Bonjour Invité

fablelionsilencieux

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La tête dans les étoiles,       


Petite pépite de fanfiction découverte par hasard, en furetant de ci de là,
postée -en 2007/2008 par Moz23if (disparu de docti) ou Mozo- et perdue dans la masse:


 Coup de cœur pour ce ...  Je vous laisse choisir !

Ah oui pour finir : Ceux qui ne connaissent pas trop bob l'éponge :



On y voit Bob et Patrick au centre, Plankton en dessous. Quelques méduses sur le haut.


Chapitre 1/5
oOoOoOoOo

Chauffer, retourner, jeter sur le matelas, envoyer la sauce. C’est emballé :  passer au suivant.

Chauffer, retourner, jeter sur le matelas, envoyer la sauce, passer au suivant.

Chauffer, retourner, jeter sur le matelas, envoyer la sauce, passer au suivant.

Chauffer, retourner, jeter sur le matelas, envoyer la sauce, passer au suivant.

Chauffer, envoyer la sauce, jeter, retourner, au suivant, envoyer la sauce, chauffer, au suivant, jeter, retourner, emballer, chauffer, envoyer la sauce, chauffer, jeter, chauffer, retourner; sauce, chauffer, retourner, emballer, retourner, chauffer, la sauce…

Au suivant…
 

Ce boulot me gonfle… Vous méprenez pas sur la partie de mon anatomie qui se gonfle hein, je vous vois venir, vous tous là.  C’est que j’en ai marre de chauffer, retourner, envoyer la sauce,  jeter emballer… C’est d’un monotone !  J’en ai marre de tous les gaver avec cette sauce, le moelleux de ce matelas, mon instrument me dégoûte…

Je me rappelle que c’est à cause de cet instrument que je suis dans le métier, que l’établissement dans lequel je travaille possède une telle renommée, outre notre « recette spéciale », que tout le monde nous envie. Je ne me risque même pas à en parler à qui que ce soit. Même pas à l’élu de mon cœur.
En fait surtout pas à lui quand on y pense…

Enfin… Bref ! Je vais un peu vite là. Vous n’aurez sûrement pas compris en quoi consiste mon boulot . En réalité, je confectionne des pâtés de crabe. Eh oui, je chauffe le pâté, je le retourne, je le jette sur son matelas moelleux : du pain de première qualité, j’envoie la sauce, je le coiffe et le passe à Carlo.

Carlo, c’est celui qui fait le service au Crabe Croustillant. Il prend les commandes, reçoit les espèces sonnantes et trébuchantes, essuie les crachats des clients, car faut pas se faire d’illusions : les clients disent quand ils sont mécontents, vous le montrent ou vous le font sentir même, selon les cas, mais quand il s’agit de dire du bien… c’est plus difficile. A vrai dire, je le plains Carlo,  son boulot est sûrement pire que le mien. Du coup, je m’efforce d’être sympa avec lui, mais lui il m’ignore sans arrêt. Je sais pas pourquoi…

Bon arrêtons de penser à Carlo ! Je suis déjà assez embrouillé dans ce boulot de dingue, alors autant que je me concentre. En plus, si je jette un coup d’œil à l’horloge de la cuisine, je vois qu’il ne me reste que 5 minutes avant la fermeture.


Je m’y attelle donc avec le plus de sérieux possible. De toute façon, il n’y a plus grand monde à cette heure. Le Crabe ferme à 18 heures. J’ai jamais compris pourquoi… Pourtant le Capitaine Krabs voue un culte au pognon ! Le soir il s’en ferait pas mal s’il ouvrait… J’lui proposerai peut-être un jour, à condition qu’on me remplace. Je travaille assez comme ça !

Mes réflexions ont occupé les 5 dernières minutes ! Yes !!! Ça y’est, je peux sortir ! Enfin ! Bon alors qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire, maintenant ?
Ah oui… c’est vrai. Je dois aller à l’auto-école. On a cours de code avec Mme Puff ! Patrick sera sûrement là !!

Ahhhhhhh Patrick ! Il m’obsède ! Et ça m’obsède qu’il m’obsède… Je cherche à comprendre pourquoi… Son physique peu avantageux et sa connerie monumentale… Je pensais pas pouvoir en tomber amoureux un jour. Mais son amitié indéfectible, la joie dont il fait preuve chaque jour. On passe toujours de bons moments ensemble et je me surprends à vouloir plus de lui.
Seulement, je pense que je suis pas le seul à me poser cette question dans Bikini Bottom, ni même dans le vaste océan : lui, m’aime-t-il ?

J’ai 30 minutes pour me préparer et aller à l’auto-école. Je passe donc aux toilettes après avoir nettoyé la cuisine. Je peux ici me rafraîchir un brin : en tant qu’éponge, j’absorbe pas mal les odeurs, et les odeurs de fast-food c’est pas le top pour éblouir une étoile. Enfin je fais ce que je peux : je fais mousser un peu de savon, me presse pour l’absorber, puis à nouveau pour l’évacuer.

Je m’observe bien dans le miroir au-dessus de l’évier. Je me rends compte moi-même que mon physique n’est pas très avantageux non plus : mon visage est trop carré, mon nez trop long, mes deux dents trop… deux. Les dents c’est important pour séduire ! Et mes 3 pauvres cils n’arrangent rien. Enfin, je me rends bien compte que mon naturel souriant est quand même un avantage non-négligeable. Par exemple, Carlo non plus n’est pas beau, et il sourit jamais, du coup, personne de l’aime.

Je suis tout beau tout propre, je change de vêtements. Je sens bon le frais !


C’est parti pour les cours de code !

Je sifflote sur le chemin mais l’école n’est pas loin. J’arrive donc avec 5 minutes d’avance, et m’installe à ma table. Et tel le Capitaine Krabs devant un « billiet » : je suis prêt à sauter sur mon étoile de mer dès qu’elle se présente ! D’ailleurs, le voilà !
 
Bon bah il arrive avec sa démarche toute balourde mais qui me fait tant rêver. Il est tout rose, c’est super mignon ! Et son caleçon ! Y’a pas plus beau. Son corps est ainsi mis en valeur, et ce caleçon flottant laisse plus de mystère quant à ses attributs masculins, qui m’obsèdent tant !

Je lui fais signe de s’asseoir à côté de moi, un grand sourire dévoilant mes deux dents. Il s’approche et passe laborieusement entre les tables, son ventre proéminent est contraint de se mouler entre les tables si bien qu’elles laissent une ligne verticale de part et d’autre de son nombril. C’est vraiment ridicule, d’ailleurs tout le monde se fout de lui. Et ça me fout dans une rage folle, pourtant je devrais me marrer moi aussi. Mais j’y arrive pas, il mérite pas qu’on le traite ainsi, et puis, surtout, ce qui me fait pas marrer c’est que je tombe non seulement amoureux d’une étoile de mer, qui non contente d’être obèse et à la limite de la débilité profonde, est un mec.

Ça me tord le ventre comme seule une éponge peut être tordue mais ces sentiments sont bien là, alors à quoi bon les refouler ?

On n’a pas le temps d’échanger plus que des salutations que Mme Puff arrive. Elle est toute pas belle, grosse, maquillée à outrance, son rouge à lèvre est trop rouge, et en plus elle me hait. Donc voilà pour le portrait, j’ai pas besoin d’en dire plus…
En plus je sais même pas pourquoi je viens toujours en cours de code, ça me sert à rien.
Ah oui….
Patrick.

