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Messages - jkf

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CHAPITRE XX


Enfin seuls dans l’intimité de notre chambre, Harmonie me dévore de son regard impertinent, de celui irrésistible qu’elle maîtrise à la perfection, somptueuse dans sa petite robe à fleurs où ses jambes effilées cherchent désespérément une cachette suffisamment efficace pour ne pas dévoiler trop rapidement l’origine du monde. Depuis que nous nous sommes rencontrés, elle est chaque jour encore plus jolie que la veille, plus magnifique, plus somptueuse. Impossible de résister, impossible de ne pas succomber à son charme affolant, à sa gentillesse légendaire, à son sourire aphrodisiaque. Et si, chaque matin, avec elle, c’est l’euphorie, chaque soir, je ne veux connaître dans ses bras que l’extase, en toute simplicité ; un feu d’artifice qui tourne en boucle pour illuminer nos nuits de mille feux plus beaux les uns que les autres. Et maintenant, auprès d’elle, avec elle, je veux pouvoir accéder au bonheur suprême, au sanctuaire de notre bénédiction, au nirvana de notre rencontre, au firmament de notre passion amoureuse, rien que pour la dépasser.
 
En remplacement de ses petites bottines usées, ses sandales ont quitté ses pieds sous la dextérité de mes doigts agiles, laissant derrière elles la marque effilée des lanières probablement un peu trop étriquées. Ses épaules colorées depuis peu par le soleil méditerranéen supportent non sans difficulté les minuscules bretelles que deux boutons ridicules maintiennent sur son corps, épousant comme il se doit les formes timides de sa poitrine. Enroulée autour de sa taille, une ceinture volage n’hésite pas à cintrer le tissu, accentuant ainsi la courbure de ses fesses, profilant à souhait ses seins cachés discrètement derrière un décolleté adorable où je ne demande qu’à me liquéfier.

Ainsi vêtue, Harmonie est resplendissante, trop sexy lorsque ses jambes disparaissent naturellement derrière l’ondulation artificielle du tissu, source de tous les fantasmes, affres de délectation où la convoitise n’est en rien épargnée par le désir d’apercevoir, de toucher, de posséder et ce, sans même ignorer toutes les richesses qui s’y cachent.
 
J’ignore l’origine de cette attirance sournoise, de ce centre névralgique qui impacte mes sens, les éveille sans ménagement aucun, les rend fou du désir animal où tout est chahuté, chamboulé dans les fondements les plus reculés de mon esprit, les plus innés de mon corps. Je n’ai de cesse d’assouvir ces pulsions primaires, de laisser libre court à mes pensées vagabondes qui imagent sans honte ni censure. Dépassé par mes démons, je tente désespérément de reprendre le contrôle de mon moi le plus profond. Je vais y arriver... Et j’y arrive grâce à elle, grâce à l’amour démesuré que j’ai pour elle, ce sentiment magnifique d’être important à ses yeux, pour l’amour qu’elle me donne aussi en retour et qui sans savoir pourquoi, me place sur un nuage de volupté.

Je dégrafe tout en douceur l’atèle qui maintient son bras attaché et avec un feutre égaré, je m’applique à dessiner rapidement des formes surprenantes sur le plâtre blanc encore vierge, dans la continuité des tatouages qu’il recouvre ; des cœurs, des lèvres, mille baisers, un chat parce que j’adore les félins domestiques. Harmonie me regarde de ses yeux amusés.

- C’est un chat ça ?
- Bon ! Ça y ressemble quand même, non ? Il a quatre pattes, une queue, une tête et deux oreilles. Ce n’est déjà pas si mal. En plus tu as reconnu ; le Graal de la consécration de l’artiste.
- Mouais ! Même Pablo n’aurait pas fait mieux.
- Pablo ?
- Ben oui quoi ? Pablo Ruiz Picasso.
- Évidemment. Qui ne connaît pas Picasso ? J’aurai pu lui donner des cours quand j’étais petit mais j’ai hésité.
- Pfff ! Tu me fais trop rire Patrick. Toi en couche culotte devant le maître du cubisme, je ne te connaissais pas aussi prétentieux mon chéri.
- C’est mon côté artiste brimé qui revient parfois au galop. J’avais presque autant de talent que lui mais je n’ai trouvé personne pour miser ne serait-ce qu’un euro sur ma carrière ; le drame d’une vie.
- Oui, sûrement. Tu sais que Picasso avait recueilli un chat errant ? Il l’a appelé Minou. Bon, ce n’est pas ce qu’il y a de plus excentrique mais c’est amusant parce que moi aussi j’en ai adopté un.
- Tu as adopté un chat ?
- Un minou, oui et il adore être caressé pour peu qu’on sache prendre soin de lui.
- Oh toi ! Je te vois venir avec tes gros sabots. Tu vas voir comment je vais te le chouchouter ton minou.

Je pose mon crayon-feutre sans plus attendre, prêt à m’occuper de ce passager clandestin réfugié sous sa robe. La ceinture détachée, les bretelles libérées, le tissu s’affaisse sur ses hanches, dégageant la poitrine d’Harmonie, des seins magnifique, tout petits, exacerbés, rebelles à souhait.
J’adore leur fermeté, leur forme, leur consistance et plus que tout, leur couleur qui dénote étrangement sur le voile halé de son corps, un soutien-gorge virtuel ni tissu ni dentelle qui les habille si subtilement, si simplement, tout en contraste, juste raffiné.

Je veux succomber au plaisir suprême de lui retirer cette robe arrogante restée suspendue à ses hanches mais surtout, je veux prendre mon temps pour la découvrir comme une première fois car avec Harmonie, c’est toujours la première fois. Pourtant, je connais la position de chaque grain de beauté, de chaque aspérité, de cette toute petite tâche de vin qui orne sa nuque, perdue sur la ligne arrière de ses cheveux, de ce petit cœur gravé sur sa peau, aux initiales à moitié effacées qui m’intrigue. J’apprécie son odeur, sa douceur, sa chaleur.

Le rire feutré d’Harmonie envahit toute la pièce, rebondit sur les murs comme un écho inépuisable avant de se dissiper discrètement, comme absorbé par la nuit.

- Chut ! Les filles vont nous entendre
- Penses-tu, elles dorment à poing fermé à cette heure-ci. Elles étaient déjà ko dans la voiture.

Et la course folle a commencé. D’abord autour du lit, puis derrière un guéridon où ma bien-aimée est parvenue à se réfugier non sans mal et c’est au moment où elle a voulu s’éclipser prestement de la chambre, toute fière de s’échapper aussi facilement que sa robe, encore accrochée sur ses fesses l’a quittée. Les pieds embourbés dans l’étoffe, un peu en panique vu le cri qui s’est échappé de sa gorge et le juron de charretier qui a suivi, je n’ai eu de cesse de la rattraper, amortissant sa culbute, avant qu’elle ne s’affale sur le parquet. Par chance, rien de cassé cette fois-ci.

