tactique rapidement, son corps vient alors recouvrir celui de son amant et tandis que sa bouche cherche la sienne, son sexe fait son chemin tout seul dans l’intimité bien préparée qui ne demandait au demeurant que ça.

S’ensuit une partie de jambes en l’air mémorable qui finit par les laisser tous les deux complètement vidés de toute énergie, allongés nus l’un contre l’autre à reprendre leur souffle sans pour autant oublier le câlin, chose primordiale dans leur couple une fois le déchaînement sexuel passé.

Xiao a ses yeux fixés dans ceux de son chéri qui sourit béatement, encore pris dans l’immense plaisir qu’il vient de ressentir cette fois encore dans les bras de celui qui depuis leur première rencontre prend une place de plus en plus importante dans sa vie.

- Ton père avait bien raison tout à l’heure en me confiant que tu étais très certainement comme lui à susciter l’envie de sexe autour de toi dès qu’il te prenait.
- Il t’a dit ça comme ça ?? Tu parles bien de Takumi en disant ça ??
- Takumi ou Florian, je parle bien de lui en effet.
- J’avoue que j’ai encore du mal à me faire à cette idée.
- Qu’est ce qui te gêne tant que ça ?
- Attends !! Tu me poses la question ? Ma parole, je rêve là !! Tu as vu sa dégaine ?? Comment veux-tu que je ne me pose pas de questions, quand celui qui se dit mon père semble avoir le même âge que moi ? Et encore, je suis gentil là !!
- Je t’ai pourtant bien expliqué qui il est.
- Je le sais bien et je suis conscient également que c’est la réalité, mais je n’y peux rien si ça me semble quand même trop bizarre. C’est quoi cette histoire de susciter l’envie de sexe ? Encore une nouveauté ? Il y en a encore beaucoup des comme ça à découvrir ?
« Modifié: 23 juillet 2020 par laurentdu51100 »