Bonjour Invité

KLO7514

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Ah, voici un éclairage supplémentaire à propos de la secte des "protecteurs" qui ont fichu le bazar un peu partout et en particulier sur notre bonne vieille Gaïa.
Petite question : où sont donc passés  Yannick et Alexis, emportés bien malgré eux dans les aventures des "Vieux" auxquelles Philippe, le frangin, s'est aussi trouvé mêlé. Nous n'en avons pas entendu parler récemment alors que nous les croyions aussi partie prenante, involontaire, certes mais quand même présents tout du moins au début. Nous ne les avons pas vu repartir sur le Monde des Terriens.

inny-2

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C'est Alexandre le vrai prénom du programmeur sur lequel Yannick a flashé dès qu'il l'a vu dans le premier récit.

Effectivement on n'en entend plus parler. Je pense que,  comme ils ne connaissaient pas Outremonde, les autres se sont contentés de les mettre en lieu sûr à Valmar.

inny-2

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Stephan : Enlevés

- Ouille...
J'ouvre les yeux, péniblement. Mon crâne bat comme un tambour. Et j'ai mal partout.
Le décor austère d'une cellule éveille en moi un sentiment de déjà-vu. Je me demande un court moment qui nous devons combattre aujourd'hui, et pourquoi je me sens si mal. Puis la mémoire me revient pleinement... ce qui n'est pas pour me remonter le moral. Je découvre que mes chevilles sont entravées, une chaîne les reliant l'une à l'autre, me laissant assez de jeu pour marcher lentement.
Je ne suis évidemment pas dans le sous-sol de l'arène. Une faible lumière semble émaner des murs. Je me concentre... et ne peut que constater qu'on ma retiré mon amulette. Décidément...
Faisant un tour sur moi-même, je me rends compte d'un problème supplémentaire : il n'y a aucune porte. Serais-je arrivé ici par magie ? Ou...
Levant la tête, je découvre une trappe au plafond. Ah. Beaucoup trop haut pour m'y accrocher, ils ne prennent aucun risque. Je suis seul, prisonnier et... dégouté. Ludvik aurait dû nous emmener avec lui ! Pour le coup, il nous a envoyé dans la gueule du loup...

Un bruit me fait relever la tête, la trappe s'est ouverte et une échelle descend jusqu'à moi.
- Monte.
J'obéis, n'ayant rien d'autre à faire de toute façon. Je suis accueilli par des hommes en cotte de mailles noire moulant leurs corps musclés. Ils portent un heaume fermé à l'aspect d'un crâne noir, des plus inquiétant. Où suis-je donc ?
Ils me menacent d'armes étranges dont je n'ai pas envie de tester les effets.
- Avance.
Pas très bavards... mais ils me conduisent probablement à un responsable quelconque, je vais bientôt savoir dans quel pétrin je suis. Où sont mes deux amours ?
Je les retrouve, à mon grand soulagement, après avoir traversé une série de couloirs et monté plusieurs étages. Je suis probablement toujours en sous-sol, ce complexe est immense...
Nous sommes dans une pièce sinistre, dont une paroi est encombrée d'un matériel des plus effrayants. Une salle de torture ? Nous nous débattons en vain, mais les gardes nous plaquent contre un mur, refermant des bracelets de métal sur nos poignets, les immobilisant, avant de faire de même avec nos chevilles.

Ils s'installent alors en retrait, nous laissant attendre sans rien d'autre à faire que de voir ce qui encombre la pièce, braseros, pinces, lames, marteaux... je préfère tourner mon regard vers Thibault. Mais je n'ai pas le cœur à demander si tout va bien... la réponse est plus qu'évidente. Je me contente donc de lui adresser un regard de soutien, un regard d'amour, et je vois sa réponse dans le sien. Me sentant un peu mieux, je me tourne vers Thomas pour lui adresser le même, lorsque la porte s'ouvre. Un homme entre, vêtu de cuir sombre, le regard dur. Les gardes se raidissent et saluent avant de reprendre leur surveillance.
Le nouveau venu nous examine en silence avant de s'arrêter devant moi.
- Vous êtes Stephan, le fils de Ludvik.
Plusieurs pensées tournent dans mon esprit mais nier serait de peu d'utilité.
- Vous êtes bien au courant... et vous, qui êtes-vous ?
- Je suis le seigneur Markan, depuis peu membre du haut conseil des protecteurs.

Voilà qui est des plus inquiétant... Les protecteurs en savent bien trop sur nous... peut-être que Philippe a révélé ces informations avant qu'on ne lui enlève son amulette de communication. Quel dommage que mes pères lui aient effacé la mémoire pour le préserver, on n'en serait pas là !
- Où sont partis les autres ?
S'il s'imagine que je vais lui dire ça comme ça... Mais devant mon silence, il fait un geste et l'un des gardes s'empare d'une lame qu'il plonge dans les braises ardentes. Oh-oh... Voilà qui devient malsain. Et je ne vois aucune façon de m'en sortir...
- Dans un autre monde.
- Tiens donc, et lequel ?
- Euh...
Je reçois un coup de poing dans l'estomac qui me fait pousser un cri, tant de douleur que de surprise, ne l'ayant absolument pas vu venir.
- Vous parlerez, c'est juste une question de temps. Lorsque la douleur devient insupportable, on fait tout pour que cela cesse. Tes amis mourront sous tes yeux, c'est cela que tu souhaites ? Dit-il en revenant vers moi.
- Je vais parler, dit Thibault.
- Non !
Pour ce mot, Thomas reçoit un autre coup, cette fois en pleine figure.
- Parle.
- Ils ont parlé de Tenerba.
- Tenerba ? Pourquoi iraient-ils dans un endroit pareil ?
Il baisse la tête, et le garde prend la lame qui est devenue rouge dans le brasero. Sur un signe de l'homme, il l'approche de Thibault...
- Non ! L'Harmonique ! Ils ont parlé de l'Harmonique, et d'une clé nécessaire !
La lame incandescente s'immobilise, et l'homme se rapproche de Thibault, visiblement très intéressé.
- Tiens donc... ramenez les deux autres dans leur cellule, dit-il. Nous allons parler, toi et moi...
Tandis que les gardes nous emportent, j'entends la première question de Markan :
- Ludvik a emporté la flûte avec lui ?
Je me pose une question dont j'aimerais bien connaître la réponse.
Comment savent-ils que mon père a récupéré sa flûte ?