Le code,  je l’ai depuis belle lurette, et j’ai commencé la conduite, laborieusement d’accord, mais la prof’ elle stresse tellement qu’elle doit perdre des kilos à chaque leçon ! Je suis sûr qu’elle m’en remerciera un jour.

C’est parti pour une série de diapo’ toutes plus inintéressantes les unes que les autres, commentées par Puff de sa voie stridente. Je me surprends alors à dessiner des étoiles derrière ma grille-réponse, dans tous les sens, avec leurs 5 branches, dans toutes les directions, j’en dessine à la pelle, elles me hantent…
Il me hante.

Je jette un coup d’œil à mon ami. Comme d’habitude, il écoute rien, et il répond au pif, et il sera re(…)recalé le jour de l’exam. M’enfin c’est du Patrick tout craché ça. Évoquer ce trait de sa personnalité me fait sourire : un sourire tendre, pas pour me moquer. J’aime ses défauts aussi on dirait bien…

Je regarde sur la feuille réponse en question, mais il l’a retournée lui aussi. Il dessine des rectangles. Bizarre. C’pas super folichon comme dessin mais bon. Je cherche à comprendre quelle passion peut le pousser à dessiner un vulgaire rectangle de cette façon si attentionnée, avec le petit bout de sa langue rose, qui remonte sur le haut de sa lèvre, en fronçant les sourcils comme ça. Rah c’est trop craquant !

Bon ça y’est, après 5 minutes pour tracer laborieusement 4 malheureuses lignes bien droites, il s’attache à le remplir ce rectangle.
Bizarre, mais Patrick est bizarre donc je continue de l’observer, toujours aussi concentré. Il se redresse sur sa table et pince les lèvres cette fois-ci. Il dessine… des cercles. Tout plein de cercles à l’intérieur du grand rectangle. J’y comprends rien.

« -OH MON DIEU ! PATRICK ! QU’EST-CE QUE C’EST QUE CES DESSINS PORNOGRAPHIQUES ? »

Hein merde je l’avais oubliée elle !
Quoi ? Pornographique ? Qu’est ce qui lui prend à elle ?

« BOB ! PATRICK ! DANS MON BUREAU !! »

Je comprends rien là ! Mes yeux doivent démontrer autant d’incompréhension que ceux de Patrick, pourtant, lui, il n’a pas à se forcer.

On se lève donc et on suit l’énorme paire de fesses qui nous précède dans le terrible bureau de Mme Puff. Tout le monde craint cet endroit. Pour une seule raison : personne n’y est jamais convoqué. Or, nous l’étions, donc il fallait bien affronter notre peur de l’inconnu.
Et il faut dire que l’atmosphère du tant redouté bureau, était plus saturée de parfum que d’angoisse…
Elle s’installe sur un fauteuil qui m’a l’air bien confortable et nous laisse debout, séparés d’elle par une table enfouie sous des tonnes de - et là j’en crois pas mes yeux, accrochez-vous-bien - portraits de Capitaine Krabs !
J’en suis bouche bée, et là je sens tout de suite l’atmosphère inquiétante du bureau ! Je suffoque non plus à cause du parfum, mais à l’idée de ce qui allait arriver, inévitablement. J’étais à sa merci.
 
« - Bon tout d’abord, Patrick…fit-elle d’une voix attendrissante. Je ne vous juge pas sur votre… disons… orientation, ni l’amitié très forte que vous éprouvez pour votre ami Bob. Sachez juste que ce genre de sentiments n’a pas sa place dans une auto-école et que vous devez donc vous retenir ici. Vous pouvez sortir. J’ai à parler à Bob en privé. »

Alors là j’ai rien compris ! Mais rien de chez rien, elle parle de quoi la madame là ?
Enfin bon, tant pis, on y était, je le sentais venir gros comme un bateau.

Patrick ouvre la porte, me dit qu’il m’attend à l’extérieur, sort et ferme la porte. Pendant ce temps-là, Mme Puff avait changé du tout au tout : de bienveillante elle était passée à menaçante. Ses gros yeux de poisson avaient alors une expression sinistre dans les yeux : de la sournoiserie, mêlée d’une pointe de triomphe.

« - Bob ! Ah ! Bob ! Patrick m’a fourni une occasion en or là ! Si j’avais su que vous étiez pédés comme des phoques ! J’aurais agi bien avant !"

Hein quoi qu’est-ce qu’elle dit ? Comment qu’elle sait ça elle ?

"Je te propose un marché ! Il faut que tu arrives à m’introduire auprès du Capitaine Krabs. Tu n’as pas le choix, sinon je divulgue à tout Bikini Bottom que t’es gay, et là tu vas en pâtir, je le crains bien. La multiplicité de tes orifices va attirer pas mal de pervers, et ça ne sera pas très agréable pour toi, je me doute que tu saisis."

Oh la oui j’ai tout compris : le dessin de Patrick, tous ces « orifices », elle a deviné comme ça ! La façon dont elle en parle me fait froid dans le dos et je n’ai pas besoin d’y réfléchir pour acquiescer.

"-Euh… Oui M’dame ! Je vais faire ce que je peux."

Pas le choix de toute façon, hein. Et je veux pas en apprendre plus. Je veux pas qu’elle me fasse part de ses fantasmes. Je m’efforce de ne rien imaginer.

Je n’attends donc pas sa réponse, son attitude est tout simplement ignoble, je sors rapidement et entends un faible « Je compte sur toi … » étouffé par la porte que je viens de fermer.
Je longe le couloir qui mène à la sortie, et je me rends compte que je vais devoir avoir une petite discussion avec Patrick.
Ainsi, lui aussi, il m’aime.
 
En fait, même pas besoin de parler avec lui. C’est terrible ! Ça aurait sûrement compliqué les choses, remarquez. Je suis à peine sorti qu’il me saute dessus, me prends par les épaules et me dis :

« -Ah que coucou Bob ! Je suis désolé. Tu m’en veux pas, hein ? Mais euh, les dessins   euh… »

Je le laisse pas terminer. J’en peux plus , j’écarte ses bras, m’avance et en passe un des miens, le gauche, derrière sa tête pour lui agripper la nuque, il n’a pas de cheveux…, tandis que ma main droite est plaquée sur sa joue. Je l’embrasse… et il continue à parler, le temps qu’il réalise que sa langue devrait être occupée à autre chose…

On s’éloigne de l’auto-école, main dans la main, mais même si on en avait l’habitude, de se tenir ainsi comme deux jeunes copains d’école, ce geste avait une toute autre signification pour nous. Nos doigts étaient tout emmêlés, nous marchions plus lentement, savourant cet instant que nous attendions sûrement tous les deux depuis un moment déjà…

*

*    *

Pendant ce temps-là, dans le laboratoire secret situé sous le Chum Bucket, Plankton avait tout vu de l’étreinte qu’avaient partagée Bob et Patrick, grâce au système de surveillance qu’il avait mis au point et qui couvrait toute la ville.
Il n’en fallait pas plus pour qu’une idée machiavélique germe dans son esprit. Il lui fallait trouver le moyen d’attirer Bob dans ses filets, qu’il soit dingue de lui, et consente ainsi à lui donner, enfin, fou d‘amour pour lui, la recette du pâté de crabe qui lui faisait tant défaut ! Ainsi il pourrait non seulement se délecter de l’argent qui coulerait à flot dans son restaurant, mais aussi de la ruine qui abattrait alors Krabs.
Puis il achèverait Bob, après avoir obtenu ce qu’il voulait, en lui brisant le cœur.