- J’ai failli me vautrer encore une fois. Heureusement que tu étais là pour me retenir.
- Tu as failli ? Non, tu t’es vautrée lamentablement. Dis-moi ! Tu n’aurais pas des prédispositions pour la chute ?
- Des prédispositions ? Oh si ! Albert Camus, mille-neuf-cent-cinquante-six.
- Trop drôle ma chérie. Comment sais-tu tout cela, avec autant de détail ?
- Je te l’ai déjà dit, je pourrai t’en apprendre bien plus que tu ne penses mais tu préfères me regarder en marginale, et pour toi une marginale est forcément inculte ; il ne peut en être autrement. Peut-être que c’est plus facile pour ton alter ego de me voir comme ça ?
- N’importe quoi ! Pour l’instant je te vois surtout en petite culotte avec ta robe en bas des pieds et ça pour moi ce n’est pas facile parce que tu m’excites. On verra le reste après.
- Pfff ! Le corps et l’esprit.
- Qu’est-ce que tu racontes ?
- Pour l’extase, il faut que l’esprit soit en phase avec le corps sinon ça ne marche pas bien.
- Je comprends rien. Qu’est-ce que ça vient faire ici ?
- C’est de la psychologie.
- Ah ? Et on a besoin de ça pour faire l’amour ?
- Tu peux essayer sans mais tu prends un risque.
- Et qu’est-ce que je dois faire pour éliminer le risque ?
- M’embrasser tendrement, m’emmener délicatement sur le lit, me caresser longuement, me regarder en tant que femme amoureusement, m’admirer, me chérir, m’aimer très fort, me faire rire, me faire pleurer aussi de plaisir, me faire crier, me faire hurler, me combler.
- Mais je te fais déjà tout cela.
- Ben non puisque je ne suis pas encore sur le lit et j’attends toujours que tu m’embrasses.
- Ah ok ! On va remédier de suite à ces lacunes impardonnables.

Dans mes bras, Harmonie n’est plus qu’un poids plume. Je la dépose délicatement sur les draps, laissant sa robe avachie, chiffonnée en tas près de la porte.

- Tu ne devais pas m’embrasser avant ? S’enquiert-t-elle avec un sourire malicieux.
- Tu ne serais pas devenue un peu chieuse à tout hasard ?
- J’aime bien te taquiner et comme parfois tu ne te gènes pas avec moi, aujourd’hui, c’est ma revanche.

Les lèvres d’Harmonie se sont mises en quête des miennes et avant de les trouver, elles se sont baladées un peu partout sur mon visage, déposant çà et là quelques bonheurs à savourer de suite, de magnifiques cadeaux déposés avec une douceur inouïe et partout sur leur passage ma peau en redemandait encore, comme un enfant gâté, insatiable à qui rien n’est refusé. Et nos souffles se sont unis, tendrement pour commencer puis de plus en plus diaboliquement. Nos mains se sont jointes à nos baisers pour appuyer encore davantage son visage angélique contre le mien, son minois de gamine puérile, son regard de petite fille heureuse et comblée. Sa petite culotte a démissionné et nos corps se sont mêlés instinctivement à la mélodie amoureuse, timidement pour commencer puis de plus en plus audacieusement, jusqu’à ce que nos intimités se frôlent, se courtisent en silence, heureuses de se retrouver enfin.
 
Les draps froissés par nos interprétations divergentes du « Kama Sûtra », nos corps serrés l’un sur l’autre, l’un contre l’autre, une chevelure qui se pose sur mon torse, un bras qui s’aventure autour de ma tête, Harmonie reprend vie tout doucement. Dans ses yeux délicats et humides, le rêve troublé d’une femme éperdue, ses doigts qui se promènent machinalement sur mon épaule pour finalement venir chercher refuge dans mes cheveux, près de mon oreille ; des mouvement non contrôlés, réconfortants, silencieux et puis un sourire fugace qui se dessine aussitôt remplacé par un rire franc et généreux. Harmonie relève sa frimousse fatiguée et de son regard le plus insolent, plongé dans le mien, sans aucune gêne et avec une provocation immense, elle trouve la force de me chuchoter quelques mots.

- Tu n’as pas fait les choses à moitié même si dans le lit, je trouve que ça manque un peu d’originalité.
- Tu exagères, c’est toi qui m’a demandée de t’y amener.
- Ah ! Tu m’intéresses. Tu aurais vu quoi alors parce que si c’est fun, je veux bien recommencer ?
- Pfff ! Tu es infatigable. Il est trois heures du matin et je te rappelle que tu dois être en forme. José compte sur toi et je crois bien qu’il ne sera pas le seul.

Sa tête s’est reposée lourdement sur mon torse et presque aussitôt, sa respiration a trouvé un rythme régulier. Je laisse un baiser plein d’amour sur cette chevelure désordonnée. Je contemple une dernière fois ce corps magnifique qui a su me donner tant de plaisir avant de la rejoindre dans ses songes, emportant avec moi cette sérénité confiante, son sourire indélébile.

- °°° -

2
Tu as bien eu raison et c'est vrai quand ton voit des belles créatures passé on est moins concentré  ;D ;D ;D
Merci mon ami.

3
FIN DE LA PAUSE ESTIVALE  :-[ ENFIN PRESQUE...

Bon, je vais être franc, je n'ai pas réussi à me concentrer devant tous les charmes de l'île ; des jambes ambrées comme la bière qui ne demande qu'à être dégustée, des minijupes si mini qu'il était impossible de rester de glace, des shorts si économes où mêmes les toutes petites fesses n'arrivaient pas à rentrer entièrement dedans, des soutiens-gorges si transparents que sans toucher, on ne voyait même pas qu'ils existaient, des cheveux libres de tout, des sourires magnifiques et... accessoirement des paysages hors normes sur fond d'océan.

Avec tout ça, j'ai pris un retard fou qu'il va me falloir combler rapidement. J'essaye de m'y remettre dès ce soir.

A+ en espérant vous trouver en pleine forme pour cette nouvelle reprise. :)

Jkf

4
L'ile d'Oléron et le parfum inimitable des chemins menant à la plage.... Voilà qui a inspiré ces délicieux nouveaux chapitres !
Hello Admirateur17,
Merci pour ton commentaire. C'est vrai que l'île d'Oléron cache de bien jolies secrets.
A+
Jkf.