KLO7514

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Ça y est, ça recommence! Ils n'ont pas de chance, ces pauvres gars.  Les voilà encore sous la "protection" des Protecteurs. Ces derniers ne lâchent donc pas prise facilement. Quand donc sera-t-on débarrassé de ces chers personnages? Il est vrai que, dans ce cas, l'histoire des "chroniques" s'arrêterait assez vite. Alors, allons-y...gaiement?
À ce soir ou demain matin plutôt,
KLO.

inny-2

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Thibault : Désinformation

- Alors, jeune homme, vous avez décidé d'être coopératif, c'est bien vu, très bien vu... à condition que vous m'ayez dit la vérité, ce que nous saurons bien assez tôt.
- Qui rêverait d'être torturé ? Pas moi en tout cas. Et je n'ai aucune envie de goûter aux représailles qui suivraient un mensonge de ma part. Je vous ai dit la vérité.
- Cela reste à vérifier, mais si tel est le cas, cela nous pose un problème. Les retrouver là-bas est pratiquement impossible, vu les conditions qui règnent sur ce monde. Et d'ailleurs, comment comptent-ils s'y prendre ?
- Ils ont parlé du centre du monde, d'un ilot de stabilité dans ce monde en perpétuel changement.
- La forteresse de diamant... mais bien sûr ! C'est le seul endroit où l'on peut être sûr de retrouver ce que l'on a caché ! Je commence à te croire...
Je joue un jeu dangereux. Les connaissances que j'ai puisé de diverses sources, ainsi que quelques courts voyages dans les autres mondes par le biais de l'Harmonique m'ont appris certaines choses, mais si j'en dis trop, je risque de révéler mes mensonges. Autant jouer l'ignorance pour le reste...
- Nous ne nous fatiguerons pas à les poursuivre là-bas, ni à prendre d'assaut la forteresse. Nous aurons cette clé en échange de vos vies.
- Je vois...
- Mais toi... tu as deux options. Tu peux retourner dans ta cellule et y passer le temps qu'il faudra avant que tes parents ne décident de nous donner la clé. Ou tu peux grandement améliorer ta condition.
- Comment cela ?
- Si tu commençais par nous parler d'Aessin... je veux dire, Philippe. Que s'est-il passé avec lui ?
- Mes parents l'ont trouvé mourant après une attaque de Traqueurs, des anciens chasseurs d'élite qui se sont reconvertis dans le brigandage. On l'a soigné intensivement et on a fini par le remettre sur pied. Son comportement a été un peu étrange pendant un moment, puis soudain il a eu une crise et il a fini par craquer. On a découvert qu'il avait été conditionné...
- Ah ! Alzir était trop confiant... Visiblement, il a commis erreur sur erreur ces derniers temps, et il en est mort. Ce qui m'a permis d'obtenir ma place au conseil. Question suivante... comment ont-ils fait pour s'emparer de la flûte ?
- En jetant une malédiction sur Alzir pour le rendre malade. Il n'y a plus eu qu'à envoyer quelqu'un sous le couvert d'un guérisseur... et de s'emparer de la flûte en profitant du laisser-aller qui régnait à ce moment.
- Impressionnant... je n'arrive pas à croire que vous ayez pu franchir toutes les lignes aussi facilement, mais la forteresse qui garde le nexus a été victime ce jour-là d'un assaut en règle qui a fait un véritable carnage. Je n'ai jamais relevé pareilles traces de magie. D'où vient cette magie ?
- Vu la puissance de nos adversaires et l'enjeu... que faire d'autre ? Cédric a usé de magie interdite.
- Quoi ?!
Gagné. Il ne se soucie plus de clés, de monde de Tenerba ou de quoi que ce soit d'autre. L'appât est bien trop tentant, et il a suffi de l'agiter un peu pour qu'il morde à l'hameçon. Reste à veiller à bien le garder au bout de sa ligne...
- Comment peut-il... La magie interdite a été effacée de tous les mondes par la Lumière il y a si longtemps que nul n'y a plus accès.
- Avez-vous entendu parler du Grimoire des Ombres ?
- C'est une légende !
- Où voulez-vous qu'il ait appris, sinon ? Bien sûr, je n'ai que sa parole dans ce domaine, il ne m'a évidemment pas permis de le voir, mais... d'après ce qu'il a dit, il l'a détruit après l'avoir appris.
- Quelle perte ! Non, ce n'est pas perdu, si cette magie est dans son esprit...
Bonne chance, si vous pensez pouvoir vous emparer de lui...
- Jeune homme...
- Thibault, seigneur.
Il me lance un regard nouveau, puis sourit.

- Je pense que nous pouvons aller loin, tous les deux. Très loin.
- J'ai vu à quel point vous êtes puissants. J'aspire à une meilleure vie que celle d'un sorcier de village. Vous pourriez me donner accès à des savoirs dont je n'ai même pas idée.
- Et encore, tu es loin d'imaginer les merveilles de notre monde... jure-moi fidélité, Thibault, une fidélité absolue, et je te les offrirai, et plus encore. Mais trahis-moi, et c'est la mort que tu trouveras.
- Je vous jure fidélité absolue, dis-je en n'en pensant pas un mot.
- Bien, très bien...
Il éclate de rire, avant de reprendre.
- Bientôt la magie interdite sera entre mes mains, et alors, plus rien ne pourra se dresser devant moi.
Je l'avais bien cerné en le voyant frapper sur Stephan. Une telle attitude peut sembler incongrue pour un seigneur, se salir ainsi les mains en agissant par lui-même... mais déléguer la moindre parcelle de contrôle est hors de question pour un tel personnage.
Il fait signe à ses gardes.
- Détachez-le et envoyez-le en salle de conditionnement.
- Seigneur...
Mais il m'interrompt.
- Je ne suis pas parvenu à un tel rang en étant imprudent, Thibault.

KLO7514

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Il joue un jeu dangereux, le "père Thib". S'il a jugé rapidement de celui auquel il a affaire (Un "parvenu" sans scrupule dont le seul but est un pouvoir suprême) et qu'il parvient à s'en servir «Mon bon monsieur, sachez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute...!». Apparemment,  sous une carapace soi-disant prudente, ce "Seigneur" n'arrive pas à la cheville de ce nouveau Scapin* qu'est devenu Thibault. De plus, il n'a sans doute jamais lu le cher La Fontaine! Dommage pour lui.
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*Scapin, le maître menteur des "Fourberies".

inny-2

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Thomas : Magie interdite

Combien de temps a bien pu s'écouler ? Thibault joue à un jeu très dangereux... Et si il subissait le même sort que Philippe ? Et nous aussi, tant qu'on y est. Tous les trois, retournés, utilisés contre nos parents... Non ! Plutôt mourir !
Mais je ne peux pas me tuer. Je pourrais bien sûr me jeter la tête la première contre le mur, mais je ne veux pas mourir tant qu'il me reste un espoir d'être sauvé. Même si je ne vois pas comment cela pourrait bien se passer... Mais ils ont déjà réalisé l'impossible... ils viendront, je le sais.
J'espère seulement qu'ils arriveront à temps. Il leur faut déjà tuer l'empereur, ou tout ceci ne rimera à rien. Vraiment à rien. Il nous reste, quoi ? Trois jours à vivre ? Si peu...
Je m'enfonce de plus en plus dans un sombre désespoir lorsque la trappe s'ouvre au-dessus de ma tête.
- Monte.
Je m'exécute, et une fois en haut, constate que Stephan est là. Les gardes nous emmènent dans une salle, pas de torture celle-là, heureusement.. L'officier congédie son escorte et reste avec moi.