Des plans germaient à la pelle dans son esprit malsain…







fablelionsilencieux

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Chapitre 2/5

 Que faire en cette fin de journée ? Nous nous  étions à peine déclarés. Que faire pour profiter de ce début de relation ? J’en avais une idée bien précise. Et tout ça c’est grâce à ma bonne étoile.

 Ah l’océan, il s’y passe des choses absolument remarquables quelque fois. Mais je vous parlerai de ça un peu plus tard ! Revenons-en à mon étoile !

 On marchait en sifflotant, caricature des profondeurs d’un bonheur simple et parfait pour deux être qui n’en demandaient pas plus. J’avais décidé d’emmener Patrick à l’une de nos activités favorites. Après tout, même si nous étions maintenant engagés dans une relation plus intime, rien ne nous disait qu’il fallait changer quoi que ce soit à notre comportement.
 Nous n’avions pas à nous poser de questions ( ça tombe bien, c’est pas notre fort…) mais juste à continuer à faire ce qu’il nous plaisait…
 … c’est à dire la pêche à la méduse !

 On adore faire ça à deux, et qu’on soit juste amis ou bien amants, je vois pas pourquoi ça changerait ! Alors c’est parti pour le champs aux méduses ! On s’y dirige main dans la main, tranquillement, chaque couleur de notre monde pastel encore avivée par nos sentiments tout nouveaux.

 Le principe est simple. Un filet à méduses (type filet à papillons dans le monde du Dehors), des gambettes pleines de vigueur, un compagnon plein de fun et c’est parti pour clore la journée en beauté. D’autant plus que j’avais prévu quelque chose de tout à fait spécial…

 On arrive à notre destination. Pour vous la décrire, c’est simple. Une plaine, verte, avec plein de méduses flottant dans les eaux, des méduses roses à pois roses. On n’avait pas eu besoin d’échanger un seul mot, juste un regard plein d’amour et un grand sourire avant de nous élancer vers les animaux.
 A celui qui en attraperait le plus ! Et la bataille sera féroce ! On s’élance dans tous les sens, le filet à la main, l’agitant vers ces petites méduses qui n’ont rien demandé, les pauvres ! On saute, on s’agite, on s’essouffle, on s’étale par terre et on reprend notre respiration comme des baleines. Tout ça nous a bien pris deux heures et on n’a pas été très doué…
 Mais on en a attrapé quelques-unes tout de même ! Parfait pour ma petite surprise !

 C’est le moment de tout vous expliquer, allongé comme je le suis à une longueur de bras de mon étoile, mes doigts frôlant les siens, nous deux reprenant haleine, je me rappelle ce jour béni où je regardais les astres.

 Perché sur la terrasse de mon chez-moi ananesque*, je regardais le ciel pour passer le temps, n’arrivant pas à trouver le sommeil à cause de mon sujet de préoccupation du moment : Patrick. Comment lui avouer cet amour que je croyais impossible ? Y’avait qu’à voir la réaction de Mme Puff il y a peu pour vous donner une idée de l’opinion de la ville au sujet d’une telle relation.
 Quoi qu’il en soit, en rêver n’était pas interdit, et je regardais les étoiles en pensant à la mienne. Attendant avec espoir une étoile filante, occasion de prononcer un vœu, qui je l’espérais se réaliserait… Dans des moments pareils on se raccroche au moindre espoir, et j’en étais là.

 Et… Un objet céleste a bien fendu les flots pour venir à ma rencontre et c’était quelque chose de vraiment inattendu ! Déjà ça brillait pas alors c’était raté pour l’étoile filante, mais ça m’intriguait suffisamment pour que je focalise toute mon attention dessus. L’objet se rapprochant au fur et à mesure, grossissait, cachant quelques étoiles dans son sillage puis de plus en plus. Un objet cylindrique, d’à peu près ma taille. Je décidai d’attendre qu’il rejoigne la terre ferme pour l’étudier de plus près !
 Le voilà qui arrive à une vitesse hallucinante, tombant à pic à quelques dizaines de mètres de Bikini Bottom, donc malheureusement trop loin pour pulvériser la maison de Carlo ou de Mme Puff ! Mais ç'aurait été trop beau…
 Je descends donc en vitesse prendre connaissance de cet objet inconnu, et là je vois une bouteille énorme ! De ma taille ! Translucide, un liquide ambré y était contenu.
 Elle était plantée dans le sol, et sur l’étiquette on pouvait y lire : Huile de massage. De l’huile ? Mais c’est quoi ça ? Mais le côté massage m’avait intrigué.
 Je la contourne pour arriver de l’autre côté, pour en lire un peu plus et là mon imagination est partie gambader à des lieux de là, sur la peau rose de l’objet de mes envies. Patrick, mon étoile de mer à moi, ses épaules, ses pieds, son corps tout entier rien que pour moi.
 Je lisais donc les quelques conseils annotés sur le dos de la bouteille, et essayais ensuite d’en prélever un échantillon tant bien que mal mais impossible d’en verser dans une bouteille un peu moins grande, l’huile de voulait pas prendre la place de l’eau* de mon flacon…
 Malheur…

 C’était ensuite devenu mon sujet de préoccupation numéro un pendant plusieurs jours. Je savais que j’allais attraper Patrick dans mes filets grâce à ça, et j’y consacrai toute mon attention ! Et c’est là que mon travail au Crabe Croustillant m’avait été utile : on y utilise régulièrement de la gelée de méduse ! Et elle me semblait faire l’affaire comme substitut à la bouteille d’huile filante !
 Je pense qu’il n’y a pas besoin que j’en dise plus… vous avez compris mon plan. J’allais me servir directement à la source : traire quelques méduses pour appliquer ça sur le dos de mon amour… Et voir où tout ça allait nous mener…

 Après avoir récupéré un peu de mon souffle, je sautai sur Patrick. Mes jambes de chaque côté de lui.
 « Mets-toi sur le ventre mon amour ! J’te prépare un petit quelque chose …
 - Ah que qu’est-ce que tu fais, Bob ?
 - Tu verras, tu verras ! Allez hop sur le dos ! »

 Pendant qu’il se retournait, j’allais chopper une des méduses constituant notre butin et la trayais pour en obtenir la gelée !
 Je l’appliquais délicatement sur le dos de Patrick…

 « Huhuh Ah que c’est tout froid… »
 Je malaxais ses épaules doucement mais fermement, puis sa nuque, et parcourais son dos tout entier de mes doigts maladroits.
 « Huuum, continue Bob…. Ah que c’est agréable… »

 Cette substance était vraiment des plus efficaces !

 « Ah que je ne savais pas que tu savais faire ça… Tu n’en parlais pas dans ta lettre . »
 
 Hein ? Quoi ? Une lettre ? De quoi il parle lui ? Je lui ai jamais envoyé de lettre. Je commençais à éprouver un léger malaise… Me confondait-il avec quelqu’un d’autre ? Après tout, c'était dans ses cordes... Je commençais à me poser plein de questions mais Patrick me changea vite les idées…

 « Ah que ça pique, Bob ! Ça brûle ! Oh Ouïe Hiiiii »

 Je découvrais une nouvelle fonctionnalité de mon étoile : siège éjectable… Il se redressa si brusquement que je fis quelques mètres dans les eaux avant de me ramasser par terre tandis que Patrick agitait ses branches en tous sens.