5
Belle fin de soirée la séparation entre Christelle et Rémy est dur pour eux. Mélanie et Aurore ont aimé et envisage de recommencer
La petite balade même si tu n'étais pas d'accord Patrick en très sympa et surtout de voir les deux filles comma ça c'est plaisant
Les amourettes se créent à la Châtaigneraie. Tout ce petit monde a été séduit par cette fin de soirée et le petit tour sur la plage a ravivé les passions.
Merci pour ton commentaire et à +.
Jkf

6
CHAPITRE XIX


 Nos hôtes ont quitté la châtaigneraie tard dans la nuit. Christelle et  Rémy, malgré les câlins appuyés des dernières minutes, un peu à l’écart  des autres, résignés dans l’ivresse de leur rapprochement embryonnaire,  un interminable baiser jeté avec fougue dans le brasier de leur passion  amoureuse débordante, ils se sont séparés comme à regret avec la  promesse de se retrouver sans trop tarder.

En montant en  voiture, Mélanie et Aurore ont elles-aussi envisagées de ne pas en  rester là, enthousiasmées par cette soirée improvisée et bien sympathique, le barbecue  au bord de la piscine, un dernier bain nocturne pris en catimini avec  les filles pendant qu’avec Harmonie, nous rangions tables et couverts  avec une complicité joviale et enjouée.

Ma chérie est trop  coquine et elle ne se prive pas pour me le faire savoir. Dans la  cuisine, tout est prétexte à nous taquiner, nous frôler, nous caresser,  nous bousculer sans jamais rien abandonner à l’autre, pas même une once  de victoire et à ce petit jeu là, l’espièglerie de ma chérie n’a pas de  limite. Son regard coquin et amusé, ses lèvres qui me taquinent, ses  fesses qui échappent à mes mains possessives, son corps qui esquive  toutes mes tentatives avec une grâce affolante. Inutile de  dire qu’elle est toute aussi redoutable que désirable. J’admire son  bonheur, sa joie de vivre, sa féminité qui abreuvent mes sens de tous les  désir, de toutes les envies alimentant ainsi mes fantasmes les plus  fous.

Christelle nous a quitté le cœur chagrin, préoccupée par la  fragilité de cette liaison, trop lointaine, trop frêle, trop  incertaine. Je ne l’ai jamais vu comme cela, heureuse et inquiète en  même temps, elle qui affiche d’habitude un comportement plutôt léger et  insouciant. Avant de quitter la Châtaigneraie, elle a soufflé quelques  mots à l’oreille d’Harmonie, des mots secrets que seules les femmes  savent apprécier vu le sourire très compréhensif de ma chérie et le tout  petit baiser hautement réconfortant qu’Harmonie lui a déposé sur le  haut de son front, juste à la naissance de ses longs cheveux châtains.  Je n’en saurais pas davantage.

Caroline et Léa sont allées se  changer pour la énième fois, toujours avec des tenues différentes, plus  ou moins sophistiquées voire même parfois extravagantes mais de très bon goût et  sans restriction, celles-ci invitent la nuit à châtier le voile éthéré  de leurs désirs.

Les étoiles ont noyé le ciel sans ménagement  aucun et la voix lactée peine maintenant à se faufiler entre-elles. La  brise s’est levée, légère, odorante, musquée avec un mélange terre mer  remarquable, les oiseaux ont regagné leur nid et les cigales se sont tues. La main d’Harmonie est venue conquérir la mienne tout en douceur  et sa bouche à peine intimidée par la modestie de mon sourire s’est  innocemment permise de voler mes lèvres, encouragée par l’intensité de  mon regard.

Mon cœur vacille, mon cerveau s’engourdit, ma peau se  hérisse, tout mon corps est en émoi, conscient que bientôt, du sien, il ne fera plus qu’un et l’impatience prend le pas sur notre destinée  amoureuse. Mes mains acquièrent de l’ampleur. Le désir est là, confiant,  serein, léger mais plus pour bien longtemps car fébriles maintenant,  mes doigts en veulent davantage ; son corps, ses seins, ses fesses, sa  bouche, ses oreilles, je ne veux rien perdre de son anatomie et tout  savourer en même temps. J’ai hâte mais surtout je veux prendre mon  temps. Elle est belle, délicieuse, exquise et je veux admirer son regard  capricieux, sa gourmandise joyeuse, sa volupté merveilleuse. Je veux la  prendre dans mes bras, la soulever de terre, l’emmener dans mon cocon  magique, celui qui me fait toujours rêver et, rêver avec elle, c’est  encore plus somptueux que lorsqu’elle habille mes nuits les plus osées.  Je veux goûter sa salive, je veux sentir son souffle, je veux sentir sa  chaleur, je  veux savourer le goût de sa peau partout où ma langue pourrait  s’immiscer. Je la veux maintenant et …

- Papa ?

Eh merde !

- Oui Caroline.

-  Tu pourrais nous emmener sur la plage ? Se coucher maintenant, c’est  juste insoutenable, impossible. Avec Léa, on a envie d’aller marcher sur le sable,  profiter encore de cette soirée si agréable, savourer la fraîcheur de la  nuit. Tu veux bien ?
- Euh Caroline, il se fait tard. Demain, si tu veux…

Le yeux pétillants , Harmonie se retourne vers moi, presque implorante

-  Je trouve que c’est une très bonne idée. Moi aussi j’ai envie de me  dégourdir les jambes, marcher tous ensemble dans les vagues, sur le  plage et puis Christelle m’a fait découvrir ce matin un très joli petit  coin, secret, un véritable trésor d'intimité derrière les rochers. Je suis sûre que vous ne le connaissez pas. Si vous voulez  bien, je vous y amène.

Le visage d’Harmonie est tout sourire.  Impossible de résister. J’avais pourtant en tête d’autres velléités,  obligé de mettre en sourdine cette passion dévorante, réfrénant l'attirance du corps et de l'esprit vu les circonstances. Je sens Caroline  médusée, déstabilisée, presque prête à faire marche arrière mais elle se  rend compte qu’il est très compliqué de se soustraire à sa propre  demande. Je comprends aussi que rien n’est encore réellement acquis, le  naturel ayant l’espace d’un instant repris le dessus.

Léa avec une  perspicacité hallucinante sauve la mise.

- Moi j’ai envie de prendre un bain de minuit. J’en rêve depuis longtemps.

A trois contre un, pas d’autre choix que d’abdiquer.