Il prend une grande inspiration puis se lance.
- C'est Thibault. On n'a pas beaucoup de temps... il faut aller à la salle de conditionnement récupérer mon corps, et nous enfuir d'ici.
- Quoi ?! Comment... tu es mort à nouveau ?
- Non, mais il n'en est pas loin, il ne faut pas traîner ! Une fois dehors, on se transportera loin d'ici.
Nous quittons la pièce et empruntons un couloir, découvrant sur notre chemin un véritable carnage. C'est comme si les gardes s'étaient entretués...
Thibault. C'est lui qui, en sautant de corps en corps, a jeté les gardes les uns contre les autres. Terrible...
- Je croyais que tu avais perdu cette capacité en revenant à la vie ?
- En magie, quand on a appris une technique, on la maîtrise pour le reste de son existence. Que je sois vivant ou mort ne change rien au fait que je sais quitter un corps à volonté et prendre le contrôle d'un autre tout aussi facilement.
- Et aucun ne peut résister ?
- Pas à ma force de volonté ni à mon pouvoir, non. Ni à ma détermination... Nous y voilà, c'est la salle de conditionnement, entrons et prenons mon corps. J'y tiens.
- Moi aussi, dit Stephan.

Nous entrons dans une salle circulaire encombrée d'appareillages de cristal. Le corps de mon frère repose au milieu. Nous nous empressons de le prendre, je constate avec soulagement qu'il est toujours vivant, bien que son cœur batte trop faiblement à mon goût. Nous ressortons en vitesse, guidés par Thibault qui nous conduit à travers un labyrinthe de couloirs.
- Comment allons-nous retrouver Outremonde ?
- Nous y sommes toujours. C'est la forteresse qui défend l'accès au nexus de leur monde.
- Je vois...
- Il nous faut quitter la zone du bouclier, et pour ce faire, nous devons monter jusqu'au niveau du sol, ce qui nous enverra droit sur des postes de contrôle lourdement défendus, ou bien descendre vers le nexus en lui-même, en quittant la zone de détention.
- Les deux voies seront gardées...
- Celle du bas moins que l'autre. Par ici.

Je suis sur le point de lui demander pourquoi il ne regagne pas son corps lorsque nous rencontrons une patrouille.
- Vous ! Aidez-nous ! Crie Thibault.
Les autres sont loin de se douter que ce n'est plus leur officier qui leur donne ainsi des ordres...
Déchargés du poids de Thibault, nous suivons les gardes vers un grand couloir, qui descend en pente douce vers un poste de contrôle.
- Halte ! Patientez pendant le sondage.
- Pas le temps, désolé... À terre !
Nous nous jetons au sol tandis que Thibault écarte les mains de son corps, déployant autour de lui... quoi ? Une vague  luminescente et obscure, qui jette les soldats à terre, les renversant comme des fétus de paille, et pulvérise la porte métallique en face de nous. Je suis impressionné, les pouvoirs de mon frère grandissent constamment... Même si cela m'amène de plus en plus à me questionner sur leur origine.

D'autres gardes, assistés de mages déployant un bouclier d'énergie bleuté autour d'eux, déboulent par l'ouverture, Thibault riposte aussitôt en levant une main au-dessus de sa tête et en fermant brusquement le poing. Toute lumière disparaît. Je frissonne d'inquiétude... des crépitements se font entendre, des explosions, mais je ne vois rien, suis-je devenu aveugle ? Mais la lumière revient d'un coup, me faisant cligner des yeux. Plus aucun assaillant n'est debout, ils gisent tous à terre. Que s'est-il passé ?
Thibault halète, regardant les corps pendant un moment, puis va vers le sien tandis que Stephan et moi nous nous relevons.
- Il est blessé, mais vivant... tant pis, je dois y retourner.
Il s'éloigne un peu, puis prend sa dague et la plonge dans sa poitrine. Aussitôt, le corps de mon frère se met à trembler, puis se redresse doucement. Nous l'aidons à se lever. Je grimace, son visage saigne, et... par la Lumière, son œil droit a salement souffert ! Mais il nous écarte, grimaçant sous la douleur que je peux imaginer terrible, et indique le portail dévasté.

- Le bouclier anti-téléportation va au-delà de l'écran, il faut encore avancer... au-delà de la porte.
Nous nous hâtons pour franchir les débris, tandis qu'une alarme se met à sonner dans le tunnel.
Mais la magie de Thibault nous emporte loin de la forteresse bien avant que les gardes arrivent.
- Ouf... sauvés... bravo, Thib !
- Oui, c'était vraiment... où sommes-nous ?
- L'université des arcanes. Si nous ne sommes pas en sécurité ici, nous ne le serons nulle part. Une chose... ne dites rien des sorts que j'ai employé, rien !
- Pourquoi ?
Il tourne son regard autour de lui, sur la place heureusement presque déserte à cette heure très matinale.
- C'est une magie interdite depuis des millénaires... quiconque l'utiliserait a intérêt à ce que cela ne se sache pas... c'est la mort assurée pour moi, sinon.

inny-2

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Ludvik : Mesures radicales

- Tu es sûr de toi ? Demande Cédric.
- Tout à fait, dit Erynia. C'est dans cette puissante forteresse qu'il s'est retranché.
- Très bien... bon. Écoutez-moi bien, j'en ai assez de toute cette histoire. Je ne veux pas qu'il s'échappe de nouveau, je ne veux pas risquer nos vies dans un assaut mené contre un adversaire qui sait pertinemment que nous ne nous en tiendrons pas là et que nous frapperons à nouveau, aussi suis-je déterminé à employer les grands moyens.
- Tu vas utiliser ton cercle des éléments ?
- Non... depuis que je ne suis plus un vampire, je ne peux plus user d'une telle puissance tout seul. Il me faudrait un cercle de sorciers pour m'assister, et nous n'avons plus le temps. Non, je vais utiliser l'enchantement le plus puissant de la voûte interdite de l'université, et régler le problème une bonne fois pour toutes. De toute façon, je tenais à le voir disparaître, il est bien trop dangereux. L'usage qui pourrait en être fait entre de mauvaises mains me terrifie. Il suffit de l'étudier suffisamment longtemps pour le comprendre et le reproduire...