 « Je suis sûr que je suis tout rouge ! »

 Ça, fallait pas être un génie pour le deviner…

 « Patrick, calme-toi, qu’est ce qui va pas ? »
 - Je suis allergique à la gelée de méduse, Bob !!
 - Ah euh je le savais pas !! Viens, je vais te l’absorber ! »

 Aussitôt dit, aussitôt fait ! Je me frottais à lui tel un hérisson sur Diabolik Spontex, une de mes congénères… Ce qui, non content de le soulager, me donnait envie d’aller plus loin. Mon plan s’était finalement révélé foireux mais je voulais aller plus loin tout de même, me frotter ainsi à lui… Sentir nos corps si proches se toucher, se frôler, aller et venir contre lui, tout ça m’excitait terriblement.
 Je me gonflais totalement, mon pouvoir absorbant au plus haut de sa forme, je devenais plus doux au toucher, capable d’absorber au mieux ce qu’allait me donner Patrick. Je le remettais sur le ventre, le chevauchais, l’embrassais du mieux que je pouvais. Sur le bouche, sur le torse, sur le ventre, son nombril si parfait, j’arrivais à son caleçon, le retirais doucement, et là, surprise :

 « Mais… euh, tu, Patrick ! T’as pas de zizi ! »

______________________________________________

Petites précisions :

* Bob habite dans un ananas
* L'huile est hydrophobe, donc non miscible avec l'eau, d'où la gelée de méduse.

Et pour le final :
Les étoiles de mer adoptent un mode de reproduction asexuée. C'est dommage pour notre ami Bob, hein ?

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Chapitre 3/5

Baisser le caleçon d’une étoile de mer, ou comment retomber à plat en une fraction de seconde. J’étais étonné, cela va sans dire, mais j’étais aussi extrêmement déçu. Je savais pas quoi faire de plus que de lui annoncer cet évidence - et j’espère que ça l’a pas surpris d’apprendre une telle nouvelle… - puis de m’asseoir à côté de lui pour réfléchir.

 Tous mes rêves, tous mes fantasmes, tous mes espoirs de communion physique avec lui s’étaient évanouis ! J’aimais Patrick, évidemment, mais je ne voulais pas passer mon temps à chasser les méduses avec lui, j’aspirais tout de même à profiter de ce qu’une relation amoureuse pouvait offrir de plus par rapport à l’amitié ! Je voulais découvrir le corps de Patrick, l’explorer tout entier, y compris les mystères que je comptais trouver dissimulés, mais non…. Je ne découvrais rien et ma déception n’avait d ‘égal que le néant de sa région pubienne…

 Pire, il n’avait donc que ses grosses branches pour découvrir mon corps à moi. J’en frémissais.

 Fallait-il donc renoncer à tous ces plaisirs charnels ? Frustré comme je l’étais sur le moment, c'était difficile de prendre une telle décision ! Mais après tout, si je l’aimais, et c’était le cas, ne pourrais-je m’en accommoder ? Je pense que oui, après tout… J’aviserai…

 « Je rentre Patrick, on fait la route ensemble ?
 - Ah que d’accord Bob. Mais euh Bob, c’est quoi un zizi ? »

 Tsss….


 J’étais encore sous le choc de ma dernière aventure pendant que nous nous dirigions vers le rocher qui servait de maison à Patrick et je ressassais les évènements la journée, aussi bien en l’accompagnant chez lui - où j’eus la surprise de voir ses parents qui toquaient au rocher - qu’en gagnant mon ananas. Je me rappelais alors qu’il fallait que j’intercède en la faveur de Mme Puff auprès du Capitaine… Une dure journée m’attendait demain : tenir le coup en attendant que ma journée de travail se termine enfin pour que je puisse voir Patrick, et essayer d’accaparer l’attention du Capitaine sans parler d’argent, mais en plus en parlant de ma prof ’… C’était pas gagné.

*

*    *

 « ‘Voulez du thé ? »
 Les parents de Patrick acquiescèrent. Ils étaient installés sur un canapé devant une table basse, leur fils face à eux. Il était leur portrait tout craché : tous les trois étaient roses, étoilés, dotés d’un bidon et incroyablement stupides. Seul signe distinctif : leur accoutrement. Le père en marcel blanc et bermuda bleu, la mère en robe jaune canari. Leur fils, comme on le sait déjà, avait trouvé plus ridicule avec son fameux caleçon vert et mauve.

 « -Bob va bien ?
 - Ah euh que oh que euh euh ah que oui m’man ! Ah que pourquoi cette question ? Bafouilla Patrick en réponse, passant du rose à l’écarlate une nouvelle fois dans la journée.
 -Pourquoi cette réaction, mon garçon ?
 -Pour rien, rien ! Vraiment rien du tout ! »
 Elle lui sourit, ce qui naturellement, rassura Patrick. Il est vrai qu’il n’était pas sûr de vouloir qu’elle sache la vérité.
 Il se retourna pour s’occuper de l’eau, la mettre à chauffer.
 « -Mais qu’as-tu sur le dos, mon petit ? »
 Pas le temps de réagir, en deux temps trois mouvements, elle était là… Un œil qui se rétrécit, l’autre qui s’agrandit, alors qu’elle portait à son regard une fibre jaune.
 « Depuis quand tu desquames la matière spongieuse ? Tu t’es frotté à Bob, hein ? »

 Les parents de Patrick valaient leur fils en ce qui concernait les capacités intellectuelles. Mais là… depuis qu’ils étaient arrivés, leur perspicacité était à toute épreuve. Quand il s’agissait de défendre des valeurs conservatrices….
 Tout ça au grand dam de notre étoile de mer !

 Patrick, lui, n’avait rien d’autre à défendre que sa peau face à ses parents, et son rougissement prononcé après le début de l’investigation maternelle n’était pas pour l’aider.
 « Comment peux-tu nous faire ça à nous ? Nous sommes pourtant des parents aimants, des gens respectables.  Nous t’avons bien élevé. Comment as-tu pu faire une chose pareille ?
 - Mais je vous ai rien fait euh maman, je… c’est vrai que j’aime Bob…
 -Hiiiiiiiiiii !!! »
 Sursaut, mains portés aux jours, yeux grand ouverts, caricature étoile-de-meresque de la surprise, de l’horreur, du dégoût.
 Pire : de la honte. N’importe qui pouvait lire tout ça dans leurs yeux, même Patrick.
 