- °° -

Sur  la plage, nos ombres nous poursuivent sans relâche et Léa tente  d’échapper à cette forme insidieuse qui lui colle à la peau. Elle coure, elle s’enfuit entraînant Caroline dans sa course folle, s’arrêtant  parfois juste le temps d’un baiser appuyé, lèvres contre lèvres,  enlacées tendrement, pour reprendre sans plus attendre leur épopée  diabolique sur le sable chaud et humide, sans même se soucier de notre présence. Le sable gardera toute la nuit trace de leur course  endiablée, des cercles bizarres, des pas qui s'éloignent et se rapprochent, qui piétinent et  se séparent pour mieux se retrouver quelques mètres  plus loin.

Je suis conquis par cette passion débordante, cet  amour farouche qui s’exprime tout en simplicité devant moi, si puéril,  si charnel qu’il n’en est que plus magnifique. Je me surprends à  considérer la normalité de leur relation, moi qui, il n’y a pas si  longtemps étais circonspect devant cette union en marge de nos standards  sociétaux

Harmonie en a profité pour se rapprocher et à  travers sa petit robe qui épouse sans complexe ses formes  affriolantes, je perçois la chaleur de son corps si envoutante, si captivante. Elle me rassure et je  raffole. Elle m’excite aussi et j’adore. Elle me fascine sans que je  sache réellement pourquoi.

- Elles sont trop choux toutes les deux. Tu ne trouves pas ? Me dit-elle avec une sérénité déconcertante.
- On dirait des gamines de quinze ans qui  courent l’une après l’autre.
-  Oui mais des gamines qui s’embrassent, ce ne sont plus réellement des  gamines. J’aimerai bien me joindre à elles, courir comme elles le font, faire un peu la  folle mais avec mon bras en écharpe, c’est compliqué.
- Je te rappelle quand même ma chérie que la dernière fois que tu as fais l'andouille, tu t'es retrouvée le nez par terre, le bras en croix et les mots qui ont suivi n'étaient pas des plus jolis.
- Oui, bon ! Ne te sens pas obligé de remuer le couteau dans la plaie, j’ai juste  hâte  de retrouver l'usage de mon bras, de ma main ankylosée, de pouvoir me débrouiller toute seule sans devoir te déranger à chaque fois que je n'arrive pas à faire quelque chose. Ça me pèse beaucoup de ne pas être libre de mes mouvements, tu ne peux pas savoir.
- Je comprends mais à mon avis, tu as largement de quoi prendre ton mal en patience, on sera remonté dans le Nord que tu auras encore ton plâtre et puis moi j'aime bien m'occuper de toi, te doucher, t'habiller...
- Et surtout me déshabiller !
- Aussi, j'avoue mais est-ce que j'y peux quelque chose si tu es de plus en plus mimi ?
- Si tu y tiens, je peux y remédier. Je ressors mes fringues d'avant, je me laisse repousser les poils et je ravive la couleur de mes cheveux. Ça te vas comme programme ?
- Pas de chance petite rebelle intrépide, parce que c'est justement comme ça que tu m'as tapé dans  l’œil alors, avec ou sans vêtement, épilée ou poilue, j'abonde. Tu devrais le savoir maintenant. Je me fous de l'apparence. Ce qui me plaît en toi, c'est toi et rien d'autre que toi.
-  C'est marrant parce que tu m'as plu toi aussi et en voulant attirer ton attention sur cette aire d'autoroute, je voulais avant tout te surprendre, t’amuser, te faire sortir  de ta bourgeoisie routinière et puis, pas de chance, il y avait un piège mesquin. Après,  je me demande si cette barre de fer n’était pas là juste pour défier le  cours de l’histoire. Sans elle, tu m’aurais probablement déposée à  Paris, en bordure du périphérique. Tu ne serais jamais passé par mon village d’enfance, tu ne  m’aurais pas amenée à Nice et tu  serais encore moins venu m’y rechercher  puisque je n’étais pas censée  y être.
- Et tu aurais fait quoi à Paris, toute seule dans cette jungle humaine ?
-  La même chose que toi. Je serais probablement en train de me morfondre  profondément quelque part dans le métro parisien en espérant ne pas  recroiser mes ravisseurs ou alors j'aurais peut-être repris la route pour une autre destination. Je ne sais pas. Parfois j'arrive à m'enfermer toute seule dans ma liberté et je me demande si ce n'est pas encore plus frustrant, plus terrible que de ne pas maîtriser mes propres choix. L'absence de limite,  se dire que quelque soit le chemin, il n'y a pas de fin, que ça ne s'arrêtera jamais, c'est tout aussi pernicieux que d'être enfermé derrière des barreaux, aussi triste soit-ils. Et puis je t'ai rencontré et tu as mis un terme à mon périple sans même le savoir. Être amoureuse, je ne savais plus ce que c'était,  rêver j'avais oublié, être trop bien avec quelqu'un jusqu'à vouloir partager sa vie, avoir un domicile avec des murs et un toit, un jardin à s'occuper, se dire : c'est ici que j'habite dorénavant, avec toi. Te suivre là où tu iras sans jamais plus me poser de question, me dire que je fais aussi parti de ta vie, mettre ma  main dans la tienne pour que tu la serres doucement, ne plus avoir envie de te quitter, vouloir t'embrasser sans arrêt, avoir peur de t'aimer à la folie, peur que tu te lasses aussi. La nuit, je tremble pour tout cela et lorsque je me réveille à tes côtés, je suis rassurée parce que je t'aime, parce que tu m'aimes mais j'ai peur de cet amour.
- Pourquoi t’es-tu retrouvée comme ça dans la rue, du jour au lendemain ? Quelque chose m’échappe.
-  C’est une longue histoire Patrick. J’ai surtout envie d’oublier, de me  focaliser sur ce présent, ce présent inespéré, somptueux que je retrouve  avec toi.

Je n’ai plus osé poser de question, laissant libre cours à  mon amour, un bras autour de sa taille, les pieds barbotant dans l’eau  salée, nous nous sommes promenés longuement pendant que les filles sautillaient,  gambadaient, s’esclaffaient autour de nous, infatigables.

Léa fût la première à lâcher prise, très vite rejointe par Caroline littéralement essoufflée.


- Alors, ce bain de minuit ?
- Une autre fois. Je suis trop éreintée pour envisager autre chose qu’un bon lit.

Nous  avons regagné la Châtaigneraie en silence, les filles à l’arrière de la  voiture, prêtes à s’endormir pelotonnées l’une contre l’autre, un bras autour de la taille, une main caressante sur la nuque,  les yeux fermés, heureuses et apaisées par la générosité  de leur amour.

Dans le rétroviseur, l’image est pathétique,  attendrissante, trop belle ; ce couple de femmes complices, sereines. La nuit qui les  entoure. La lueur des réverbères sur leur visage angélique. Les  ombres qui passent en silence.

Harmonie me sourit. Elle a compris. Sa  main posée sur ma jambe.

- Elle sont trop belles me chuchote t’elle à l’oreille.