- Quel est son effet ?
Cédric regarde la forteresse volante, flottant dans un secteur isolé de ce monde étrange.
- C'est l'équivalent magique d'une bombe atomique.
- Ouch... Tu ne trouves pas que c'est un peu exagéré ?
- Si on se plante, nous mourrons tous, et vos enfants aussi, c'est ce que vous voulez ?
- Euh... dit Erynia, c'est quoi une bombe atomique ?
- Ça revient à ouvrir les portes de l'enfer pour tout anéantir.
- Vous n'allez pas faire ça !
- Si.
- Et tous ceux qui se trouvent là-dedans ?
- La forteresse entière sera anéantie.
Une idée me vient.
- Ced... viens voir une minute.
Nous nous éloignons tous deux, sous le regard intrigué voire vexé des autres.

- Je te connais, Ced. Tu as soif de savoir, de pouvoir, même si tu sais l'utiliser à bon escient. Mais je ne te vois pas laisser perdre un tel enchantement. Tu l'as étudié, j'en suis sûr.
- Tu me connais bien, dit-il après avoir hésité.
- Ta bombe, là... tu crois qu'elle marcherait contre le dragon ?
- Qu'est-ce que tu as en tête ? Tu es fou, tu as vu sa puissance ?
- De très près. Cet être surpuissant s'amuse cruellement avec les existences des gens... il est temps de lui donner une bonne leçon. Dès qu'il aura levé notre malédiction, tu devras le frapper.
- J'espère pour nous que ça suffira, car dans le cas contraire...
- Oui, j'en suis bien conscient. Mais tout ça doit cesser. Tout comme toi, j'en ai assez de tout ça, et j'ai mes propres mesures radicales à mettre en œuvre.
- Lesquelles ?
- Je vais détruire l'Harmonique grâce au Phœnix.
- Bonne idée. J'approuve totalement. Tous les nexus seraient anéantis et les mondes seront alors libres de l'influence des protecteurs. Enfin, en grande partie, vu qu'il y en a à peu près partout, mais ils n'auraient plus de soutien de leur monde d'origine.
- Bien. Décidé ?
- Oui... croisons les doigts.

Nous revenons auprès des autres, silencieux et déterminés.
- Eh bien, demande Finnadan, qu'avez-vous décidé ?
- Qu'on allait tout casser.
- Enfin une décision raisonnable, approuve-t-elle.
Jean, lui, est effaré.
- Vous n'allez quand même pas anéantir toute une forteresse, avec tous ceux qui sont à l'intérieur, pas seulement les gardes, mais les serviteurs, le personnel civil, juste pour tuer un seul homme !
- Tu as raison, mais que pouvons-nous faire d'autre ? Nous lancer à l'assaut ? Ils sont des centaines, bien équipés, bien défendus, et il ne nous reste que deux jours à vivre, nous et nos enfants. Alors ?
- Maudit soit ce dragon...
- Tout à fait d'accord.
Jean soupire.
- Pourrons-nous assumer ce que nous allons faire ?
- S'il s'était terré près d'une ville, je n'aurais pas pu, crois-moi.
- Ça ne change pas grand-chose au problème... Quand nous avons attaqué le nexus de la terre, il y a vingt-cinq ans, nous avons épargné les gardes de la ville.
- Nous n'avons pas le choix, cette fois-ci...
- L'enfer est pavé de bonnes intentions. Et je suis sûr que la majeure partie de ces pavés portent la mention « c'était pour les enfants... »

Jean me fait très mal, car il a terriblement raison... mais Ced et moi préparons au responsable de tout ceci une surprise à la hauteur de ce qu'il nous a fait faire.
- Allons-y... finissons-en une bonne fois pour toutes.
Ced fait apparaître dans sa main une sphère luminescente qui se contracte lentement, devenant de plus en plus éclatante, tandis qu'un bourdonnement sourd se fait entendre. Puis la sphère éclate comme une bulle de savon.
Plop
- Hum... c'est tout ?
- J'ai raté le sort, désolé... je recommence.
Nouvel éclat de lumière, nouvelle contraction, l'éclat devient insoutenable...
Pouf
- Raaah !
Je commence à m'inquiéter, tout ce que ce sort pourrait faire contre le dragon, c'est le faire mourir de rire. Remarque que ça vaut le coup d'être tenté...
Pouf
- J'y arriverai, juste un peu de patience... c'est un sort très complexe qui est né d'une erreur, il faut que j'accepte mentalement cette erreur et que je ne la corrige pas automatiquement.
- Je vais t'y aider, dis-je. Ouvre-moi ton esprit...
Je plonge dans le processus mental complexe du lancement du sortilège, et interviens au bon moment pour éviter l'échec, empêchant des réflexes nés d'un long entraînement d'altérer la formation de l'enchantement. La sphère rétrécit pour arriver à la taille d'une bille et s'éteint.
- Je vais laisser celle-là de côté... Recommençons.
Une deuxième bille apparaît dans sa main grâce à nos pouvoirs conjugués.
- Je le savais, dit Cédric, il y a un potentiel incroyable dans l'usage combiné des pouvoirs de Magnos et de la magie.
- Cette petite bille de rien du tout est capable de détruire cette forteresse ?
- Oh, que oui... C'est le résultat d'une magie erronée, déviante, qui n'aurait jamais dû pouvoir fonctionner. C'est... c'est une magie interdite.

- Vu sa puissance, je comprends qu'elle le soit.
- Non, ce n'est pas ça... en magie, tout est basé sur l'équilibre. Pour un acte magique, il y a un coût à payer, que ce soit du mana, de la force vitale, ou des composants comme une gemme ou une plume ou tout ce que vous voudrez. Le prix compense l'acte, l'altération qui est faite au monde qui nous entoure est payée, et l'équilibre est donc respecté. Mais c'est le lanceur du sort qui paie ce prix. Dans la magie interdite, le lanceur ne paie aucun prix... parce que c'est la cible du sort qui la paie, ce qui renforce dramatiquement l'effet destructeur du sort. Il traversera ainsi toutes les défenses magiques sur son chemin car il en absorbera l'énergie pour compenser l'altération, mais vu la puissance générale de ces sorts, ce n'est évidemment pas suffisant. Parfois... même la cible n'a pas assez de sa vie pour compenser, et là, il y a retour de flamme, le lanceur peut être brûlé. Ou tué. Quiconque use de magie interdite est traqué par les autres mages, au nom de la Lumière, aussi vous demanderai-je de ne plus jamais en parler.
Se concentrant, il lève la bille devant ses yeux, puis la lance vers la forteresse. Elle ne cesse d'accélérer, attirée par la nécessité de compenser l'altération qu'elle représente, et même si sa cible pouvait fuir, elle ne la sèmerait jamais.