 Ahhhh pauvre Patrick, peut-être aimait-il trop aveuglément ses parents…
 « -Patrick, tu vas me faire le plaisir de casser avec Bob , finis-en immédiatement avec cette relation contre-nature ! Je ne tolèrerai pas que mon seul et unique fils, mon chouinet, mon bébé ait un comportement digne du plus odieux des poulpes ! J’en souhaiterais presque que le Hollandais Volant vienne te voir » ( … Alors que le monologue de sa mère continuait, et blablabla et blablabla, Patrick n’entendait plus rien, cette allusion au pire des malheurs l’étourdissant pour un moment.) « … ah ça non ! Bob est un crétin, cela passe encore, mais Bob est une éponge et en tant qu’ étoile de mer, tu te dois de courtiser des étoiles de mer ! Perpétuer notre lignée Patrick, notre nom ! C’est important. »

 Apparemment, le sexe de Bob leur était passé totalement au-dessus de la tête. Mais devrait-on s’en étonner avec des étoiles de mer ? Après tout Patrick n’avait pas de zizi, tout comme son père et sa mère probablement, mais il irait pas vérifier hein, et de ce fait, pouvait-il vraiment se considérer comme un garçon ? Ou être un garçon se situait-il juste au niveau d’une façon d’être, d’un comportement ? Ou était-ce un état d’esprit, une façon de se définir ? La réponse ne viendrait pas tout de suite, peut-être jamais :  c’était déjà assez difficile pour Patrick de réfléchir mais s’il fallait en plus aller au bout de la réflexion…
 On pouvait du même coup se demander si ses parents s’étaient mis d’accord sur le rôle à tenir : eh oui, l’éternelle question du « Qui fait la femme » ? Peut-être intervertissaient-ils…

 « -… tu vas donc lui rendre tout gage d’amour qu’il a pu te donner et rompre dès demain ! »
 - Oui, maman… »

 Alors que pour une fois il avait réfléchi, mais un peu à côté du sujet, une fois de plus, on avait pris une décision à la place de Patrick, une fois de plus il allait tout encaisser, une fois de plus il allait faire une énorme bêtise.

 Ses parents se levèrent sans toucher au thé :  sa mère, puis son père, qui d’ailleurs était resté muet depuis le début, se dirigèrent vers la sortie ( que je ne vous décrirai pas : sortir du dessous d’une roche posée sur le sable est une entreprise difficile à concevoir.) Ils marchaient étrangement, en simultané, chacun avançant le pied gauche en même temps, puis le droit, et ainsi de suite, la conduite de l’un calquée sur celle de l’autre.

*

*    *

 Mon réveil sonne après la bonne nuit de sommeil qui clos les bonnes soirées pépères à la maison. Comme souvent je m’étais vautré dans mon lit et avait profité de l’amitié de Gary, mon escargot domestique. Ses miaulements sont si attendrissants qu’il n’existe plus rien au monde quand je prends soin de lui. J’avais fini par m’endormir puis le réveil était venu. La soirée qui me séparait de Patrick était donc déjà passée, plus qu’une journée à supporter notre séparation, avant ce coir !
 Cette journée promettait d’être chargée !
 
 Je me levai plein d’entrain, comme ça ne m’était plus arrivé depuis longtemps. Je me fis même des pan cakes, que je mangeai accompagnés d’un bol de lait et de céréales. Je fis ma toilette et donnai  à manger à Gary
 «  Meoooooow ! Scruch… groumf groumf groumf… slurp… »


 Puis c’était parti pour le boulot. Carlo, mon voisin et collègue, sortit en même temps que moi mais refusa que je l’accompagne par une mine renfrognée des plus persuasives ! Soit, j’insisterai pas. Au lieu de lui parler, j’allai donc me faire un film sur la soirée qui nous réunirait Patrick et moi.

*

*    *

 Plankton se frottait ses bouts de bras tout menus, dans le secret de son laboratoire sous-terrain.  La première phase de son plan avait réussi à merveille. Il avait, du moins, fait ce qu’il pouvait. Son unique œil se plissa sur son ouvrage, il ne devait rien louper. Il aurait cette recette cette fois-ci !
 Derrière lui reposaient des tas flasques d‘innombrables étoiles de mer. Vidées de toute substance, il les avait farcies avec un mécanisme lui permettant de les contrôler à distance, jusqu‘à arriver à un résultat parfait sur deux d‘entre elles. Ce n’était d’ailleurs pas chose aisée de bouger deux avatars en même temps. Mais il s’était débrouillé et cette situation ne devait plus se reproduire. Il ne devait contrôler plus qu’une seule personne maintenant.
 N’empêche, quel imbécile ce Patrick. Ne pas reconnaître ses parents… Cela lui était déjà arrivé ( NVO* : dans un épisode précédent ) , mais se faire avoir deux fois ! Pfff….
 Enfin, Plankton, dans ton immense génie, avait réussi à tourner ça à son avantage…

*Note de la Voix-Off

*

*   *

 Je ne vous décrirai pas à nouveau ma journée, vous connaissez ça suffisamment bien. Elle était pourtant moins morne que celle d’hier, et malgré que je sois plus impatient d’en finir, je ne dois pas non plus oublier de parler au capitaine.
 D’ailleurs le moment est venu.
 C’est vrai tiens… Si vite ? La fermeture ?
 J’allais pas m’en plaindre ni perdre 5 minutes de plus.

 Toc Toc

 « Entrez ! »
 J’obéis et trouve le Capitaine en train de compter, déjà, la recette du jour. J’ai honte d’interrompre ce rituel sacré…
 « -Euh Bonsoir Capitaine !
 - Bonsoir Bob, qu’est ce qui t’amène ? » Me dit-il de son habituel ton amical à l’accent paillard.
 « -Mme Puff. » Purée comme entrée en matière, y’a pas plus naze. « Vous en pensez quoi ?
 - Moche, mauvais goût, insupportable, odeur de poisson. Pourquoi Bob ? »
 Là c’était un coup dur, comment vanter les mérites de mon produit du coup ?

 « Je ne suis pas ton père, Bob, tu fricottes avec qui tu veux  ! » Clin d’œil.

 Gloups.

 « -Euh, non Capitaine, c’est euh…. Je vous vois super bien ensemble ! »
 C’est ça Bob, enfonce toi…

 « -Bob ! Sur quels critères te bases-tu pour sortir des poulperies pareilles ? Ne me dis-pas que nous sommes assorties tout de même ! »
 Viiiiite… trouver quelque chose…. Euh….
 
 « Non Capitaine, c’est euh … votre fortune !
 -Quoi ma fortune ! D’où tu sors que je suis plein aux as, toi ? Et d’abord, pourquoi tu t’intéresses à mes billiets toi ?
 - Elle est très riche vous savez ! N'est-ce pas la caricature de la riche héritière ? »


 Instant de vérité… j’avais pas d’autre idée sur le moment…

 « Mme Puff dis-tu ?Cette nymphe aux écailles si éclatantes, si gracieusement ajustées, à la taille superbe malgré quelque rondeurs qui font tout son charme, joyau de Bikini Bottom, elle qui hante mes nuits… »
  Bon là il s’égare… je crois que le tour est joué… Je m’en vais discrètement et referme la porte sur un « Oh mes petits billets, je vais vous trouver plein de copains… »

*

*    *

 Patrick devait venir me chercher au restaurant, j’espère qu’il n’a pas oublié. Ah bah non, tiens le voilà ! Il a même des feuilles dans sa main ! Je le vois déjà me réciter un poème !

fablelionsilencieux

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Chapitre 4/5

 Patrick continue sa route sur le chemin, ça lui vient même pas à l’idée de courir vers moi dans un élan de romantisme alors je m’y colle… pour me coller à sa bouche et à son corps !

 Ah mon Patrick, il est si sexy !