- °°° -

7
Oula mais où va nous emmener JFK?
Hello Arnoc1972,
Pour l'instant, toujours en Corse même si moi j'ai changé de crèmerie, toujours sur une île mais côté atlantique. Qu'importe, les filles sont toutes aussi jolies sous le soleil avec leur petite tenues et j'imagine Harmonie dans cette pinède sauvage...
A+ et merci pour ton post
Jkf

8
Très beau ces quatre chapitres, on voit bien que Patrick ne s'attendais pas du tout a cette réaction de la part de Caroline mais lui fait comprendre que c'est comme ça et pas autrement.
A Caroline de faire tout son possible pour que ça se passe bien
Hello Grostimido,
Et oui les rapports père fille sont parfois un peu plus compliqué que prévu.
A+ et merci pour ton post
Jkf

9
Je remercie l'inventeur du concept des vacances, ce qui a permis à JFK de bénéficier d'un repos mérité lui ayant donné le loisir de nous offrir ces suites délicieuses !!!!
Hello Admirateur17,
Le repos continue encore un peu avant de quitter l'île d'Oléron sous le soleil le week-end prochain et quelques nouvelles idées en tête.
A+ et merci pour ton commentaire.
Jkf

10
Ouf !
ça va vite, très vite, très fort, les nanas sont trop belles, elles sont toutes gentilles, mignonnes, agréables, et mêmes les lesbiennes font rêver le pauvre Patrick qui heureusement va trouver le bonheur.
Très beau paragraphe .
Hello Curieux,
Oui, elles sont trop mignonnes.
Merci pour ton commentaire et a+
Jkf

11
Chapitre XVIII (4/4)


A la châtaignerais, l’effervescence bat son plein. Mélanie, Aurore et Rémy sont arrivés bien avant nous.

- Ben alors ! Vous avez fait quoi ? On commençait à s’inquiéter. Vous êtes partis largement avant nous et vous arrivez après nous, s’exclame Aurore.
- On a fait une petite pause en route.

Christelle nous accueille, rayonnante, tout sourire.

- Bonjour Harmonie.
- Heu non, moi c’est Christelle. Vous êtes Caroline ?
- Oui, désolée. Je vous présente Léa, ma compagne.
- On se tutoie, ce sera plus simple.

Les filles sont allées rejoindre Aurore et Mélanie sous la tonnelle. Rémy n’a d’yeux que pour Christelle, fasciné par le balancé de sa poitrine, conscient qu’un peu d’ordre dans le chemisier noué juste au dessus du nombril ne serait pas superflue.

- Harmonie est partie nous chercher quelque chose à boire. Je crois qu’elle est un peu perdue avec tout ce monde qui a débarqué sans crier gare.
- Ça s’est bien passé à la plage ?
- Oh oui, vraiment super. On a papoté comme des gamines. Je l’adore et en plus, elle a plein d’humour. Elle m’a demandée de rester ce soir. Je crois qu’elle était angoissée à l’idée de se retrouver en tête à tête, face à ta fille.
- Ok, merci Christelle. je vais aller la chercher.

Au sous-sol, je retrouve Harmonie affairée dans les liquoreux. Pour être perdue, effectivement elle est perdue. Je la regarde penchée sur le casier à bouteilles, inspectant minutieusement chaque flacon. Je me glisse discrètement derrière elle et elle se retourne, les yeux en larmes.

- Ben qu’est-ce qui t’arrive mon cœur ?
- Je ne sais pas quoi prendre. Il y a tellement de choix que je suis perdue. Je suis contente que tu es de retour.

J’essuie ses larmes délicatement. Mes lèvres cherchent les siennes, mon corps se rapproche du sien, mes mains courent dans son dos, sur ses fesses, remontent sur ses seins. Elle m’enlace et nos langues se chamaillent toute en douceur, habituées depuis peu à la passion de nos échanges.

- Viens, on va remonter. j’avais mis du champagne au frais. Ça devrait suffire.
- Tu l’as dit à ta fille pour nous ?
- Oui. Ça a été un peu plus compliqué que je ne pensais mais c’est arrangé maintenant. Allez zou dans les escaliers. Tu es trop mimi avec ta petite jupe. Si on reste ici trois minutes de plus, je vais être obligé de les faire attendre.
- Y a pas d’urgence, on peut prendre notre temps alors ?
- Coquine. Tu ne perds rien pour attendre. Allez viens, je vais te présenter Caroline.

- °° -

La rencontre avec ma fille a manqué d’enthousiasme, c’est une réalité mais globalement, on peut dire qu’elle s’est bien passée. Caroline s’est quelque peu attardé e mais sans aucun commentaire sur la couleur de ses cheveux, son visage baigné de soleil, son top et sa petite jupe, un brin sexy et ses éternelles bottines. Harmonie, avec une détermination prudente a sourit légèrement.

- Je suis enchantée de faire ta connaissance Caroline.
- Pareille de mon côté. Harmonie, c’est bien cela ?

Léa tout comme moi avons suivi les échanges et d’un œil complice elle m’a gratifié d’un sourire satisfait. J’avais compris que dans la réconciliation, elle avait l’air de rien joué un rôle prépondérant.

Après la petite collation champenoise, nous nous sommes tous retrouvé au bord de la piscine. Et Christelle fut la première à se jeter à l’eau, laissant libre court à sa poitrine voluptueuse, suivi de près par Rémy après avoir réussi à extirper son slip de bain de sa valise non sans mal. Léa et caroline sont parties se changer elles-aussi. Aurore et Mélanie qui n’avait pas prévue ce petit écart décident d’y aller quand même mais avec leur sous-vêtement, enfin limité au bas, toutes deux en string de qualité se profilant à merveille sur leur corps dénudé. Je repense furtivement à Mélanie, sur le ferry, ce corps magnifique que j’aurai pu posséder si le tangage du navire n’était pas venu interrompre brutalement nos projets.

Le soleil joue à cache cache derrière le feuillage des arbres et Harmonie est venue s’asseoir près de moi. Elle est rayonnante et franchement, elle n’a rien à envier à Mélanie, ni même aux autres, mise à part Léa qui, sans aucune contestation, reste l’exception.

- Tu ne vas pas te baigner avec les autres ?
- Non, j’ai envie de rester ici avec toi. Je suis bien.
- Sur la plage, on s’est amusée comme des folles. Il y en a même qui ont essayé de nous draguer. Je te les ai rembarrés. Christelle était médusé, sur le cul la gamine mais je l’aime bien. Elle est super nature. Jamais elle se prend la tête. Je l’adore. Je crois d’ailleurs qu’elle est en train de s’acoquiner avec Rémy.
- Elle m’a dit la même chose à ton égard.
- Je suis vraiment heureuse d’avoir une amie en qui je peux avoir confiance.