Nous regardons longtemps la citadelle, sans voir aucun changement.
- Contact ! Dit Cédric, qui nous téléporte aussitôt très en retrait. Nous avons l'impression qu'une nouvelle étoile est née en Æstys. Nous la voyons de très loin, et pourtant, nous avons du mal à la fixer tant elle est éclatante.
- J'espère que l'empereur y était...
- C'est le cas, dit la voix du dragon. Là, vous m'épatez.
Nous nous tournons vers lui.
- Je n'imaginais pas que vous emploieriez des moyens aussi radicaux. Ni aussi... redoutables.
- Ça traînait dans une salle interdite de l'université des arcanes, je me suis dit que cet enchantement devait disparaître à jamais.
- Bien, très bien en effet... soit, je dois dire que je ne m'attendais pas à être agréablement surpris par vous, aussi serai-je magnanime. Je lève la malédiction.
- Et nos enfants ?
- C'est levé également.
Le froid qui pesait sur nos âmes disparaît, remplacé par une chaleur réconfortante, celle de l'espoir. Maintenant...

- Puissant dragon, dit Cédric, pouvez-vous devenir le gardien de ce terrible enchantement de domination ? L'université n'est pas un lieu assez sûr pour lui, vous seul pourriez en interdire l'usage à jamais.
- Vous imaginez peut-être que je vais prendre ceci comme ça ? J'ai été piégé une fois, je ne le serai pas une deuxième fois.
- Vérifiez par vous-même, dit-il en sortant un foulard bleu nuit de sa poche.
Je constate qu'il est tissé de runes dorées qui semblent se tortiller, attirant le regard et tentant de l'y perdre. Cédric secoue le tissu pour me libérer de son effet et je détourne le regard.
- Pas assez puissant pour m'affecter, dit le dragon, et je ne détecte rien de suspect... mais son potentiel est en effet redoutable, ne demandant qu'à être libéré... donne-le moi, j'en ferai bon usage...
- Usage ?
- Je voulais dire que j'en prendrai bien soin. Allez.
Cédric replie le foulard et le tend au dragon. Puis nous téléporte loin, très loin.

Le dragon nous voit disparaître et jette le foulard, puis découvre la bille qui en est tombée et s'est collée à sa paume. Elle s'y enfonce, dévorant sa chair. Déployant tout son pouvoir, il reprend sa forme initiale, protégeant son corps de dures écailles. Mais la sphère continue à s'enfoncer, drainant son énergie vitale, sa magie, sa chair, se fore un chemin à travers son poignet... L'être surpuissant connaît alors la peur, il tente de mobiliser son pouvoir pour trancher son bras avant qu'il ne soit trop tard, mais la sphère draine aussitôt l'énergie du sortilège. Il enfonce alors ses griffes dans son bras, mais sa peau est trop épaisse, trop résistante... il en est encore à chercher une solution lorsqu'il est anéanti par une terrible explosion.

- De la prestidigitation ? Ne me dis pas que le plus grand archimage d'Outremonde a utilisé un tour de passe-passe avec un foulard et une bille ?
- Ça a a marché, non ? C'est tout ce qui importe. Les mondes se porteront bien mieux sans lui.
- Ça, c'est clair. Il l'a plus que mérité...
- Erynia, tu es maintenant libre. Merci d'avoir tant fait pour nous aider.
- Merci à vous ! Je regrette vraiment de vous avoir embarqué dans tout ça, et avec quelles conséquences ! Je vous remercie de tout cœur pour votre compréhension et votre aide.
- Tu t'en sortiras ?
- Rien d'insurmontable. Vous en avez assez fait pour moi. Je me charge de reprendre en main mon empire. Rentrez chez vous et retrouvez vos enfants, vous l'avez bien mérité.

- Adieu, Erynia. Bon courage et bonne chance.
- Vous ne reviendrez pas nous voir ? Je peux vous laisser un diapason.
- Nous allons sceller tous les nexus, pour le bien de tous les mondes.
- Après ce que j'ai vu... je peux le comprendre. Je crois de toute façon que mon père m'avait envoyé rouvrir le nexus de la Terre plus pour m'éloigner des intrigues de la cour que pour une bonne raison. Adieu, alors. Vous me manquerez, dit-elle avant de nous serrer tour à tour dans ses bras.
Puis elle utilise son diapason pour ouvrir un portail nous renvoyant chez nous.
Le salon donne l'impression qu'une tornade s'y est déchaînée.
- Thibault ! Stephan ! Thomas !
Pas de réponse...
- Oh, non, encore...
- Je vais les tuer, dit Finna.

KLO7514

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D'abord, les trois «d'jeunes» parviennent à se tirer d'un très mauvais pas grâce aux possibilités "transverses" de Thib qui peut prendre la forme corporelle qu'il veut en se transbahutant dans celle d'un comparse rencontré en flânant ;) Puis...hop, il profite de l'erreur de perception. Et ça fait du dégât.
Du côté des "Vieux", après anéantissement de..." l'empereur, sa femme et le p'tit prince"qui ne pourront plus venir nous...serrer la pince, faute de pince justement, c'est au tour du dragon de passer un mauvais quart d'heure. Pour une "dragonnade", c'est plutôt réussi, inespéré même! Reste plus qu'à attendre le retour des trois "p'tits loups" et de l'avoinée que leur promet maman Finnadan!

inny-2

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Thomas : Complications

- Comment ça vous n'arrivez pas à le soigner ?
- Je n'ai jamais vu ça. C'est visiblement un sort qui a fait ça, mais lequel ? Ça a comme brûlé sa force vitale elle-même. Nous ne pouvons user de magie pour soigner pareille blessure. Pas même une potion de sang de dragon ne pourrait l'aider.
Le maître guérisseur qui a pris Thibault en charge secoue la tête, et tandis que ses assistants pansent les plaies de mon frère, je comprends qu'il ne retrouvera pas son œil droit, que l'explosion qu'il a déclenché lui a fait perdre. Un retour de flamme de son sortilège interdit... Thibault a le sens du sacrifice dans la peau, c'est pas possible... il est temps qu'on s'arrête là.
- Nous avons dû affronter de terribles adversaires... c'est un miracle qu'on s'en soit sortis vivants.
- S'ils ont l'usage d'une magie aussi terrifiante, c'est...