 « On fait quoi, mon chou ce soir ? »
 « On n’a qu’à se planter devant la télé. Chacun chez soi. Je peux plus continuer Bob, désolé. Je te rends ce qui est à toi. Salut. »
 
 Et il repart, sans jeter un regard en arrière, me laissant planté là, serrant des feuilles de papier dans ma main.
 Abasourdi.
 En larmes.
 Incapable d’émettre un son, juste de subir, de constater, d’essayer de comprendre.
 Purée…
 Se faire larguer par Patrick… Waow ça fout un choc là ! Encore, sortir avec lui n’est pas perçu comme une preuve de bon goût, mais se faire jeter par lui… je suis sûr maintenant que tout Bikini Bottom va s’en servir contre moi…
 
 J’y crois pas. Tout perdre comme ça alors que ça venait tout juste de commencer, si brutalement, une rupture froide, sans explications, sans soutien. Ça calme. Et je pleurs, en restant debout les yeux dans le vague, essayant de réaliser…

 Quelques instants plus tard, je sais pas trop s’il faut compter ça en secondes, en minutes ou en heures, mes pas me conduisent mécaniquement chez moi, à la recherche d’un réconfort que seul Gary peut me fournir.
 Je m’installe dans le canapé.
 Gary me bave dessus. « Meooow » Qu’il est attendrissant…

 « Heureusement que je t’ai mon Gary, tu m’abandonneras jamais toi, hein ? »

 C’est quoi ces feuilles d’abord ?
 Des lettres ! Je me souviens qu’il avait parlé de ça ! Mais je lui ai rien écrit moi !


 Cher Patrick,
 Depuis que je t’ai vu, tu hantes mes nuits. Je ne rêve que de me retrouver entre tes bras, de t’entourer des miens. Je ne sais pas trop quoi dire, il ne m’est pas évident de parler de mes sentiments, c’est encore plus difficile de les écrire.
 Tu m’obnubiles Patrick, je pense à toi beaucoup trop souvent pour vivre en paix si je ne t’ai pas. Même mes clés à molettes me font moins d’effet.
 Je te prie donc de répondre à cette lettre.

Bob LE


 Bob LE ? Comme Bob L’Éponge ? 
 Impossible, j’ai pas écrit ça moi !

 Des clés à molettes ?
 Je renifle bruyamment.

 « Meoooooooooooooow »

 J’approche le papier de mes yeux, le bord est abîmé et il manque la dernière lettre.

 Bob LE B.

 Hum ? Bob le … ?
 Naaaaaaan !! Bob le Bricoleur !?! « Meoow ?!?!! »

 Dingue de Patrick ?
 C’est pas possible… « Meowww…. »
 
 J’vais le MASSACRER !! « MEOW !! »
 …

 Pfff… non, il n’a rien fait de mal. Il s’est juste déclaré, ce qui demande quand même beaucoup de courage… Mais ce crétin de Patrick a cru que c’était moi, et expérimentant la fameuse citation « Dans un couple, il y a celui qui aime, et celui qui est aimé. », il a dû tomber amoureux de l’autre mécano couvert de crasse et fanatique des clés à molettes et autres tournevis…
 
 En plus, il parle à des camions…

 Ah tout ça n’a aucune importance. Patrick ne veut plus de moi, le reste je m’en fous…
 
 J’arrive pas à y voir clair dans cette histoire. Je me rends compte maintenant que ce qui faisait que Patrick m’aimait n’était peut-être pas dû à qui j’étais, mais aux sentiments qu’il pensait que je ressentais.
 Je me retrouvais maintenant dans la même situation que Le Bricoleur, amoureux de quelqu’un qui ne voulait pas de moi. Par solidarité, je devrais lui écrire.
 Je devrais aussi réclamer des explications à Patrick. J’allais pas me laisser faire !

 On sonne ! Tiens qui ça peut être ?
 « Sandy ! Qu’est-ce que tu fais là ? »

 Sandy est une écureuil qui vit dans un scaphandre. Elle a un caractère très fort malgré l’aspect mignon que lui confère la fleur qui orne son casque.

 « J’ai tout vu Bob ! Raconte-moi tout qu’on lui fasse la peau à cet enfoiré ! » Dit-elle de sa voix haut perchée mais autoritaire.

*****

 Un restaurant dans les quartiers chics de Bikini Bottom.
 Quittant la table de ce luxueux restaurant, le Capitaine s’évertuait à s’approcher de Mme Puff, et surtout, de son compte en banque. La poissonne, elle, ne pouvait détacher ses yeux de son compagnon. Qu’elle avait envie de sentir ces pinces la saisir !
 Sa discussion était très cultivée et très intéressante. Ce ne pouvait qu’être le cas pour quelqu’un qui avait réussi ainsi dans la vie même si c’était dans la restauration. Elle ne s’était pas ennuyée une seule seconde durant cette soirée, et celle-ci n’était pas terminée.

 « Dites-moi ma chère, comment puis-je vous appeler ? Vous avez bien un prénom ? Je brûle de le connaître…
 -Que vous êtes charmant, appelez-moi Poppy, Eugène… » [J’y peux rien, c’est les noms d’origine…]
 -Quel nom charmant ! Tout comme celle qui le porte ! »
 Battement de cil.
 « Je vous prie de m’excuser de ne pas m’en être informé plus tôt …
 - Il n’y a pas d’offense . »

 Hum je dois le troubler. Formidable !

 Arrivés dans la rue, Poppy n’y tint plus :
 « Oh Eugène, embrassez-moi !
 - Poppy ! Je n’attendais que ça ! »
 
 Il la prit dans ses bras, et leurs lèvres se touchèrent doucement…

 « Vous êtes bien trop tendre et romantique, Eugène, soyez plus sauvage !
 - Je ne savais comment vous prendre… »
 
 Et leurs langues se lièrent… La main de Poppy vient prendre celle d’Eugène, l’attirant plus avant sur la rue.
 « Où m’emmenez-vous, Poppy ?
 « -Là où tu sauras définitivement comment me prendre… Le C.C.C.
  -Le C.C.C. ? Mais qu’est-ce donc ?
  - Tu le sauras bien assez tôt . »
 
*****

 Patrick, malgré son comportement des plus stupides , est toujours à peu près du même niveau que les autres, et donc n’a pas encore obtenu son passeport pour quitter cette histoire toute aussi stupide.
 Après avoir largué l’une des seules personnes avec qui il pouvait espérer avoir une relation, il s’était lancé activement dans la recherche de la réponse à une question capitale :

 Qu’est-ce qu’un zizi ?

 Pour ce faire, il avait réfléchi longuement à l’endroit où il pourrait trouver des gens assez sages pour détenir un tel savoir. Le savoir s’acquérant avec l’âge ( C’est ce que lui avait toujours dit son père : « Ecoute-moi, j’ai vécu, donc j’ai raison. Sois un bon petit garçon et tais-toi. » ), il part donc en direction de la Maison de Retraite de la ville, dans l’aile consacrée aux étoiles de mers…
 Ici s’entassaient les vieillards les plus séniles de tout l’océan. Les étoiles de mer ne brillant pas particulièrement par leur intelligence ( remarquez le jeu de mots… ) dès leur plus jeune âge, certains effets de la vieillesse pouvaient leur conférer un surcroît de bêtise. C’était malheureusement le cas pour bon nombre d’entre elles.
 Parmi celles-ci, il était de renommée océanique que Papy Maxou ( ouai enfin un personnage original ! ) était la plus curieuse. Parmi les autres vieux habitants de l’Océan, qu’ils soient en fauteuil roulant ou déambulatoires , celui-ci, qui oubliait chaque matin comme on marche, se déplaçait aujourd’hui sur la tête et le bras gauche…
 Heureusement que sa morphologie d’étoile le lui permettait…

 Quoi qu’il en soit, Patrick jugeant cette façon acrobatique de se mouvoir comme étant gage de maîtrise de son corps, d’équilibre, et donc annonciateur d’une sagesse sans égale, c’est tout naturellement qu’il se dirige vers lui…
 
 « -Papy Maxou ?
 - Ouai ? Qu’est-ce t’veux, man ? Approche !
 - Je… euh… Allons droit au but, c’est quoi euh… un zizi ?
 - Ahahahah ! Voyons… Si tu avais posé cette question à ma chère Mamie, elle t’aurait chanté :

 Si tu recherches un zizi
 Ce bidule tout riquiqui
 Si tu comptes te jeter à l’eau
 Tu dois en voler un à un ami
 Puis passer par la chirurgie
 Tu ferais bien de rendre une visite à ….