Caroline et Léa, en maillot de bain deux pièces rigoureusement identiques, font une apparition remarquée avant de se jeter à l’eau. Une fois au bain, Léa remarque qu’elles sont seules à avoir gardé leur haut. Elle se rapproche de Caroline par derrière et d’un geste vif lui dénoue son soutien-gorge avant de l’embrasser fougueusement. Caro se laisse faire en riant et lorsque leurs lèvres se séparent elle en fait de même en laissant ses mains courir sur la somptueuse poitrine de Léa pour le plus grand plaisir de Rémy qui n’en perd pas une miette.

- Hep, c’est par ici qu’il faut regarder s’écrie Christelle courroucée.

Et elle prend la tête de Rémy pour la plonger entre ses seins. Le pauvre Rémy n’en peut plus. Pareil traitement n’est pas de nature à calmer ses ardeurs et les voilà tous en train de batifoler dans l’eau, s’aspergeant, nous éclaboussant nous aussi âprement avec un amusement démesuré.
Aurore et Mélanie se sont réfugiées dans un coin de la piscine, à l’écart du tumulte, supervisant ainsi les opérations avec prudence. De temps en temps, un baiser furtif, plein de tendresse, s’échappe sans réellement maîtriser la piste d’atterrissage.

- Elles sont lesbiennes elles aussi ? M’interroge Harmonie interloquée.
- Un peu.
- Comment ça un peu. On y est ou on n’y est pas du tout, non ?
- Chez elles, ce n’est pas aussi tranché. Elles aiment nager entre deux eaux.
- Ah ! Et comment tu sais ça toi ?
- Je les ai vu faire sur le ferry.
- Oui évidemment. Dommage, je n'y étais pas.

Le soleil a disparu derrière les arbres et tout ce petit monde sort de l’eau. Les serviettes de bain s’activent, les cheveux hirsutes s’emmêlent, les poitrines se gonflent, s’affirment, les fesses humides s’agitent délibérément. Christelle et Rémy discrètement ont déserté la promiscuité pour s’alanguir tous les deux tranquillement derrière la maison. Caroline a invité les filles à passer à la douche et personne ne se fait prié.
Dans la salle de bain, à travers la fenêtre entrouverte, c’est une ambiance de folie. Ça rit, ça jacasse, ça glousse dans la bonne humeur générale.
- Tu les entends ?
- Oui. Ça rigole bien.
- Mais... elles prennent leur douche ensemble. Tu trouves ça normal ?
- Ben ! C’est des filles.
- Oui mais quand même, elles sont lesbiennes. Deux par deux, je veux bien encore mais à quatre…
- Tu veux que j’aille les séparer ?
- Pfff ! Tu n’en rates pas une toi. Tu vas voir ce soir de quel bois je me chauffe. Je vais me venger surtout que j’ai fais mes analyses ce matin et en remontant de la plage avec Christelle j’ai récupéré les résultats. Devine ?
- Tu as des morpions ?
- Idiot ! Même pas. Nickel de chez nickel et j’en ai profité pour mettre en vente les préservatifs qu'on a achetés sur un site de petites annonces.
- Non ! T’as pas fait ça ?
- Si avec Christelle. On s’est bidonnées comme des folles. On a eu quinze réponses en vingt minutes.
- Je propose qu'on en garde une boîte, celle qui est entamée ? Ça pourrait toujours servir.
- Pourquoi faire ? Euh..., tu peux préciser le fond de ta pensée, là ?


- °°° -

12
Hétéro / Re : L'autostoppeuse (hétéro) - En cours
« le: 31 juillet 2021  »
Chapitre XVIII - (3/4)


On a quitté Aurore, Mélanie et Rémy au parking de l’aéroport en se donnant rendez-vous à la châtaignerais puisqu’ils passent à côté pour redescendre sur Porto-Vecchio.

- Elles sont super sympas tes potes papa. Elles nous ont dit que vous vous êtes rencontrés sur le bateau en venant et que tu es un mec super cool. Elle nous ont aussi parlé d’une Victoria, une super nénette avec qui tu étais lorsque vous vous êtes rencontrés. C’est qui cette Victoria ?
- Victoria, Oui. On a fait connaissance au bar sur le ferry. Elle vient passer ses vacances dans la baie d’Ajaccio.
- Ah ! Et tu la revois ?
- Non. On s’est juste échangé nos numéros de portable. Après, c’est comme tout, en club, prise dans le feu de l’action, il est probable que je n’aurais plus aucune nouvelle d’elle.
- Détrompe-toi. A priori, elle doit t’appeler cette semaine pour faire une super fête chez nous avec Mélanie, Aurore, peut-être aussi Rémy s’il veut venir. C’est bizarre quand même.
- Qu’est-ce qui est bizarre ma chérie ?
- Je sais pas. J’ai l’impression que tu me caches quelque chose. Mélanie m’a laissée entendre à demi-mots et avec un énorme sourire que tu étais plutôt du genre coquin. Je n’ai rien dit mais j’étais estomaquée, enfin, ce n’est pas l’image que j’ai de toi. Tu as une liaison avec cette Victoria ? 
- Non, pas du tout Caro.
- Bon tu me rassures. Il faut que je te parle. C’est important.
- Que tu me parles ?
- Oui. De maman. Elle ne va pas bien du tout, en pleine déprime. Avec Léa, on a longtemps discuté avec elle. Elle veut bien revenir à la maison si tu es d’accord. Elle reconnaît ses tords et elle est prête à faire des efforts, même à venir passer quelques jours avec nous à la châtaigneraie. Ça pourrait être cool. T’en penses quoi ?
- Non, Caro, ça ne va pas être possible.
- Ben pourquoi ?
- J’ai rencontré quelqu’un d’autre. Une jeune femme que j’apprécie énormément, que j’aime beaucoup pour tout te dire.
- C’est quoi cette histoire. J’ai l’impression que tu ne t’es pas ennuyé durant la traversée, pire qu’un club de rencontres les ferrys. Tu as fait sa connaissance sur le bateau elle aussi ou tu la connaissais déjà avant ?
- On s’est connu un peu avant.
- Tu ne vas quand même pas me dire que tu trompais maman ?
- Non.  Je n’ai jamais trompé ta mère.
- Et elle s’appelle comment cette nénette ?
- Harmonie.
- C’est quoi ce prénom à la con ? Harmonie, ça ne veut rien dire. Personne s’appelle comme ça. Et je vais dire quoi à maman ?
- La vérité.
- Tu plaisantes. Dans l’état où elle est elle sera capable de se foutre en l’air. Je ne peux pas lui dire ça. C’est pas possible. Tu déconnes Papa. Tu la connais depuis combien de temps cette greluche ?
- Un peu après que je vous ai quittés. Elle faisait de l’auto-stop juste avant de prendre l’autoroute.
- De l’auto-stop ? Ben elle est où là maintenant ?
- Avec moi à la châtaigneraie.
- Putain ! Tu as ramené une auto-stoppeuse que tu ne connais même pas à la châtaigneraie. Mais tu es un grand malade. Et elle fait quoi dans la vie ?
- Rien. Enfin, si. Elle chante.
- Elle chante. Purée, une chanteuse qui fait de l’auto-stop. Je crois rêver. T’es tombé sur la tête mon pauvre père. Tu la baises toute la nuit si tu veux mais tu la vires demain matin, comme ça on n’en parle plus et je ne dirais rien à Maman.
- Non, Caroline.
- Comment ça non ? Tu ne vas toute de même pas me dire que tu es tombé amoureux d’une femme que tu as rencontrée il y a seulement quatre jours. Elle t’as fait le grand jeu et toi, comme un con tu as plongé. Mais les mecs, vous être tous des tarés, même pas un pour rattraper les autres. Je pensais que toi, tu avais du plomb dans la cervelle et je m’aperçois que même pas. Tu vois passer un p’tit cul et c’est le grand amour. N’importe quoi ! Mais vraiment n’importe quoi. Tu me déçois à un point, tu ne peux même pas savoir.
- Caroline. Ça suffit maintenant. J’aime Harmonie et c’est avec elle que j’ai envie de vivre. Attends de la connaître avant de la juger.
- Ah parce que en plus, tu envisages de la ramener chez nous ?
- Oui.
- Putain ! Qu’est-ce que j’ai fais au bon dieu pour qu’il me colle un père pareil.
- Caroline. Je te laisse vivre ta vie comme tu l’entends, que ça me plaise ou pas, c’est ta vie. C’est toi qui la gère et j’accepte sans même sourcilier. Je te demande d’en faire autant avec moi et Harmonie.