Il s'interrompt, fermant les yeux et se concentrant, puis reprend :
- Le maître mage en charge de l'université en l'absence de l'archimage Cédric veut voir votre frère. Ses connaissances sont bien plus étendues que les miennes en matière de théorie magique, il en saura peut-être plus.
C'est bien ce qui m'inquiète...
Il s'éloigne pour vérifier le travail effectué sur Thibault, et Stephan s'approche de moi.
- Je n'ai rien pu faire non plus, Thomas... même mon pouvoir est resté sans effet...
Comprenant qu'il est au bord des larmes, je le prends dans mes bras, le serrant un moment, fortement.
- Sois fort, Stephan, tout n'est pas encore réglé, loin de là.
- Qu'y a-t-il ?
- Un maître mage arrive, pour examiner Thibault, s'il comprend ce qui s'est passé, il sera dans une situation tragique...
La porte s'ouvre à ce moment-là, laissant entrer un homme vêtu d'une robe violette rehaussée de symboles dorés... le vêtement est du plus mauvais goût possible, mais j'imagine que vu la puissance du personnage, personne n'a osé le lui dire.

La pratique régulière des pouvoirs de Magnos m'ont rendu sensible aux auras magiques, et cet homme crépite littéralement de mana. Il nous lance un bref regard puis s'avance vers Thibault, qu'il examine longuement.
- Mmm... une brûlure vitale, avec perte totale de la réserve de mana, qui ne s'est pas reconstituée... l'état de choc est très avancé...
Il tisse un sortilège complexe et en observe le résultat.
- Il y a du mieux... son esprit va s'en tirer, désormais, mais pour ce qui est du corps, ses blessures dépassent mes compétences... même si leur origine est... effrayante. On n'a pas vu ce genre de magie ici depuis... mille ans.
- Quelle magie ? Demande le guérisseur.
- La magie interdite... tout a été fait pour qu'elle disparaisse à jamais, mais c'est comme un serpent de hassit, vous avez beau les couper en rondelles par dizaines, il y en aura toujours un autre qui ressort derrière vous en douce. Toujours. Il y a mille ans, c'étaient des étudiants de cette université, des éléments brillants, qui... mais peu importe.

Il marque une pause avant de continuer.
- Ce jeune homme n'a pas été victime d'un sort lancé sur lui par un ennemi. La magie interdite ne fait pas de quartier. Non, les textes qui en parlent sont formels, quant aux effets pouvant se produire sur les mages qui s'en servent. C'est un retour de flamme, qu'il a subi. Je peux encore sentir les traces du sortilège. C'est lui qui l'a lancé.
Il soupire.
- Je ne pensais pas que j'aurais à faire une telle chose de mon vivant... mais nous devons réunir le conseil et le juger dès qu'il sera à même de parler. Bien que je ne voie guère ce qu'il pourrait dire pour sa défense... de toute évidence, il sera condamné à mort.
Une boule me serre la gorge. Non, ce n'est pas possible, on ne va pas nous prendre notre frère, nous... mais que faire, ici, au cœur de la plus grande concentration de sorciers d'Outremonde ?
- Vous ne pouvez pas faire ça ! Vous ne savez pas quel danger effroyable nous avons affronté !
- Nous l'apprendrons au cours du procès, jeune homme, d'ici là, gardez votre calme et veillez sur lui. Il en aura besoin...
- Espèce d'idiot ! Faut-il que votre stupidité soit à l'image de la laideur de votre tenue ?

Tout le monde se retourne, ébahi, vers celui qui vient de parler ainsi. Seul le mage ainsi insulté s'est figé, stupéfait et incrédule, avant de se retourner pour voir qui a osé...
- Je prends l'affaire en mains, dit Cédric. Vous pouvez disposer.
- M... mais...
- Je vais employer des mots plus simples, pour que vous compreniez : Dehors. Tout de suite.
Le mage sort de la pièce, offusqué, tandis que Cédric regarde les soigneurs.
- Vous avez fini ?
- Oui, archimage. Nous allons vous laisser.
- Merci, Kazir.
Lorsque la porte se referme, Ced fait un geste vers elle, la scellant d'un puissant sortilège avant de se tourner vers nous.
- Que s'est-il passé ?
- Pfff... que des ennuis. Où sont les autres ?
- Ils règlent un dernier détail. En ce moment, l'avenir de tous les mondes est en train de se jouer.
- Comment ça ?
- Votre histoire d'abord.

KLO7514

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Coup de théâtre : se "pointe" brusquement celui qu'on n'attendait pas! Et qui, contrairement aux carabiniers d'Offenbach (Jacques), arrive à temps. Ouf, merci Aspro!® Monsieur l'Archimage, le "Big Boss" du coin, va une fois encore se lancer dans le sauvetage des p'tits jeunes. Il a bien droit à quelque explication pour comprendre ce qui leur est arrivé alors que ces derniers auraient dû, d'après les parents, se trouver bien à l'abri  "à la maison".

inny-2

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Ludvik : Le souffle du destin

- Philippe... c'est maintenant que tout va se jouer, dis-je alors que nous nous installons dans la caverne d'entraînement de Cédric.
- Comment ça ?
- Je vais sceller les mondes... ce qui veut dire qu'une fois que ce sera fait, il n'y aura plus de retour possible. Tu dois choisir maintenant dans quel monde tu veux vivre.
- Tu... tu veux vraiment faire une chose pareille ?
- Oui, absolument. Trop de monde a souffert ces derniers temps à cause de ces liens, et encore, tu ne sais pas quel danger effroyable a frôlé la Terre il y a quelques années. Cela doit cesser.
- C'est une décision difficile... sur Terre, je retrouve ma vie, mes parents, mes amis, mais aussi la FSI, qui ne me loupera pas... je ne veux pas retourner entre leurs griffes.
- Tu as raison... en fait de choix, tu n'en as pas vraiment...
- Oui... comment comptes-tu procéder ?
- Comme la dernière fois, mais à plus grande échelle. Je vais appeler le Phœnix.