 Désolé man, mais j’me souviens plus du dernier mot. Ma mamie avait l’air d’en connaître un rayon sur le sujet… Tu ferais bien de chercher chez les gens dont le nom finit par O…
 - D’accord merci… Papy, dis-moi, pourquoi tu marches comme ça ?
 - C’est tout simple, mon petit, c’est euh… hum… pour montrer au monde… que… qu’il n’y a rien de mal à ne pas suivre le courant, et … que savoir se démarquer du banc… en ignorant les critiques… est quelque chose d’important !! » dit-il, puis, pour lui-même :  « Oui ah c’est bien trouvé ça… » Et enfin, plus haut :  «  Oui euh… il faut pas que tu te laisses dicter ta vie mon petit ! »
 - Hein ? Euh… Merci papy Maxou, au revoir ! »
 

*****

 Quelque part à Bikini Bottom, il se fait tard dans un coin que l’on connaît bien… mais le voile de la nuit le rend impossible à décrire
 
 TOC TOC TOC.
 Le bruit d’une porte qui s’ouvre.

 « Oui ? »

 La rai de lumière provenant de l’intérieur éclaire une poissonne aux formes affriolantes et à la tenue aguicheuse, à la voix chaude, assurée, et séduisante :
 «  C’est bien ici le C.C.C. ? »
 « - Humm… Le Club vous est ouvert , ma chère. » répondit l’ombre devant l’entrée, d’une voix satisfaite. Des gémissements provenaient de l’intérieur.

 « - Vous êtes C. ?
 - Une beauté telle que vous peut m’appeler Carlo. »
 
 Bruit d’une porte coulisse sur ses gonds.

 « Entrez… venez jouer de ma clarinette. »

 Bruit d’une porte qui se referme…

fablelionsilencieux

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Chapitre 5/5

 Le C.C.C.

 Le Carlo’s Clarinet Club…

 Qui se serait douté qu’un tel endroit existe ? Qui se serait douté que Carlo puisse vouloir venir en aide aux autres ? Lui qui n’était pas de nature philanthropique, donner des cours ?!

 L’ensemble de Bikini Bottom vous aurait ri au nez si vous lui aviez dit ça…
 Et pourtant !

 Des dizaines de poissonnes se bousculaient pour porter à leur bouche l’une de ses clarinettes, pour promener leurs doigts sur ce cylindre à l’étendue surprenante*, pour en tirer toutes les notes possibles, pour entendre Carlo les féliciter de leur adresse, les encourager d’un « Continuez ! » empreint d’extase, les gratifier d’un « C’est bon ! Encore ! ». Il poussait même quelques gémissements ! 

 On venait même pour assister à de tels cours. Dans l’assistance, des raies attendaient de pouvoir jouer avec ces clarinettes elles-aussi, de les accueillir avec tout le savoir-faire dont elles étaient capables. 
 
 « Oui, voilà, c’est cela. Pas trop fort. Il faut y aller avec mesure… »
 « Va moins vite, Sylvia. »
 « Les doigts sont aussi importants que la bouche, Raymond. »

 Carlo se tenait au centre de la salle, trois invités à ses pieds.

 Trois !

 Était-il un si bon professeur ? Des dauphins et dauphines, des baleines, des crabes, et même des petits Coraya, étaient habitués du Club. Et ils appréciaient toujours autant le spectacle. Évidemment, certains ne faisaient pas que regarder, ils essayaient de reproduire la leçon dans la mesure de leurs moyens, y apportant leur petite touche personnelle.

 Le Capitaine, lui, entraîné là par sa compagne, n’en croyait pas ses yeux.

 Car ces phrases, à l’apparent et douteux sens caché, veulent exactement dire ce à quoi on pense tout de suite : non seulement ce Club était en réalité un club échangiste, mais en plus, Carlo en était l’attraction centrale !

 Un entre chaque jambe, sauf à l’arrière.

 En effet, Carlo Tentacules ( c’est bien son nom de famille… ), ne possède pas un, ni même deux, mais trois zizis !

*

*    *

 « J’ai tout vu Bob ! Raconte-moi tout qu’on lui fasse la peau à cet enfoiré ! » avait-elle dit de sa voix haut perchée mais autoritaire.
 Mais son apparition surprise n’allait pas s’en tenir à si peu !

 « Chui déjà allé chercher l’autre bricoleur là ! »
 
 Et c’était vrai… Bob le Bricoleur avait été traîné jusque chez moi, et attendait là, ligoté et bâillonné, sa joue écorchée contre le sol. Je n’arrivais pas à en croire mes yeux. Sandy était une véritable amie, toujours prête à me rendre service ou à me protéger, mais là elle y était allée fort. C’était pas du tout dans mon intention que cette histoire continue, je préférais laisser couler.

 Mais pas Sandy, elle était pas de ce genre, et je me devais de la raisonner.
 
 « Rentre… et amène-le, avec douceur… »

 J’étais trop las pour faire preuve d’animosité, et il n’y était pour rien… Je faisais souvent preuve d’imbécillité, mais j’étais au moins capable de comprendre ça…
 Et surtout, j’étais peut-être un crétin, mais sûrement pas quelqu’un de mauvais…

 Je m’appliquais à lui donner tout le confort possible, en expliquant à Sandy ce que je pensais de sa conduite, cachant difficilement ma peine, ma lassitude, et ma réprobation.

 Lui n’y comprenait pas grand-chose, aussi je lui expliquais alors que j’enlevai le bâillon de sa bouche, que je déroulai la corde serrée au possible tout autour de lui, découvrant des sillons rouges sur une peau tendue par des muscles parfaits.

 J’allai chercher de la crème pour soulager sa peau irritée.
 J’allai chercher de la crème pour promener mes doigts sur lui, avant tout…

 J’en avais envie, et ne pouvait résister à ce corps, alors que je sentais son regard pendant que j’allai d’un sillon bicipital à l’autre, que je passais à ses épaules, à son dos, puis repassant devant lui pour arriver à son torse, où je dus affronter son regard empli de gratitude et de compassion.

 Lui non plus n’est pas quelqu’un de mauvais.
 Et en plus il est sacrément sexy.

 Sandy, elle, ne savait plus où se mettre, comment réagir, elle paraissait même embarrassée.
 Finalement, nous en parlâmes à trois, pour arriver à une conclusion qui mit tout le monde d’accord : qu’il fallait en parler à Patrick.