Caro s’est murée dans un mutisme absolu, le regard fixe, les bras croisées sur sa poitrine, le visage fermé. Dans le rétroviseur, je croise le regard de Léa. Des yeux magnifiques. Elle a suivit toute la conversation sans dire un mot, probablement gênée par ce déballement familial mais je comprends qu’elle n’abonde pas entièrement dans le sens de ma fille. Je suis perplexe, déstabilisé. Je ne m’attendais pas à me heurter à ce mur d’incompréhension et j’angoisse maintenant pour Harmonie qui n’est en aucun cas préparée à affronter pareil orage. Je prends conscience que j’aurai dû m’y prendre plus tôt mais là, c’est trop tard.
Je décide de m’arrêter à quelques encablures de la châtaigneraie.

- Pourquoi tu t’arrêtes ?
- Je veux que ça se passe bien.
- Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
- Que tu feras tout pour que ça se passe bien. Elle n’y est pour rien dans tout ça. Elle n’a rien demandé. Elle est même contente de faire ta connaissance. Elle ne s’attend pas forcément à ce que tu l’accueilles à bras ouverts, mais une chose est sûre, elle n’imagine pas voir arriver une petite furie qui ne va penser qu’à la dézinguer. Alors j’ai besoin que tu me promettes de faire le maximum pour que tout se passe bien.
- C'est impossible. C’est plus fort que moi. Je ne peux pas. Je n’ai qu’une seule envie, c’est de lui mener la vie impossible pour qu’elle se barre, qu’elle dégage le plus vite possible de ma vue et que maman revienne.
- Ok. Je vous laisse toutes les deux. Je vais m’aérer l’esprit pendant une dizaine de minutes et on reprendra cette conversation tranquillement. Sache que je ne rentrerais pas à la châtaigneraie dans ton état d’esprit.

J’abandonne mon véhicule, direction la plage. Je comprends que si Caroline s’obstine, il me faudra choisir entre Harmonie et ma fille et dans mon for intérieur mon choix est déjà fait, même s’il me déchirerait le cœur. Je contacte les hôtels les plus proches. Ils ne sont pas bondés, loin de là. J’ai donc une solution d’attente si la situation restait en l’état. J’allais regagner ma voiture lorsque Léa et Caroline viennent me rejoindre, main dans la main. Caroline est en pleurs. Léa me regarde avec un petit sourire contrit.

- Elle fera le maximum pour ne pas être désagréable Patrick.
- Je suis désolée, Papa. J’ai été égoïste et puis je voulais sauver votre couple. Je me rends compte que la fracture est beaucoup plus importante que je pensais. Tu me pardonnes ?
- Oui évidemment Caroline. J’ai bien conscience que ce n’est pas évident pour toi, pour Harmonie, pour moi et pour ta mère aussi. Je ne veux de mal à personne mais parfois il y a des choix de vie qu’il faut faire et si on ne les fait pas, c’est encore bien plus compliqué.

- °° -

13
Hétéro / Re : L'autostoppeuse (hétéro) - En cours
« le: 31 juillet 2021  »
CHAPITRE XVIII (2/4)


A l’aéroport, c’est l’effervescence. Caroline et Léa viennent d’atterrir. Il me faut encore attendre le débarquement des passagers puis patienter jusqu’à la récupération de leurs bagages. Je déambule tranquillement dans l’aérogare, laissant mon esprit vagabonder librement.

Quelques jours plus tôt, main dans la main, on faisait partie de cette foule compacte et grouillante, masque sur la figure, pressé de sortir pour faire découvrir l’île de ma jeunesse à mon amoureuse, cette jeune femme loin des stéréotypes, marginales mais pas tant que cela, surprenante à de nombreux égards, blessée profondément sans aucun doute mais toujours guillerette et souriante. J’adore l’effet qu’elle a sur moi, cette emprise sentimentale qui déraisonne mes sens et me prodigue tant de sérénité, tant d’amour. J’ai hâte de la retrouver, de la regarder, de l’admirer, de la serrer dans mes bras, de l’embrasser comme un petit enfant, timide mais conquérant. Je l’imagine sur la plage, Christelle à ses côtés, bavardant de tout et de rien, leur corps offert au soleil, sous le regard des vagues insouciantes.