Je prends cette flûte que j'ai récupéré avec une joie infinie, non pas pour le pouvoir qu'elle représente, mais parce que... à chaque fois que je vois le fabuleux oiseau de feu, que je communique avec lui, je ressens quelque chose d'extraordinaire. Je n'ai jamais respecté quelqu'un ou quelque chose autant qu'Askash, mais c'est... oui, c'est ça : je ressens en lui un respect égal, et cela me sidère, tout en me faisant chaud au cœur. Je sais que je ne suis rien face à lui, et pourtant, il me traite d'égal à égal. Il considère ainsi tout être vivant, sans distinction. Mais n'aurait-il pas une attention toute particulière pour moi ? Pourquoi me considère-t-il comme un enfant du feu ? Parce que j'ai joué de toute mon âme ? Parce que nous sommes liés ?
Je devrais lui poser la question...
J'embouche l'instrument d'ivoire sculpté et m'apprête à souffler dedans lorsque Cédric se matérialise dans la grotte.
- On a un problème, dit-il.
- Quel genre ?
- Les protecteurs étaient sur place quand j'ai renvoyé les enfants à la maison, ils les ont capturés, mais Thibault a ensuite usé de ses talents particuliers pour fuir avec les deux autres... sauf qu'il a utilisé la magie interdite. Ils se sont téléportés à l'université pour éviter les poursuites, mais...
- Quoi ?
- Thibault a été brûlé par son sort, et le grand mage responsable de l'université l'a compris. Il est passible de la peine de mort pour ce qu'il a fait, et même en tant qu'archimage je vais avoir du mal à le sauver...
- Oh non... ce n'est pas vrai !
- Il faut faire quelque chose, dit Finnadan, on n'a pas traversé tout ça pour le voir mourir maintenant. Ne peut-on le sortir de là par téléportation et l'envoyer là où il ne sera pas détectable ?
- Je... pourrais le sortir, étant détenteur de la clé des sortilèges de protection de l'université, mais... je ne vois que deux possibilités de le faire disparaître aux yeux des mages qui se lanceront à ses trousses... l'envoyer dans un autre monde, ou en Chernim.
- On a fini par les retrouver là-bas.
- Avec des moyens très particuliers. Ils méprisent le pouvoir de Magnos, et quand bien même ils redécouvraient Chernim, il leur faudrait ratisser tout le pays...
- Je me vois mal l'envoyer dans cette contrée barbare... et le monde d'Erynia ?
- Je crains que la situation là-bas ne soit très dangereuse. L'instabilité politique ne va pas aider... et ce culte des ténèbres semble y prendre de l'ampleur.
- On ne va pas l'envoyer sur Terre non plus... et les autres mondes ?
- On en sait trop peu sur eux.
- Chernim alors ? C'est cruel de le renvoyer là-bas après tout ce qu'il y a vécu.
- Moins que de le condamner à mort en le laissant ici.
- Va le chercher avant que quelque chose ne dérape encore. Je vais sceller les mondes.
- D'accord. Je vais les ramener tous les trois. Inutile de dire que ma place à l'université est fichu, mais pour Thibault, c'est peu cher payé.
Je le vois disparaître. Misère de misère, les persécutions ne cesseront-elles donc jamais ? Nous avons eu vingt-cinq années de tranquillité, mais il semblerait que le destin se soit souvenu de notre existence.
J'embouche la flûte et m'apprête à souffler dedans lorsque Philippe plaque une main sur ma poitrine en prononçant un mot que je ne peux comprendre, mais qui déclenche une horrible souffrance en moi. Je chancelle, à l'agonie, tandis qu'il s'empare de l'instrument. J'avais été victime du même genre de pouvoir sur Terre, lorsque... le serviteur de la lumière...

Le sol est froid contre moi, je n'ai pas souvenir d'être tombé, mais plus rien n'a d'importance, les ténèbres s'emparent de ma vision, qui se referme sur le visage horrifié de mon amour, dont les yeux s'embrasent, mais trop tard...

- Enfant du feu...
- Askash ?
- Sache que tu n'as jamais eu besoin de la flûte pour m'appeler, après la première fois. Le feu de la vie qui brûle en ton cœur brûle aussi dans le mien. De même, rien ne m'oblige à répondre à un appel de cet instrument.
- Et c'est maintenant que vous me le dites ?
- Tel est le sens que tu cherchais, enfant du feu. Ne t'ai-je pas dit que nous étions liés ?
- Je mérite des baffes... il s'est passé tant de choses que je n'y ai plus pensé.
- Retourne dans le monde des vivants, par le feu qui brûle dans ton âme, par l'amour qui te lie aux tiens.


Je cligne des yeux, pour voir Marc en larmes, qui me serre dans ses bras. Je réponds à son étreinte, lui arrachant un cri de surprise, puis de joie.
- Ludvik ! Tu... tu étais mort ?
- Oui, en effet... mais j'ai des relations haut placées, dis-je en stupéfiant tout le monde. Je ris, sentant couler en moi une vie nouvelle, un sentiment de joie à l'état pur, ressentant le simple fait d'être vivant comme la chose la plus merveilleuse au monde.
Avec celui d'être aimé... je me sens comme ivre, empli d'un trop-plein de vie, de joie, je lance ce trop plein comme un appel, sachant qu'il y sera répondu... et l'oiseau fabuleux arrive en effet, auréolé d'un feu qui ne brûle que s'il le désire, et comme il le désire. Un feu qui peut détruire ou réparer, une flamme de vie qui...
Un son de déchirure se fait entendre, et Cédric apparaît avec les enfants.
- Ça ne va pas, ils...
Une cinquantaine de sorciers font irruption à ce moment-là, se lançant d'abord sur nous, puis s'immobilisant à la vue du Phœnix. Askash émet un sentiment d'irritation extrême.
Je ne sais ce qu'il communique aux sorciers, mais je les vois pâlir brusquement. Puis l'un d'eux s'avance, seul, vers nous.

- Je n'en resterai pas là, vous le savez, Cédric.
- Je sais. Vous êtes aussi stupide que borné. Seul votre pouvoir immense vous a hissé à ce rang, ce qui s'est avéré des plus néfastes.
- Vous êtes aveugle et totalement inconscient ! Vous ne comprenez pas quel danger implique la magie interdite ?
- Elle met en péril l'équilibre du monde et de la magie. Même les ténèbres ont renoncé à s'en servir. Vous voyez, je sais de quoi je parle. Mais vous voyez, le gardien de cet équilibre a choisi en sa faveur. Alors, qui a raison, hein ?
- Vous parlez d'un gardien... des entités, j'en ai vu plus que ma part. Ce n'est pas elle qui va me dicter sa loi ! Aknetim !
Un déferlement de pouvoir jaillit des sorciers à ce mot, mais il se brise devant nous, se dissipant sans nous faire de mal. Le Phœnix est vraiment outré d'avoir été traité ainsi, et réplique avec... une fureur incendiaire. Les mages semblent soudain incapables d'user de magie, ne pouvant fuir, ils disparaissent dans un déferlement de flammes terrifiant qui emplit toute la caverne, sauf l'espace où nous nous trouvons.
Lorsque tout se dissipe, il ne reste absolument rien des sorciers. Pas la moindre trace.