 C’est pourquoi j’allai chez lui, pour lui demander de venir, ce qu’il accepta sans difficulté.
 Chose surprenante, je l’avais trouvé en train de lire… un dictionnaire.

 Il y a un début à tout.
 Arrivés devant chez moi , la porte de mon voisin et collègue Carlo, s’ouvrit, et deux petits Coraya sortirent et la refermèrent. Ils discutaient, l’air emballé.

 « T’as vu ce Carlo ?
 « Corayamant ! Trois zizis ! T’imagines ? »

 C’est quoi cette histoire ?

 Mais les yeux de Patrick prirent à peine le temps de s’écarquiller qu’il fonçait à la porte de mon voisin, et ouvrait la porte. J’essayai de le rattraper, on ne rentre pas chez les gens comme ça.
 Mais il avait déjà ouvert la porte…

 Nous vîmes le monticule de coussins…
 Nous vîmes Carlo, nu, affalé dessus…
 Nous vîmes les trois sirènes à ces pieds, visiblement très occupées.
 Nous vîmes mon voisin s’arquer, empoigner les coussins, atteignant ce que peu en ce monde pouvait atteindre, criant sous la puissance cumulée d’un triple-plaisir simultané.

 « Bob, j’en veux un… »

 Comment ne pas en vouloir un ? Après avoir vu ce que ça pouvait offrir…

*

*    *

 « Bob j’en veux un ! Je donnerai n’importe quoi ! Tu entends ? »

 Le Capitaine Crabe n’en croyait pas ses oreilles, cette soirée était démentielle.
 Délaissant sa compagne, il partit assaillir Patrick, le gain l’appâtant comme jamais, oubliant tout ce qu’avait pu lui apprendre sa mère à propos des appâts.
 « Attention aux hameçons » qu’elle disait.

 Mais on pêche rarement des crabes, alors à quoi bon cette mise en garde ?

 Son talent pour marchander, pour le commerce, amener l’autre exactement là où il le voulait, prenait le dessus. Rien ne lui donnait plus de plaisir sinon l’ouverture du portefeuille de son interlocuteur. Et s’il fallait pour ça priver Carlo d’un de ses zizis, ou embobiner Puff en feignant d’en être amoureux, soit !
 Tous les moyens sont bons !

 « N’importe quoi dis-tu, mon petit ? Combien exactement ?
 - Ah que je donnerais tout mon héritage Capitaine : mes parents ont été retrouvés dans une décharge publique, désossés, je vais hériter de 25 000 billiets, ah que est-ce que ça marche ?
 -Oh Patrick, je suis désolé…
 -Tais-toi Bob, heureusement qu’ils sont crevés ses parents ! Top là Patrick  ! »

 Et le marché fut conclu.

 « Poppy, ma chérie, va assommer Carlo veux-tu ?
 - Bien sûr, mais vous avez quelqu’un qui sait greffer des zizis ?
 - J’ai ce qu’il faut, je connais quelqu’un qui s’y connaît bien en tuyauterie !

 Il avait fallu 25 000 billets pour enlever tout sens moral au Capitaine, l’illusion d’une relation avec lui pour l’enlever à Puff, et rien que mon amitié pour Patrick pour me l’enlever à moi…

 « Rendez-vous au restaurant . »

*

*    *

 C’était incroyable.
 Bob était finalement revenu accompagné de Patrick, mais avec une histoire absolument incroyable ! Mon plan avait fini par se révéler totalement foireux : buter les parents de Patrick, les télécommander pour qu’il quitte Bob, qu’il fallait que je séduise en profitant de sa faiblesse, aux manettes de la combinaison de Sandy, dans laquelle j’étais planqué, pour qu’il m’offre la recette du pâté de Crabe, était pourtant une bonne idée.

 Mais ma petite faiblesse m’avait perdu : j’avais amené Bob le Bricoleur, bien décidé à prendre du bon temps en le démembrant, avec Bob comme assistant ( ce qui, me semblait-il, plairait à n’importe qui venait d’être largué ) . Mais ils se faisaient les yeux doux, ces deux-là ! Raaaah !

 Mais finalement, je tenais peut-être là l’occasion qu’il me fallait ! Incroyable n’empêche, mais le Capitaine allait finalement ouvrir son restaurant pour réaliser un transfert de pénis entre Carlo, qui en a trois, et Patrick, qui n’en a pas ! Qui aurait pu imaginer un truc pareil ? Et moi dans la pagaille, je me faufilerai dans la salle des coffres…

 Le bricoleur avait accepté sans discuter, déjà conquis par Bob.

 Et nous nous retrouvions, cinq minutes plus tard, au restaurant, alors que Patrick faisait son choix parmi l’assortiment de zizis qui lui étaient proposés par un Carlo sanglé sur la table de la cuisine de Bob, les jambes écartées.

 Patrick voulait celui de droite, allez savoir pourquoi.

 Alors le bricoleur sortit ses instruments, et je suis bien en mal de vous décrire comment il a fait pour découper puis greffer un zizi d’un calamar à une étoile de mer (parce que je forçais à ce moment-là le coffre-fort du restaurant, entendit le petit clic qui me garantit l’ouverture de mon sésame, caressait le papier sur lequel était inscrit la recette…) mais il le fit !

 Ouiiiiiiiiii Cette recette, enfin ! Je l’ai !!! Capitaine je t’ai vaincu !

 En retournant incognito à la cuisine, j’avais trouvé deux plaies refermées par du scotch, faute d’avoir trouvé mieux sur place.

*

*    *

 Quelque jours plus tard, j’en crois plus ce que je raconte. Le métier de voix-off ne m’avait jamais autant surpris, mais tous ces évènements s’étaient effectivement déroulés.
 Bikini Bottom en serait changé à jamais.

 Les ténèbres régnaient maintenant à Bikini Bottom, le capitaine avait délaissé son restaurant et s’était reconverti en responsable d’un réseau de trafic d’organes. Après avoir dépecé dans les règles un Carlo qui ne comprit jamais ce qui lui était arrivé.
 
 Aux côtés du Capitaine, Puff s’occupait de la comptabilité.

  Sandy s’était sortie de sa combinaison après que Plankton ait obtenu ce qu’il désirait. Mais la combinaison avait acquis une volonté propre suite au sabotage effectué par Plankton et s’occupait de kidnapper les malheureuses victimes…

 Et le pire, c’est que c’était une affaire qui marchait.

 La décharge accueillait maintenant quelques pensionnaires supplémentaires : les calamars étaient maintenant une espèce en voie d’extinction.

 Quant aux étoiles de mer lubriques, elles pullulaient, fières de leur nouvel attribut, et promptes à s’en servir.
 
 Plankton, qui avait atteint son but, prit la direction du Crabe Croustillant, mais la victoire avait un goût amer, le Capitaine n’en étant pas affecté une seule seconde. Sa motivation n’était évidemment pas de gagner, mais que son adversaire perde…

 Patrick, lui, était régulièrement aperçu dans les backrooms et autres parkings souterrains…

 Pour terminer sur une note un peu plus rose, Bob et Bob filaient le parfait amour, venant de faire l’acquisition d’un nouveau tracteur.

 
FIN

(*) La clarinette est l'instrument à vent qui est le plus long.




Super utile ce récit qui nous sort des pages culturelles de temps à autres !   

Vous l'aurez deviné, c'est la fin. Admirable n'empêche comment tout s'est télescopé en une fin d'une logique inéluctable, hein ?