Je me souviens aussi lorsque Eléna a débarquée ici pour la première fois ; un enthousiasme très vite réfréné par la présence de mes parents de qui j’ai hérité la châtaigneraie. Il faut dire aussi qu’elle a investi les lieux en terrain conquis me laissant le soin de gérer les dégâts collatéraux inévitables. Elle savait mettre le doigt là où ça fait le plus mal et ce en toute insolence. La cohabitation étant devenue trop compliquée, nous avons fini par y séjourner séparément ; mes parents d’un côté, nous de l’autre. De toute façon, Elena préférait les voyages lointains, dans les hôtels ou les clubs où elle pouvait se reposer pleinement plutôt que la Châtaigneraie, là où il y avait toujours quelques contraintes dues au quotidien. Au décès de mes parents, Elena n’avait qu’une idée en tête, vendre. Je n’ai pas cédé.

Derrière les vitres, j’aperçois en bas Caro et Léa qui attendent impatiemment la mise à disposition de leurs valises. Absorbé dans mes pensées, je ne les ai pas vu arriver. Elles sont excitées, en grande conversation derrière leur masque, elles rient sans même se préoccuper des regards indiscrets voire insistants qu’elles peuvent susciter. Elles ne m’ont pas remarqué, trop occupées, heureuses d’être ensemble ; une main qui s’égare parfois dans le dos de l’une ou de l’autre, une tête qui se pose furtivement sur une épaule comme si, harassée, épuisée par ce long voyage, juste pour savourer la chaleur ou le parfum de l’autre, elles avaient besoin d’un baiser discret pour se ressourcer. Je suis content de les retrouver, de pouvoir passer un agréable moment en leur présence, peut-être aussi l’occasion de mieux connaître Léa, cette beauté magnifique qui a fait chavirer le cœur de ma fille.

Avec Caroline, les retrouvailles sont toujours exubérantes et ici à l’aéroport de Poretta, elle se jette dans mes bras. Léa plus réservée se tient légèrement en retrait et lorsque son sourire rencontre le mien, je tombe inévitablement sous le charme comme envoûté par une force invisible. On allait se diriger vers le parking lorsqu’une voix familière m’interpelle.

- Patrick ?
- Mélanie ! Mais qu’est-ce que tu fais ici ?
- Je suis venue chercher Rémy, mon petit frère. Enfin, petit c’est façon de parler, il me dépasse d’une tête. Aurore ne va pas tarder à nous rejoindre. Elle s’est éclipsée au coin presse pour trouver le programme télé. Et toi ?
- Moi je viens de récupérer ma fille Caroline et son amie Léa. On pourrait peut-être prendre un verre ensemble si vous n’êtes pas trop pressées ?
- Excellente idée. J’allais te le proposer.

Attablée au bar de l’aéroport, Mélanie s’est assise à mes côtés, face à Léa dont elle a du mal à détacher le regard. Rémy n’est pas en reste et tout sourire, il entame la discussion, subjugué par Léa lui aussi. Caroline à qui la situation n’a pas échappé, consciente du danger qui plane autour de la table, se rapproche de sa petite amie, caresse sa main doucement et dépose un baiser du bout des lèvres au creux de son cou. Léa se laisse faire, amusée par la situation, penchant la tête de façon très sensuelle pour apprécier au mieux cette délicate attention.

- Euh, vous êtes…
- Lesbiennes, oui !  clame Caroline avec un aplomb presque provocateur.

Stoïque, Rémy accuse le coup en silence. Mélanie à qui l’annonce n’émeut même pas au vu du petit sourire intéressé qui s’affiche sur son visage répond d’une voix amusée :

- Ça tombe bien, nous aussi en invitant Aurore d’un grand signe de la main à nous rejoindre.
Un journal sous le bras, tout sourire, Aurore vient s’installer confortablement sur les genoux de Mélanie, confirmant ainsi son attachement.
- C’est trop cool de se retrouver ici, dit-elle. En montant sur Bastia, j’ai pensé à toi Patrick mais comme on était un peu à la bourre on ne s’est pas arrêtée.

Les deux couples se dévisagent avec bienveillance, muent par une complicité réciproque. Je regarde Rémy qui s’est quelque peu désintéressé de la situation et présente depuis peu des signes d’ennuis manifestes en observant autour de lui les jupons frivoles, les jambes effilées, les jeunes filles toutes bronzées qui déambulent, pressées, dans l’allée central de l’aéroport.

- J’ai vu des paréos magnifiques et pas très chers au fond de la galerie lance Aurore sur un ton sympathique. Ça vous dirait les filles ?
- Ah non ! Tu ne vas pas recommencer s’exclame Rémy. On n’est à peine arrivé que déjà ça parle boutique, chiffons, lingerie. Vous n’avez pas d’autres sujets de conversation plus intéressants ?
- Pfff, ce que tu peux être rabat-joie. On en a à peine pour dix minutes rétorque Mélanie et s’adressant à Caroline et Léa, vous venez avec nous ?

Les filles se lèvent toutes les quatre et s’éloignent deux à deux, main dans la main en bavardant âprement. Je reste seul avec Rémy.

- Vous êtes homo, vous ? Me demande t’il à brûle pour point.
- Euh non Rémy. Je suis tout ce qu’il y a de plus hétéro.
- Ah enfin, quelqu’un de normal.
- L’homosexualité n’est pas une anomalie en soi. C’est juste un peu particulier parce que ça ne concerne qu’une minorité de personnes, ce qui n’est pas illogique puisque c’est en dehors des sentiers qu’on nous a inculqués.
- Oui, vous avez raison, par normal j’entendais plutôt contre nature. Pour moi, un homme s’est fait pour être avec une femme, avoir des enfants, les élever, les voir grandir. Après, voir deux hommes ensembles ne me dérange pas, tout comme deux femmes d’ailleurs. Mais quand les filles sont jolies comme Léa ou votre fille, comme ma sœur ou Aurore, j’avoue que ça me fait toujours un pincement au cœur. La concurrence est déjà suffisamment rude entre hétéros alors si en plus les plus mignonnes se mettent ensemble, c’est la Bérézina ?
- Tu en trouveras d’autres et elles ne sont pas toutes lesbiennes.
- Oui, sûrement mais généralement elles sont déjà maquées et si par chance, elles viennent à se retrouver libres, il ne faut pas perdre une minute et sauter sur l’occasion car ça ne dure jamais très longtemps. Il faut être au bon endroit au bon moment sinon, c’est raté.
- Et la beauté intérieure, tu en fais quoi ?
- Oui, oui mais ça je vois après.
- C’est peut être ça ton soucis. Commence par regarder la femme de l’intérieur et généralement si elle te correspond, tu seras beaucoup plus enclin à gommer tout le reste. Il n’y a pas que le physique qui compte et ça, ça vaut pour nous les hommes mais également pour elles.

- °° -

14
Éclate toi et attention au torticolis
Profite et bonne vacances
Merci Grostimido,
Bon trop tard pour le torticolis, Pfff elles sont trop mignonnes  :)

15
Profites bien , on attend sagement.
Merci.

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