- Ouah !
- Philippe ! Où est-il ?
- Il s'est téléporté après t'avoir tué. je ne comprends pas, je pensais qu'on avait levé son conditionnement...
Une communication silencieuse du Phœnix me permet de répondre à cette question.
- Son maître avait un rival. Ils travaillaient ensemble mais luttaient pour le pouvoir. Il a placé son propre conditionnement sur mon frère... ah, maudit soit-il ! Je...
Je regarde le Phénix, surpris, puis le vois partir. Je me concentre comme il me l'a indiqué, cherchant en mon cœur le lien qui me relie à la flûte.
- Je sais où il est... s'il vous plaît, mes amis, aidez-moi à le retrouver. Tirons-le des griffes de ces monstres une bonne fois pour toutes. Askash est parti détruire l'Harmonique, Philippe ne quittera pas ce monde.
- Il est dans la forteresse du nexus, là où nous avons été emprisonnés, demande Thomas.
- Oui.
- Réglons son compte à ce seigneur, dit Thibault, qui se relève.
Son visage a été régénéré en partie par Askash, mais même lui n'a pas eu le pouvoir de lui rendre son œil droit. Question d'équilibre.
Il est temps que tout se termine.

KLO7514

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Il s'en passe des choses dans la caverne! Ce serait "Le bal des Maudits" si j'ai bien saisi!
Alors, partons à la chasse "au Philippe".
«À la chasse, à la chasse, ♪♫♪♪♫ armons-nous (bis)» Chœur d'une pièce de Lully chanté pour le morceau "Les chasses du Roy".

inny-2

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Ludvik : La dernière bataille

- Cela faisait longtemps, Ludvik.
- J'espérais bien ne plus avoir à faire appel à votre compagnie, mais...
- Tant qu'il y aura des hommes, il y aura des conflits, et l'on aura besoin de mercenaires.
- Je sais...
- Bon, tout a été dit, je pense. Nous sommes prêts.
- Ced ?
- Je n'ai plus mon pouvoir d'antan... je ne pourrai pas téléporter toute une armée. Du moins, pas aussi près que je le voudrais. Je vais faire appel à l'Ondine. Voyons sur la carte où nous pourrions aller...
- Une chance que Thibault connaisse la localisation de leur base.
- La téléportation implique de savoir exactement où l'on est, et surtout si on l'ignore totalement.
- Euh, je n'ai rien compris à ce que tu viens de dire.
- C'est très clair en sens magique.
- Voilà une chose que je déteste dans la langue d'Outremonde. Elle a de multiples niveaux de signification. Sens commun, étendu, poétique, magique, et j'en passe. Je ne connais que les deux premiers.
- Je me suis retrouvé face à une énigme sur trois niveaux dont un que je ne maîtrisais pas. C'était le baron qui avait fait le déchiffrage.
- Ce lac, là, fera l'affaire. Finalement, ce ne sera pas aussi loin que je le craignais.
Le capitaine des Faucons se penche sur la carte.
- Une journée. Moins à marche forcée.
- Inutile de se presser autant. Lud, l'Harmonique a bien été détruit ?
Je me concentre pour tenter d'entre en communication avec le Phoenix, ressentant rapidement une impression de peine, puis plus rien. Mais je sais, maintenant, tout ce que je désirais savoir.
- Il y a un gardien... il ne peut pas détruire les nexus tant qu'il n'en aura pas fini avec lui. Mais il a parasité la connexion avec celui qui nous préoccupe.
- Un gardien qui lui résiste ?
- Oui, et c'est inquiétant.
- Le principal, c'est que ton frère ne peut pas quitter Outremonde.
- Oui. Pressons-nous.

Le matin suivant, dans la plaine d'Isnir

- Malédiction ! C'est rageant ! Dis-je, dégouté.
- Il fallait s'y attendre, répond Marc. Ils n'allaient pas rester les bras croisés. Ils te connaissent, Lud. Ils savent de quoi tu es capable.
- Oui, eh bien, ils ont réussi à nous retarder, c'est tout.
- Espérons que cela ne se retournera pas contre nous.
- J'ai un mauvais pressentiment... le sentiment d'avoir oublié quelque chose, mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus.
- Ça te reviendra.
- Espérons que ce ne sera pas trop tard.
- Bien... leur forteresse est un modèle du genre, visiblement.
- Oui, elle est impressionnante.
- Elle est certainement très bien défendue sur le plan magique, commente le capitaine. Il faudra du temps pour en venir à bout.
- Non, dit Ced.

Il se concentre fortement, générant dans sa main une sphère irisée qui se soulève avant de filer vers les murailles.
- Lorsque la muraille explosera, foncez !
Tous les sorciers ont le regard rivé sur Cédric. Leur expression me fait penser à ceux qui entendent une craie crisser sur un tableau avec le mauvais angle. Les sortilèges interdits doivent faire la même impression, sur le plan magique...
Mais la violente déflagration qui souffle une bonne partie de la muraille coupe court à toute discussion, et les ordres fusent.
- À l'assaut ! Foncez et prenez-moi cette forteresse !
Les hommes se ruent en avant, profitant du chaos provoqué par le sort. La plupart des défenseurs gisent à terre, sonnés ou blessés... pour ceux qui ont survécu, du moins. Je m'inquiète pour Philippe mais comprends vite que la partie centrale a été épargnée. Des éclairs noirs s'abattent sur la porte principale, la sortant de ses gonds et l'envoyant avec une force terrifiante dans le hall. Les soldats adverses qui se trouvaient derrière meurent avant de comprendre ce qui leur arrive.

Ça, c'était Thibault... Qu'arrive-t-il à ceux à qui nous tenons ? Ces conflits nous marquent de leur sceau, nous corrompent tous peu à peu... Tandis que mon épée trouve son chemin dans la bataille qui suit notre entrée, je me souviens de celui que j'étais avant... à l'époque où j'ai rencontré Cédric. Je m'en voulais encore d'avoir tué des hommes qui en voulaient à ma vie ou à mes biens. Aujourd'hui... je ne compte plus ceux qui sont tombés sous ma lame. La seule chose qui me permet encore de me regarder dans une glace, c'est ce regret d'une innocence perdue.
Un coup d'épée qui passe à un cheveu de mon visage me ramène brutalement à la réalité. Je riposte et abat mon adversaire, qui est aussitôt remplacé par un autre. Mais peu à peu, nous gagnons du terrain, Thibault ne se ménageant pas. Sa magie traverse toutes les barrières derrière lesquelles ses cibles se protègent. Nous finissons par briser leur résistance. Il est désormais temps de trouver mon frère et de le libérer de l'emprise de ce maudit seigneur des protecteurs.

KLO7514

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Courage! «Nous vaincrons car nous sommes les plus forts», phrase ô combien célèbre qui fleurissait sur les murs parisiens avant...une certaine attaque au mois de mai, le 10 précisément. Pourvu que ce malheureux adage qui a si mal fini ne soit pas employé à nouveau pour nos "vieux héros"!
N.B : la victoire a quand même été acquise mais pas directement grâce à ceux qui l'avaient prédite sur les affiches...